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Journal d’un médecin de travail
Témoignage de Dorothée Ramaut

Catégorie édition
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Le journal tenu par le docteur Dorothée Ramaut, de juin 2000 à mars 2006, est un témoignage unique. Il relate, au jour le jour, de l’intérieur, la vie d’une grande surface et décrit les souffrances subies par ses salariés au nom d’un mode de gestion impitoyable, qui les détruit l’un après l’autre sous prétexte d’ascension sociale puis les rejette, lorsque, épuisés ou révoltés, ils ne peuvent plus le supporter. Jadis, les entreprises licenciaient, aujourd’hui, elles torturent moralement les indésirables pour les pousser à la démission - en réalité, à la maladie. Le docteur Ramaut, scandalisée par ces méthodes qu’elle juge « contraires aux droits de l’homme », et dont elle a failli, elle-même, être victime après avoir tenté de les combattre, est le premier médecin du travail à rompre la loi du silence.

Ce récit met à nu un problème de société qui nous concerne tous. L’impact économique de la santé, de la sécurité et des maltraitances au travail coûterait à la France entre 45 et 70 milliards d’euros par an.

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« Un scandale de la même ampleur que l’amiante »

Dorothée Ramaut Auteur de Journal d’un médecin du travail (éditions Le Cherche Midi)

-  Dans votre livre, on se rend compte que la souffrance au travail est organisée...

Oui. Dans la grande distribution comme ailleurs, la maltraitance managériale est devenue une règle. Tout le monde s’y plie, de la direction aux chefs de rayons. Il s’agit de mettre la pression sans arrêt pour que les salariés donnent toujours plus. Jusqu’à craquer.

-  L’entreprise ne finit-elle pas par être perdante quand elle fait craquer ses employés ?

Non, la souffrance au travail n’est pas reconnue comme une maladie professionnelle. Alors, quand un salarié est licencié pour inaptitude médicale, il se retrouve au chômage et c’est la collectivité qui paye. Si les entreprises étaient responsables financièrement, cela changerait peut-être les mentalités.

-  Et vous, en tant que médecin du travail, que pouvez-vous faire ?

Il y a un véritable problème de santé publique, un scandale de la même ampleur que celui de l’amiante. On nous a d’ailleurs beaucoup reproché de ne pas avoir parlé de l’amiante et maintenant, dès qu’on veut dénoncer la souffrance au travail, on nous tape sur la tête.

-  Vous avez vous-même subi des pressions pour avoir dénoncé des abus ?

La direction de la grande surface a appliqué à ma personne ce qu’elle sait faire : elle a instauré un rapport de force, et a essayé de me mettre en difficulté. Des salariés m’ont même prévenue qu’on voulait me mettre des objets volés dans les poches.

-  Les choses ont-elles changé ? Non, elles sont même de pire en pire. Une femme qui est à six mois de la retraite vient de me raconter comment elle a été humiliée en public. Et ce genre d’humiliation, c’est ce qui fait le plus mal.

source :
-  20 Minutes - David Carzon 5 septembre 2006

site : Cherche-Midi



Publié le 12 décembre 2006  par torpedo


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