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Marie-George Buffet : intervention dimanche à la fête de l’Huma

Catégorie politique
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Chers amis, chers camarades,

Oui, nous allons nous mobiliser pour l’Huma. Ce journal qui nous donne la parole et nous rassemble, nous qui rêvons d’un autre monde.

Ce journal, l’Huma, c’est celui du non de gauche victorieux. Celui de la jeunesse mobilisée pour le retrait du CPE.

Oui, nous avons besoin que l’Huma vive !

La fête de l’Huma est à son image. En arpentant les allées, j’y ai ressenti votre force, la force de celles et ceux qui s’engagent, qui luttent, qui refusent de se couler dans le politiquement correct dans lequel on veut les murer.

Une force qui peut déplacer des montagnes lorsque nous sommes rassemblés. Oui, rassemblés.

Femmes et hommes de toutes générations, salariés ou privés d’emplois, avec ou sans papiers, nous voulons que notre vie change, nous voulons que le bonheur et la fraternité, le partage et le développement de toutes les capacités humaines, soient à l’ordre du jour.

Oui, nous sommes des milliers ici à considérer que chaque homme, chaque femme vaut plus que tout l’argent de la planète.

Nous sommes des millions dans ce pays à partager la même révolte et la même attente, parfois censurée, parfois affirmée, d’un monde meilleur.

Nous voulons la paix.

Il y a peu, la guerre faisait rage au Liban et à Gaza, tuant femmes et enfants. Le président Bush et ses fidèles ont argumenté sur le droit à la guerre.

Nous, ici, nous revendiquons le droit à la paix : la paix comme seul avenir possible. La paix construite sur le droit et la justice. La paix pour un Liban souverain et un Etat palestinien indépendant, vivant en coopération avec l’Etat israélien. Solidarité avec le peuple libanais. Solidarité avec le peuple palestinien !

Face au terrorisme insensé, face à la prétendue guerre des civilisations qui mène le monde à sa perte, oui, nous sommes des millions à dire : solidarité de par le monde.

-  Comment accepter l’exploitation des enfants dans le monde par des multinationales ivres de profits ?

-  Comment accepter le sort réservé à l’Afrique ? Comment accepter les barbelés et les naufrages qui tuent tant d’hommes et de femmes fuyant la misère ? Comment ne pas faire corps avec les peuples qui se lèvent en Amérique Latine ?

En leur nom, nous voulons toutes et tous ici un ordre international basé sur le co-développement. Oui nous prenons le parti des peuples contre le capitalisme mondialisé !

Nous sommes des millions à vouloir préserver la planète pour nos enfants. Nous ne voulons pas de ce productivisme qui met en danger l’air, l’eau, les forêts, au nom des dividendes des actionnaires.

Pour les générations futures, prenons le parti d’une agriculture, d’un développement respectueux des êtres humains ! Oui, ici, nous prenons le parti de l’écologie !

Nous sommes des millions à penser qu’il n’y aura pas d’émancipation humaine sans l’égalité entre les femmes et les hommes. Soyons toutes et tous ici du combat féministe !

Oui ici prenons le parti de l’être humain contre toutes les dominations et discriminations !

Oui, nous sommes ici rassemblés pour tout cela et parce que nous avons lutté ensemble, gagné ensemble. Nous avons fait souffler un vent nouveau d’espoir et de liberté. Ce vent nouveau, nous le portons dans les luttes.

Oui cette droite, nous allons lui faire ravaler son arrogance, nous allons la faire reculer...

Pour parler clair, nous voulons qu’elle s’en aille. Nous la battrons en 2007 !

Le Premier ministre Villepin vante son bilan. Le pouvoir d’achat ça va mieux ! L’emploi ça va mieux ! Mais ce n’est pas pour le peuple, c’est pour les patrons du CAC 40 que ça va mieux : 50 milliards de profits en 6 mois ! Que les ténors de la droite n’aient aucune illusion ! Entre eux et le pouvoir, ils vont nous trouver, nous allons leur barrer la route. Et pour cela nous allons dresser l’inventaire de ces cinq années au service du grand patronat.

Non, nous n’avons pas oublié : casse des retraites, et ils veulent aller encore plus loin, matraquage de la Sécurité sociale, sape de l’assurance-chômage.

Nous n’avons pas oublié : casse du droit du travail ; hymnes à la précarité ; destruction des services publics ; Casse du logement social.

Nous n’avons pas oublié : traque des immigrés jusque devant les guichets de la République, charters, lois contre nos libertés, opérations musclées.

Nous n’avons pas oublié : les jeunes réduits à la précarité, stigmatisés, les mots de « racaille » et de « karcher ».

Nous n’avons pas oublié leur Constitution pour une Europe libérale et le mépris de la volonté du peuple.

Le ministre de tout, Nicolas Sarkozy, le serviteur zélé du capitalisme, dessine la France qu’il veut.

Une France où les nantis imposent leur loi : travailler plus et se taire !

Le président de l’UMP s’est éclaté aux Etats-Unis. Il a vu Bush pendant 20 minutes. 20 minutes d’extase. Sa politique de classe, sa politique liberticide, sa politique de division de notre peuple, il l’a faite reconnaître par un expert : le fauteur de guerre de la planète.

Imaginez un instant que ce "petit Bush français" soit le président de notre République. Danger pour les libertés, danger pour les droits, danger pour le rôle de la France dans le monde. Mais rassurez-vous nous n’en sommes pas là.

Nous allons lui faire barrage. Tous ensemble ! Avec les bénévoles du réseau Education sans frontières et les élus, pour que les enfants ne soient pas arrachés à leurs copains. Avec les Polimeri, les Trefimétaux et les Fabio Lucci qui se battent pour l’emploi et les salaires. Avec les intermittents. Avec toutes celles et tous ceux qui se battent comme les familles de Cachan pour le droit au logement, avec toutes ces femmes qui se battent pour leur dignité. Avec tous ces jeunes qui demandent des moyens pour étudier ! Avec les gaziers qui se mobilisent pour que l’énergie reste notre bien commun !

Oui tous ensemble nous allons abattre le mur de l’argent-roi et du tout-marchand !

Nous voulons que la liberté, l’égalité, la fraternité descendent des frontons des mairies pour envahir la vie quotidienne.

Nous sommes des millions à vouloir du bonheur commun.

Nous sommes la majorité. Alors tout est possible.

Mais il faut nous rassembler.

Il faut une gauche populaire, courageuse, audacieuse qui porte contre vents et marées une politique qui change la vie.

Je le sais. Certains d’entre-vous doutent devant les offensives libérales et les renoncements de la gauche. C’est vrai, de recul en recul, certains de nos concitoyens sont tentés par le repli, le rejet de l’autre, celui qui vient d’ailleurs, celui que Le Pen et Villiers, ces richards haineux, montrent du doigt. Eh bien je le dis avec force. L’autre cet homme, cette femme est de notre famille et de notre équipe. C’est avec lui et elle que nous gagnerons.

Tous ensemble !

Bien sûr, pour écraser un peu plus l’espoir, on nous organise un grand show à l’américaine pour 2007. Aux hommes et aux femmes de gauche qui regardent ce mauvais scénario depuis leurs vies dévastées, je veux leur dire qu’ils valent mieux qu’une élection de télé-réalité.

Tout est fait pour nous mettre dans les clous du bipartisme : les clous de l’Europe libérale, les clous du CAC 40, les clous de l’OMC, les clous de ceux qui dominent le monde... La pensée unique continue son matraquage... C’est tout cela qui peut nous provoquer un nouveau 21 avril. Eh bien, moi, j’affirme qu’un autre chemin est possible. Je suis prête au débat projet contre projet. J’affirme qu’existent les moyens financiers et démocratiques d’un changement radical de politique en France et en Europe.

Depuis des mois, loin des projecteurs, des milliers d’hommes et de femmes construisent à ciel ouvert, dans les collectifs unitaires, dans les luttes, un programme antilibéral que pourrait porter une majorité, un gouvernement de gauche à votre image.

C’est pourquoi ici de la fête de l’Huma, je veux lancer cet appel. Vous qui demain pointerez dans votre entreprise, ouvrière ou employé ; vous qui serez dans l’amphi surchargé ; vous qui avez rendez-vous à l’ANPE ; vous qui attendrez des heures pour des papiers, vous les hommes et les femmes que l’on bâillonne et précarise, vous dont le cœur bat à gauche ; ne vous laissez pas voler l’élection présidentielle.

Rassemblés, vous pouvez encore tout bousculer, vous pouvez construire un projet transformateur, une candidature qui porte vos aspirations au pouvoir.

Vous voulez toutes et tous une école de la réussite pour vos enfants. Ce n’est pas en remettant en cause la carte scolaire que l’on va y arriver. C’est en y mettant les moyens nécessaires. Oui, il faut plus d’enseignants et d’infirmières scolaires. Et que l’on ne nous dise pas que les caisses de l’Etat sont vides ! Pour l’école, la recherche et la culture, il faut aller prendre l’argent là où il est inutile, dans les grandes fortunes et à la Bourse. Une gauche populaire doit engager une grande réforme fiscale et faire éclater le pacte de stabilité.

Aux quatre coins du pays, des syndicalistes me présentent des plans alternatifs pour éviter la fermeture de leur usine. On ne les écoute pas. Le seul critère qui vaille pour ceux qui nous gouvernent, c’est la rentabilité financière. Eh bien une gauche populaire devra inscrire d’urgence une loi donnant aux salariés et aux élus un réel droit d’ingérence dans la gestion des entreprises. Les jeunes ont battu le CPE. Mais la précarité demeure. Eh bien une gauche populaire devra engager la construction d’un véritable système de sécurité d’emploi ou de formation.

Il y a quelques mois, le groupe Mittal a englouti des dizaines de milliards d’euros pour racheter Arcelor. Eh bien pour utiliser l’argent autrement, une gauche populaire devra créer un pôle financier public qui permettrait de mobiliser le crédit au service de l’emploi et du développement durable.

A l’image de nos élus qui se battent, pied à pied, au Parlement, la gauche doit s’engager à reconstruire un grand secteur public.

Et j’en prends l’engagement devant vous. Dès que la France occupera la présidence de l’Union européenne, une gauche populaire devra taper sur la table de la Commission et dire : Terminé, les directives de libéralisation. Réorientons la Banque centrale européenne, et allons-y, lançons un grand débat citoyen pour un nouveau traité européen ! Oui, l’Europe sociale, démocratique et pacifique, nous allons la construire ! C’est ça notre plan B.

La sécu et les hôpitaux publics sont asphyxiés. Eh bien faisons cotiser les revenus financiers !

Les grands patrons s’assurent de bons salaires et de bonnes retraites. Et bien pour nous, c’est le SMIC à 1500€ tout de suite ! C’est la retraite à 60 ans ! C’est l’augmentation des salaires et des minima sociaux, comme l’allocation adulte handicapé !

Oui, il faut que la gauche populaire antilibérale s’engage sur tout cela.

Il faut qu’elle en finisse avec la monarchie présidentielle. Construisons une nouvelle République où vous aurez de véritables droits d’intervention dans les affaires publiques. Où les résidents étrangers auront enfin le droit de vote. C’est une question de justice !

Chers amis, chers camarades, Tout ceci vous le voulez, et tout ceci est possible. Tout dépend d’une volonté politique appuyée sur l’intervention populaire. Tout ce que je viens d’évoquer peut se traduire en lois et dans notre quotidien.

Tout ce que je viens d’évoquer peut être porté au sein de l’Union européenne pour changer son cours.

Cette autre politique, nous ne la travaillons pas pour 2012 ou 2017. Nous voulons la mettre en oeuvre dès 2007. Il y a urgence sociale et démocratique !

C’est mon seul objectif. Et je le sais, vous l’avez aussi constaté, c’est le seul objectif des hommes et des femmes qui composent le Parti communiste français. Avec eux pas d’esprit de boutique, pas de tentation hégémonique, simplement un engagement sincère, un engagement formidable pour qu’enfin nous battions la droite durablement, et réussissions à gauche.

Un engagement, avec d’autres, épris de justice et de liberté, un engagement utile dans les luttes concrètes que l’on mène au jour le jour, dans son quartier ou son entreprise. Utile dans la recherche et l’énoncé d’alternatives politiques au monde dans lequel nous vivons. Utile pour contribuer aux larges rassemblements qui font l’amorce des grandes victoires populaires !

C’est pourquoi je ne veux pas restreindre le champ du rassemblement. Je le veux le plus large possible et donc majoritaire.

C’est pourquoi je réfute l’idée de candidatures qui seraient sans ambition et qui laisseraient libre cours au social libéralisme, voire hélas, à la droite. C’est pourquoi je n’accepte pas que la gauche populaire soit cantonnée à un rôle protestataire ; je veux que tous et toutes ensemble nous créions une dynamique débouchant sur une majorité et un gouvernement antilibéral qui fassent droit à ces exigences.

Et cela nous sommes des millions à le vouloir. Et pour cela il nous faut une gauche qui ne se retire pas dans les palais de la République mais qui les ouvre aux quatre vents.

Une gauche qui ne se laisse pas emporter par les vagues libérales mais les combat.

C’est cette gauche-là que nous sommes en train de construire ! Nous sommes déjà des milliers à nous réunir aux quatre coins de la France comme nous l’avons fait contre l’Europe libérale et contre le CPE.

Mais aujourd’hui, il nous faut encore élargir le mouvement. Nous ne sommes pas encore suffisamment nombreux.

Dans chaque commune, faisons vivre et créons des collectifs unitaires ! Soyons tous et toutes les candidats et les candidates d’une gauche qui porte nos aspirations et nous donne le pouvoir de décider de nos vies. C’est ce combat commun qui me motive, c’est cette ambition que je veux servir !

Oui, rassemblons-nous, comme nous avons déjà su le faire, hommes et femmes engagés dans les associations, militants féministes, syndicalistes, altermondialistes, hommes et femmes engagés en politique, socialistes, communistes, écologistes, rassemblons-nous pour prendre le pouvoir et le rendre au peuple.

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes en train de construire quelque chose d’inédit.

Nous refaisons de la politique une affaire citoyenne et populaire. Nous sommes en train de redonner à la gauche sa véritable mission : changer la vie, changer le monde.

Nous sommes en train d’imaginer un gouvernement qui serait un outil au service de nos combats. Ce sont des défis formidables. Alors je joue la gagne ; je joue la gagne parce que nous sommes majoritaires et que les moyens existent pour une autre politique. Je joue la gagne car l’actualité est de redonner au peuple sa souveraineté et de mettre les ressources de notre planète au service de l’émancipation humaine. Je joue la gagne parce que vous êtes ici, parce que nous sommes rassemblés forts de nos colères et de nos aspirations.

En 2005, à la fin des meetings pour le non, je disais souvent : fermez les yeux, imaginez la tête des partisans du oui si le non l’emporte. Ce que j’ai envie de vous dire aujourd’hui : fermez les yeux ! Imaginez ce qui pourrait se déclencher dans ce pays si, avec la gauche populaire, vous créiez encore la surprise.

Alors allons-y ! Nous sommes toutes et tous ici en campagne.

Allons transformer nos colères, nos luttes et nos espoirs en une vraie politique de changement !

Oui, nous allons gagner !

-  source : MGB

-  Lu sur : Bellaciao



Publié le 19 septembre 2006  par torpedo


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