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Sexe et Rock’n’roll

Catégorie Musique
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(JPEG) -French Varietoche ?

Petite chronique d’aujourd’hui pour le plus grand morceau Rock’n’Roll Français (en dépit du fait que ces deux mots ne se complètent pas harmonieusement !) Il existe une composition Française terriblement et littéralement dans la lignée des plus grandes créations Anglo-saxones. C’est un morceau connu de presque tous, mais injustement sous-estimé.

L’album de Patrick coutin (1981) est très moyen, mais il offre un hit sournoisement percutant : « J’aime regarder les filles ».

La seule translation réussie dans le sens variéte-rock’n’roll.

On peut carrément parler d’universalité, c’est LE morceau autobiographique de chaque garçon, cette frustration-là, mon vieux, on la connaît par cœur.

Le morceau commence par un riff de basse qui sera le fil conducteur de toute l’histoire, quelques notes en boucle : les battements du cœur, ou plutôt le sang qui afflue aux tempes, on les entendra presque jusqu’à la fin, un véritable cycle névrotique où tous les hommes sont tombés, et ce jusqu’à plusieurs fois par jour, pour les moins raisonnables. Le rythme de batterie, lancinant et hypnotique nous défend de toute tentative intellectuelle de s’évader de la spirale. La guitare acoustique distille une couleur romantique, amoureuse, le sexe n’est pas encore tout à fait présent, il est juste latent, mais rassurez-vous, bandes de petit(e)s vicelard(e)s, il va arriver plus vite que prévu sous la forme d’une guitare distordue à rendre jaloux Ron Asheton (le guitariste des Stooges).

Jamais, dans toute l’histoire de la musique Française, un son de gratte n’a été aussi orgasmique. Ca vaut réellement le détour !, les cordes sont frottées avec une justesse diaboliquement instinctive. Le son de la guitare acoustique a déjà disparu pour faire place à celui, torturé, de l’électricité, cette même électricité qui a survolté tous les fans des Ramones, qui a transformé le blues, musique alors presque intimiste, en rock’n’roll, et qui par conséquent, a changé toute la donne.

Arrive le solo, et c’est l’orgasme. Celui-ci ne durera qu’un bref instant, le temps d’une éjaculation, et ça, c’est la classe du mec ! Un peu comme le Little Wing d’Hendrix, on en aurait voulu plus...

Puis soudain, la basse se tait, c’est le calme.

Inévitablement, l’embryon de frustration la fait repartir. Le cycle est bouclé, la guitare acoustique réapparaît mais plus aussi claire, avec l’innocence en moins, comme possédée par le fantôme de la distorsion, déflorée, lointaine mais lourde comme une enclume.

La névrose repasse par la voix de Coutin qui craque littéralement, furieusement conscient qu’il ne pourra pas toutes les avoir ! Et les chœurs répètent jusqu’à l’obsession : les filles, les filles, les filles...

Les textes eux, sont bruts, aucune tentative de lyrisme, on dirait une traduction littérale d’Anglais !

Coutin insiste sur certains petits détails, sans être vulgaire, avec même une certaine poésie urbaine.

Ce gars-là a du souffrir terriblement ! Ca sent la résignation à plein nez. C’est un morceau qui sert diaboliquement les dogmes du Rock’n’roll, un vrai morceau de looser !

Ce n’est pas une scène d’amour qui est décrite, mais bel et bien une scène de plaisir solitaire.

Fallait oser quand même.

« J’aime regarder les fille » est une réelle curiosité doublé d’un vrai coup de génie, ce qui laisse penser que s’il avait été chanté en Anglais, il aurait certainement été propulsé au rang de hit international.

Testez-moi ça, avec un son irraisonnablement fort, je vous promets une bizarre sensation au niveau du bas-ventre.

Alors bien-sûr, ces quelques lignes qui pourront apparaître comme un peu sexiste, ne fascineront pas les filles.

Mais il y a quand même une chance que vous, mesdemoiselles, en vous plongeant dans l’ambiance du morceau, vous puissiez comprendre certains mécanismes typiquement masculins, mais s’il vous plait, n’en abusez pas...

Un artiste est quelqu’un qui fait bon usage de ses névroses, cela prouve purement et simplement que le rock’n’roll, est un art, mineur peut-être, mais bel et bien un art.



Publié le 24 juillet 2006  par tuco


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