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CARICATURISTES, CHOISISSEZ BIEN VOTRE CAMP ! CHARLIE relaxé, PLACID condamné !
de Jacques Richaud

Catégorie société
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Humiliez l’Islam mais ne moquez pas la police !

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-  PREAMBULE :

Lors du procès récent, le ministre de l’intérieur et candidat à l’élection présidentielle 2007, apportait solennellement son soutien au Journal Charlie Hebdo par un communiqué lu à l’audience provoquée par une plainte déposée par La mosquée de Paris et l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) : « Je préfère un excès de caricature à un excès de censure... » déclarait-il. ... « Je tiens à apporter mon soutien à votre journal qui s’inscrit dans une vieille tradition française, celle de la satire...Il faut défendre le droit de sourire de tout ».

La relaxe sera requise au terme de cette audience et confirmée par le jugement du 22 mars 2007 contre les caricaturistes du prophète, assimilant banalement et « humoristiquement » celui-ci à un terroriste...

Que le même ministre soit de façon notoire intervenu pour que personne ne puisse « sourire » de ses déconvenues conjugales et qu’il ait aussi fait voter une loi punissant de prison l’outrage à l’hymne national et au drapeau, ne pourrait être rapproché de cet événement que par le malsain désir de soulever quelques incohérences. En fait il y a longtemps que Philippe Val éditeur de Charlie Hebdo, accepte d’être le prolongement médiatique du « karcher » du ministre,

tout en feignant aussi de le caricaturer parfois mais en approuvant clairement les positionnements philosophiques que la droite dure incarne désormais.

Cet échange de civilités pouvait être attendu et ne fait que révéler une collusion qui peut nous inquiéter entre les différents défenseurs d’un certain « ordre » qui se fédère autour de ses ennemis désignés ; une certaine « France dangereuse » et un « péril islamiste » essentialisé dans la religion musulmane par le journal satirique depuis longtemps, au point d’y multiplier les chroniques haineuses attisant le « choc des civilisations ». Rien de tout cela ne peut vraiment déplaire au ministre qui le 7 février 2007 à Toulon, et aussi en direct sur TF1, dénonçait les modes de vie de tous ceux qui « je le répète...ne sont pas obligés de vivre en France... »

Dans ce procès les plaignants n’ont pas su déjouer le piège par lequel ils apparaissent comme des ennemis de la liberté ;

tandis que ceux qui les ont humiliés et méprisés voient leur attitude levée au rang de vertu républicaine, désormais confortée par la jurisprudence.

Un certain racisme anti-arabe et anti-musulman, le même qui inspirait la chronique islamophobe de Robert Redeker dans le Figaro du 19 septembre 2006, est désormais protégé par la Loi.

Philippe Val devient comme Robert Redeker qu’il avait activement soutenu, un héros de la laïcité. Le second y a gagné une promotion de chercheur au CNRS ( !) , le premier une carrure reconnue désormais de moine laïque terrassant le dragon islamique, identifié au péril communautariste, essentialisé au point d’y incorporer des représentants « modérés » mais désormais délégitimés d’une religion assimilable sans nuance à une menace terroriste.

Les commentateurs les plus nombreux nous décriront une victoire de la liberté d’expression, là où nous devrions parler d’une victoire des promoteurs du « choc des civilisations ».

Tous les défenseurs sincères de la liberté d’expression qui savent aussi combien elle est plus restreinte là où de vrais musulmans démocrates essaient au péril de leur vie de faire éclater les carcans qui les écrasent, auront été malgré eux, lorsqu’ils auront soutenu Val ou Redeker, « embedded » dans une guerre ou l’élimination des « modérés » fait partie de la stratégie préalable au déclenchement de la confrontation principale.

En miroir de cette connivence non innocente, un autre dessinateur caricaturiste, Jean François DUVAL, alias PLACID, reçoit la condamnation ferme à une amende de 5OO Euros pour la couverture d’un livre édité par le Syndicat de la Magistrature : Sous le képi, la face comportait bien yeux, bouche et oreilles, mais le nez aplati avec narines ouvertes évoquait un groin de cochon...fantaisie non unique du même dessinateur, répétitive dans d’autres figurines sur d’autres personnages...Mais on ne plaisante pas avec l’image de la police ! ...Condamné ferme !

DEUX POIDS DEUX MESURES :

Il ne suffirait pas de s’indigner de ce « deux poids - deux mesures » sans envisager avec un peu de recul la dimension particulière de chacune de ces deux « affaires » :

Chacun comprend aisément à propos de Charlie Hebdo qu’il s’agit de faire corps avec Philippe Val qui, avec d’autres, contribue avec persévérance à « essentialiser l’Islam », en s’autorisant toutes les outrances dans ses éditoriaux autant que dans ses caricatures.

Nous ne sommes plus dans l’exercice satirique bon enfant mais dans le formatage de la pensée collective s’inscrivant dans un « choc des civilisations », expliquant la singulière connivence politico-médiatique sur ce sujet de la part de deux admirateurs non dissimulés, Philippe Val et son Ministre, de la politique menée au nom de l’axe du bien...Ce débat ne sera pas ici développé plus avant.

L’autre affaire, beaucoup moins médiatisée, nous éclaire pourtant en profondeur sur l’évolution interne de notre propre société et sur ce que peut être demain « la France d’après » du singulier défenseur de Charlie Hebdo que cette publicité impromptue sert aussi pour sa campagne, sans garantie de constance dans cette attitude. : Cette autre affaire ne peut être éclairée que par un rappel de son « historique » ici résumé, révélant un enjeu national qui dépasse la sanction infligée outrancièrement à PLACID.

« VOS PAPIERS ! QUE FAIRE FACE A LA POLICE ? »

C’est au troisième trimestre 2001 aux éditions « l’Esprit Frappeur » (direction Michel SITBON) qu’est publié l’ouvrage « Vos papiers ! Que faire face à la police ? ».

L’auteur en est Clément SCHOULDER rédigeant sous l’égide du Syndicat de la Magistrature cet opuscule consacré en environ quatre vingt dix pages, à la pratique des contrôles d’identité en France et aux Droits des citoyens face à ces contrôles. La couverture est illustrée par « PLACID » comme évoqué plus haut, le fonctionnaire de police représenté prononce le titre « Vos papiers ! ».

Nous sommes en 2001 et les contrôles de police  »au faciès » ont déjà suscité plusieurs interventions de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), des travaux universitaires sous l’égide du CNRS à propos du plan « vigipirate » qui sera encore renforcé après les attentats du onze septembre 2001,

Laurent MUCCHIELLI avait déjà en 2000 publié dans la revue « Déviance et Société » le constat que ces contrôles « au faciès » étaient « multipliés » pour enfler les « statistiques policières » et montrer « la part des étrangers dans la délinquance...les Maghrébins en étant les principales victimes ». Au cours de l’année 2001 la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité reconnaissait elle-même des difficultés dans « les conditions de mise en œuvre des procédures de contrôle d’identité », qui seront confirmées par un rapport du ministre des affaires sociales relatif à « la lutte contre les discriminations raciales ».

Une « mise en garde » se trouve également dans le deuxième rapport du Conseil de l’Europe « contre le racisme et l’intolérance », relevant le nombre de plaintes observées en France.

Bien avant cette période, le 5 février 1997 le sénateur Jean Luc BECART avait proposé l’abrogation de la Loi du 10 août 1993 pour « Rompre avec la logique d’un texte...qui instaurait le tristement célèbre contrôle au faciès ».

Le 19 novembre 1999 le GISTI demandait l’annulation d’une circulaire du ministre de l’Intérieur incluant « Des exigences quantitatives et ...un minimum de reconduites à la frontière...(encourageant la multiplicité des) contrôles sélectifs ; doux euphémisme pour parler de contrôle au faciès ».

Monsieur Michel DEBRE alors ministre de l’Intérieur avait lui-même reconnu en mars 1996 que « Depuis six mois il a été effectué trois millions et demi de contrôles d’identité.

Le but de cette lutte est de permettre une meilleure intégration des étrangers en situation irrégulière » (sic ! il a bien été prononcé « une meilleure intégration » !). La littérature et les rapports officiels sur ces thèmes sont nombreux, antérieurs ou postérieurs à la parution de « Vos papiers ! Que faire face à la police ? »

Dans ce contexte cette parution aurait pu ne susciter aucune réaction. Pourtant dés le 5 décembre 2001 le ministre de l’Intérieur dépose une plainte auprès du procureur de la république près du tribunal de grande instance de Paris, des chefs « D’injure publique et diffamation publique envers une administration publique, en l’espèce la police nationale, a raison de l’ouvrage rédigé par Clément SCHOULDER sous l’égide du syndicat de la magistrature...aux éditions l’Esprit Frappeur... ».

La plainte visait :
-  Un dessin en première et dernière page représentant une figure de policier affligée d’un groin, coiffée d’une casquette de gardien de la paix, prononçant les mots « vos papiers ! » dessin accompagné de la légende « que faire avec la police ? ».
-  Un passage du livre en page six « Les contrôles d’identité au faciès, bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante, mais se multiplient ».

L’information judiciaire sera rapidement ouverte, le 30 janvier 2002 et c’est par ordonnance du 11 décembre 2003 que la poursuite est précisée : Sont poursuivis l’éditeur Michel SITBON, pour « Injure publique et diffamation publique » ; l’auteur Clément SCHOULDER et le graphiste dessinateur Jean François DUVAL pour « Complicité de diffamation publique envers une administration publique, en l’espèce la police nationale ».

Il est utile de rappeler que le plaignant était Daniel VAILLANT, ministre socialiste de l’Intérieur ayant succédé à Jean Pierre CHEVENEMENT dans le gouvernement de la « gauche plurielle » de Lionel JOSPIN.

Il est utile aussi de rappeler que le candidat Lionel JOSPIN dans la campagne qui avait succédé à la dissolution du gouvernement d’Alain JUPPE avec appel à de nouvelles élections législatives, s’était engagé à « Abroger les lois PASQUA-DEBRE » dont les excès avaient défrayé les chroniques pendant de longs mois.

Cette promesse ne sera jamais tenue et ces lois seront même renforcées, d’abord par Jean Pierre CHEVENEMENT (l’homme des « sauvageons ») puis par Daniel VAILLANT.

C’est dans ce contexte que plainte a été déposée en décembre 2001 contre les trois personnes concernées.

Mais entre la plainte et le jugement est intervenu un certain « 21 avril 2002 » avec la chute de JOSPIN et le retour de la droite au pouvoir, dont Nicolas SARKOZY animera vigoureusement le ministère de l’Intérieur, prétendant également à veiller à la bonne marche du système judiciaire. Les prérogatives de la police et de la justice auront évolué sous l’influence des lois PERBEN un et PERBEN deux qui auront eu pour effet premier de susciter les protestations conjointes de toutes les organisations syndicales d’avocats et de magistrats, toutes tendances politiques confondues, en raison de leur contenu jugé liberticide.

Le premier jugement a pourtant dans ce contexte été favorable. Il est intervenu devant la dix-septième chambre (chambre de presse) le 9 mai 2006. Il est reconnu dans ce jugement que le texte se présentait « Comme un guide...clair et précis (qui) permettra à chacun de mieux comprendre ce qui lui arrive quand ca lui arrive...et d’éviter les faux pas ».

Le bénéfice de l’amnistie sera refusé aux demandeurs, mais sera prononcée la fin de toute poursuite (la relaxe totale) car : « Le caractère diffamatoire ne sera pas retenu, La bonne foi sera reconnue pour un ouvrage qui se propose d’informer ses lecteurs sur l’état du Droit positif en matière de contrôle d’identité... Le but éminemment légitime de cette initiative venue du syndicat de la magistrature est reconnu car l’ouvrage litigieux visait à faciliter l’accès des citoyens à la règle de droit - objectif de valeur constitutionnelle- déjà reconnu par le Conseil Constitutionnel dans une décision du 16 décembre 1999. Aucune forme d’animosité relevée par le plaignant n’a été retenue à l’encontre de la police nationale. Et mieux encore le tribunal reconnaît que la multiplication des contrôles d’identités dits au faciès est régulièrement dénoncée, tant dans le cadre de recherches universitaires, que par la commission nationale de déontologie de la sécurité et de nombreuses organisations. »

En mai 2006 les trois prévenus sortent donc la tête haute de cette audience.

Tout le monde avait déjà oublié qu’un ministre socialiste s’était ridiculisé par cette procédure en croyant défendre ainsi l’honneur de « sa police » ; la liberté d’expression et de caricature jugée non infamante semblait confortée.

Mais le temps avait changé !

Madame l’avocate générale de cette Cour, représentante du « Ministère Public » décide de faire appel de la décision. Il est vrai qu’avec l’actuel ministre de l’intérieur il n’est plus question de critiquer le bras droit de l’exécutif, même dans un but reconnu « éminemment légitime » et « sans animosité »...

Ainsi donc en « appel » le 18 janvier 2007, dans un délai beaucoup plus rapide que pour la première procédure, tout sera reconsidéré :

L’arrêté étend l’incrimination diffamatoire à d’autres passages du texte que ceux retenus en 2001 par Daniel VAILLANT, il retient au-delà de l’insulte la dénonciation de « discrimination » et « d’arbitraire ».

La nouvelle plainte réfute la validité du rapport de la Commission Européenne qui avait argumenté la défense en première instance car ce rapport est fondé seulement sur « des plaintes de citoyens, contres des fonctionnaires de police »... Il est relevé concernant l’ouvrage que « Son auteur, magistrat de l’ordre judiciaire est réputé parfaitement connaître...la réalité des compétences des services de police - notamment les pouvoirs larges qui leur sont reconnus en matière de police des étrangers...Mais que les propos sont péremptoires...et usant d’un ton polémique en totale contradiction avec le but éducatif recherché... ».

Il est donc refusé le « bénéfice de la bonne foi ».

Enfin le dessin est apprécié ainsi : « Si le genre de la caricature admet la dérision, il ne saurait pour autant autoriser des représentations dégradantes...Donnant une image à la fois humiliante et terrifiante de la police ». Il est retenu l’existence d’une « injure publique ».

Ainsi donc « La Cour...reçoit l’appel du ministère public...et infirme le jugement, condamnant dès lors Michel SITBON à 1000 euros d’amende, Clément SCHOULDER à 800 euros d’amende et le dessinateur Jean François DUVAL à 500 euros d’amende ! »

-  LES REACTIONS :

Par un communiqué de presse du 26 janvier 2007 le Syndicat de la Magistrature confirme sa solidarité avec l’auteur qui était membre du bureau du syndicat de la magistrature lorsqu’il avait rédigé à ce titre cet ouvrage et précise : « A l’heure ou la question des discriminations existantes dans notre pays devient un enjeu national majeur notamment après les émeutes en banlieue de l’automne 2005, et alors que la commission nationale de déontologie de la sécurité a pointé dans des rapports successifs de nombreuses pratiques policières contestables ou illégales, le Syndicat de la Magistrature regrette qu’il soit désormais impossible dans notre pays de s’inquiéter de l’existence de telles discriminations » (sans risquer des poursuites). Le Syndicat de la Magistrature décide de saisir la Cour de Cassation d’un pourvoi contre cet arrêt de la cour d’appel de Paris, afin de « Protéger la liberté d’expression ».

Michel SITBON précisera qu’en sus de la plainte sont intervenues des « pressions incessantes » sur sa maison d’édition.

« Les policiers n’ont pas hésité à intervenir auprès des libraires et de la FNAC pour les encourager à ne pas diffuser nos livres. Résultat, aujourd’hui nous sommes exsangues. C’est une censure de fait. Or les journalistes font silence. Depuis le début de l’affaire vous êtes la première à m’interroger » (In Humanité Dimanche du 1 au 7 mars 2007)

Le dessinateur PLACID diffusait, lui, début février un courrier exprimant son écœurement après sa condamnation, très brièvement évoqué dans la presse et sans susciter le même engouement des zélateurs revendiquant le droit de caricature illimitée, lorsqu’il s’agit d’insulter par le verbe ou le dessin, les hommes ou les idées qui incarnent leur peur fantasmatique. A cette condamnation, Charlie Hebdo ne consacrera qu’une très brève allusion dans le méli-mélo « autre chose » de WILLEM consacré à six « brèves » dont la mention de la condamnation de PLACID à payer 500 euros, en bas de page au côté de la reproduction en petit format de la couverture incriminée, dans l’édition du 28 février 2007.

Cette « discrétion » et le silence de Philippe Val lui-même n’ont bien entendu aucun rapport avec le soutien du ministre de l’intérieur à notre sulfureux éditorialiste...

Le site d’extrême droite France-Echo se réjouira le 26 janvier 2007 de ce jugement : « Les juges collabos condamnés... » et ne se trompera pas dans l’interprétation de cette situation dans le contexte évoqué ci dessus à propos du procès des caricatures, en précisant « pour un syndicat dont les orientations islamo-gauchistes sont bien connues...représenter un policier sous forme de porc n’était qu’une nouvelle forme d’allégeance... ». La même approbation sera exprimée par le Front National.

Nous pouvons parler de contrôle sélectif de la liberté d’expression, que la juxtaposition de ces deux affaires démontre à l’évidence.

Elles ont en commun de s’inscrire dans une propagande plus globale au service d’un ordre dont les dimensions sont à la fois nationales et internationales. L’enjeu est bien l’acceptation demain du pire et le désarmement préventif de ceux qui en appréhendent la possibilité. Dans un communiqué du 16 février 2007 la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) à propos du procès des caricatures du prophète concluait que cela « Ne relève pas de la censure ni de la correctionnelle, mais du débat démocratique...Liberté et responsabilité vont de pair. Démocratie et respect de l’autre aussi ».

Chacun mesurera à qui peut s’appliquer cette recommandation et dans quelle stratégie s’inscrit sa non prise en compte.

-  EPILOGUE :

PLACID a donc été condamné ; mais la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) présentait le 8 mars 2007 son rapport annuel confirmant l’augmentation de 25% en 2006 par rapport à 2005 des saisines de cette commission pour des « violences illégitimes », des « menotages et fouilles à corps » excessifs, en « non-conformité avec la circulaire du ministère de l’intérieur du 11 mars 2003 » sur « le respect de la dignité des gardés à vue ». Il est noté aussi « une inflation des procédures pour outrages engagées de manière trop systématique », y compris englobant « le fait d’être photographié ou filmé durant leurs interventions » ; des plaignants ont même été poursuivis pour « dénonciation calomnieuse ».

Enfin la commission s’inquiète que le projet de loi de prévention de la délinquance (qui vient d’être adopté) comporte un amendement introduisant la présence d’un « commissaire du gouvernement » nommé par le Premier ministre au sein de la CNDS qui y voit une menace sur son indépendance. (in Le Monde 9 mars 2007)

Le journaliste Denis ROBERT, condamné lui à une amende de 8000 euros pour des informations diffusées en relation avec l’affaire Clearstream résumera la situation (sur Agoravox le 12 mars 2007) en écrivant

« la vraie censure est en marche. Elle est perfide, efficace et économique...Elle use et abuse de mises en examen et de frais de procédures... »

Ainsi donc dans un contexte sécuritaire national et international, les intellectuels sont une nouvelle fois interpellés et il n’est pas certain que chacun aura mesuré la nature des enjeux. Jean Pierre DUBOIS président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) communiquait le 16 février 2007 en précisant :

« La relaxe demandée...est la bonne décision...(mais) sauf à proclamer une totale impunité, il est non seulement licite mais normal que l’accès à la justice soit ouvert à tous...(y compris) instances, religions ou associations...

Défendre la liberté d’expression n’implique nullement de censurer ses désaccords avec l’expression en cause, sauf à pratiquer précisément ce que l’on dénonce...Chacun est dès lors comptable de la part qu’il prend sciemment à la diffusion des logiques de « conflit de civilisation »... « Le combat pour les lumières passe par la distinction entre la critique, toujours libre, et l’injure ou l’amalgame, toujours méprisables ». Il n’est pas sur que cet appel à la raison la nuance et la responsabilité soit représentatif des fondements de nos juridictions actuelles.

Et pourquoi pas demain une plainte de Philippe Val contre la mosquée de Paris ? Nous serions dans la logique même des défenseurs du « choc des civilisations » qui aux USA tentent déjà de nous faire admettre la légitimité des guerres préventives contre tous ceux qui « menacent de se défendre ! »

-  JACQUES RICHAUD 22 MARS 2007

source :
-  Bellaciao



Publié le 23 mars 2007  par torpedo


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