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Bons baisers de la Savane signé Lagardère
par Jips

Catégorie société
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L’Echo des Savanes est créé en 1972 par entre autres Gotlib, Bretecher et Mandryka (l’auteur du concombre masqué). Dés ses débuts c’est un magazines d’humour et de bandes dessinées.

L’écho des savanes, en publiant en feuilleton des bandes dessinées nouvelles et originales, fait connaître de nombreux jeunes auteurs. Ce mode de publication permet aux auteurs de s’assurer de rentrées financières avant la parution (incertaine) des bandes dessinées en album.

Les auteurs les plus connus ont participé à l’aventure de l’écho des savanes. Outre les fondateurs, citons Reiser, Wolinski et Vuilemin bien sûr, mais aussi Petillon, Veyron, Moebius, Ptiluc, Topor, Margerin, Tardi, Tronchet, Manara, etc...

Il est impossible ici de citer tous les auteurs qui ont contribué au succès de l’écho des savanes, la liste ressemblerait trop à celle des auteurs de BD français et dans une moindre mesure italiens.

Fin des années 90, début des années 2000. Il faut le reconnaître, si les BD publiées demeurent de très bonne qualité, il n’en est pas de même des textes et articles.

Les ventes baissent.

Début 2006, l’écho s’engage dans une refonte complète de sa maquette, passant à 200 pages et faisant un grand effort de qualité. Articles plus intéressants, encore davantage de BD, et même dans chaque numéro un album complet : Jeannine de Reiser, Necron, Squeak The Mouse, Lucien, etc... Bref de quoi (re)découvrir des grands classiques pour pas cher.

Malgré la baisse des ventes, le diffusion reste plus qu’honorable avec plus de 55.000 exemplaire vendus par numéro en 2005, donc avant la refonte du magazine. Mais surtout, d’après l’équipe, les ventes étaient suffisantes pour permettre au magazine de vivre.

Mais voilà, c’était sans compter sur l’actionnaire principal (suite au rachat d’Albin Michel) : Lagardère.

Décembre 2006. 3 jours avant la parution du numéro de janvier 2007 (déjà bouclé), l’équipe de l’Echo des Savanes apprend la « suspension » du magazine par Lagardère Active Media.

Rentabilité insuffisante.

La fin de l’écho des savanes est une perte immense pour la bande dessinées.

Combien de jeunes auteurs seront désormais privés de publication ?

Toutes les activités, y compris culturelles sont désormais soumises à la loi du libéralisme.

-  Mesurons nous bien le recul de civilisation que cela implique ?

La triste fin de l’écho montre le danger de laisser l’édition et la presse aux mains d’affairistes n’ayant strictement aucune autre considération que la rentabilité et le cours de l’action.

L’Etat doit mettre sur pied une véritable politique culturelle, un service public de la culture comme le dit Marie-George Buffet, permettant de libérer la création du carcan de l’absolutisme boursier. Regagnons notre indépendance culturelle ! La culture n’est pas une marchandise, préservons là du marché et des affairistes !

Les dessinateurs de l’Echo avec un féroce humour noir ont illustré l’immense gâchis qu’est la mort de l’Echo des savanes : zanorg.com

Les éditions du Soleil se sont un temps déclarées interessées par la reprise du titre, je ne sais pas si les négociations avec Lagardère ont définitivement échouées.

Triste et vert de rage, je constate toujours l’absence de l’Echo dans les kiosques.

source : Bellaciao



Publié le 17 mars 2007  par torpedo


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