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Ben Barka, le militant

Catégorie politique
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(JPEG) Né en 1920 à Rabat, Mehdi Ben Barka milita activement, dès l’âge de 14 ans, pour l’indépendance du Maroc. Licencié en mathématiques en 1942, à l’université d’Alger, il fut, à 24 ans, le plus jeune signataire du manifeste de l’indépendance et se distingua, en 1948, lors d’une de ses premières missions sur le plan international, en déposant aux Nations unies sur la situation des droits de l’homme et des libertés publiques au Maroc.

Militant marxiste convaincu, il fut l’un des plus jeunes dirigeants de l’Istiqlal, parti qui mena le Maroc à l’indépendance et au sein duquel il représentait la faction de gauche opposée au leadership traditionnel.

Président de l’Assemblée consultative du Maroc entre 1956 et 1959, il compose avec Mohammed V, avant de s’opposer au régime de Hassan II.

Accusé de complots et d’actes de subversion, il est exclu du parti et fonde, en 1959, l’Union nationale des forces populaires (UNFP, devenue USFP en 1975) aux côtés d’Abderrahman Youssoufi, l’actuel Premier ministre marocain.

Victime d’attentats répétés dès 1960, condamné à mort par contumace, en 1963, par les autorités marocaines pour avoir pris position en faveur de l’Algérie, Mehdi Ben Barka choisit l’exil, de janvier 1960 à mai 1962, puis, à nouveau, en juin 1963, jusqu’à sa disparition. Durant ces dernières années, il se consacra particulièrement au problème algérien (le général De Gaulle le consultait sur cette question) et aux activités du mouvement de solidarité afro-asiatique.

Il participa notamment, en 1964, à la création de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), du 6 au 19 mai 1965, au 4e congrès de l’Organisation de la solidarité des peuples afro-asiatiques (OSPAA) et présida, peu de temps avant son enlèvement, du 1er au 2 septembre 1965, le comité préparatoire de la conférence tricontinentale de Cuba.

-  par Pauline Lecuit LEXPRESS.fr du 31/10/2005

Chronologie

-  29 octobre 1965, 12h30. Mehdi Ben Barka est enlevé par deux policiers français, Louis Souchon et Roger Voitot, devant la brasserie Lipp, à Paris. L’opposant au régime marocain avait rendez-vous avec des cinéastes, Philippe Bernier, réalisateur, et Georges Figon, producteur, pour un projet de films sur la décolonisation. Il n’a pas réapparu et son corps n’a jamais été retrouvé.
-  30 octobre 1965. L’étudiant qui accompagnait Ben Barka avertit les autorités de l’enlèvement de l’opposant marocain.
-  2 novembre 1965. Deux journalistes de L’Express, Jacques Derogy et Jean-François Kahn, publient un article intitulé Les étranges coïncidences de l’affaire Ben Barka. Ses auteurs, qui ont mené l’enquête, ont rencontré Philippe Bernier, le frère de Mehdi Ben Barka et l’avocat de Georges Figon, Pierre Lemarchand.
-  5 novembre 1965. Le général Mohammed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur, quitte la France.
-  10 janvier 1966. L’Express titre en Une : J’ai vu tuer Ben Barka, un témoignage de Georges Figon, recueilli par les mêmes Jacques Derogy et Jean-François Kahn. Le scandale est révélé. La France lance un mandat d’arrêt à l’encontre du général Mohammed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur et chef des services secrets.
-  17 janvier 1966. Cerné par la police qui a ordre de le retrouver, Georges Figon se suicide. Sa mort confère à l’affaire sa dimension de scandale. class=loupe>24 janvier 1966. Jean-Jacques Servan Schreiber, patron de L’Express, consacre à nouveau 18 pages à cette affaire, intitulées A verser au dossier de l’instruction. Le feuilleton de l’enquête fera la Une du journal cinq semaines d’affilée.
-  5 septembre 1966. Le procès des accusés dans l’enlèvement de Mehdi Ben Barka s’ouvre à Paris.
-  5 juin 1967. Le procès s’achève après le défilé de 167 témoins, dont l’équipe de L’Express. Il voit les seuls Antoine Lopez, chef d’escale à Orly et informateur des services secrets marocains (SDCE), et Louis Souchon condamnés à six et huit ans de réclusion. Le général Mohammed Oufkir et la bande à Georges Boucheseiche, un truand habitant à Fontenay-le-Vicomte, chez qui fut probablement exécuté Mehdi Ben Barka, sont pour leur part condamnés par défaut à la réclusion à perpétuité. Les relations franco-marocaines sont refroidies par cette affaire jusqu’à la retraite du général de Gaulle et l’élection à la présidence française de Georges Pompidou.
-  1972. L’affaire inspire un film à Yves Boisset, L’attentat.
-  Juin 2001. Des révélations d’un ancien membre des services de renseignement marocains, Ahmed Boukhari, publiées dans Le Monde (français) et Le journal (marocain), relancent la polémique, confirmant l’implication du ministre de l’Intérieur de l’époque, Mohammed Oufkir.
-  2002. Ahmed Boukhari publie Le secret.
-  2004. La famille de Mehdi Ben Barka souhaite une "décision définitive" de la France sur la déclassification du dossier couvert par le "secret défense" depuis 39 ans. Le fils de l’opposant marocain en fait la demande dans un entretien à Al Ittihad, journal de l’Union socialiste des forces populaires (USFP).
-  15 octobre 2004. La commission consultative française du secret de la Défense nationale approuve la déclassification des informations demandées par le juge Claude Choquet, chargé de l’enquête sur la disparition du leader de la gauche marocaine.
-  2003. Un livre témoignage de l’ancien agent secret marocain Ahmed Boukhari accuse l’ancien ministre de l’Intérieur Mohammed Oufkir d’avoir poignardé Ben Barka et fait rapatrier son corps au Maroc pour le dissoudre dans une cuve d’acide.
-  29 octobre 2005. 40e anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka.

-  Droits de l’Homme



Publié le 10 septembre 2006  par nul


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