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Heidegger

Catégorie portrait
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(JPEG) Pour des gens comme moi, ordinaire, à la limite de l’inexistence, Heidegger apparait dans un éblouissement, comme un penseur qui tâche de dévoiler le secret qui fait qu’il y a de l’être, et non rien. Il apparait comme un éclairage dans les ténèbres vers lesquelles notre monde nous plonge tragiquement.

Pour moi, Heidegger est encore un inconnu, un inconnu qui engage à pénétrer sa pensée par la forte impression qu’elle dégage de prime abord. Mais de laquelle, par le peu que j’en ai lu, je ressens comme une étrange impression de lire un auteur chrétien, qui justifie son dieu par l’homme, qui place un être de l’homme, qui n’est pas l’homme lui-même, au coeur d’un réveil de l’oubli de cet être qu’il appel à manifester.

-  Mais, de quel oubli, Heidegger, parle-t-il ?
-  Quel est cette oubli de l’être ?
-  Et par quoi ça se manifeste ?
-  Le réveil de l’homme serait-il celui qui s’est manifesté par le nazisme ?

Effrayante perspective.

-  L’oubli de l’Etre que Heidegger semble regretter, est-il celui de l’homme, ou celui, plus inquiétant, d’un dieu fait homme ?

-  Comment Heidegger pense l’homme ?

-  Quelle identité lui donne-t-il ?

-  A quelle version de la résurgence de l’Etre fait-il référence ?

-  la version nazie ?

-  Ce "cheminement" qui va vers l’identité homme/dieu que voulaient réaliser les nazis, engageant l’humanité toute entière dans une horreur sans nom possible ?

L’Etre de l’homme Heideggérien m’apparait comme le dieu qu’incarne la parabole du Christ tel que nous l’impose le dogme de Rome, mais avec la substitution des concepts proprement chrétiens par ceux trouvés dans la philosophie.

-  Heidegger connaissait-il la méthode du détournement ?

En tous les cas, la polémique engagée fait rage.

Hélas, les attaquants ne me sont pas plus sympathiques que les défenseurs de Heidegger.

Ce Faye m’est franchement répulsif.

Mais, s’il a raison, si Heidegger est une opération de justification du nazisme et rien d’autre, alors il faut en tenir compte.

-  Comment savoir ?

C’est une question pratique qui peut se poser comme suit :
-  "Où en suis-je ?"

Car, il me semble indispensable de savoir se situer.

A partir de quelle place, quelle idée de fond, on ouvre un discours, ou plus modestement, un dialogue.

Je me place fondamentalement comme athée, hors de tout parti.

La question de l’Etre n’a donc, pour moi, aucune réalité si elle se pose par une référence à un absolu, un dieu.

Si un dieu est évoqué d’une manière ou d’une autre, alors Heidegger est chrétien, quoiqu’il affirme . Et celà seul invalide toute sa pensée.

Le christianisme, par ses figures, par son application, par ses effets, est une vaste opération visant à empêcher tout débat mettant l’homme en son centre pour poser les critiques.

Le christianisme a déjà posé l’homme, le sien, au centre des idées, et les a durablement bloquer dans sa sphère.

Le christianisme s’empare des idées pour les neutraliser.

Le christianisme est fondamentalement une vaste opération de nature despotique, et non une pensée philosophique.

Un philosophe chrétien n’est QUE chrétien. Il est d’abord chrétien, et poursuit sa tâche en chrétien. Un philosophe juif, un philosophe musulman est d’abord juif ou musulman.

Evoquer la présence de l’être, c’est admettre dieu. Quoiqu’on en dise par ailleurs.

Si l’Etant heideggerien est la porte du paradigme nazi, alors l’Etre heideggerien est chrétien. Celà seul invalide toute sa pensée. C’est peut-être ce qui explique sa présence comme penseur encarté au parti nazi.

L’Etre du communisme est de même nature. La pensée marxiste n’est qu’un christianisme, et non un humanisme. On y retrouve les mêmes institutions que dans le nazisme.

Je veux dire que, combattre le nazisme, c’est combattre le caractère objectif de l’idée de l’Etre. C’est affirmer, avec Nietzsche, avec force : Dieu est mort.

Hors, ni Heidegger, ni les philosophes marxistes n’ont pu/voulu tuer dieu, mais seulement le remplacer par leurs propres concepts, afin de faire valider leur pensée, faire qu’elle rencontre le terrain de sa réalisation, dont on sait maintenant, toute l’horreur que celà a produit.

La disparition du Nazisme et celle du Stalinisme, qui sont toutes deux de même engeance, voient la résurgence du christianisme sur ces terres qui en furent privées, momentanément confisquées par ceux qui ont voulu s’installer sur un trône divin, avec le succès affolant que l’on sait maintenant.

Il n’est pas tant de larmoyer sur le sort de gens massacrés sous des bombes, si on ne replace pas les termes du débat à leur place, et qui est la position centrale de l’homme envers et contre la tentative de l’écarter pour y substituer un principe qui s’affiche comme supérieur, quel que soit son appelation, Nazisme, Stalinisme ou Capitalisme.

Dans chacune de ces formes de domination, domine l’idée qu’il y a un être, celui qui tient boutique en chacune comme fondement de leur principe, qui interdit sous peine de mort d’être critiqué, et pour lequel il faut se dévouer. Celle qui justifie tous les sacrifices.

Replacer l’homme à la place qu’il lui revient, veut dire, parler à partir de ce que l’on est, non pour ce que l’on devrait être, mais pour être effectivement et pleinement dans notre entière liberté, c’est-à-dire aujourd’hui dans la lutte que nous nous devons d’engager pour retrouver notre sens de l’humanité.

Sens que je trouve s’éloigner de notre perspective de manière catastrophique, avec la reconnaissance de la soumission sociale généralisée, comme modèle esclusif d’épanouissement.

Nietzsche a tragiquement raison. Nous vivons au coeur de ce qu’il redoutait :

le nihilisme européen.



Publié le 24 août 2006  par Gilles Delcuse


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