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La fibre du libre par Don olivero

Catégorie actualité
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(JPEG) Figurez-vous que pour un nombre croissant d’individus, la priorité, la vraie richesse est ailleurs.Ces hérétiques ne mesurent plus leur bonheur au nombre de biens accumulés mais à celui de leurs rencontres, épanouissement, culture, expériences,bref de la qualité de cette vie qu’ils refusent de perdre à la gagner. (Mais que fait la police ?) S’impose alors un véritable défi :

-  comment, dans l’antre même de l’hypermarché de la surconsommation, vivre et faire germer l’idée du libre, ouvrir de gratuites brèches ?

Simple, par l’exemple : tous ces bénévoles qui décident d’offrir leur temps aux causes qu’ils soutiennent. Ils sont la condition même de l’existence d’un grand nombre d’associations citoyennes locales ou internationales.

-  A mi-chemin entre l’avoir et l’être :

le gratuit.

Volontaires corps et âme : les donneurs, de sang, d’organes, ou ceux qui s’organisent ici comme ailleurs en Réseaux d’Echange de Savoir.

Lu sur un site du RES : "Echange conseils en graphologie contre technique finition bâtiment". Note que cet exemple illustre la limite légale actuelle. Le ministère de l’emploi nous a rappelé à l’ordre : "pas question de piquer le travail des professionnels !" précise Fred de l’émission la "Fibre du Libre" sur Campus, une des nombreuses radios associatives du pays, tiens donc !

On y parle des énergies libres, des artistes partisans du copy-left, des Robins du Net créateurs de logiciels libres ou encore de ces petits comiques de la presse gratuite dont certains placent des articles pseudo-situationnistes entre deux pages de pubs.

Poussant toujours plus loin la limite de cette légalité financière, il y a aussi ces artistes qui se réapproprient l’espace public en y exposant gratos leurs graphs, stickers et autres montages pour un message ou la beauté du geste.

La réappropriation et redistribution des richesses est un mode de vie pour les squatters qui, en occupant des immeubles vidés pour spéculation, ce en pleine crise du logement, font non seulement de solides économies de loyers mais surtout dénoncent un des nombreux et cruels non-sens du capitalisme. Le cas d’un squat-collectif suisse réorganisant un quartier défavorisé en réseau de troc et récupérant les invendus des hypers du coin pour les distribuer aux plus démunis est parlant.

Les matraques avec lesquelles ils finirent par être expulsés tout autant !

Celui des Sans-Tickets militant pour la concrétisation de la gratuité promise des transports en commun, traînés en justice comme de dangereux délinquants, se passe de commentaires. Ou quand la réappropriation est question de survie, comme pour les paysans sans-terres du Sud.

C’est que ces jusqu’au boutistes, - comme les autres citoyens plus modérés qui eux, restons lucides, se permettent d’offrir la gratuité car ils ont une autre source de revenu (salaire/publicité/indemnité etc.) -, s’attaquent au Dieu Argent, quand ce n’est pas, tabou suprême, à sa Madone à lui : la Propriété Privée elle-même, jouez haut-bois résonnez musettes !

-  Fille des âges farouches ?

Et pourtant, malgré ce que s’efforce et réussit souvent, c’est son talent, à nous faire croire la pensée unique : non, il n’en a pas toujours été ainsi et non, l’argent n’est ni une panacée ni une fatalité ! Pour rappel, au matin du huitième jour, tout était gratos et à profusion s’il vous plait !

-  Soif ? Et une source gazeuse, une !

-  Faim ? Suffisait de tendre la main pour cueillir ! Ah que oui ! C’était le bon temps des ramasseurs Madame, des millénaires de matriarcat !

Puis vint la chasse version moins nomade et plutôt macho : "De caverne à fosse aux mammouths, ça être territoire de Kraôr fils des âges farouche !".

Balbutiement de la propriété privée qui se confirmera avec les agriculteurs sédentaires dans nos contrées.

Notons qu’ailleurs et au même moment, des civilisations atteignent leur apogée sans donner dans le flouze, se contentant d’un sympathique troc accompagné parfois d’un nettement moins éthique esclavagisme il est vrai. Quoiqu’il en soit, l’Histoire regorge d’exemples de sociétés qui firent primer la solidarité et le partage sur l’accumulation personnelle de biens ou des terres, les redistribuant régulièrement, comme les Celtes, les Amérindiens ou plus proche donc plus bref, la Commune ou la Makhnovista. Car tel est l’avantage véritable de la monnaie : au-delà de gérer le troc qui peut très bien s’en passer, elle permet surtout une accumulation supérieure à ses besoins personnels, CQFD.

Replongeons à présent, en pleine Science-Fiction, âge de la spéculation. Alors que les Trusts agroalimentaires font de la gratuite cueillette une affaire juteuse en imposant au monde semences non renouvelables et OGM, ceux de la pharmaceutique brevètent l’ADN du vivant.

-Contre l’absurde : l’imagination !

On est loin d’Ours-Debout doutant de la santé mentale du visage pâle qui lui déclare avec sérieux que la terre, la rivière, l’eau qui y coule et l’air que le vent y souffle lui appartiennent parce qu’il l’a acheté avec des billets et que le papier, là, en est la preuve ! Pas si loin, pourtant, car le paradoxe est qu’en dématérialisant l’argent, la cyber-finance peut faciliter la démarche, intellectuelle pour commencer.

Imaginez juste un instant qu’un beau matin, pris d’un élan de lucidité, nous décidions tous de jeter nos cartes magnétiques et de continuer tout simplement comme avant !

Bien sûr, beaucoup seront tentés dans un premier temps de prendre 5 tartes aux fraises aux lieux d’une baguette mais leur estomac les rappellera rapidement à la raison. Bien sûr, certains refuseront de se rendre à ce travail qui les minait. Faut-il s’en inquiéter quand on sait les problèmes écologiques et humains que provoquent la surproduction et le délire de la croissance tandis que la planète sature.

Ou en réalisant que tartes et baguettes seront bien meilleures vu que les boulangers qui continueront le feront uniquement parce qu’ils aiment ça et en sont fiers.

-  Fantaisiste ?

Que dire alors d’un système où les biens et services ne représentent pas 15% de la bulle financière globale, le reste n’étant que mouvements boursiers spéculations et trafics divers.

Où la fermeture d’une usine rapporte plus que sa production, où une nation se joue des règles qu’elle impose et fait tourner la planche à billet quand bon lui semble.

Pour conclure ces libres propos, rappelons que si une île du Tiers Monde soumise à un embargo est capable d’offrir à l’ensemble de sa population un réseau performant d’éducation et de santé entièrement et réellement gratuit, cela démontre qu’il ne s’agit pas que d’une utopie mais avant tout d’une question de priorités et de choix... Le libre choix des postes avancés (du libre) face à la tyrannie (de l’argent), olé !

source :
-  Actavista



Publié le 29 août 2006  par torpedo


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