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J-48 : boulevard Le Pen

Catégorie politique
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(JPEG) “Se taper un p’tit Le Pen”, c’est apparemment devenu le must du journaliste audiovisuel. Occasion de montrer son impartialité et sa maîtrise de l’interview. On envisage goulûment le petit festival de fortes répliques et de sympathique grandeur d’âme qu’on va pouvoir opposer au monstre. La fine observation placebo. Le jeu de contre formidable. Ils doivent gagner des points de professionnalisme, à ce grave risque, c’est sûr ! Moyennant quoi, à chaque occasion c’est le madré président du Front qui les récolte, les points. Et facile, des fois.

On est à France Inter ce matin, chez Nicolas Demorand. Il n’avait pas été que nul, au demeurant, Demorand. Il s’était octroyé un petit bout de succès d’auto-estime tout à fait immune, en tentant d’arrêter le bulldozer au moment où il s’apitoyait un peu trop sur les caniches et les matous à ses mémères.

Il lui avait sarcastiquement fait remarquer que l’enjeu de l’élection présidentielle n’était peut-être pas là.

Mais sur le coup, déjà, il avait peiné un peu à s’imposer, Demorand, son insistance à réasséner trois fois l’argument finissant par servir sur un plateau à Le Pen une diatribe sur les valeurs d’une civilisation digne de ce nom. Il aurait pu s’en tenir là, le petit interviewer, mais non.

Il a fallu qu’il insiste à se peaufiner la posture d’irréductible décapiteur de vieux facho. C’est une question plutôt intelligente posée en fin d’émission par un auditeur pas du tout trié qui fut l’origine du Boulevard Le Pen du jour : l’auditeur vantait comme modèle le métissage de la société réunionnaise, le travail pluri-ethnique centenaire pour une société joyeuse et harmonieuse. A juste titre, et on sentait Le Pen un instant pédaler dans sa réponse, pas très sûr de l’angle pour l’aborder à son avantage.

Finalement, il lâche un truc du genre qu’il a été le premier leader à faire appel à des responsables noirs et maghrébins, que pour lui, les différences de race n’ont jamais été déterminantes. Et vlan, la porte ouverte qu’attendait d’enfoncer Demorand : “Mais enfin, les races, ça n’existe pas !”, le voilà qui s’exclame. Heureusement, c’était la fin très proche de l’émission. Le Pen a juste eu le temps d’une boutade tueuse d’idiot, une de celles qu’il pourrait manquer si tous les Demorand du monde arrêtait de se donner la main : “Ah ! bien, mais alors, si les races n’existent pas, pourquoi vous me parlez de métissage ?”.

Dans le cafouillage avant jingle, on a entendu Demorand penauder vaguement qu’il voulait parler du “concept de race” - ce qui est encore plus bête. Il est neuf heures, les informations.

Le Pen s’en est allé pépère sur le boulevard Demorand.

source : francemoinsj



Publié le 6 mars 2007  par Serge Rivron


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