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La pensée de la politique, autrefois art noble aujourd’hui prose grossière, et l’Homme, et la liberté, plus que jamais, ont besoin de vos plumes, de vos mots et de vos idées.
Seul le poète peut lutter par la beauté contre la grande merchandisation de la pensée.
Poète engagé ?
c’est un euphémisme - le poète est engagé parce qu’il est le premier qu’on va bâillonner dans les dictatures libérales :" ta pensée , ta construction, ta production, n’est pas commerciale et tes mots me dérangent car ils réveillent mes ouailles. Ami-e poète... Dégage !"
Tout doit être à vendre et tout est à acheter, mais ce qui est beau est gratuit et à tout le monde, ce qui est beau ne s’achète pas mais se partage et se propage, d’un enfant à un homme, d’un homme à une femme, d’une femme à une autre, avec les yeux, avec la bouche, avec le corps, avec le coeur.
La beauté se vit, la beauté se goûte, la beauté se donne. Elle n’est pas commercialisable et toute chose à vendre qui se prétendrait belle est une contrefaçon et un mirage grossier.
Perte de temps, perte d’argent, invendable.
Poète, tu musardes dans des contrées qui ne m’intéressent pas - pas de CAC 40 à ton panthéon ?
Mais à quoi sers-tu donc ?
Seul le poète peut crier à la face du tyran et lui intimer de se taire ; devant la beauté, l’orgueil du puissant met un genou à terre.
Seul le poète, le créateur, le magicien qui rêve la terre bleue comme une orange, peut délivrer les mots de la pesanteur dans laquelle la barbarie libérale essaie d’enserrer l’esprit de l’Homme.
Seul le poète peut faire lever dans nos coeurs un blé de liberté pour lutter contre le blé mauvais, vaincre la corruption des mots qui étouffe nos jugements et malmène nos vies au plus profond d’elles mêmes.
Poète ami-e, de tes blanches mains, lave les mots, débarrasse les de toute leur crasse mensongère et étends les au soleil de la fraternité.
Toi mon ami-e poète, souffle bien fort dans mes poumons et chasses-en l’air vicié que la veulerie commerciale s’acharne aujourd’hui à faire entrer en moi - aide moi à trouver , en contemplant la beauté, le calme, le repos qui me permettra le combat, nourrie de nouvelles sèves, forte de ta résistance en mots.
Soyez subversifs, parlez d’amour à la face du pouvoir !
Hurle ton désir pour tes Frères, crache dans tes paroles la joie sauvage de l’enfant, la douleur de la mère, la couleur de la terre, le bleu de l’azur, la sueur du travailleur ou l’odeur de l’amour.
Le poète ne peut pas mentir. Ami, le poète ne doit pas mourir.
(Ici* aujourd’hui on a rappelé ce mot de Maïakovski : "Ecrire est une arme et les mots sont des balles".)
source :
Bellaciao
blog la louve rôde

