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Nathalie Ménigon : Le formol

Catégorie société
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(JPEG) A quelle puissance du volume doit-on monter pour que les cris de protestations atteignent enfin la tranquillité mécanique des cerbères ?

Combien de manifestations et de messages de soutien faut-il engrosser pour que les barreaux rigides éclatent définitivement en délivrant l’étendue murée ?

La loi kouchner existe pour tous les encagés. Elle doit s’appliquer à Nathalie Ménigon.

Membre d’Action Directe, arrêtée en février 1987, condamnée en 1988 et 1994 à la réclusion à perpétuité assortie d’une peine de sécurité de 18 ans, Nathalie Ménigon, toujours en quartier d’isolement avec son double pour seule compagnie, a déjà subi deux à trois accidents vasculaires cérébraux.

Partiellement hémiplégique, elle agonise lentement et sûrement dans le désert carcéral, -sans traitement approprié- devant les yeux éteints d’une Justice à deux vitesses.

Elle est en grève de plateaux depuis le 26 décembre 2004, et se bat pour faire appliquer ses droits élémentaires. Une survie à bout de souffle. Son dossier médical n’a toujours pas été communiqué à son médecin personnel. Sa première victoire à ce jour : changer de praticien au sein du cabinet médical de Bapaume.

Elle traverse les humiliations quotidiennes et les tracas journaliers d’une administration hermétique, animée par le seul moteur qui tient en vie tout humain : l’espoir.

Celui de sortir un jour et de respirer l’air frais.

Ne pas crever au rythme du béton mais sentir le souffle d’un vent, léger et joyeux, caresser une dernière fois la peau avant que la faucheuse ne pointe sa dégaine asticotée.

Est-ce trop demander que de faire preuve d’un peu d’ humanité et d’égalité de traitement ?

Nathalie Ménigon a payé sa dette à la société contrairement au grabataire petit paPapon, qui lui, a bénéficié de la mansuétude de la Justice.

Nathalie Ménigon est malade.

Lorsque la Justice radote sa vengeance, elle nage dans une cruauté sadique qui devrait nous tenir en alarme. Car s’il est recommandé de trahir ses idées, cela revient à dire que cette société ne tolère que les individus matés et bien disciplinés.

Si telle est sa devise alors bonjour les moutons, bienvenus dans le formol !

Mais peut-être qu’il suffit juste de monter le son... Allez savoir...



Publié le 1er février 2005  par franca maï


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