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Notre rédactrice en chef, auteure de cinq romans dérangeants, "véritables coups de poings salutaires", édités par le Cherche-Midi (Momo qui kills, Jean-Pôl & la môme caoutchouc, Speedy Mata, l’ultime Tabou, Pedro) vient d’être "assassinée" par le critique littéraire du Figaro magazine.
Effectivement pour être « labellisé » écrivain, selon Stéphane Guibourgé, il faut prendre la posture "avoir le poing fermé sur le coeur ... dire les mots à voix basse et en quelques phrases". Critères infaillibles et convenus du critique qui reconnaît-là, la véritable écriture.

Photo : Philippe Quaisse
Pour lui, l’insoumise, l’imprévisible Franca Maï, « n’est pas un vrai écrivain .... quoique... »
Là, où tout le monde s’accorde pour saluer la force de l’écriture de Franca Maï, son style particulier et novateur -"qui tord le mot et perturbe la langue française en la mettant au service de l’émotion"- inventant même "une musicalité syncopée ulcérée", le critique du Figaro Magazine lui, semble avoir perdu repère et esprit analytique en l’envoyant dare-dare dans un no man’s land tout en baptisant avec fourberie son article « les amazones se rebiffent ».
Par paresse, très certainement.
Il semble qu’il n’ait lu aucun des romans de Franca Maï car une telle pauvreté et superficialité d’analyse fleure le rendez-vous manqué.
Mais n’est-ce pas là, le lot des "femmes fatales"...
Et la voix rebelle de Franca Maï dans le paysage littéraire actuel -d’une rare intensité humaine- existe pour le bonheur des lecteurs et de tous ceux qui ne trouvent pas toujours les mots à leur désespoir et à leurs zones d’ombre.
Site de Franca Maï
Lire Quicky une nouvelle de Franca Maï diffusée en free-littérature
Pedro
roman de Franca Maï
Cherche-Midi Editeur
ISBN n° 978 2 7491 0806 3
132 pages 14 x 21,
13 € ttc France
(2007)
he ! Franca, ça me rassure de te savoir "descendue" par le Figaro. Le contraire eut été que tu pactises dans ton écriture. Je cours acheter Pedro.
L’interessant est de savoir qu’il n’ont pas pu t’ignorer.
RAPSODIE
Déjà à la base, en paraphrasant pour la énième fois le tigraillon Clémenceau, il faut bien etre conscients que la critique littéraire est à la littérature ce que la justice militaire est à la justice tout court...
Il n’y a pas eu ici de véritable "assassinat". Tout au plus une volonté plus ou moins affichée de témoigner un non-enthousiasme stylistique (de confrère suffisant à connesoeur supposée) par le biais d’une ellipse à mon sens incongrue...
Je me demande de quel mystérieux don pense disposer M.Guibourgé pour établir ses curieuses classifications.
Franchement, quand on commet des "Il pense à ça, à la vie qui avance, à ces instants où l’on devine soudain qu’on ne peut pas atteindre les autres. Alors il reste la fuite. Puis le temps passe, et on se met à aimer ce qui nous manque..." (extrait de "Une vie ailleurs", roman de M.Guibourgé), n’est-on pas en droit de soupçonner que son auteur se livre, par le biais d’un "coming-out" autobiographique à peine voilé, à la constatation de sa chronique impuissance à déchiffrer l’autre ?
Et quand on n’arrive pas à déchiffrer l’autre, la tentation de le défricher (par défaut, dépit ou jalmincerie) peut etre très forte...
Affaire à ne pas suivre, vous dis-je ! ;)
Brunz
Au début, j’ai pris cette phrase lue dans le Figaro magazine au second degré. Malheureusement, il faut la prendre au degré 0 du journalisme. Une critique gratuite. Qui est ce signataire (un vrai journaliste ?) pour balancer une telle sentence ? On n’écrit pas cinq romans aussi forts comme l’a fait Franca Maï sans être un vrai écrivain. Quand on n’aime pas un texte, et c’est un droit évident, il est préférable d’expliqer pourquoi plutôt que de lancer une phrase assassine qui ne veut, d’ailleurs, rien dire. Dans l’histoire, le journaliste sort moins grandi que "l’écrivain" qu’il a critiqué.
Gérald Massé
En 2007, il peut être amusant de savoir ce qu’est un "véritable écrivain".
Comme un "véritable intellectuel". Voire un "authentique philosophe".
Surtout aux yeux du Figaro.
Déjà Libé..
quoique. couac.
Et franchement, une bonne critique du Fig Mag, ca sème pas un peu le doute ?
Le canard avait été de meilleur bec.
Espoir.
C’est d’autant plus une nouvelle rassurante qu’il me souvient avoir lu, dans ce même Figaro, des propos élogieux au sujet de l’Angot. Ils étaient signés Sébastien Lapaque. L’opaque de service s’enthousiasmait dès l’ouverture du roman de l’Angot. Il y avait de quoi, qu’on en juge, elle évoquait ses amours avec "l’un des célibataires les plus en vue de Paris". Jean-Luc Rozynès dont elle précisait qu’il circule en scooter. Voilà des détails qui honorent la littérature devenue une sorte de "Voici" chic germanopratin. Un autre des plumitifs du Figaro s’en prenait au dernier texte de Raoul Vaneigem en des termes d’un tel niveau du tout à l’égoût que je n’ai pas pris la peine de retenir ses mots. Au sujet de ces plumitifs du Figaro Jonathan Swift en connut de semblables à son époque :
" L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses : c’est ainsi qu’on grimpe dans la même posture que l’on rampe". Ils doivent d’être régulièrement édités à cela-même.

