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La mort d’Arthur Miller

Catégorie portrait
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Le dramaturge américain, âgé de 89 ans, est décédé jeudi soir dans sa maison du Connecticut • Auteur de « Mort d’un commis voyageur » et des « Sorcières de Salem », il avait été le dernier mari de Marylin Monroe •

Le dramaturge Arthur Miller est mort jeudi soir d’un cancer, de pneumonie et de problèmes cardiaques, à 89 ans. Depuis quelques jours, dans sa maison de Roxbury (Connecticut) qu’il avait achetée en 1958 pendant son mariage avec Marilyn Monroe, les proches de l’auteur de « Mort d’un commis voyageur » se relayaient à son chevet, dont sa fille Rebecca, mariée à l’acteur Daniel Day-Lewis.

Arthur Miller est né à New York le 17 octobre 1915 dans une famille juive. Son père Isidore Miller, tailleur pour dames, se retrouve ruiné pendant la Dépression. Ce soudain revers de fortune aura une influence importante sur Miller : « Ce désir de changement, de métamorphose - ou peut-être c’est le talent d’être contemporain - m’a été donné comme un élément inévitable de la vie », écrivit-il dans son autobiographie parue en 1987, « Timebends : a life ». La famille Miller est contrainte de déménager dans une petite maison de Brooklyn, dont on dit qu’elle a servi de modèle pour « Mort d’un commis voyageur ». Arthur lit les « Frères Karamazov » de Dostoïevski et décide de devenir écrivain. Il suit des études de journalisme à l’université de Michigan, où il remporte notamment un prix pour une pièce de théâtre, comme un autre étudiant appelé Tennessee Williams.

La célébrité avec « Mort d’un commis voyageur En 1938, il retourne à New York où il écrit des scénarios pour la radio. En 1940, il se marie avec Mary Slattery, avec qui il a deux enfants. Sa première production à Broadway s’intitule « L’homme qui avait toutes ses chances » (1944). La suivante, « Ils étaient tous mes fils » (1947), remporte le Drama Critics’ Circle Award. Son premier roman, « Focus » (1945), traite d’antisémitisme. Mais c’est « Mort d’un commis voyageur » (1949) qui va lui apporter une célébrité internationale, et faire de lui une référence du théâtre contemporain américain. La pièce raconte l’histoire tragique d’un vendeur appelé Willy Loman, qui finit par se suicider, acte de lâcheté ou dernier sacrifice au rêve américain. Arthur Miller reçoit le prix Pulitzer et le Drama Critics’ Circle Award.

Maccarthysme Dans les années 50, la chance tourne. Accusé de communisme, il est victime du maccarthysme. On lui refuse un passeport pour aller assister à la première de sa pièce « Les Sorcières de Salem » (1953) à Bruxelles, une pièce qui se veut une réponse à la répression. Il s’agit d’une allégorie de l’ère McCarthy, et elle devient sa pièce la plus montée, même si sa première adaptation à Brodway fait un flop. Inlassable avocat de la liberté, Arthur Miller défendait à la fois un théâtre accessible au grand public et dénonçait toutes les formes d’oppression. « L’art de l’écriture théâtrale consiste essentiellement dans une manipulation du temps, tout doit être concentré », avait-il coutume de dire.

« Comment retrouvez-vous votre route dans le noir ? » Miller, « l’homme qui avait toutes les chances », se marrie en secondes noces avec Marilyn Monroe (« la femme la plus triste du monde », dit-il un jour), le 29 juin 1956. C’est elle qui joue dans « Les Désaxés » de John Huston, dont il a écrit le scénario en pensant à elle. Elle y prononça sa dernière réplique restée célèbre : « Comment retrouvez-vous votre route dans le noir ? ». Ils divorcent en 1961. Marylin meurt l’année suivante. Il écrira beaucoup pour le cinéma, pour Huston mais aussi Sidney Lumet et Karel Reiz.

En 1964, Miller retourne au théâtre après neuf ans d’absence avec « Après la chute », un texte autobiographique qui traite de culpabilité et d’innocence. Beaucoup de critiques ont identifié Maggie, le personnage central autodestructeur, comme inspiré de Monroe, même si Miller l’a toujours nié. Une année après avoir quitté Marilyn, il épouse la photographe autrichienne Inge Morath, qu’il a rencontrée sur le tournage des « Désaxés ». Ils auront deux enfants.

Dans les années 90, Arthur Miller continue à écrire pour le théâtre, comme « The ride down Mount Morgan » et « The last Yankee » jouée en 1993 à New York et à Londres. Mais il constate dans une interview que « C’est un très mauvais moment historique pour écrire du théâtre, parce qu’il est de plus en plus difficile de trouver des acteurs pour, depuis que la télévision paye beaucoup et le cinéma encore plus. » (The New York Times, 17 janvier 1993). « Resurrection Blues », sa dernière pièce, a été jouée au Guthrie Theater en août 2002.

Par F. Rl vendredi 11 février 2005 (Liberation.fr - 18:37)



Publié le 12 février 2005


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