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Le capital humain
de jann-Marc Rouillan

Catégorie édition
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Dans le sillage des Gérard Mordillat ou Michel Ragon, la belle ouvrage tente de poursuivre la tradition française du roman "populiste" (au sens premier) en donnant à lire une peinture des mœurs des hommes et des femmes au travail. à la fois ceux d’hier, par des rééditions (voir Les Dévorants), et ceux d’aujourd’hui, par des inédit comme Le Capital humain.

(JPEG)

Le narrateur, Patrick Branly dit "Toxic", récidiviste tombé une énième fois, treize ans auparavant, pour usage et trafic de drogue, obtient enfin la "cavale" légale : la liberté conditionnelle.

Raffarin est à Matignon, "Toxic" a quarante ans et ne sait rien, ou si peu, du monde qu’il a quitté à la fin d’une autre vie. Les conditions de cette liberté relative sont un logement et un travail. Soit, pour lui, une piaule dans un foyer, près de l’usine pétrochimique classée "Seveso 2" où il a trouvé un boulot au sein de l’équipe Securit, celle qui s’occupe de l’entretien et des interventions d’urgence, celle où finissent les cas sociaux et les gueules cassées de l’usine.

Le chemin est long, et la pente raide.

Mais la camaraderie pointe son nez comme une pousse de verdure dans ce sol brûlé par les acides. Puis le sourire confiant de Louise. « Toxic », redevenu Patrick, se prend à y croire... jusqu’à la révolte : une grève dure, violente et longue. Mais aussi grisante qu’une sensation de liberté, ou tout simplement d’existence. Illusion fugace et vite broyée par les rouages de l’ordre public, de la « paix sociale » et des dividendes des actionnaires...

Retour en lambeaux à la case prison, inéluctable.

Au-delà du parcours du narrateur, de la peinture évidemment puissante de l’univers carcéral, ce sont les pages sur l’usine, le travail, les humains « d’en bas » qui font la beauté de ce vrai roman de la condition ouvrière contemporaine. Une notion désormais abandonnée aux orties, comme une friche industrielle qui s’obstine à rester debout, désossée et rouillée, dans les bourrasques de cette modernité qui regarde ailleurs.

-  Auteur(s) : Membre cofondateur d’Action directe, incarcéré depuis près de vingt ans, Jann-Marc Rouillan a reconstruit son existence autour de la littérature. À la fois chroniqueur pour des revues politiques et des bulletins militants, auteur (chez Agone, l’Insomniaque, l’Esprit Frappeur, Denoël) éditeur et correcteur pour Agone, il « vit » et travaille au centre de détention de Lannemezan.

Tous ses droits d’auteur sont intégralement reversés à l’association Le Jargon libre, dirigée par Helyette Bess.

-  Textes de : Jann-Marc Rouillan
-  Collection : la belle ouvrage
-  Thème : Littérature
-  Format : 135 x 210
-  Nombre de pages : 272
-  ISBN : 2-912728-51-7
-  EAN : 9782912728517

Prix public : 18 € TTC

http://www.larganier.fr/catalogue_fiche.php ?id=183

source : Bellaciao

LIBEREZ-LES



Publié le 2 mars 2007  par torpedo


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