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Elections Présidentielles 2007 :
Debout Socialiste !
de Jean-Claude Troadec

Catégorie politique
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(JPEG) L’heure est venue de montrer que tu peux te lever à tous ceux qui te veulent docile et couché. C’est un des tiens qui te parle, qui vient te dire qu’il est temps désormais de penser par toi-même et de dire qui tu es !

Je ne m’adresse pas ici aux militants, mais bel et bien et très au-delà d’eux aux millions de femmes et d’hommes qui dans notre peuple vont aux urnes une fois tous les cinq ans avec l’esprit de BLUM, de JAURES, de FERRY, tant d’autres encore qui comme nous et avant tout étaient des hommes libres : le socialisme n’appartient pas aux militants, pas davantage aux cadres du parti qui en porte le nom : il n’y a pas de marque déposée, pas de propriété, pas de label socialistes. Il y a un esprit, une pensée, une action et même une éthique socialistes. Les socialistes ce n’est pas l’effectif d’un parti, c’est une partie de la population électorale.

Il y a là des hommes et des femmes avec des idées de partage et d’action collective, une certaine aspiration sociétale et un idéal politique ; il y a des hommes et des femmes libres, adultes et responsables de l’avenir de leurs enfants dans cette population là.

Je ne m’adresse pas ici non plus bien entendu, mais là c’est bien plus évident, aux électeurs de SARKOZY, ou plus exactement à tous ses inconditionnels : je considère que toute une frange de l’électorat lui est acquise d’une façon indéfectible et que dans ce domaine il n’y a rien à faire : je n’attends rien de la droite classique qui ne soit pas service du MEDEF ou de “l’establishment”, qui ne soit pas vaines promesses, protestations diverses d’exclusivité de compétences pour tous ceux qui les font et égoïsme, ou bien encore naïveté irréductibles, pour ceux qui les entendent ou les soutiennent.

Non, je parle aux miens, c’est bel et bien au peuple socialiste que je m’adresse ici, et ça n’a plus grand chose à voir hélas avec ceux qui sont aujourd’hui en charge de le représenter au sein de la Nation. Cela fait maintenant trente ans que je vote à gauche, et dans cette famille : cela me donne autant de légitimité que n’importe quel cadre ou intellectuel de ce parti, n’importe quel militant aussi, à me dire socialiste de cœur, de culture et d’esprit.

Je prends la parole aujourd’hui pour la première fois d’une façon publique, je ne l’ai jamais fait encore auparavant, et je n’aurais même jamais cru que je ferais un jour ce que je fais en écrivant ceci. Je ne m’y résous qu’à la lumière de ce que je vois aujourd’hui à l’œuvre dans ma famille d’appartenance, que je ne peux continuer à partager, à cautionner, à soutenir de par mon vote.

Mais je m’adresse cependant aussi, et pourtant, à tous ceux qui, à droite, ont une pensée libre, entendent se déterminer eux-mêmes en refusant absolument et eux aussi de se réduire à un objet quelconque de propriété au seul motif qu’ils ont toujours eu une sensibilité ou une tendance libérales : le socialisme, le libéralisme économique, son prétendu contraire, ne sont pas en eux-mêmes mauvais, mais ce sont leurs excès et leurs caricatures seules qui le sont, et plus encore l’idée selon laquelle ils ne peuvent être qu’ennemis. Voilà longtemps que l’on nous entretient, d’un bord comme de l’autre, dans ces idiotes suffisances et dans ces sottes certitudes.

Le temps est à présent venu de la maturité, et du refus tranquille de ces dogmatismes diviseurs, stériles et sclérosants.

Je parle donc ici aux hommes et femmes de bonne volonté, à toutes celles et ceux qu’anime le souci d’une société juste, plurale et solidaire. Le socialisme, ce n’est jamais que l’un des noms possibles pour désigner une pensée doublée d’une action politique, une pensée, une action libres, généreuses, tolérantes et constructives.

Cette posture politique, sociale, peut avoir un autre nom, des hommes et des femmes de droite peuvent eux aussi être portés par de tels idéaux : ce n’est pas le nom qu’on se donne qui compte, c’est la posture que l’on adopte.

Pourtant, et si ces qualités peuvent exister à droite autant qu’à gauche dans la population, force est de voir que désormais elles font autant défaut aux dirigeants de l’UMP qu’aux socialistes “institutionnels”, puisque tous ils s’enferment dans leur dogmatisme et veulent y enfermer leurs électeurs.

Mais je reviens à ma famille d’appartenance, les socialistes justement, car je n’ai pas évidemment la même légitimité pour m’adresser aux gens de droite, même si le simple fait d’être citoyen donne déjà suffisamment de légitimité pour s’adresser à tous.

Nous avons aujourd’hui une candidate, dûment estampillée par l’onction populaire et légitime de ce fait, bien plus encore nous dit-on, incontournable pour un socialiste.

Depuis son investiture et le début de sa campagne, nous l’avons vue, à notre grande consternation pour la plupart d’entre nous, enchaîner tour à tour les erreurs d’analyse, les approximations les plus invraisemblables et les plus incroyables volte-face, le tout parfois à l’aune d’une désinvolture absolument indigne des fonctions qu’elle postule aujourd’hui (rappelez-vous l’entendre rire lorsqu’elle croyait parler au premier ministre québécois à propos de la Corse...) Comme c’est une femme, toute critique est par surcroît vouée aux gémonies d’une certaine orthodoxie bien-pensante, seule dépositaire évidemment de la pensée moderne : risquez vous-y, vous voilà à la solde de tous ceux qui ont “une femme à abattre” !

Vous avez le choix entre être content (de votre sort d’électeur socialiste), misogyne ou bien traître à la cause, en somme !

Pourtant regardons mieux : le choix existe, il suffit de vouloir se le donner... Mais pour cela, chacune, chacun, doit désormais refuser, absolument, de s’en laisser conter.

LE CHOIX EXISTE

-  Qu’est-ce que ça veut dire en effet l’investiture socialiste ?

Ca veut dire que même pas 200 000 personnes, 180 558 exactement, ont voté, et que parmi celles-ci, 108 807 suffrages sont allés vers quelqu’un dont la candidature est par le fait aujourd’hui proposée aux millions d’électrices et d’électeurs qui choisiront demain le Président de la République.

Voilà exactement ce que veut dire l’investiture socialiste.

On nous dit que cela seul rend désormais, et par le fait, la candidate légitime, ce qui évidemment est vrai. Mais on nous dit surtout, si l’on veut bien y regarder de près, en filigrane évidemment, que le seul moyen de rester socialiste dans cette élection c’est de voter pour celle que les militants ont désignée, à peine d’être un traître à sa famille ou à sa cause : ça n’est bloquant que pour celles et pour ceux d’entre nous qui voudront bien se laisser bloquer.

L’investiture est indéniablement chose sérieuse, et elle doit commander aux actes de tous ceux qui ont pris part à sa définition.

C’est le principe même de la démocratie, la loi de la majorité. Je n’ai moi-même rien à y redire, ou presque rien à part ceci...

-  Vous-mêmes, vous y étiez ?
-  Vous leur devez quelque chose, vous, aux militants ?
-  Vous êtes militants vous-mêmes ?

-  Et puis surtout, regardez mieux encore : Ce sont eux ou bien c’est VOUS, NOUS, tous tels que nous sommes, qui allons faire passer le prochain président ?

Vous n’en avez pas assez de devoir, parce que vous êtes d’esprit socialiste, vous sentir encartés plus sûrement que si vous l’étiez vraiment, au point de devenir la propriété d’un MELENCHON qui déclarait au lendemain du premier tour en 2002 qu’affublés d’un LE PEN devant JOSPIN défait, vous étiez bien punis de votre dissidence avec sur vos épaules le poids de la défaite ?

-  C’est ça le vote citoyen ?

-  C’est ça le vote responsable comme ils disent, cette infantilisation par laquelle les cadres du parti viennent chercher dans vos révoltes légitimes la cause de leur échec, plutôt que de s’interroger sur les raisons qui les ont amenées ?

Regardez bien le choix qu’à ce compte on vous laisse, en toute vérité : si comme moi vous êtes d’esprit socialiste, vous avez à vrai dire le choix entre être satisfait ou être traître !

-  Et si à nouveau aujourd’hui on ne se sent pas vraiment représenté par la rue de Solférino, alors pourtant qu’on est toujours résolument, indéfectiblement animé par l’esprit socialiste, on fait comment ?

-  On vote Ségolène ROYAL sous peine d’être un traître ?

-  C’est encore ça votre analyse monsieur MELENCHON ?

QUI SOMMES-NOUS, ELECTEURS SOCIALISTES ?

-  Ce serait ça le parti socialiste aujourd’hui ?

-  Ca nous ressemble, ça, ce genre de chantage dans lequel on nous enferme, on nous infantilise pour nous dicter notre conduite ?

-  Est-on bien sûr que ça nous représente, ce type d’analyse de l’alternative électorale qui s’ouvre devant nous ?

-  Mais en quoi à la fin ces gens là, des gens qui parlent comme ça ou qui suggèrent ce genre de choses sont-ils plus légitimes que vous et moi à se dire socialistes ?

-  Parce qu’ils ont connu ou fréquenté François MITERRAND ?

-  Lui-même d’ailleurs l’a-t-il toujours été vraiment, socialiste ?

-  C’était socialiste, les écoutes de l’Elysée ?

-  Et même dès le départ, c’était socialiste d’instituer un rapport annuel de l’état de santé du Président pour le falsifier aussitôt ?

On pourrait comme ça multiplier les exemples, hélas... Non, non, vraiment cent fois non, le mensonge, la fourberie ne sont pas socialistes...

-  Et puis, quelle est à la fin cette manie de toujours convoquer les ”grands” aînés à la tribune de l’actualité, comme si hors de leur ombre tutélaire il n’était point d’alternative, comme s’il ne pouvait exister de salut que dans le prolongement de leurs personnes ?

De grâce que l’on pense et qu’on agisse un peu par soi, et si l’on ne peut pas, au moins que l’on ne se trompe pas de grands...

Scander des noms illustres et se dire seul autorisé à les citer ( !), lever le poing en énonçant de lénifiantes litanies électorales, brandir en contre-jour la menace de la défaite pour conjurer celle de la sécession que l’on redoute, voilà donc aujourd’hui le parti socialiste !

Ce n’est pas un peu court, tout ça, pour exiger et obtenir de nous qu’à nouveau nous accordions nos voix ?

Car en effet il semble bien, Monsieur MELENCHON, que vous et vos amis ayez tendance à oublier une règle élémentaire :

le parti propose, mais l’électeur dispose.

Et il dispose, l’électeur, selon qu’il est ou non content, de la proposition sans doute, mais tout de même aussi un peu de l’attitude de ceux qui proposent.

Et quand ni l’une ni l’autre ne vont plus...

Alors moi aujourd’hui, chers amis socialistes, je pose une toute autre question que celle de la victoire de Jules ou bien celle de Jean :
-  qui allez vous “trahir” aujourd’hui dans le langage MELENCHON ?

Une bande d’énarques propriétaires de la marque, faune des beaux quartiers où l’on disserte doctement de vos destins si de nouveau vous faites sécession, parce que décidément on vous a trop déçu,

-  Ou bien vous-mêmes si cette fois vous ne le faites pas ?

Vous vous reconnaissez dans Ségolène ROYAL, vous ?

-  Que savons-nous aujourd’hui des positions qui sont les siennes sur les grandes questions qui forment au quotidien nos préoccupations les plus concrètes, les plus immédiates ?

La fiscalité, l’emploi, l’union européenne et ses déclinaisons économiques, sociales et politiques dans tous les secteurs de nos vies respectives, de notre activité industrielle et même de notre identité communautaire naissante...

Hormis un catalogue de bonnes intentions, où l’on ne peut hélas trouver la moindre cohérence budgétaire, c’est bien simple, il n’y a rien, rien d’autre que ce qu’ils s’imaginent, en ces savants cénacles, bon de nous faire entendre...

Et pourtant ils proposent, énormément en vérité, toute une liste de mesures qui, prises une à une, peuvent en effet être appliquées et même dont l’application serait souvent éminemment souhaitable, mais dont la somme cependant rend l’ensemble infaisable. Autrement dit il y a tant de choses qu’à la fin du compte il n’y a rien, parce qu’il n’y a rien qui soit budgétairement cohérent. Et c’est là, mes chers concitoyens, que l’on se fout littéralement de nous !

En s’adressant ainsi et seulement à une part de chacun d’entre nous, par tel ou tel “item”, telle proposition qui dans ce prétendu programme nous touche plus spécialement les uns les autres, selon nos problèmes ou nos sensibilités respectives, en se disant que par ailleurs on a, chacun de nous, l’oeil tellement rivé là dessus que l’on ne verra pas que l’ensemble justement, toutes ces additions ne tiennent pas debout !

Là vraiment, oui vraiment, l’on fait insulte à nos intelligences, et, bien plus grave encore, on se joue comme d’une guigne de nos espoirs les plus sincères, les plus honorables, les plus légitimes !

Parce que ces gens, n’en doutez pas, savent bien eux-mêmes que ce qu’ils disent ne peut être tenu : les lois de l’arithmétique sont les mêmes bien sûr pour les puissants et pour les humbles, et croyez-moi, ces gens-là savent compter !

Mais leur soif de pouvoir est telle qu’ils parviennent pourtant à faire croire le contraire de ce que disent tranquillement les chiffres !

-  Le plus énorme de la supercherie est là, mais que dire du reste ?

Ces changements d’avis incessants, une prise de position le matin invalidée par une autre le soir...

Rappelez-vous les mots de notre candidate sur le service civique : obligatoire, facultatif ? civil, militaire ?

C’est tantôt l’un, c’est tantôt l’autre...

Ne parlons pas de la fiscalité ! Ce n’est pas tant en vérité le fait que Ségolène ROYAL ne sache pas combien de sous-marins possède la France qui est dangereux que celui par lequel, elle puisse, sur une même question, changer trois fois d’avis en vingt quatre heures...

-  Comment ne pas voir que tout cela répond de fait à la même logique ?

Que cette logique se suffit à elle-même, justifie tout le reste à leurs yeux et veut faire plier, devant elle, même les évidences, même les faits qui la combattent, même les règles de calcul les plus élémentaires...

-  Et quelle est-elle, cette logique ?

C’est celle de la prise du pouvoir, tout simplement, et en dehors de ça il n’y a rien hélas qui là-dedans témoigne d’un vrai souci de l’avenir des gens dans ce pays !

Parce que si tel était le cas, on aurait travaillé, avant de travailler à ce projet, à la faisabilité économique de ce projet !

De tout cela il résulte qu’à la vérité on ne sait rien de ce programme, tout simplement parce qu’on ignore tout de ce qui, au final, demeurera, ou au contraire sautera, quand il faudra le faire entrer dans les moyens dont on dispose véritablement pour le traduire en actes !

La démission d’Eric BESSON à cet égard est un symptôme : cet homme a tout simplement refusé de s’associer à une gigantesque malhonnêteté intellectuelle.

-  Pourquoi l’a-t-il fait ?

Parce que, même si c’est incroyable de le dire comme ça, dans les hautes sphères du parti on trouve encore quelques socialistes...

-  Et puis, n’est-il pas lourd de sens aussi qu’un homme comme Jacques DELORS, un autre comme Robert BADINTER, ne viennent pas, comme tout le monde ou à peu près, ou bien ne viennent que si timidement, renforcer le choeur des supporters de la si lumineuse candidate d’un parti auquel pourtant ils appartiennent ?

A supposer qu’ils viennent encore, ils seraient tous les deux venus bien tard...

Alors c’est vrai que c’est terrible de devoir se dire qu’on est à ce point là abusé par les siens.

-  Mais est-ce que parce que c’est terrible, il faut refuser de le voir quand c’est si évident ?

Et puis regardez bien ceci, ce n’est sans doute qu’un détail, mais il est tellement révélateur : même sur une question aussi essentielle, aussi difficile à trancher que le point de savoir si l’on va ou pas amnistier les contraventions, il aura fallu attendre le 7 février pour que nous connaissions la position de « notre » candidate sur ce point !!! ...

Ségolène ROYAL jusqu’alors réservait sa réponse, elle réfléchissait...

-  Ce n’est pas la recherche la plus éperdue du plus petit désir de l’opinion, cela ?

-  Le signe le plus sûr d’une absence totale de conviction, de vision, “d’épaisseur” personnelle ?

Cela bien sûr ne pouvait pas rester sans conséquences, et on l’a vu très vite, dès les tout premiers jours ayant suivi l’investiture :

devant l’inquiétante inflexion des sondages, qui arrivait parce que nous sommes ce que nous sommes, justement, voici que la représentante de notre famille donnait d’abord, mardi 6 février dernier, un “coup de barre à gauche” : Ce fut la Halle Carpentier avant l’annonce tant attendue de Villepinte le dimanche suivant et, derrière ces deux meetings, tous les discours qui devaient suivre...

-  EUX, QUI SONT-ILS ? COMMENT CA MARCHE ?

-  De quoi en vérité fut-il fait, ce discours, que vit-on ce soir là à Paris qui put faire renoncer, pour la prochaine rencontre avec les militants, à la petite salle de Montreuil initialement prévue ?

Petit flash back : voici tout à coup notre histoire à la barre, le débit s’accélère tandis que s’élève le poing, et l’on entend les noms de BLUM, JAURES, MENDES et MITERRAND... Chacun soudain peut voir paraître une flamme nouvelle, et c’est l’apparition en majesté de l’immense stature de la future présidente. L’oeil noir et le verbe terrible, portée comme jamais par l’invincible marche d’un destin qui s’avance déjà dans l’histoire, voici paraître enfin la femme que tous attendaient... et en même temps la seule nouveauté par rapport aux discours précédents !

Le fond en effet ou plus exactement la vacuité demeure, mais il fallait galvaniser les troupes, et nous voilà contents si l’on en juge par l’enthousiasme qui répond alors aux envolées lyriques de la candidate et les rapports de presse qui viennent en rendre compte : des militants conquis et quelques journalistes pour en rendre compte, rassurons-nous la gauche, le socialisme, ne doutent pas d’eux-mêmes et ils sont de retour.

On a eu chaud !!!

Que celles et ceux qui en doutaient encore après ce discours historique se couchent rassurés, car quinze jours plus tard c’est encore mieux : d’égarés qu’ils étaient, ce sont les “éléphants” qui eux aussi sont de retour ; l’affiche est désormais au grand complet,

c’est en parfait ordre de marche que tous cheminent à présent vers la réédition du 10 mai 1981 !

-  Comment se peut-il que nous fascinent à ce point-là de simples figures d’acteurs, car c’est bien de cela hélas qu’il s’agit, si dérisoires, pour qui veut bien les regarder vraiment, dans leurs formules incantatoires ?

L’un élève le ton, martèle son propos tandis que l’autre en face lève un poing vengeur et, regardant la foule, la voix soudain grave et solennelle, nous dit combien il est blessé par les attaques indignes de son adversaire, ajoutant, shakespearien, que “rien ne le détournera du but”, et patati et patata...

Nous voilà tous portés, en tous cas censés l’être, à droite, à gauche, l’enthousiasme se lève, le capitaine Courage a levé son armée de dévots et d’inconditionnels, et dès le lendemain la presse toute entière parle de « coup de barre à gauche », de « coup d’accélérateur », de “changement de cap”, que sais-je encore ?

-  Mais enfin qui sommes nous si nous ne sommes que ça ?

-  Ma parole, mais vous n’en avez pas marre, vous, de tout ce cirque ?

-  Avons-nous bien besoin, en vérité de tout cela ?

-  De toute cette “perfection” déclamatoire et même gestuelle, vestimentaire, passée au fin tamis des instituts de communication ( !!!) pour ce qui est des orateurs, de cette identification au champion du côté des destinataires de leur message, de tant d’admiration éperdue dans nos yeux envers “Nicolas” pour les uns, ou de cet étrange envoûtement sous le charme de “Ségolène” pour les autres ?

Ils vont jusqu’à se disputer, au nom de filiations bien plus dévotes que réelles, le droit de simplement citer en leurs meetings des noms qui appartiennent à notre histoire collective !

-  Mais qu’est donc devenu le débat politique dans ce pays ? -Qu’est-ce qui nous arrive, où donc là-dedans est aujourd’hui le socialisme ?

Je vais vous le dire, camarades d’esprit, de pensée et de coeur : il n’existe plus que dans vos têtes, dans nos idées, dans nos désirs et dans les choix que nous ferons nous-mêmes, pas dans ceux que l’on s’apprête une fois encore à nous dire de faire au coeur de ces kermesses !

PENSEZ-VOUS, CITOYENS ? PENSONS-NOUS ?

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais je suis pour ma part aujourd’hui assez las, le mot est faible, de ce prêt à penser savamment instillé en nos pauvres esprits.

Alors je me suis dit ceci : après tout ma parole, parlant de BLUM ou de JAURES puisque c’est à la mode, ou plus exactement parlant dans le droit fil des idéaux qui en leur temps les animait, n’est pas moins légitime que celle de ceux qui s’en disent aujourd’hui les seuls représentants autorisés, les seuls héritiers habilités, et pour tout dire une fois encore les propriétaires ! La première valeur de l’esprit socialiste, c’est la liberté de l’esprit justement. En son nom maintenant à cette liberté, voici ce que moi, simple français de base, socialiste d’hier, d’aujourd’hui et même de demain, socialiste totalement décomplexé (mais oui monsieur MELENCHON, mais oui...) voici donc ce que moi je dis à ceux de mes concitoyens qui pensent comme moi que le mot socialiste n’est pas une marque déposée :

Puisqu’il n’est plus d’identité entre notre famille et la plupart des institutionnels qui en portent le nom, Puisque la disparition institutionnelle du socialisme, ne signifie en rien celle du socialisme lui-même dans l’esprit des millions de femmes et d’hommes que nous sommes,

Puisque tout ce qui nous anime est là, intact, demeure au fond de nous en ne rencontrant plus que la harangue vaine de tribuns incompétents, (de leur propre aveu, j’y reviendrai) ou bien encore, et tour à tour, esclaves de leurs ambitions, ralliés de fait aux exigences du grand capital, voire, pire encore, désinvoltes à l’occasion sur les grandes questions de l’identité nationale,

Puisqu’il en est de la vie politique comme de la vie tout court, qu’au décès des “parents” il faut bien, pour tous les orphelins du monde, prendre leur vie en main, alors, mes chers compatriotes, mes camarades socialistes, je vous dis

GOUVERNONS !

Nos vies pour commencer : Marre de cette arrogance, de ces amnésies « auto-exonératoires » des leaders tant de gauche que de droite s’invectivant les uns les autres, se rejetant toujours des fautes qu’ils ne savent que pointer chez autrui et jamais corriger chez eux ! Comme si ce n’était pas eux, déjà, depuis longtemps, qui en exécution servile et dogmatique des clivages auxquels ils se soumettent et veulent en plus nous rallier, s’étaient privés, et nous avaient privés de l’action concertée des compétences et des talents,

Marre de ces harangues viriles, ou maintenant charmantes, et bientôt “virilo-charmantes” au train où c’est parti, de ces shows populistes qui sont autant d’insultes à nos intelligences, à notre patience, à notre attente légitime d’un changement de cap vers une société plus juste, mieux comptable de notre travail, plus attentive aux plus fragiles d’entre nous.

-  Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, que savent en vérité ces gens de nos difficultés, et quel souci surtout en ont-ils véritablement pour nous promettre ainsi bien plus que tout ce qu’ils pourront jamais tenir ?

-  Que sait-on à Neuilly du problème des sans abris, des mal logés, sinon qu’il faut payer pour s’en débarrasser, cependant que l’on prêche, en dehors de chez soi, toutes les vertus civiles de la mixité sociale ?

-  Que sait-on, rue de Solférino de la détresse des femmes battues quand on annonce, dans une émission télévisée pour dès le lendemain de l’élection présidentielle, la création d’une loi qui existe déjà ?

-  Connaît-on seulement le prix du pain, rue de Solférino, quand on se “trompe”, au bas mot, de 500 000 euros sur le prix de l’une de ses résidences ?

Nicolas SARKOZY, Ségolène ROYAL... Oui on nous fait croire, ou on nous faisait croire il y a peu encore, qu’il n’y en a que deux ; il n’y en avait tellement que deux pour eux que sans notre “révolte” il n’ y avait plus déjà aucun de tous les autres mais surtout, surtout au final qu’il n’y avait même plus nous !

Ne nous y trompons pas : on a les gouvernants que l’on mérite

il nous faut à présent parler, et parler fort, ou nous voir affligés demain et à coup sûr des mêmes dirigeants, quelque camp qui l’emporte... Et puisque les voies ordinaires, classiques, bipolaires de la démocratie trouvent aujourd’hui et à ce point là leurs limites, il nous faut nous saisir des moyens qui en même temps paraissent de les faire évoluer.

Car justement, il ne sont pas que deux...

Alors électrices, électeurs du 22 avril, haranguons donc, à notre tour ! Mais haranguons les harangueurs, d’autorité, par notre vote !

Envoyons leur un signal fort de souveraineté et non pas de suivisme, et donnons leur mandat de gouverner en notre nom, mais cette fois sans plus aucune ambiguïté : donnons leur ce mandat de façon souveraine, solennelle, et comminatoire !

Nous le pouvons, un homme aujourd’hui, contre tous les Cassandre, tous les rentiers de la chose publique, nous propose d’inscrire au coeur de la Nation ce printemps politique. Il nous suffit, pour l’obtenir, de lui donner commandement de commander à tous les autres, car seul il a compris qu’un président est avant tout comptable envers tous ceux qui l’ont élu !

Seul cet homme a compris que si nous l’élisons et lui en donnons les moyens, il nous devra ce commandement, ce coup d’arrêt aux invectives permanentes et aux effets pervers du vieux clivage politique que seuls nous pouvons ordonner !

Et ils suivront, soyez-en sûrs, car les Françaises et les Français auront parlé !

Nous le pouvons ! Ne sommes nous pas le peuple ?

Peuple socialiste, je suis comme je l’ai dit plus haut des tiens, il y a longtemps maintenant que je ne vote qu’en ton sein. Tu vois déjà ce que je viens te dire, tu te l’es même dans bien des cas peut-être déjà dit, et bien avant de parcourir ces lignes. Je ne t’appelle pas à te renier, mais à te révéler, à sortir enfin de la tutelle de prétendus représentants qui, à force d’ostracisme politique, de dogmatisme parfois, ont finalement perdu l’âme même de ce qui était censé les porter.

Cette opposition des deux camps, dans laquelle on voit les uns et les autres rivaliser d’accusations ou de reproches, quand ce n’est pas d’insultes à l’occasion, n’est pas digne de nous et ne peut plus durer.

Des choix difficiles, déchirants même pour certains de nous arrivent en effet aujourd’hui, car visiblement nous nous sommes trompés, ou plus exactement notre famille se trompe. Elle se trompe parce qu’elle est abusée, et parce qu’elle l’est hélas par certains de ses membres les plus influents. Cela d’ailleurs n’arrive pas que dans notre famille : à droite aussi, bien des leaders s’adressent à leur électorat avec la même absence de scrupules, et c’est en vérité presque toute la classe politique qu’il nous faut à présent interpeller.

Je parlais plus haut d’incompétence à leur propos : cette incompétence, ce sont d’abord les faits qui l’établissent, et puis eux-mêmes ensuite qui la proclament en leurs affrontements parlementaires !

Voyez le triste état en lequel ces énarques ou élites diverses, tous tant qu’ils sont, de droite comme de gauche, nous laissent le pays après bientôt trente ans de leurs clivages ravageurs !

Alors oui je parle ici d’incompétence, et je maintiens ce que je dis.

Mais je précise en même temps ce que j’entends par là : l’incompétence de tous ces gens n’est pas dans l’incapacité où ils seraient d’appréhender les grands problèmes qui se posent à nous, d’en faire l’analyse, ou de conceptualiser les solutions possibles... Beaucoup sont au contraire de brillants esprits, les deux camps n’en manquent pas, et cette incompétence dont je parle n’est pas là : elle est dans l’incapacité où ils sont de s’entendre, de débattre dans la sérénité de toutes ces questions sur un mode dépassionné, un simple mode thèse-antithèse, par exemple, comme on le fait partout où l’on veut bâtir quelque chose !

Elle est dans leur inaptitude à travailler ensemble, à se mettre au service d’une action concertée pour le service du pays !

Ils ne parviennent pas à s’y résoudre, et s’ils n’en sont pas capables c’est tout simplement parce que nous, le peuple, ne les y avons encore jamais vraiment, explicitement et impérativement contraints, par les deux élections nationales qui à quarante jours l’une de l’autre nous permettent à présent de le faire !

-  Vous avez vu ce que sont les débats à l’Assemblée Nationale ?

Le pire de l’affaire est qu’ils sont tous ou à peu près de cette eau là, qu’il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver dans leurs rangs, gauche et droite confondues, de véritables démocrates, j’entends des gens prêts au dialogue dans une disposition d’esprit qui se veuille constructive... Laurent FABIUS, François HOLLANDE illustrent cette sclérose et ces rigidités jusqu’à la plus grossière caricature, quand ils nous disent que jamais le centre ne gouvernera avec un premier ministre de gauche, tout simplement parce que la gauche refusera de s’y prêter !

-  Il leur ont demandé leurs avis, aux électeurs de gauche, avant de dire ça ?

S’il ne s’agit pas là du triste témoignage d’esprits irrémédiablement fermés, obtus, et même intolérants ...

-  Peut-on encore de nos jours, se déclarer impunément à ce point du passé dans le même temps que l’on prétend, pourtant, parler aux gens de leur avenir et de celui de leurs enfants ?

QUE FAIRE ALORS POUR GOUVERNER, POUR QUE PARAISSE ENFIN LA VOIX DU PEUPLE EN CONSEIL DES MINISTRES ?

Nous voulons un gouvernement qui soit un vrai représentant de nos options sociales, économiques, communautaires, qui en défende les principes et qui les mette en oeuvre. Il nous faut aujourd’hui à l’évidence changer ce qui vient d’être fait avec l’investiture de Ségolène ROYAL, ce que hélas on ne peut faire par de nouvelles « primaires » à gauche. En aurait-on d’ailleurs la possibilité que ça n’en serait pour autant pas forcément souhaitable : ce qui vient d’arriver avec cette désignation met en lumière comme jamais encore auparavant toutes les limites du schéma classique.

Avec elle en effet et tous les “ralliements”, pour ne pas dire parfois les reniements qu’elle a pu susciter, les vieux clivages en se cristallisant ont plus que démontré leur caractère stérile, paralysant, inopérant et même nuisible.

Il faut donc s’adapter, prendre acte de l’existant et non pas se renier, mais quitter sa famille pour aller vers les siens, les vrais siens, la grande et même vaste communauté des siens.

Dans cette communauté là qui est la nôtre et tant pis si je me répète, il y a du courage une fois encore, de la dignité, de la constance dans les engagements pris et de la conséquence dans les idées. Il y a le sens du devoir et la conscience citoyenne, mais surtout, surtout il n’y a pas de dogme !

D’ailleurs, regardons y d’un peu plus près : rejoindre une telle communauté quand on est socialiste, ce n’est même pas quitter sa famille, qui est en vérité beaucoup plus large qu’elle ne paraît l’être dans sa dimension institutionnelle.

C’est y rester bien au contraire, c’est la défendre dans sa véritable identité et lui faire vivre pleinement son rôle dans notre société, c’est lui faire prendre toute sa part dans un débat dont elle ne prétend pas exclure les autres par le motif qu’elle seule aurait raison et tous les autres tort.

C’est dire qu’elle est bien là cette famille de femmes et d’hommes ouverts et de bonne volonté, présente à ses problèmes d’aujourd’hui autant qu’à l’avenir de ses enfants, et que même si aujourd’hui certains “oncles”, certaines “tantes” y déraisonnent un peu, elle sait bien qui elle est.

C’est dire qu’elle est parfaitement au fait de son identité profonde cette famille, et qu’elle n’a pas besoin que lesdits oncles ou tantes viennent lui dire qui elle est pour le savoir !

L’ENJEU ? NOTRE TRAVAIL, NOS LIBERTES, NOS VIES ET CELLES DE NOS ENFANTS... ...

-  Qu’en est-il aujourd’hui ?

Les affaires sont gérées de façon lamentable, il n’est pas d’autre mot hélas ; la dette augmente de 486 000 euros le temps d’un reportage télé, la criminalité augmente aussi, mais tout va bien puisqu’on nous dit qu’elle baisse... Le logement, le chômage, les retraites, la dépendance, on fera mieux demain, il faut d’ailleurs faire mieux, car tout ça en effet est aujourd’hui inacceptable, nous disent ceux-là même qui sont là depuis cinq ans pour gérer ces affaires dans lesquelles rien ne va !

Face à cela Ségolène Royal dit un jour une chose et le lendemain son contraire, et voici qu’ elle convoque autour d’elle des éléphants défaits qui rallient aujourd’hui ce que hier encore ils combattaient, dénigraient, refusaient...

-  Si en effet elle incarne le changement, le renouveau, de quel changement, de quel renouveau s’agit-il ? Un simple changement d’équipe, un renouvellement des têtes en place par le retour en force de ceux de 2002, en fait... dont on n’a visiblement d’ailleurs pas assez clairement dit qu’on n’était pas vraiment contents non plus, tout socialistes qu’on était et qu’on demeure, mesdames et messieurs les ministres d’hier qui n’aspirez à l’évidence qu’à le redevenir... !

Autre changement d’envergure, où l’art de faire de cette question sérieuse et légitime qu’est la parité un affligeant gadget électoral :

pour la première fois dans l’histoire nous aurions en France une présidente et non un président...

Même en ce début de vingt et unième siècle, madame ROYAL, le fait qu’une femme dise les mêmes bêtises qu’un homme ne suffit pas encore à faire de ces bêtises des choses pertinentes ! Un homme, une femme, l’affaire est en elle-même en effet d’importance ! C’est bien de ça en vérité dont la France a besoin !

Il nous faut aujourd’hui un changement d’un autre genre, il faut rien moins que réinventer la politique et la façon dont les affaires sont conduites dans notre pays.

Un homme à droite, une femme à gauche, proposent un changement de têtes, parce que leurs têtes à eux bien entendu sont meilleures que celles des concurrents d’en face, qui comme toujours évidemment n’ont rien compris.

Un autre homme quant à lui nous parle carrément d’un changement de paradigme, avec celles des têtes qui dans les deux camps accepteront de faire l’effort, pour le service de leur pays, de travailler enfin ensemble !

NOTRE CHOIX AUJOURD’HUI : TROIS PERSONNES, DEUX SYSTEMES

Et voici donc, avec tout ça, où nous en sommes à présent de tous ces renouveaux :

A droite le renouveau des têtes avec toutes les idées de droite, dans la bonne vieille tradition républicaine, qui marche tellement bien qu’on change de camp en gros une fois tous les dix ans... Proposition principale : faire gagner la droite.

A gauche le renouveau des têtes avec toutes les idées de gauche, dans la bonne vieille tradition républicaine qui marche tellement bien qu’on change de camp en gros une fois tous les dix ans... Proposition principale : faire gagner la gauche.

Au centre aujourd’hui LE RENOUVEAU DE LA POLITIQUE avec toutes les idées des deux moitiés de notre peuple, portées par leurs représentants enfin astreints à travailler ensemble sous l’autorité d’un homme également soucieux des deux ! Proposition principale : fin de l’hémiplégie française, autrement dit faire gagner la France !

-  Où est le changement, où sont ses avatars ?

-  Donnerons-nous raison bientôt à ceux qui pensent être en mesure de nous dissimuler cette “légère” différence entre les trois propos néo-présidentiels ?

-  Allons-nous laisser les vieux savants du discours politique venir nous effrayer en agitant tous les épouvantails, encore plus vieux, de la quatrième république ?

-  Il n’y avait pas de chef, messieurs les vieux savants du discours politique, sous la quatrième république, il n’y avait pas un président élu par le suffrage universel... la classe était agitée comme le sont toutes les classes quand il n’y a pas d’instituteur... Or voici que paraît un chef, prêt à prendre tout le pouvoir que donne maintenant notre constitution au Président élu. Non pas un chef de bande qui prétendrait nous enrôler pour écraser la bande d’en face, non, non ... Non cet homme là n’a pas l’allure martiale de vos chefs à vous, cet homme là est un chef d’une toute autre trempe...

Lui c’est un chef tout court, qui ne veut pas de nous et de nos voix pour que nous le portions à la victoire de son camp et donc à sa victoire à lui, mais pour pouvoir nous porter, nous, à celle de notre camp qui en définitive est le camp de la France !

Je ne dis pas bien sûr qu’il n’a pas d’ambition, comme les autres évidemment, ni même qu’il ne s’est jamais trompé, comme les autres évidemment aussi. Mais voyez-vous son ambition à lui est réellement tendue vers le service de la France et des français, tout simplement parce que lui ne leur ment pas pour être élu ! Ca se démontre facilement, il suffit de savoir compter ! Et par dessus le marché, que voulez-vous, ça se sent, alors que vous en face de ça, ça fait déjà un bon moment que l’on ne vous sent plus, précisément...

Peut-être que vous, messieurs les vieux savants du discours politique, n’arriverez pas à comprendre cela, mais soyez assurés que dans le peuple d’aujourd’hui, de plus en plus de vos concitoyens eux sont en train de le comprendre...

FIN D’UNE EPOQUE

Le monde a changé, et nous avons changé. Les femmes et les hommes de ce pays veulent aujourd’hui comprendre comment ils sont représentés et gouvernés. On parle d’éléphants au PS, le terme de dinosaure serait sans doute mieux choisi : ces gens, comme d’ailleurs leurs homologues de l’UMP, ont vu surgir notre révolte comme naguère ces animaux virent arriver l’astéroïde qui devait les emporter : sans avoir rien anticipé, rien vu, ni même peut-être encore rien compris... Ils vous expliquent que ce sont eux, eux seuls qui portent le véritable changement, alors qu’eux-mêmes ils ne sont pas capables de changer puisque aussi bien ils s’approprient toujours leurs électeurs, d’une façon à peine croyable quelquefois : encore une fois écoutez un JOSPIN, un FABIUS vous dire que jamais la gauche ne gouvernera avec François BAYROU ! Sans doute faut-il comprendre et ajouter “quoi qu’ait pu dire le peuple en mai...”. Car ils entendent les sondages, comme vous et moi, ils ont même les yeux rivés dessus. Et donc ils doivent aussi savoir qu’on est déjà bien plus de vingt pour cent à désirer que cesse le clivage, que dans ce pourcentage là on trouve pour l’instant plus d’électeurs de gauche que de droite...

-  Et malgré ça répétons-le, où peut-on voir qu’ils vous demandent votre avis à vous leurs électeurs, ces champions du “débat participatif”, lorsqu’ils profèrent de tels propos ?

Non seulement ils n’ont pas le souci de vous le demander, mais mieux encore ils vous déclarent par avance que quoi que vous disiez, ils camperont d’une façon inébranlable sur les lignes qu’ils arrêtent !

Ils n’en feront rien le moment venu bien sûr, mais toujours est-il que pour l’instant ils vous demandent de bien comprendre que eux ils savent ce qu’il faut faire pour votre bien, et que vous autres gens du peuple n’êtes bon qu’à voter ce qu’ils vous disent de voter, un point c’est tout !

Il est un troisième homme, oui monsieur SARKOZY, bel et bien, et même oui Madame VEIL, avec tout le respect que j’ai pour vous et que je vous conserve, en dépit de vos dernières déclarations, d’une virulence quelque peu suspecte à mes yeux. Un troisième homme qui n’en déplaise à Ségolène ROYAL et à François HOLLANDE aussi bien qu’à vous-mêmes, n’est pas, fort heureusement pour nous, pour vous et pour la France, celui qu’il y a peu encore on tentait si “étrangement” de nous faire croire.

Un troisième homme qui représente une vraie alternative et qui surtout est de très loin le mieux placé pour nous permettre de renverser enfin cet affligeant clivage où vous vous renfermez, puisque LUI IL L’A DEJA FAIT.

Il ne s’est pas contenté de parler comme le font aujourd’hui tous les autres : il a agi en quittant un jour sa famille quand il a estimé qu’elle faisait fausse route.

-  Vous pouvez nous en citer un, une autre, mesdames, messieurs les institutionnels de gauche, de droite, qui ait ainsi montré pareille détermination, pareille cohérence entre les actes et les propos ces dernières années, et même ces dernières décennies ?

Non vous ne pouvez pas, et pour une raison simple : un homme, un seul en France a récemment donné l’exemple d’une telle rupture avec cette si triste, cette si paralysante sclérose “UMPS”, et il s’appelle évidemment François BAYROU.

Alors, quand vous venez nous dire qu’il est “le pire de tous”, ou bien encore lorsque vous affirmez, vous qui sur tous les tons vous dites patriotes, qu’en France l’union nationale ne pourrait jamais faire que le jeu des extrêmes, ( !) on se demande quant à nous quelle est votre vision des forces vives de notre pays, et même de notre peuple, et votre connaissance réelle de ce qui se passe chez nos voisins européens...

Cet homme qui aujourd’hui vient déranger tant de caciques de tous bords, tant de plans contrariés par l’émergence d’un écho dans l’opinion que nul n’avait prévu, j’ai commencé moi aussi, comme beaucoup d’entre nous, par ne pas le voir : porté par la nouveauté apparente que semblait apporter Ségolène ROYAL au débat politique, je ne voyais pas celui qui l’incarnait vraiment.

Mais l’apparence ne résiste jamais bien longtemps aux assauts du réel, et très vite sont arrivés les premiers signes, tangibles, de la véritable nature de la candidate socialiste.

L’abattement premier passé, et là encore comme beaucoup de mes compatriotes, je me suis mis à l’écouter, à l’écouter vraiment...

Seul aujourd’hui cet homme nous propose sincèrement de fédérer et de FORCER la collaboration des énergies, des compétences et des talents, de droite comme de gauche. Seul aussi il en appelle aux bonnes volontés qui voudraient bien ranger les vieux clivages au rang des archaïsmes politiques pour redresser, et relever notre pays des inégalités, des injustices et des erreurs où il s’enfonce.

Seul il propose de sortir de cet espèce de moyen-âge de la politique où l’on ne sait que s’agresser, s’invectiver, se défausser sur l’adversaire des erreurs que l’on fait comme des responsabilités que l’on abdique : Rien que pour avoir dit ça, et pour avoir dans son passé un commencement d’exécution, il est déjà l’homme de la situation !

LA VOIE NOUVELLE

Mais je ne veux pas ici, comme tant d’autres, scander mon propos et ne rien faire pour le démontrer, et c’est pourquoi je vous propose maintenant ceci : écoutez-le plutôt lui-même vous dire comment il voit notre pays, comment surtout il envisage de le faire évoluer, comment enfin, ayant parlé, il joint immédiatement le geste à la parole. Ceci est l’enregistrement d’une partie de son discours devant l’assemblée nationale à l’occasion de l’affaire Clearstream : en cette circonstance et pour la première fois sous la cinquième république, un homme, pour respecter ses convictions et ses valeurs républicaines, vote la censure contre un gouvernement issu de sa propre famille d’appartenance politique.

C’était le 16 mai dernier, cela fera bientôt un an. Voici donc en lien ce moment tout à fait exceptionnel de la vie politique de ces presque cinquante dernières années : http://www.dailymotion.com/video/x3trn_bayrou-motion-de-c...

Ne l’entendez-vous pas ? Ne l’entendrons nous pas ?

Lui ne fait pas parler les morts, il préfère emboîter concrètement le pas à ceux d’entre eux qui s’illustrèrent dans notre histoire nationale. Car en effet écoutez le, écoutez bien...

Si l’on devait ici évoquer les grands noms comme on le fait si volontiers dans les meetings, on trouverait facilement dans ces propos l’esprit des BLUM, des JAURES, des FERRY dont l’héritage est de nos jours si disputé... Si l’homme qui parle et qui agit ainsi est un centriste, alors l’esprit du socialisme assurément est aujourd’hui au centre ! A nous dès lors de voter où il est, et non pas là où on nous dit qu’il est ! Car beaucoup en effet peuvent parler ainsi.

-  Mais qui agit comme ça ?

-  Qui aujourd’hui en France propose la réforme d’un système autorisant, de fait, un tel écart entre la théorie et les pratiques institutionnelles ?

-  Encore une fois et là aussi, cet homme seul, apparemment... Et l’on voudrait que nous, nous autres socialistes authentiques, laissions passer un homme qui parle et qui agit comme ça, tout simplement parce qu’il n’a pas sa carte du parti, quand aucun homme, aucune femme dans le parti jamais n’a pu montrer qu’il était seulement capable de la moitié de ça ?

Je me suis beaucoup demandé, ayant entendu ce discours, comment il se faisait qu’un homme se comportant ainsi n’en soit, en début de campagne, qu’à peine à six pour cent des intentions de vote !

C’est la réponse aux deux questions suivantes, me semble-t-il, qui seule peut-être peut expliquer ça :

Pourquoi si peu d’écho dans notre société à de telles paroles, immédiatement suivies par de tels actes ? Parce qu’on n’entend cela qu’à l’assemblée, que ce n’est relayé dans l’opinion que sous la formes de flashes au 20 heures, qu’ensuite la vie courante et ordinaire passe vite, très vite sur le récit télévisé de ces débats parlementaires dont par ailleurs on ne pénètre pas toujours, c’est vrai, tous les tenants et les aboutissants...

Pourquoi si peu d’applaudissements, de soutien sur les bancs ? Qui d’entre nous ne voit qu’une assemblée authentiquement républicaine eût en effet fait l’ovation, debout, à un pareil discours ?

Oui mais voilà, et c’est bien là qu’est le problème, silence ici ou presque parce que le propos porte,justement, et parce que l’on n’applaudit cela que dans le peuple...

Autrement dit et pour tout résumer : là où l’on entend ça on ne l’applaudit pas, et là où l’on applaudirait, on n’entend pas ou presque jamais ça !

Mais la campagne présidentielle peut orienter, une fois tous les cinq ans et d’une façon particulière, les yeux du peuple vers les bancs de l’assemblée...

Et si le peuple se met vraiment à regarder, le peuple peut finir par voir, mesdames et messieurs les excellences, les efforts que fait l’un de ses élus pour attirer son attention sur des pratiques dont il ne veut pas !

Cet homme qui aujourd’hui sollicite nos voix, tous ceux qui m’ont lu jusque là l’ont maintenant vu dans sa véritable nature et dans sa véritable dimension : tout, dans son profil, dans sa démarche, dans son propos, répond à ce qui nous anime en tant que socialistes ; il ne nous reste plus à dépasser qu’une simple barrière psychologique, celle qu’il faut renverser pour qu’il nous soit possible de franchir aussi le rubicon du centre, étrange mot en politique et pourtant si fédérateur partout ailleurs, au cœur même de nos vies !

-  La vie elle-même en effet, nos vies d’hommes et de femmes ne sont-elles pas faites de compromis, de concessions à l’autre, du long et difficile, mais bel apprentissage pourtant, du vivre ensemble ?

Nous savons tous que rien n’est simple, qu’il est parfois bien difficile d’avancer, et nous ne croyons plus au père noël depuis longtemps. Et nous n’ignorons rien non plus des problèmes et des difficultés que rencontrera demain peut-être un gouvernement d’union nationale. Personne ne dit que ça sera facile : l’important est de se prononcer pour le changement de ce qui ne fonctionne pas, de s’attacher à régler nos problèmes dans un esprit de coopération et de loyauté mutuel.

Nombreux sont ceux qui aujourd’hui essaient de nous décourager d’avoir l’audace qu’eux mêmes ne trouvent pas en eux :

il n’est encore écrit nulle part que nous allons les écouter.

Car ce qu’on sait aussi, c’est qu’il existe des hommes et des femmes honnêtes et compétents dans toutes les composantes politiques de notre nation, qui pour l’instant ne sortent pas des rangs car la pression des autres est encore trop grande.

Et puis surtout on sait que les autres en question, eux on les a déjà vus à l’oeuvre.

Ceux-là on ne connaît hélas que trop bien la vraie valeur de leurs promesses, on sait par expérience que tout ce qu’ils persistent à proposer ne marche pas. Et ça ce n’est pas tel ou tel qui le proclame, mais bien les faits eux-mêmes une fois encore qui le disent !

LES OBSTACLES

L’une des objections majeures et souvent faites à la candidature BAYROU consiste à dire qu’il n’a pas de programme : ceux qui disent cela sont tout simplement ceux qui ont intérêt à le dire, et ce qu’en vérité ces gens appellent programme n’est jamais que la longue liste des arguments d’un camp, d’un seul, contre tous ceux de l’autre camp...

Si une suite de propositions démagogiques est un programme, alors en effet cet homme là n’en a aucun.

Mais si à l’inverse un programme est une suite de propositions articulées entre elles et toutes conditionnées par le souci premier de leur cohérence budgétaire, alors François BAYROU en vérité est bien le seul qui en ait un !

-  Outre tout ce qui vient d’être évoqué, que dit-il en substance aujourd’hui ?

Chacun peut prendre connaissance de ses propositions, et ce n’est pas ici le lieu de présenter ce que tout un chacun peut voir et apprécier lui-même. Il est même souhaitable que chacun s’informe, car aucun plaidoyer, jamais, ne vaut le fait de se convaincre par soi-même.

C’est pourquoi pour ma part je ne dirai que ce qui suit : dans le projet qu’il forme pour la France, tout est crédible parce que tout y est réaliste à l’aune du fameux “nerf de la guerre” que nous connaissons tous. Outre le dépassement des clivages classiques, c’est de la cohérence budgétaire de toutes ses propositions que naît précisément l’ampleur terminale du changement qu’il se propose d’impulser. Nous pouvons croire que ce qu’il dit et propose de faire sera fait tout simplement parce que c’est faisable !

-  Et quant au reste qui aujourd’hui peut croire encore qu’une école, un courant de pensée, peuvent à eux seuls être vecteurs du bien commun, organiser pour tous les conditions du vivre ensemble et détenir tous les ressorts, toutes les clés de l’harmonie sociale ?

L’histoire du monde fourmille de ces stupides prétentions, on sait hélas ce qu’il en a toujours été. La nature elle même sanctionne la consanguinité, le repli sur soi-même, multiplie les couleurs et fait entendre tous les sons !

On le sait peu, dix-neuf pays pourtant, en Europe, parmi lesquels la Belgique, L’Autriche et l’Allemagne, excusez du peu, fonctionnent sur des modèles politiques de coopération nationale ! Et l’on ne sache pas que les extrêmes en soient à menacer vraiment notre vieux continent...

Alors oui vraiment cet homme est aujourd’hui le seul à la hauteur de ce défi que nous impose maintenant l’échec des politiques successives, de droite comme de gauche, depuis plus de vingt cinq ans.

Que l’on ne s’y méprenne pas pourtant : il ne gagnera pas si nous ne l’aidons pas, tout simplement parce que nous ne gagnerons pas sans nous aider nous-mêmes.

C’est pourquoi soutenons-le, mais donnons lui aussi un mandat clair, “impératif”...

NOTRE PART

Car voici en effet quel est désormais le véritable enjeu. Cet homme serait élu au second tour avec nos voix, et nous le savons tous : si l’on vote CHIRAC pour arrêter LE PEN, que ne voterons nous BAYROU pour faire barrage à SARKOZY ! Nous savons aussi que de toutes façons nous aurons SARKOZY au second tour.

Et nous savons enfin que jamais Ségolène ROYAL ne gagnera contre lui : même si maintenant elles multiplie fébrilement les récupérations, sa dernière surenchère - l’annonce d’une sixième république dont pour sa part François BAYROU parlait il y a déjà presque un an - montre assez bien qui est vraiment cette femme pour que chacun ait désormais les idées claires sur sa capacité à diriger notre pays !

Le ferait-elle d’ailleurs que nous n’aurions que la satisfaction de pouvoir dire que la candidate “socialiste” a triomphé, tant il est vrai une fois encore que désormais le socialisme lui n’a aujourd’hui plus d’autres candidats, plus d’autres défenseurs que vous et moi, et nous ne sommes quant à nous candidats à rien d’autre qu’au fait de le porter.

Oui, évidemment oui nous voterions BAYROU au second tour ! Mais notre part pourtant, notre part véritable n’est pas là, et il nous faut, dès à présent, bien mesurer et savoir prendre toutes nos responsabilités d’hommes et de femmes de progrès.

Car pour gagner au second tour il faut passer le stade du premier, et sans nos voix jamais il ne pourra passer ce premier cap. Alors oui socialistes, il nous faut aujourd’hui nous rassembler, nous rassembler sans abdiquer en rien ce qui nous porte et qui nous fait agir, mais pas autour de Ségolène ROYAL, pas autour des propriétaires patentés de nos voix, mais bien autour de celui seul qui aujourd’hui porte et incarne nos valeurs de liberté, de transparence, de tolérance et de justice républicaines !

Nous rassembler pour les porter aussi à notre tour, et non pour en scander, en déclamer tous les slogans en forme incantatoire à la suite de ceux qui pour tout but n’ont que celui de nous garder captifs de notre nom de socialistes afin de retrouver demain des maroquins perdus !

-Cet homme n’est pas socialiste ?

Non en effet il ne l’est pas. Mais il est plus sûrement d’esprit, d’inspiration, et même de moralité socialistes que nombre de grands encartés dont nous connaissons tous les noms !

-  Le centre en France a toujours été de centre-droit ?

Eh bien aujourd’hui il est de toute évidence animé par les plus belles idées de gauche, et à y bien regarder il est même le seul à l’être d’une manière réellement autonome, et exempte de tout esprit de clan !

Jamais en effet nos barons socialistes n’auraient voté une censure contre un gouvernement de gauche, ils ne l’ont toujours fait que dans un rôle d’opposant au pouvoir installé. Si l’on excepte quelques pieuses et vertueuses condamnations, toutes de pur principe, ici où là, a-t-on vu paraître la moindre censure contre la pratique des écoutes téléphoniques de l’Elysée ?

Faut-il en déduire que de telles pratiques étaient dans le droit fil d’une morale, d’une éthique socialistes ou bien que les socialistes d’alors ont sacrifié cette morale, cette éthique aux exigences de l’effet de clan ?

Regardons bien les choses en face, avec nos propres yeux et non pas avec ceux de l’établissement : le socialisme tel que nous l’entendons, celui qui sert vraiment le peuple, est bien plus près du centre qu’il ne le croit souvent, en tout cas de celui qu’a construit le candidat BAYROU.

Il n’y a plus que nous, nous seuls aujourd’hui pour le voir, et c’est encore à nous qu’il revient à présent de le montrer !

Car attention, il en va en politique comme dans la vie tout court, rien n’arrive jamais que par la faute des autres.

Nous dénonçons à juste titre des dérives, des dysfonctionnements dont nous ne voulons plus : nous avons nous aussi notre part de responsabilité bien entendu dans tout cela, et il ne suffit pas évidemment de dénoncer chez les politiques des choses que nous les laissons faire...

Les tenants classiques du bon vieux clivage ne peuvent gagner qu’avec l’assentiment de la majorité électorale.

Si cette fois encore nous laissons, comme cela s’est toujours fait, les deux institutionnels dominants nous enfermer dans le suivisme qu’ils prétendent nous imposer, alors en effet rien ne changera :

leurs gouvernements demain seront monobloc, monoteinte, à nouveau l’on aura des caciques imprégnés de savoir et détenteurs d’une vérité d’état.

Mais si nous choisissons vraiment, alors c’est nous qui formerons l’équipe qui demain tiendra les rênes de notre pays. Non pas les noms bien sûr de ceux qui la composeront, mais le principe par lequel ils seront prononcés par l’homme que nous aurons élu afin d’y procéder.

On ne peut pas brader, passer par pertes et profits, une telle chance pour la France de s’inscrire enfin dans une action politique mature.

Quitter sa famille n’est jamais simple, mais quand on le fait c’est presque toujours pour en fonder une autre : la maturité politique est là, le changement est à ce prix. Il nous viendra de nous et pas des institutionnels, trop installés dans leur métier de politique justement pour n’avoir d’autres vues en vérité que le service de leurs carrières respectives, en tous points étrangers aux messages, aux idéaux qui soi disant les portent !

Voyez un Jack LANG, se reniant lui même toute honte bue, en faisant aujourd’hui l’éloge de celle chez qui hier il ne pouvait trouver rien d’autre qu’une “pensée ringarde”... !

Voyez un MONTEBOURG, c’est tout à l’avenant, une Martine AUBRY ou un JOSPIN, que dire une fois encore d’un FABIUS, inconséquents au point de se renier sans honte à quelques mois, parfois quelques semaines d’intervalle seulement !

Si méprisants de vous surtout qu’ils pensent que vous l’oublierez, voire, pire encore, que vous ne l’aurez peut-être même pas vu !

Ces gens là font partie du staff “présidentiel” de notre candidate, et leurs oppositions, leurs divergences de vues en “temps normal”, comme les amabilités qu’ils échangent pour parler les uns des autres sont parfois plus grandes que celles qui existent entre l’opposition et la majorité !

Le clivage entre tous ces gens là n’est pas que bipolaire, il est aussi “intrapolaire” ! Et ce sont eux demain qui seront aux affaires si nos votes les portent à travers celle qu’ils soutiennent aujourd’hui et qu’ils moquaient hier !

Sans doute nous faut-il élire, désormais, des gens qui réellement méritent nos suffrages.

Attention cependant, on peut aussi pourtant renverser la question : un homme aujourd’hui nous montre le chemin, et il le fait depuis déjà pas mal de temps. Cet homme là nous autres, Françaises et Français, allons-nous maintenant savoir ou pas le reconnaître, et quelque part à notre tour le mériter, ou bien le laisserons nous passer ?

Parce que, bonne foi oblige, le peuple toujours victime, c’est un peu trop facile aussi, c’est le peuple qui vote, quand même...

C’est pourquoi je vous le dis solennellement ici : voter utile pour notre pays et notre cause socialiste, c’est voter pour François BAYROU au premier tour, sous peine de voir, quinze jours après, purement et simplement disqualifiés les idéaux qui nous animent, et d’assister à l’installation triomphale du libéralisme le plus débridé à la tête de notre état.

L’enjeu est de taille, car Nicolas SARKOZY, ce n’est pas que la droite la plus dure et la plus libérale.

Rappelons tout de même ici que c’est aussi cet homme qui, évoquant dans l’affaire Clearstream - toujours elle - le personnage de son accusateur tapi dans l’ombre, déclarait qu’après qu’il l’ait identifié, on le retrouverait “pendu à un crochet de boucher” !

C’est encore le même qui, s’irritant de ce qu’on le fasse attendre, disait dimanche 18 mars dans les locaux de France 3 : “Personne n’est là pour m’accueillir. Toute cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas encore le faire pour l’instant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder”.

Un tel homme sollicite tout de même aujourd’hui, et a des chances d’obtenir si nous n’y veillons pas, les rênes de notre pays...

AUX HIERARQUES D’UN PARTI QUE NOUS AVONS AIME

A vous qui de nouveau sollicitez notre suffrage, je veux dire à présent ceci : ne vous fatiguez plus dans cette triste voie, nous sommes las de vos rodomontades et de vos pitoyables gesticulations. Vos chances désormais sont nulles, ou à peu près, de faire perdurer encore longtemps des configurations et des postures politiques dont les français pour la plupart ne veulent plus.

Pour ma part je n’y reviendrai pas, mon opinion est faite et je suis loin d’être le seul.

Trop souvent d’ailleurs l’on entend dire que beaucoup de gens restent indécis jusqu’au dernier moment. Comme si un discours, mieux toiletté qu’un autre par une agence de communication, pouvait suffire à renverser une analyse personnelle mûrement conduite !

Mais s’il est vrai que vos ultimes et pathétiques tentatives de séduction fonctionnent encore à l’occasion, de plus en plus nombreux aussi sont ceux qui désormais s’emploient à faire tomber vos masques . Vous avez fait déjà beaucoup de mal. On a payé très cher nos divisions en 2002, et au final on s’est tout simplement trouvé dépossédé de notre vote.

Alors OUI, cent fois oui pour le rassemblement.

Mais “Nous ou le chaos”, ça va comme ça, monsieur HOLLANDE !

Pour ma part j’ai envie de pleurer, de hurler aujourd’hui quand je vous vois à vos tribunes tenter de nous faire croire à vos salades électorales !

Si vous autres propriétaires de la “marque” socialiste, dépositaires autoproclamés de je ne sais quel copyright, ne savez pas le faire ce rassemblement, il faut que vous ayez bien mal compris l’esprit dont vous vous réclamez pour croire que vous y parviendrez comme ça, et surtout que nous ne saurons pas le faire sans vous !

Je ne sais pas si nous allons gagner, personne ne peut savoir ça. Mais en tous cas ce que je sais, ce qu’il fallait que je vous dise et que je dise à mes compatriotes, c’est que je me pardonnerai mieux si, le moment venu, je peux au moins me dire que j’ai fait quelque chose pour empêcher ce qui arrivera si nous ne bougeons pas nous mêmes, et si cette fois encore nous vous laissons faire !

A MES CONCITOYENS

J’ai bien conscience d’être long, trop long peut-être si j’en crois certains avis à ce propos. Mais il importe plus que tout d’être le plus complet possible. Il ne s’agit pas ici bien sûr de dire aux gens comment il faut voter :

chacun en ce domaine et c’est heureux, est libre de se déterminer exactement comme il l’entend.

Il s’agit seulement de démonter une mystification, celle à laquelle se livrent les deux candidats dits “principaux” dans toute cette campagne.

Que le candidat de la droite classique s’y adonne comme il le fait ne m’aurait pas fait réagir autrement qu’en votant contre lui.

Mais que la même mystification soit aujourd’hui à l’oeuvre dans mon propre camp, dans ma propre famille, et qu’elle puisse conduire, peut-être, à abuser un très grand nombre de mes concitoyens, sincères eux dans leurs convictions socialistes, cela non, décidément non, je ne pouvais pas me résoudre à y assister tranquillement sans rien faire !

A ceux qui aujourd’hui entendent mon propos et s’y rallient, je dis ceci : relayez le, complétez le, diffusez le massivement autour de vous. Ou bien parlez à votre tour avec vos propres mots.

Bloguez, ou écrivez, parlez, bougez autant que vous pouvez, ne restez pas dans votre coin en attendant que vienne le 22 avril !

Nous avons tous autour de nous, et nous le savons bien, des gens, de vieux parents ou même des amis, qui parce qu’ils sont sincèrement à gauche depuis longtemps et ne peuvent même pas imaginer que la gauche aujourd’hui les trompe à ce point là, seront dupes des propositions démagogiques construites savamment à leur adresse. C’est pourquoi j’en termine en vous disant ceci :

Nous voterons bientôt pour désigner celui qui pour cinq ans aura la charge de conduire notre pays : Trois candidats sont en situation d’être présents au face à face décisif du 6 mai prochain.

L’alternative est simple :

-  ROYAL au deuxième tour, c’est à coup sûr SARKOZY président, et c’est pour cinq années la droite la droite la plus arrogante et la plus libérale à la conduite des affaires publiques.

Autre chose est possible.

La gauche, la droite intelligentes et modérées peuvent se retrouver, construire ensemble la social-démocratie dont aujourd’hui nous avons tous besoin .

Un seul moyen pour nous, socialistes de France, d’être aujourd’hui debout, de faire entendre notre voix, d’inscrire notre idéal républicain dans le prochain gouvernement.

Un seul moyen de stopper Nicolas SARKOZY, de battre et de faire battre les vieux schémas qui, à droite comme à gauche, paralysent depuis trop longtemps l’action démocratique au service de tous : Portons François BAYROU au premier tour. Le reste ira de soi !

LEVONS NOUS SOCIALISTES ! AU PREMIER TOUR COMME AU SECOND, VOTONS, FAISONS VOTER FRANCOIS BAYROU !

à BREST le 22 mars 2007,

-  Jean-Claude TROADEC, citoyen français

source :
Le télégramme.com



Publié le 9 avril 2007  par Jean-Claude TROADEC


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Forum de l'article
  • Elections Présidentielles 2007 :
    Debout Socialiste !
    de Jean-Claude Troadec
    10 avril 2007

    cher Jean-Claude

    J’ai trouvé votre article très intéressant en ce qu’il traduit fort bien le malaise de socialistes " modérés" voire sympathisants, voire, au fond , les vrais socialistes face au choix proposés pour cette campagne Présidentielle.Il fait réfléchir.

    Jean Laurent POLI

  • Elections Présidentielles 2007 :
    Debout Socialiste !
    de Jean-Claude Troadec
    10 avril 2007, par Jacques POTIER

    En un mot, n’ayant qu’une vision sans attache théorique relativement à ce que sont : le capital, l’exploitation des peuples au profit de ce capital, et les modes de productions privatisés... Vous êtes paumé.

    J’espère que ces errements n’obéreront pas les chances du second tour pour une gauche bien à gauche... mais j’en doute de + en +

    J’ai crainte que la gauche molle soit le meilleur allié des capitaines du capital, Paul QUILES a privatisé les télécom en france, BEREGOVOY a permis l’entrée des fonds de pension dans les capitaux des entreprises...

    Chers amis reprenez vous, ne trahissez pas les salariés au profit des détenteurs du capital.

    Bien cordialement

    Jacques POTIER

  • Elections Présidentielles 2007 :
    Debout Socialiste !
    de Jean-Claude Troadec
    30 janvier 2016, par Sara

    Thanks a lot for sharing. Keep blogging.

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