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Double You See d’oYo
au Musée de l’Erotisme

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C’est une bien belle et étrange exposition qui se déroule actuellement au Musée de l’Erotisme à Paris.

Baptisée Double you see par son concepteur oYo -artiste onirique- elle plonge le visiteur dans une immersion sensuelle à hauteur des latrines, provoquant tour à tour, le trouble, l’envie, le rejet, le sourire, le doute, le rêve éveillé comme si le réalisateur de ces sept tableaux animés et sonores avait voulu livrer aux curieux, la face cachée d’un miroir en leur contant des histoires qui changeraient capricieusement avec le regard, l’humeur, la sensibilité ou l’angle de vue.

Des fleurs chagrinées ou épanouies exhibent leurs secrets semant des graines métaphoriques dans les eaux troubles d’un désir avoué ou inavoué. La cuvette des WC se métamorphosant en théâtre du fantasme, au gré des peurs abyssales et du vertige du sexe entraînant alors le visiteur dans une déroute des sens. Sixième compris.

Connu pour sa griffe particulière, et son Art subtil de la lumière et des couleurs, oYo, tel un peintre imprévisible, violent et tendre offre à voir des images provocatrices froidement fiévreuses où l’on devine la femme dans sa splendeur nue, parée d’un indéchiffrable mystère.

Je vous offre ici mes sensations en découvrant l’exposition Double You See. Dans le désordre. Sachant que lors d’une prochaine visite, elles changeront très certainement, au rythme des chemins de traverse.

Mais c’est bien là que réside la force d’oYo, brouiller les pistes et vous laisser la liberté d’apprivoiser vos instincts.

-  Tableau 1 C’est le froissement des billets qui m’attire. Il tinte à mon oreille comme des promesses enchanteresses. Et plus l’argent flotte dans la cuvette, plus je sais que les rives de la liberté sont à portée de l’eau .. Je m’en contrebalance des impatients qui poireautent derrière la porte, attendant leur tour de manège. Au suivant ! ... Ils peuvent me perforer, m’épingler au ciel, m’assaillir de leurs coups de reins, me mépriser ou m’aimer, les billets s’entassent formant des petits bateaux hypnotiseurs. Bientôt le large et l’inconnu... Mon visage s’éclaire...

-  Tableau 2 Elles sont gentilles les biches lorsqu’elles vous accostent. Avec leurs longs cils mouillés et leurs peaux de soie. Leurs tours de reins salutaires. Mais leurs bouches déformées vous hurlent des insanités, postillonnant des rires cauteleux et amers. Tu bandes mou !... Et cette antienne malfaisante vous poursuit de lit en lit, de pays en pays, de poubelle en poubelle. Et les biches s’éloignent. Le soleil est noir. Le froid transperce alors vos os. La corde est solide. Et la serrer autour de votre cou, un jeu innocent, accessible. L’eau de la cuvette vous renvoie l’image de votre carcasse parée d’un sexe en érection. Dur comme le béton qui emprisonne les villes domptées, toujours insatisfaites. Alors vous pensez : ce n’était que çà !... Vous n’en avez plus rien à foutre de votre salut. Aucune mandragore ne poussera pour aider les biches stériles d’amour. C’est votre ultime souhait. Un sourire illumine votre visage.

-  Tableau 3 Je vous salue... Du fond de mon trou. Sucer. La sucer. En une transe avec les chiens. Pleine de grâce ...

-  Tableau 4 Dis mon petit papa, ils sont encore loin les nuages ?... Et cette île dont tu me parlais où les enfants perdus trouvent un trésor, elle se situe dans quelles contrées exactement ?... Le monsieur du bord de ma mer ne me chiffonnera plus la peau avec ses doigts sales. Dis-moi, maintenant que je suis au fond du trou, en paix et apaisée, je peux tout entendre... Je n’aurai plus jamais mal ... c’est bien vrai ? ... Juré, craché....

-  Tableau 5 Mes jambes ont des impatiences. Ma carcasse ne tient pas en place. L’immobilité me fout la trouille.C’est un trip permanent dans ma tête. Yeux ouverts ou fermés. Mais j’ai mon toy et il me suit partout. Un rythme d’enfer. Ensemble, nous musardons. Quelquefois, il grippe !... Alors, je me retrouve malgré moi, à renifler mes racines. Le mal du pays m’assaille. Et les impatiences. A nouveau.

-  Tableau 6 Comment te dire ? ... La vie est courte. Pitoyablement triste. Alors il faut la bouffer par tous les bouts. Un amant, un mari, un confident, une armée d’éclopés... Pansements provisoires. Ils m’exaspèrent au bout du compte. Susurrer toujours les mêmes mots. Quelle plaie !... Moi, j’aime les songes qui mentent.

-  Tableau 7 C’est toujours au comptoir du bar que cela m’arrive. Je commande un canon, puis deux, puis trois... Et je sais qu’en bas de l’escalier, cinquième porte à gauche, deux sirènes m’attendent dans l’eau des latrines. Moi, je peux déjà entendre leurs gorges émettre des petits bruits sensuels, des chants d’amour, des mélopées qui rendent fou. Mais personne ne les capte. Jamais.

Alors de nouveau, un canon, puis deux, puis trois... Les faire patienter est un plaisir qui brûle la panse. J’aime l’idée de leur laisser du temps. Langue contre pubis. Doigts fourrés dans l’extase. Mamelons gonflés. Mais j’arrive trop tard. Toujours trop tard. Encore un canon, s’il-vous-plaît ! ... Pisser tout mon soûl ! ...

L’exposition Double You See d’oYo du 17 novembre 2006 au 17 février 2007

-  Musée de l’érotisme
-  Site oYoram



Publié le 2 décembre 2006  par franca maï


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