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Appel aux Français

Catégorie politique
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(JPEG) Je m’adresse aux 6.870.000 Français vivant avec moins de 788 € par mois. Au 12 % de salariés travaillant avec un contrat précaire et au 50 % d’entre eux percevant moins de 1484 euros mensuels. Au 28 % des ménages qui ne peuvent se payer une semaine de vacances. À tous ceux qui se traînent un découvert bancaire chronique plus ou moins autorisé moyennant des pénalités usurières. À ceux qui doivent choisir entre le paiement de la facture d’eau et celle pour l’EDF/GDF. Aux étudiants qui ont "la chance" de ne plus pouvoir s’offrir le dentiste. Aux banlieusards désespérés. À tous ceux qui ont encore un semblant de dignité et de bon sens.

En somme, je m’adresse à la grande majorité du corps électoral français à la veille de l’élection du futur Président de la République.

J’en vois déjà qui ricanent ou maugréent ! Qui disent que tout ça ne change jamais rien à leur sort. Que blanc bonnet ou bonnet blanc, c’est au final le même couvre-chef. Ils ont tort : voter ne sert PEUT-ÊTRE à rien, mais ne pas voter mène encore plus SÛREMENT à nulle part.

Contrairement à ce que veulent nous vendre les médias, ce n’est pas un individu que nous allons choisir, même pas un programme. Non, nous allons choisir entre deux conceptions du monde : à ma droite le monde capitaliste, dit aussi "libéral", avec ses terribles "dommages collatéraux" ; à ma gauche, le monde social, celui qui entend donner la primauté à l’humain et au politique sur l’économique.

Un Bayrou, une Royal ou un Sarkozy, défendent à quelques nuances près la même conception d’un monde libéral suicidaire.

Leur seule différence : l’emballage.

Sûr que l’emballage de Royal ou de Bayrou est plus avenante que celle du roquet de l’UMP. Mais au final, nous aboutirons aux mêmes catastrophes. Dont tu seras une nouvelle fois le dindon, mon cher Français !

-  Alors qui d’autres ?

Passons sur le poussiéreux De Villiers et arrêtons-nous un instant sur le furoncle inévitable de chaque corps social malade. Le nôtre s’appelle Le Pen. Je sais que dans leur désarroi, certains en ont un peu tâté. Mais franchement, voter Le Pen pour crier sa colère, c’est à peu près aussi ragoutant que d’exprimer son désespoir en pissant dans sa cage d’escalier. Ça soulage sur l’instant. Après, ça pue.

Reste "la gauche de la gauche", comme ils disent.

Épargnez-moi SVP les railleries sur les miettes éparpillées. Le problème de la gauche illustre l’autre plaie de notre vie politique : le poids mort des vieux appareils, plus soucieux de sauver leurs structures que de défendre les intérêts de leurs électeurs. PCF, LCR, LO ont voulu se la jouer perso. Tant pis pour eux. Dommage pour nous.

"Mais alors... mais alors..."

Mais alors, tu as raison, mon vieux Français, il ne reste plus personne. C’est pourquoi nous sommes plus de 42.000 à avoir demandé par pétition à l’un d’entre nous, un vrai indépendant celui-là, de nous représenter : José Bové. C’est nous qui l’avons choisi, pas l’inverse. Il n’appartient à aucun parti, aucune institution obsolète.

Autant te le dire tout suite, mon Français, on ne te promet rien d’autre que notre bonne volonté. On est comme toi, sans un kopeck, mais avec une énergie à revendre. Et un programme tout neuf en 125 points. On sait ce qu’on veut : un monde peinard à taille humaine, juste socialement, pas péteux pour un euro. Nous savons les obstacles qui nous attendent, les risques que nous courrons. Nous avons décidé de tenter le coup avec panache, c’est tout. Parce que nous n’avons pas le choix. Parce que, ou bien nous prenons notre destin en main avant la catastrophe annoncée, ou bien il nous faudra péniblement ramasser les miettes une fois le drame passé.

Nous savons aussi ce que nous ne voulons plus. Tu sais parfaitement comme nous que rien dans ta vie quotidienne ne s’arrangera avec les candidats déjà élus par les sondages des médias officiels, que leur organisation libérale est à bout souffle et que tout part en c... quenouille. Que la seule chose qui va échoir, c’est que tu vas juste être rejoint par une nouvelle cohorte d’éclopés qui pensaient, les naïfs, avoir échappé à la tourmente.

-  Avons-nous quelques chances de succès dans notre aventure ?

À mon avis, De Gaulle ne devait pas être mieux loti que nous quand il a lancé son fameux appel à la résistance. Et pourtant...

Maintenant, mon vieux, ton sort est entre tes mains. Ça n’arrive pas souvent.

-  Une fois tous les sept ans ?
-  tous les cinq ans ?

Ne cherche surtout pas de fausses excuses, n’essaie surtout pas de dégager en touche. Tu es libre. Tu vas faire exactement comme tu veux.

Pour tout te dire, je n’arrive à imaginer UN INSTANT que tu puisses être assez couillon pour te jeter dans la gueule des loups sans broncher. C’est un truc qui dépasse vraiment mon entendement.

-  Mais enfin, ce que je t’en dis, la balle est dans ton camp, n’est-ce pas ?

Ou tu te contentes de ton marigot, tu joues l’avenir de tes mômes au Loto, tu votes "utile" en trouvant mille prétextes fallacieux pour justifier ton acte de soumission, tu cries allégeance à tes bourreaux, tu donnes raison au grand Charles qui te traitait de veau...

Dans ce cas-là, surtout, surtout, ne t’avise pas de venir pleurnicher après !

Ou tu te décides à relever la tête et à nous rejoindre. Alors là, d’accord, tu es le bienvenu. Un petit verre pour trinquer ?

Source : Chroniques du Yéti



Publié le 9 avril 2007  par Le Yéti


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