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L’épuisement du pétrole planétaire par Richard Ackermann

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(JPEG) -L’Epuisement du Pétrole planétaire

Peut-être la première sonnette d’alarme que souhaitait tirer l’auteur était d’informer l’opinion que les réserves mondiales étaient bien moindres qu’on ne le dit. Le livre cite un spécialiste à cet effet : « toutes les grandes découvertes ont été réalisées dans les années 1960. La planète a été fouillée de fond en comble. Les connaissances géologiques sont telles qu’il est quasiment exclu de pouvoir découvrir de nouveaux gisements importants. Le ‘pic’ des découvertes pétrolières se situe en 1965 avec 66 milliards de barils découverts, contre 4 milliards de barils aujourd’hui. En 2000, treize gisements contenant plus de 500 millions de barils/jour ( soit l’équivalent aujourd’hui d’une semaine de consommation mondiale ) ont été découverts, contre six en 2001, deux en 2002 et, pour la première fois, aucun en 2003, en dépit de l’augmentation du rythme des recherches et de la remarquable sophistication des technologies utilisées pour la prospective et les forages (p.243) ».

Et pour être plus précis, la consommation quotidienne mondiale étant de « 84 millions de barils, 365 jours par an représentent annuellement 30 milliards de barils qui sont épuisés. L’ensemble de l’industrie pétrolière mondiale n’est même pas en mesure d’atteindre un niveau de remplacement proche de ces 30 milliards (p.248) »...

Voilà qui contredirait les réserves officielles affichées autant par les pays producteurs que par les compagnies exploitantes.

Eric Laurent s’en explique ainsi : « en examinant attentivement les chiffres publiés officiellement sur les réserves prouvées, je fais une première découverte : les réserves totales des pays de l’OPEP ont connu une croissance vertigineuse de plus de 65%, passant de 467,3 milliards de barils en 1982 à 771,9 milliards de barils en 1991. Sans qu’aucune découverte d’importance ne justifie cette hausse de plus de 300 milliards de barils. Cette augmentation coïncide avec un nouveau système de quotas mis en application en 1986 par l’OPEP. Grâce à ce nouveau système d’évaluation, les réserves prouvées de l’Arabie Saoudite passent de 169 à 260 milliards de barils, tandis que celles du Koweït augmentent de près de 50%. Pour l’Emirat d’Abu Dhabi, les 30 milliards de barils déclarés en 1985 se transforment en 92 milliards en 1988 ; quant à l’Irak, les 49 milliards de barils en 1985 deviennent 100 milliards en 1988. Par un simple jeu d’écriture, un artifice comptable sans rapport avec la réalité, les pays de l’OPEP trouvent ainsi le moyen d’augmenter leurs revenus en exportant plus (p.238) ».

Une manière pour les compagnies multinationales de pallier cette raréfaction est de fusionner entre elles, et ainsi augmenter sur le papier leur poids relatif, tout en maintenant « une véritable conspiration du silence et du mensonge. Les producteurs exagèrent le niveau de leurs réserves, accroissant ainsi leur influence et leur poids financiers ; les compagnies pétrolières, en faisant de même, envoient un message rassurant à leurs investisseurs quant à leur profitabilité (p.237) ».

Le passage suivant méritait d’être cité in extenso : « depuis 1998, les grands groupes s’efforcent de masquer leurs faiblesses en fusionnant pour augmenter leur taille. En août 1998, BP a déclenché ces grandes manœuvres en rachetant Amoco, une des principales compagnies américaines possédant de larges actifs en gaz naturel et en pétrole sur le territoire américain. De 1998 à 2005, BP a réalisé des fusions-acquisitions d’un montant de 125 milliards de dollars, dont 1 milliard fut consacré, en 2000, à l’acquisition d’une participation de 50% dans le nouveau groupe russe TNK/BP. En novembre 1998, deux autres fusions géantes survinrent : Exxon prit le contrôle de Mobil et Total racheta Petrofina. En octobre 2000, Chevron prit le contrôle de Texaco. Les "sept sœurs", qui avaient si longtemps dominé le paysage pétrolier, étaient réduites à cinq, mais restaient entre elles. Cette stratégie, sur le court terme, n’offre que des avantages. Les fusions provoquent une véritable flambée du cours des actions. Confrontés aux déceptions rencontrées devant l’absence de nouvelles découvertes importantes, ces groupes trouvent là un moyen ingénieux et spéculatif d’accroître leurs profits.

Il s’agit en réalité d’une fuite en avant désespérée pour tenter de masquer la réalité sur le front pétrolier :

-  entre 1966 et 1999, les 145 compagnies d’énergie existant à travers le monde, de toute taille et de tout poids financier, ont dû dépenser la somme gigantesque de 410 milliards de dollars simplement pour maintenir l’ensemble de leur production à niveau, c’est-à-dire à 30 millions de barils/jour. Les "cinq sœurs" ont englouti à elles seules 150 milliards de dollars entre 1999 et 2002 pour accroître modestement leur niveau de production de 16 millions à 16,6 millions de barils/jour.

En 2003, malgré un investissement de 40 milliards de dollars, ces compagnies ont perdu chaque jour 67 000 barils.

Selon la société de consultants énergétiques Wood MacKenzie, réputée pour les renseignements confidentiels qu’elle détient, en 2003 les dix premiers groupes pétroliers ont engagé 8 milliards de dollars simplement en recherches, pour des découvertes dont le montant commercial s’est révélé inférieur à 4 milliards de dollars (pp.249-250) »...

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-  ArtsLivres

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-  Editeur : Plon
-  411 pages - 19,50 €
-  ISBN 2-259-20323-X



Publié le 26 août 2006  par torpedo


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