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Interview de Jonathan Littell auteur des bienveillantes

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Interview menée par Gérald Massé pour l’Echo Républicain

Jonathan Littell dans le bureau de Claude Gallimard. Les Bienveillantes, par Jonathan Littell

(GIF)

Je n’ai pas écrit pour les gens

Rencontre avec le phénomène de la rentrée littéraire, en lice pour remporter tous les prix littéraires !

Les Bienveillantes est déjà un best-seller.

Un manuscrit envoyé par la poste simultanément à quatre éditeurs sous le pseudonyme de Jean Petit. Trois refus et une réponse positive (Gallimard) plus tard et Jonathan Littell, publie son premier livre fin août. La plupart des critiques sont dithyrambiques. Cinq semaines après, Les Bienveillantes dépassent les 200 000 exemplaires vendus. Dans quelques jours, le Fémina ouvre la saison des prix littéraires et Jonathan Littell est encore en lice dans chacun d’eux. Quasiment du jamais vu !

Ce bloc de 903 pages, où un officier SS raconte la Seconde Guerre mondiale au jour le jour, éclate comme une bombe dans le paysage littéraire français.

Rencontre avec son auteur, un Américain élevé en France, marié à une Belge et habitant Barcelone. Un homme sans doute plus prolixe à l’écrit qu’à l’oral...

-Comment accueillez-vous votre nouvelle notoriété ?

Je suis éberlué mais comme je n’habite pas en France, cela n’est pas la même chose.

-Vous attendiez-vous un tel succès ?

Non... Et je ne suis pas le seul, le directeur commercial m’avait dit : « Si on se plante, on se plantera en beauté. » Il avait peur. Avec 5 000 livres vendus, j’aurais été super content. Chez Gallimard, ils m’ont avoué après que, secrètement, ils pensaient que ce livre ferait 30 000 exemplaires dans le meilleur des cas.

-Comment s’est imposé à vous le thème du nazisme ?

Le nazisme n’est pas vraiment le thème, ce qui m’intéressait c’était la question du bourreau. Elle me concerne depuis très longtemps car elle est essentielle. Comment des gens normaux peuvent en arriver à tuer ? Il faut pour cela qu’il se passe un truc dans la société. Tout bascule et les valeurs n’ont plus court.

-N’avez-vous pas eu peur de traiter un sujet mille fois abordé ?

Non, car ce n’était pas le même type de projet. Je traitais la fameuse question du bourreau par le biais de la fiction.

« J’ai écrit le texte en quatre mois »

-Celle-ci est souvent mélangée à la réalité. Comment êtes-vous parvenu à ce cocktail ?

Pour la réalité, j’avais la chronologie historique et les hommes qui ont existé.

-Quelles ont été vos méthodes de travail ?

J’ai effectué beaucoup de recherches, accumulé de la documentation écrite et visuelle. J’ai fait des voyages. J’ai rencontré des gens. Et puis, cela faisait quinze ans que je réfléchissait sur le sujet. Quand tout a été prêt, j’ai écrit le texte en quatre mois.

-Vous êtes-vous fait plaisir en l’écrivant ?

J’ai aimé surtout quand je décrivais la nature, quand il y avait un très beau ciel.

-La nature était belle mais la guerre beaucoup moins...

Mais quand on massacre des gens cela n’empêche pas le jour de demeurer beau....

-Qu’est-ce qui vous a semblé le plus difficile à retranscrire ?

Assurément, les querelles bureaucratiques.

-Votre roman est très long. N’aviez pas peur de faire fuir le lecteur ?

Mais je n’ai pas écrit pour les gens ! Je n’avais pas ça en tête. J’ai écrit ce que j’avais à dire. Après, il fallait voir, s’il fallait retravailler le texte. Mais ce n’était pas mon problème au moment où j’écrivais.

-Etiez-vous satisfait, une fois votre travail accompli ?

Oui. J’étais content qu’à partir des paramètres que je m’étais posés au départ cela ne soit pas si mauvais que ça.

-Les critiques ont été unanimement bonnes ?

Une fois le livre publié, ce n’était plus tellement mon problème.

-Vous êtes sélectionné dans tous les prix. Comment attendez-vous la proclamation des résultats ?

Je serai très content qu’ils soient décernés à quelqu’un d’autre.

-Avez-vous d’autres projets ? Non. Ecrire c’est pénible et fatigant.

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Publié le 4 mars 2007  par Gérald Massé


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