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Rapaces un rap hors normes

Catégorie musiques libres
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Rapaces distille un rap engagé qui remet en question la culture et une société mercantile. Ils assument dans leur Art ce qu’ils clament. Le rap vient de la rue, aussi redonnent ils à la rue son âme. Tout est de très bonne qualité et en téléchargement libre sur leur site
en un mot "respect"
-  rapaces.zone-mondiale.org

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-  Ce que vous pourrez lire sur Rapaces.org

La marchandise a infecté à ce point les rapports humains et les conceptions de l’existence que l’inquiétante absence de tout esprit véritablement critique est en passe de régner partout. Ainsi, même les rappeurs aux discours les plus contestataires acceptent sans broncher le fait que leur pratique se mêle naturellement à la marchandise, quintessence de ce qu’ils sont censés combattre : le capitalisme.

113, officialisés "fouteurs de merde" par une industrie musicale (de merde) et des médias - presse, radio, télé (de merde) : Y a une logique (puante) à tout !

Comme le déclarait Saint-Just :"Ceux qui font les révolutions à moitié ne font que creuser un tombeau".

Dès lors, on comprend mieux pourquoi le "Hip-Hop", présenté par les médias comme le fer de lance de la radicalité de la jeunesse, se transforme si facilement en vecteur de masse des idéologies les plus réactionnaires et conservatrices.

Le Rap, mode d’expression à l’origine hors de contrôle et dégagé d’intérêts financiers, populaire voire subversif, n’a donc pas échappé à la mécanique si perfectionnée qui fait de toute liberté réelle née des contradictions de la société spectaculaire-marchande une source de valorisation du capital à terme.

Cette mutation en pompe à pognon du propos libre et clandestin relève de la loi par laquelle le capitalisme ne tolère rien d’autre que sa propre logique. En cela, il est un système fondamentalement totalitaire. Aussi, parler du Rap ou prétendre faire du Rap en occultant cette dimension, cette base, se résume à alimenter la merde ambiante.

Rockin Squat fait sa révérence à la marchandise pour Twelve Inch... Comme quoi cacher sa face est tout aussi solvable que de la montrer, surtout quand il s’agit de faire porter des fringues (de marques) à des "jeunes rebels"...

Et ce n’est aucune autre entreprise que se réclament de mener à bien tous les "artistes", ces produits qui se vendent sous l’étiquette Rap, et leurs millions de consommateurs.

Derrière la fausse hargne spectacularisée, derrière la fausse révolte de pantins surexposés, se profile l’essence de l’intégration par la consommation. L’essor du "merchandising" (très souvent associé à une attitude anti-conformiste et "authentique" pour mieux coller à la "cible" des jeunes) en est un signe fort.

La marchandise, dominant à la fois le discours, l’attitude et les actes des promoteurs du rap business, ne peut que guider vers une fausse conscience qui renforce le système plus qu’elle ne l’éprouve.

Leur "public", ce troupeau si facilement manipulé n’est en réalité qu’une génération morte-née dont le désir le plus profond est finalement de ne jamais se réveiller d’un rêve où la folie sociale mène la danse, au point de faire parler la misère dans la bouche de pauvres imaginaires louant le fric, les idéologies qui le soutiennent et leurs cortèges d’injustices.

C’est bien l’argent comme rapport social, ce magicien de la relation à l’autre qui fait concilier l’inconciliable, que la masse consommatrice glorifie en unique conception de la vie.

Avec LoudSchool Wear, La brigade t’embrigade pour quelques euros de plus... De bons soldats au service de l’industrie textile. Alors pour le reste, on imagine.

Concevoir le rap dans une optique non-marchande, aujourd’hui, c’est s’opposer frontalement à l’industrie qui le récupère. En ce sens, le fait de partager "gratuitement" nos créations ne peut s’accompagner autrement que par un refus clair de la marchandise.

Face à notre démarche anti-marchande, les remarques agressives d’acheteurs inaccoutumés au dialogue ou les constats pressés, teintés parfois d’incompréhension polie, de cerveaux jamais affûtés au raisonnement, ne nous trompent pas sur la gravité de l’état soporifique dans lequel est plongée une grande partie de la jeunesse-cliente en Occident.

Aussi, nous jugeons nécessaire d’expliquer ce qui caractérise d’abord notre présence sur Internet et notre relation au Rap : la volonté de partager hors de toute relation à l’argent.

Pour vendre, les "Hip-Hopers" (ici 2 danseurs de Wanted Posse pour Ecko) sont effectivement des pantins qu’on manipule allègrement...

Avant tout, nous ne pouvons pas occulter qu’Internet, comme tout autre média, est soumis au règne de la marchandise, et posséder un ordinateur ainsi qu’une connexion à ce réseau suppose déjà l’acte marchand.

Néanmoins, nous prétendons rompre avec le système mercantile par la gratuité même de notre création qui, si elle se situe hors de toute logique de profit, vise à échapper au mécanisme du commerce en étant totalement et constamment à disposition sur le net.

Dans le même sens, nos créations sont évidemment "libres de droit". Elles ne sont pas régies par les lois de la propriété intellectuelle, et à plus forte raison de la propriété privée.

Nous ne pouvons éradiquer la marchandise de notre monde, car bâtir un îlot hors de toute compromission est tout simplement impossible dans un système où le marché règne en dictateur, d’où la nécessité d’une lutte frontale et sans pitié.

Cependant, nous revendiquons la liberté totale, et en érigeant la gratuité comme principe primordial de tout acte de création, nous appelons simplement à détruire cette société qui nous détruit et qui, déjà, a su éradiquer le Rap comme expression libre.

Stomy Bugsy en soirée entre amis, après ses heures de service...

Le Rap doit revenir sur les trottoirs, car il est une pratique de rue, un mode d’expression des exploités, des opprimés, dans les pays nantis.

Mais en affirmant cette vérité, nous devons également admettre que la sous-culture "Hip-Hop" toute entière ne gagnerait rien à tenter de retrouver ses racines en faisant comme si rien ne s’était passé. D’ailleurs, un tel mouvement ne pourrait même pas voir le jour à ce stade de l’histoire du Rap et du système capitaliste.

La récupération a réalisé la transformation de cet art en marchandise. Et cette logique implacable de la domination ne pourra être attaquée que par un mouvement de masse conscient de l’ensemble de la condition prolétarienne et de l’expropriation de sa culture propre par la bourgeoisie.

Joey Starr, en bon professionnel, diversifie maintenant ses activités et exploite grassement son image.

Ayant identifié les causes profondes de ce qui a détruit le Rap, nous ne pouvons nous contenter d’appeler à la renaissance d’un mouvement simplement non-marchand.

L’heure est à la lutte. Le but que nous nous fixons est donc bien de construire un pôle solide du Rap anti-marchand.

Nous dénonçons le mensonge, méthode par laquelle la pacification et la marchandisation du Rap s’est déroulée. En ce sens, nous refusons de considérer comme nos alliés ceux pour qui la gratuité fragile que permet Internet n’est qu’un tremplin afin de passer du côté des petits et gros industriels du Rap.

Nous n’imposons aucune frontière à notre pratique de création, et agissons dans l’autonomie solidaire. Nous nous battons contre tous les marchands, les falsificateurs et leur système.



Publié le 26 février 2005  par di2


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