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Faites vos jeux, rien ne va plus. La question de l’élection.

Catégorie société
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« Faites vos jeux, rien ne va plus. »

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La question de l’élection.

Selon le bon mot d’un célèbre général, pour une fois perspicace, les veaux s’apprêtent à aller voter. Le choix semble s’orienter entre une catho inhibée, et un petit ambitieux richissime que rien ne semble effaroucher.

Pour rappel, le PS, ça n’existe pas. Ce n’est pas un parti, et les gens qui le composent ne sont pas de gauche. Le PS est une fabrication monstrueuse d’une bourgeoisie honteuse souvent recrutée chez les profs et autres pantins cucul-tureux, effrayés par le programme soi-disant révolutionnaire du PC, mais redoutant le programme libéral de la bourgeoisie industrielle. L’origine du PS se trouve du côté de Marcel Déat, collabo notoire, dont a hérité le malhonnête Mitterand. Le PS, c’est la droite qui prétend avoir du coeur, contre la droite sans scrupule.

C’est la droite de la pitié contre la droite du calcul.

C’est l’abbé Pierre contre Rothschild. Dans cette distribution des rôles, Le Pen a celui du pire dans l’imagerie du parfait démocrate, de sorte à servir d’épouvantail à moineaux lorsque les urnes ne tournent pas à l’avantage du choix, non des électeurs, mais des financiers.

En attendant, les gueux dont je fais partie, trinquent, imbibés de nostalgie sans alcool, depuis que cette drogue a été déclarée poison national. Comme si la vie qui nous est servie en guise d’existence, méritait qu’on y attache une importance, alors que l’équilibre vital de la planète est dangereusement compromis.

Moi, je trinque. Oh, juste à mon échelle. Au niveau rudimentaire de l’alimentaire. Là où se faire botter le cul remplace le jogging quotidien des graisseux. Une attaque qui ne peut être possible que parce que je ne suis rien. Une attaque dont je maîtrise les conséquences, parce que j’en connais les ficelles depuis longtemps éventées. Une attaque sans surprise de mon misérable propriétaire envers ma misérable existence. Depuis, cependant, l’amertume s’est faite plus épaisse encore. Bien sûr, cela devait arriver. Parce que ça fait partie de ma condition. J’en suis réduit à faire appel à la Justice. Et bien que, en appeler à la Justice n’ajoute rien à l’esprit de liberté comme je le conçois, mais l’inverse. Je me retrouve obligé de faire appel à mes ennemis pour régler un problème d’avec un de mes ennemis. Ce serait seulement ridicule si ma santé n’était pas, par cette menace, en jeu, puisque je risque l’expulsion au retour du printemps. Et pourtant, parfois, j’éprouve un désir brûlant de m’abandonner sur un coin de trottoir et attendre la fin, avant, bien avant un retour de printemps inutile dont l’annonce ne fait qu’accentuer la crasse.

Etre l’expression la plus aboutie du non-agir.

L’application rigoureuse de mon propre néant vers ma totale néantisation. Dans un ultime défi à la vie.

Ce qui me rend si amer n’est pas de constater la bêtise, mais de me vivre solitaire du fait de l’impossible à vivre ma propre humanité dans un partage sensible. Je crois bien qu’un des pires sentiments exprimés à mon égard, est que l’on puisse m’apprécier, alors que je suis naufragé au bord de la déréliction.

Il est vrai que l’amour, tel que je le suppose, je ne l’ai jamais véritablement rencontré. Dans ce type de relations, j’ai rencontré l’illusion d’amour dictée par la solitude, ajoutée à l’angoisse de n’être pas conforme pour l’enfantement, de la part de celles que j’ai cru aimer, et la pulsion de la libido qui prend plus de place dans notre cervelle que ne le laisse supposer la conscience.

Tout cela est si dérisoire, si vain...

Chacun semble s’accrocher aux critères dominants des rôles distribués sous le joug des lois. Père, mère... Homosexuel, hétérosexuel...

Comme si la vie devait être cadrée afin d’être admise, à défaut de la comprendre.

La question des désirs est de ces questions qui ne peuvent jamais se poser, sans risquer d’être jugé, rejeté comme pervers. C’est réductible à une affaire de moeurs. C’est ce qui est arrivé à Freud. Alors, bande qui peut, au gouvernail de la libido. Chacun croit aimer l’autre, alors qu’il n’en aime que son image.

On n’aime rien moins que l’illusion que l’on se fait de la vie, et du désir que l’on porte envers cet autre dont on préfère ignorer ce qui gâte l’image de soi.

Chercher un remède dans la lecture.

-  Mais, à quoi bon lire ?

Entre traité de philosophie, discours sur la philosophie, jusqu’à l’écriture de la philosophie, et aboutir au rien qui caractérise sa propre vie dès sa naissance, voilà bien une posture dérisoire.

Les rêves de mon adolescence n’ont pas tenu, trop mal ancrés, face à l’hypocrite âpreté de l’existence. A chaque instant, s’ajoute l’instant précédent, comme des couches superposées, agglutinant la misère et le dégoût jusqu’à recouvrir l’enthousiasme d’une amertume verdâtre.

L’écriture appartient à ceux dont toute l’ambition se résume à vouloir s’imposer dans le monde, pour leur petite manie, entretenant la confusion entre autorité et responsabilité, afin de savourer la première par l’excuse de la seconde.

Les philosophes ont très souvent servi les tyrans. Depuis Socrate jusqu’à Heidegger. Et ceux qui n’ont pas voulu de cet appui, ont servi des idéologies néfastes à l’épanouissement de l’espèce humaine : Galilé, Nietzsche, Marx, Freud, Einstein, pour ne citer que les plus célèbres, ont été instrumentalisés afin de servir les intérêts d’un Etat.

Aujourd’hui, c’est en faisant appel à la défense nationale que la culture se doit de garantir l’expansion de l’idéologie qui la soutient.

Aujourd’hui, plus que jamais, la culture est au service des tyrans, avant de l’être aux marchands.

Les Situationnistes aussi, étaient au service de la culture de leur temps. La plupart sont devenus des artistes, des architectes et des écrivains reconnus, Debord en tête, qui a servi un des plus importants capitalistes français, le producteur de cinéma Lebovici.

-  Alors ?
-  A quoi peut bien servir la lecture et l’écriture ?

Nous vivons le temps des grandes confusions, des faux débats, du mensonge généralisé. Le seul espoir se trouve dans notre propre certitude à se concevoir réel. Rien n’est plus difficile d’accès. Notre chemin se dérobe à chaque pas qui s’imprime sur le sillon de notre existence. On croit avancer, mais l’horizon s’éloigne d’autant.

Notre chemin ne mène nulle part.

Il n’y a d’histoire que celle des conquêtes des tyrans, de l’oppression des vainqueurs, de la séduction des puissants. Et cette histoire se manifeste dans un torrent de sang, de misère, d’affolement, d’illusions, qui trace les frontières de l’inhumaine humanité de notre espèce.

Qu’on ne vienne pas me critiquer sur mes concepts paradoxaux.

La vie n’est pas un concept.

Et les paradoxes ne sont que des critères traduisant des erreurs de parallaxe, au service de ceux qui ont en charge la gestion de nos comportements. La vie n’est pas une somme de paradoxes, mais un continuel flux dispersé dans le temps et l’espace, que tout discours réduit invariablement à des critères conceptuels incompatibles entre eux.

La plupart du temps, on ne ressent plus les rires et les pleurs, les joies et les souffrances, parce que nous sommes comme aseptisés. La morale nous dicte de ne pas nous plaindre, de ne pas manifester notre humiliation, de ne pas éprouver de la colère...

Et finalement, c’est notre propre révolte qui nous est dérobée.

Tout de la vie est convoqué au tribunal des passions, afin de les juguler. Tout ce que la loi réprouve, est autorisé sous le joug d’une autorité reconnue. Même les pires crimes, lorsque la défense de l’Etat l’exige. La raison d’Etat autorise toutes les tortures, les viols, les meurtres, les pillages, sitôt que sa légitimité vient à être ébranlée sous la poussée des sans voix qu’un sursaut vital fait jaillir du néant comme le sperme du méat sous la pression de l’orgasme. Et c’est tout un volcan qui s’éveille, brûlant tout sur le parcours de ses colères, n’épargnant rien, parce qu’il n’y ni faute ni excuse, mais le désir, qu’une construction qui finit d’étouffer, oblige à éclater.

Le calme indolore de la soumission consolide la peur envers les tonitruantes manifestations de la vie ; peur de se fissurer comme une balafre sanguinolente ; peur que se creuse sous l’écoulement de l’effroi, la distance entre l’amnios et l’indépendance que la liberté exige de notre responsabilité. C’est pourquoi les basses besognes peuvent s’exécuter sans obstacle majeur. C’est même la condition qui les rend possibles.

La condition qui crée des mérites usurpés, sanctionnés par des urnes habilement sélectionnées par une constitution aussi fausse qu’elle est artificielle.

Et les candidats au poste suprême pour le maintien de l’organigramme mis à leur disposition depuis si longtemps, se battent avec le souhait d’être seul vainqueur d’une lutte dont l’essence est faite d’ambition et de convoitise, et non de probité et de dévouement.

Mais, tant que la soumission continue de cuirasser les coeurs, l’Etat trouve ses justifications. Et l’espoir que peut faire naître le suspense qui précède le système électoral, s’évanouit dès que le soufflet s’épuise dans le non choix de ces programmes immatures.

Que peut-il en sortir sinon des coups ?



Publié le 5 décembre 2006  par Gilles Delcuse


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