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Elections présidentielles
J-35 : gagant gnangnan
de Jean-Laurent Poli

Catégorie politique
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La bienséance a des limites. Surtout quand on est journaliste.

(JPEG)

Illustration ROZOR

Après l’éloge vibrant et unanime du bilan de Jacques Chirac (contrairement à la presse étrangère et quelques jours seulement avant que l’ombre de la justice n’entache le tableau), la leçon n’a pas servi.

Nicolas Sarkozy, qui aurait pu être inquiété sur ses affaires de patrimoine, a été lui aussi préservé de toute question gênante par les ténors de l’info, de Poivre d’Arvor à Nicolas Demorand, la jeune génération qui promet.

Pas une seule question sur l’acquisition de son duplex, rappelait Daniel Schneiderman, l’animateur d’Arrêts sur Images, dans sa chronique dans Libération. Dans l’émission France Europe Express, l’émission d’intelligence bien tempérée, où elle passait hier soir Ségolène Royal a cependant été bousculée plus qu’à l’accoutumée.

Que s’est-il passé pour qu’on lui demande avec une forme d’acharnement (ce que d’aucuns appelleraient une éthique professionnelle) comment, par quelle opération du Saint-Esprit, elle allait rayer de son carnet de bal les éléphants convoqués à la fête (ou appelés à l’aide, on ne sait plus), pour se livrer désormais à une valse éperdue avec pour seul cavalier le peuple de France.

Il est recommandé dans les écoles de journalistes de reposer la question quand l’interviewée n’y répond pas.

On n’est pas sûr d’aboutir mais au moins, cela montre l’embarras de qui l’esquive (ce qui est toujours une information). Eh bien ! cela fut le cas à plusieurs reprises et force est de constater que l’on a bien fait son travail dans France Info Express hier soir. A la question essentielle (le Bal), Ségolène répond par un historique : Après la phase de désignation, longue dure et riche, il y aurait eu la phase d’écoute (’Les Français sont intelligents, ils ont le sentiment de ne pas être associés aux décisions qui les concernent") qui a abouti au Pacte (et non au projet) car le Pacte implique les Français (qui ont des droits mais aussi des devoirs). C’est le fameux GAGNANT-GAGNANT ("one for the money, one for the F...").

Et puis maintenant elle programme la phase 3, dite Love Story avec les Français intelligents en tête-à-tête.

Si tu veux être GAGNANT-GAGNANT ("fifty-fifty"), danse avec moi... ... Je vais maintenant quitter les éléphants pour toi seul, Peuple. Sainte Thérèse de Lisieux ou même (plus martiale) Jeanne d’ARC n’auraient pas procédé autrement.

Comme si on pouvait programmer une histoire d’amour avec le peuple ou autre prétendant d’ailleurs. Tout cela semble un peu écrit. Même si Gérard Miller, dans une analyse très performante du personnage de Ségolène, et qui la soutient, affirme qu’elle n’est pas une "femme phallique", que penser d’un être qui proclame, annonce, décrète que la phase d’amour doit commencer avant même toute consultation de l’intéressé.

C’est un peu comme si on tapait une lettre d’amour sur une machine au lieu de l’envoyer manuscrite...

Jean-Laurent Poli

source : FrancemoinsJ



Publié le 18 mars 2007  par Jean-Laurent Poli


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