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Fureur Electrique

Catégorie Musique
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High Voltage rock’n’roll

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FUREUR ELECTRIQUE

Ce jour là il pleuvait, il faisait froid, et il n’y avait rien d’intéressant à la télévision. Les chaînes musicales vomissaient leurs clips plein de « chanteurs » qui ne se servent que du pouce et de l’index, avec de grosses lunettes de soleil, fumant de gros cigares dans des voitures rutilantes remplies de filles lascives. La routine cathodique quoi ! Puis soudain je me souviens de l’émission du samedi soir qui parlait de nous : « Les enfants du Rock », je me rappelle d’une spéciale AC/DC.

Aussitôt pensé, CD, platine, et c’est parti. « High Voltage », 1er album du groupe sorti en 1976, fait la nique aux comiques du YO.

-  Bloody hell, comment ai-je pu oublier à quel point c’était bon ?

Je suis impardonnable. 1er morceau : « It’s a long way to the top if you wanna rock’n’roll », cinq secondes au compteur et déjà mon pied marque les temps, c’est ce qui est fantastique avec AC/DC, et ça marche à tous les coups ! Ca vient d’Australie, du bout du monde ! Et c’est l’illustration parfaite d’un feeling impeccable qui serait altéré par une technicité trop importante.

Pour s’en convaincre il suffit d’écouter le quatrième morceau « LiveWire », pendant une minute et trente cinq secondes, montre en main, la basse marque la même note, personne n’a plus osé depuis faire un truc pareil.

Angus Young, le lead guitar, ne s’écarte pas d’un poil de la gamme de blues, son frère Malcom, nous balance une rythmique en titane, mais le plus remarquable, c’est le chanteur, Bon Scott. Un cas unique dans l’histoire du Rock, ce gars-là possédait une voix à la fois aiguë et chaude.

Celui-ci disparut prématurément en 1980, étouffé par ses propres vomissures (troisième cause de mortalité chez les rock-stars, après l’overdose et le suicide !). Bon Scott a été remplacé par Brian Johnson peu de temps après sa mort (the show must go on), et là, plus pareil.

C’est sûr, musicalement parlant, « Back in black » (1980) n’est pas un mauvais album, mais bon, aucune comparaison ne serait décente, essayez juste d’imaginer le nouveau chanteur à la casquette chanter « The jack »(quatrième morceau de High Voltage, un blues classique).

AC/DC est mort avec Bon Scott (opinion toute personnelle), ce qui nous laisse six albums dont un live, avec en guise de testament le dernier : « Highway to hell ».

Les Australiens d’origine Irlandaise (il n’y a pas de secret !) ont transformé « l’escalier pour le Paradis » (Led Zeppelin, « Stairway to heaven") en autoroute pour l’enfer !

Et sans tomber dans un hard rock lourdement caricatural à la « Iron Maiden ».

Rien que dans leur nom et dans celui du premier album, AC/DC rend hommage à l’électricité et montre ce que l’on peut faire de mieux sans bouriner ni bluffer. L’énorme groove présent dans leurs interprétations, du en partie au jeu syncopé d’Angus, nous rappelle que le rock’n’roll vient du blues, et donc, que la puissance sans le swing ne génère qu’ un rock glacial.

Il y a toujours quelque chose d’émouvant à écouter le 1er album d’un groupe qui a fait son chemin depuis, « High voltage » était un disque novateur, qui parallèlement au mouvement punk, a balayé le son des années 70, et pour en sentir les vibrations, il faut absolument se replacer dans le contexte de l’époque.

Même « Status Quo », qui donnait aussi dans le hard-blues-boogie, ne swinguait pas avec autant de bonheur, peut-être parce qu’ils n’osaient pas faire un rock aussi basique (crédibilité Anglaise oblige ?).

AC/DC ne s’est jamais fourvoyé, tout en faisant évoluer, à sa manière, le rock électrique.

En 1976 « High Voltage » était une réelle prise de risque, et beaucoup plus que n’importe quel album de Joe Satriamachin ou Yngwie Malmstruc (désolé, je ne pouvais pas m’en empêcher !).

Les rockers Australiens ont grandement contribués, et certainement sans se poser de questions, à la pérennité d’un rock authentique. Il faut bien comprendre une chose, le rock’n’roll ne supporte pas la complexité, donc vu sous cet angle-là, il se pose plus comme un défoulement tribalement artistique que réellement une catégorie de musique à part entière. Comment expliquer qu’il se porte toujours aussi bien avec ses trois mêmes accords depuis 1954, date historique de sa naissance, à Memphis. Conclusion, il n’existe que deux sortes de musique, le rock’n’roll et tout le reste...



Publié le 18 octobre 2006  par tuco


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