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Du chômage, des coups de poing
et une défenestration sociale
par Andy Vérol

Catégorie société
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Ce qui commence à stresser les élites et les "embauchés" de classe moyenne, c’est le sort lamentable proposé à leur gosse, par une société tranchée, laminée, détruite par un système économique qui est allée chercher ses esclaves ailleurs.

Le capitalisme est une monstruosité conduite par des hordes de cerveaux malveillants en quête de fortune, de gloire et bien sûr, de privilèges.

Depuis le XIXème siècle, avec l’avènement de la "révolution industrielle", les sociétés humaines, et particulièrement celles qui constituent l’Occident ont mis en place un système qui pousse l’Humanité à se défésnestrer, dans sa globalité. Etre bouffé après s’être gavé de tout ce que la planète et son tapis de vie pouvaient fournir.

Cette révolution industrielle n’a, au fond, toujours apporté du confort qu’à une toute petite minorité. Pour les autres, les plus privilégiés des autres, c’est l’espoir puis la frustration et l’humiliation. Une minorité des hommes se nourrit de la chair de la majorité... Mais là, je n’invente rien. Je répète inlassablement toutes ces évidences dont les dirigeants ne tiennent pas compte.

Les deux guerres mondiales sont le fruit de l’idéalisation de la Nation, mais aussi, et surtout, la conséquence directe de l’industrialisation...

Chaque époque produit ses victimes humaines. Mais au cours de ces deux derniers siècles, des idées nouvelles, ou tout du moins nouvellement généralisées ont saisi les esprits de millions d’hommes et de femmes. Etrangement, ces idées "révolutionnaires" et progressistes qui proposent l’égalité entre les hommes et un bien-être commun ont été générées par le capitalisme et son lot de massacres visibles ou invisibles...

La machine ne s’emballe pas. Elle a été délocalisée.

Comme je l’indiquais dans un texte sur la fermeture des usines Thomé-Génot, il est stupéfiant de remarquer que des zones vastes de peuplement humain, en France, soient en récession : suicides massifs, dépressions, violences conjugales, violences urbaines, dépreciation de la personne humaine par l’Etat (fermeture des services publics), enclavement (disparition d’escales SNCF), exode massif de la jeunesse vers des zones produisant des emplois précaires (des dizaines de milliers de jeunes français nettoient des chiottes de restaurants londoniens avec un niveau bac + 3), dé-mutualisation des assurés sociaux...

Le bannissement

Les chômeurs sont considérés, toujours à tort, comme des profiteurs, des "abuseurs" de système par les patrons, les responsables politiques et, de plus en plus souvent, par des représentants syndicaux.

Je parlerai spécifiquement de la zone France... Les trente glorieuses ont offert aux français, l’illusion d’un avenir meilleur. Le traumatisme de la guerre et la faim qui tenaillait chacun ont permis au capitalisme de s’installer durablement, avec de moins en moins de contestation. Les Baby-boomers avaient du travail, même mal payés et voyaient leurs moyens augmenter de décennie en décennie... Certains d’entre eux, de 68 à 81 se sont cependant inquiétés de cet emballement.

-  Etait-il raisonnable d’accepter un système injuste et assassin sous prétexte qu’il endormait chacun de façon provisoire ?

Mais c’était sans compter sur le système qui sait une chose : plutôt que de détruire directement et très visiblement des réfractaires, il est préférable d’absorber les moins virulents d’entre eux, et bannir tous les autres.

A l’échelle du pays, ce bannissement se traduit par la destruction lente et profonde des administrations (bureaux de poste, commissariats, écoles, etc.). A l’échelle de chacun, la situation est catastrophique : "Tu acceptes un boulot avec un salaire minimum qui ne tient pas compte de ton parcours professionnel et scolaire. Si tu te syndicalises, on te flinguera à vue si tu contestes notre gestion."

Ce bannissement est réalisé avec la complicité des hommes et femmes politiques. Ceux-ci, plutôt que de proposer une alternative sérieuse au capitalisme carnassier, soutiennent des centaines de lois/mesurettes, des pansements inefficaces : aides publics à l’emploi, zones franches, prime de Noël, etc. On me qualifiera de "sans-coeur". "En attendant mieux, il faut bien aider ces pauvres gens."

La politique et les idéologues actuels se contentent de ce message.

Aucun ne remet en cause le capitalisme.

Personne ne le dénonce totalement.

Ce travail de sape des leaders économiques a permis : la disqualification des syndicats, le muselage de l’information (groupes de presse propriétés des multinationales), la corruption des représentants politiques de tout bord, la manipulation statistique généralisée (Je me rappelle qu’en matière d’économie, mes enseignants focalisaient essentiellement sur les chiffres officiels), le renforcement d’un dispositif sécuritaire massif (en vue de rejeter tout banni soucieux de rentrer dans le rang), le cynisme politique ("Nous lutterons contre la fracture sociale" - 1995 - France), l’accentuation des rapports conflictuels entre les personnes (Pour payer son loyer et remplir son frigo, il faut, face à un marché du travail détruit, écraser son collègue ou partir), l’émergence d’un fascisme nouveau, une approche nationaliste des collectifs (Les propos racistes et communautaires s’imposent aussi dans des structures associatives et politiques de gauche), un mutisme ignoble des élites intellectuelles, etc.

J’entends des salariés (s’imaginant à l’abri du chômage et de la chute sociale) me dire : "Mais t’es pessimiste toi ! Tu vois tout en noir et tu exagères tout. c’est vrai qu’il y a des problèmes, mais pas à ce point-là."

L’égoïsme des classes moyennes est sans doute le facteur de dégradation moralé le plus inquiétant.

Tandis que nombre de salariés aux revenus convenables vivent normalement et consomment, des milliers d’autres tombent comme des mouches sur le pas de leurs portes. Ils les voient, mais refusent de penser qu’ils jouent un rôle dans cette dégradation.

Des plus de 7 millions de français qui souffrent de la précarité économique, sociale et psychologique, un très grand nombre meurt sans avoir jamais rien réalisé. Les membres de la classe moyenne, soucieux de préserver leur niveau de vie et angoissés à l’idée de devenir à leur tour les parias de ce monde, ne jouent jamais le rôle qu’ils devraient avoir. Ils votent pour ces grands partis qui ont entrainé le monde dans ce contraire-de-vie, ils contestent l’honnêteté, la fierté et la force des plus pauvres. Ils sont favorables à la pérrenisation de ce système économique (en attendant mieux ?)...

Je sais, il ne faut pas toucher aux classes moyennes... Et pourtant.

Tout le monde connait les remèdes, mais aucun des privilégiés qui nous dirigent ne souhaitent les appliquer.

Il est évident que les hommes et femmes politiques ne veulent pas remettre en cause leur niveau de vie. Ils veulent le beurre, l’argent du beurre, la crémière, le mari de la crémière et pas leurs gosses.

Ce qui sauvera finalement beaucoup de gens et leurs descendants, c’est finalement la dégradation massive des existences de la majorité. Les mouvements sociaux grandissent. Les luttes et les correspondances entre sceptiques, militants et déçus du système s’accélèrent... Nous entendons souvent parler de radicaux, d’extrêmistes, etc. Ce mensonge odieux est le meilleur moyen de grandir le bannissement de ceux qui ont compris que ce système n’est au service que de ceux qui en profitent pleinement.

Nous sommes à la fin d’une époque. Les partis dirigeants sont discrédités par la masse des gens qui souffrent.

La meilleure façon de ne pas être absorbé, c’est la lutte sous toutes ses formes. Et plutôt que de subir un bannissement, il est préférable de refuser catégoriquement de pénétrer pleinement dans ce système. Pour ça, il est nécessaire de mettre aux oubliettes, ses rêves de maison, de voiture et de vacances au soleil. Mais en échange, chacun vivra peut-être plus paisiblement dans "l’en-soi" et se suffira de la vie en toute humanité...

Nous en passerons, hélas, par une phase violente de changement.

Andy Verol



Publié le 30 novembre 2006  par torpedo


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Forum de l'article
  • Du chômage et des choses à savoir
    6 décembre 2006, par Fleur

    Les Français travaillent plus que les autres
    -  36,3 h en France
    -  33,8 h aux Etats-Unis
    -  31,7 h en Grande-Bretagne en moyenne de tous les emplois

    http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm

    -  En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l’ensemble de l’activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d’emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d’emplois entre secteurs d’activité, le nombre d’emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

    http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

    -  Au début des années 70, la croissance était sensiblement supérieure à celle d’aujourd’hui. De 1970 à 1974, en quatre ans, la valeur ajoutée a progressé de 18,83 % et la productivité de 19,15 %, valeur légèrement supérieure. Si l’emploi a cependant progressé de 742 000, soit 3,60 %, c’est que la durée annuelle du travail a diminué de 3,73 % (de 1821 à 1753 heures). Le chômage a malgré tout augmenté car la population active progressait plus vite que la création d’emplois.

    http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/mythes.htm

    Ce n’est donc pas une forte "croissance" qui crée de l’emploi mais une différence positive importante entre la croissance de la production et celle de la productivité, comme pour les années 1988-89 (1,5 %) et dans une moindre mesure 1987 et 1990, ou une forte diminution de la durée du travail, comme entre 1970 et 1974.

    Pour une durée constante du travail, seule une évolution de la valeur ajoutée supérieure à celle de la productivité entraîne une création nette d’emplois (nombre d’emplois créés, à durée du travail identique, supérieur à celui des emplois détruits). Plus généralement, l’évolution de la valeur ajoutée est égale au produit des évolutions de la productivité, de la durée du travail et de la population active occupée. Autrement dit, l’emploi (population occupée) augmente uniquement si la production (valeur ajoutée) augmente plus vite que le produit de la productivité par la durée du travail.

  • Du chômage, des coups de poing
    et une défenestration sociale
    par Andy Vérol
    12 novembre 2016, par Akhadiwi
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