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Constitution Européenne, pression des industriels pour l’acceptation de la directive.

Catégorie politique
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Constitution Européenne, pression des industriels pour l’acceptation de la directive.

De cachotteries en controverses, de trahisons en concessions, la directive Bolkestein est en voie de se concrétiser sans grand changement et sans attendre la France ou presque.

Mr Chirac avait demandé la plus grande discrétion sur le sujet avant le référendum, mais c’est sans compter sur la sagacité des industriels qui souhaitent bien faire passer les clauses les plus controversées, sans l’avis du peuple.

Une raison supplémentaire pour rester vigilants quant à cette directive. Sans sombrer dans un machiavélisme guettant, cette pression des lobbies montre leur interêt à une acceptation du texte sans une refonte fondamentale.
Cet article du Figaro titillera sans doute votre bon sens.
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-  source : lefigaro.fr

UE Intervention surprise du commissaire irlandais Mc Creevy Bruxelles relance la directive Bolkestein

Bruxelles : de notre correspondante, Alexandrine Bouilhet [04 mars 2005]

On la croyait morte et enterrée, au moins jusqu’au référendum français. Voilà la directive Bolkestein sur la libéralisation des services relancée de manière spectaculaire par Bruxelles. « Cette directive est toujours sur la table. La commission n’a aucune intention de la retirer », a affirmé, hier, l’Irlandais Charlie Mc Creevy, commissaire en charge du Marché intérieur.

Maître de l’agenda, la commission a, hier, enclenché la machine législative, demandant au Parlement de se saisir de ce texte controversé « au plus vite » en première lecture, pour pouvoir présenter ses propres propositions au Conseil européen du mois de juin, soit juste après le référendum français.

D’ici là, la directive Bolkestein, baptisée « Frankenstein » en France, tant elle est décriée, sera débattue haut et fort, n’en déplaise à Paris qui avait demandé le silence, ou au moins la plus grande prudence à ce sujet, jusqu’au référendum. « Comme tous les textes ambitieux, il est controversé. Il faut en débattre avec le Parlement et les Etats membres, l’amender pour qu’il soit accepté politiquement, mais il faut aussi agir vite », a expliqué, hier, le commissaire Mc Creevy. « L’Union ne peut pas continuer à avancer avec moins de 2% de croissance par an. Jamais le modèle social européen n’y survivra ! » a-t-il plaidé. Et le commissaire irlandais d’ajouter : « Les services représentent plus de 60% de notre économie : nous avons besoin d’une directive qui libère ce potentiel, élimine les obstacles transfrontières, réduise les charges qui pèsent sur les entreprises, et favorise la création d’emplois. »

Ce retour de flamme en faveur de la « directive services » ne va pas arranger les affaires du couple franco-allemand. Sans aller jusqu’à réclamer le retrait du texte, Jacques Chirac, craignant pour sa campagne référendaire, avait ordonné, au début février, sa « remise à plat complète ». Dans la foulée, Gerhard Schröder avait exigé des « modifications » du projet, notamment une révision de « la clause du pays d’origine », qui risquait de favoriser le dumping social. Ardent défenseur de la directive Bolkestein, très favorable à une économie sans chômage, Tony Blair est resté prudemment à l’écart de la « Vieille Europe ».

De technique, le débat est devenu éminemment politique, Paris et Berlin priant la commission Barroso d’enterrer au moins provisoirement cette directive, trop libérale à leurs yeux. Au départ, José Manuel Barroso a semblé jouer le jeu, annonçant que le texte « inacceptable en l’état » serait « révisé ». C’était compter sans la contre-offensive des libéraux, anglo-saxons, baltes ou polonais, majoritaires dans la commission, et sans les critiques de la presse britannique si influente à Bruxelles. L’affaire Bolkestein a été âprement discutée entre les vingt-cinq commissaires, mercredi, à Bruxelles, certains s’étonnant du rétropédalage du président José Manuel Barroso, qui apparaissait tout à coup comme l’otage du couple franco-allemand. « On peut amender le texte pour répondre aux soucis de Paris et Berlin, mais on ne peut pas jeter le bébé avec l’eau du bain », plaide l’un des commissaires. « Le processus de Lisbonne sans la directive services, ce n’est pas crédible », ajoute un autre. Résultat : la directive reste sur la table. Elle ne change même pas de nom. La clause controversée sur le pays d’origine n’est pas encore retirée. Pour l’instant, la balle est dans le camp du Parlement européen. « Ce texte ne passera pas sans changements », a reconnu Charlie Mc Creevy. « Il doit être inattaquable sur la prévention du dumping social », a-t-il promis, annonçant, que la santé et les services d’intérêt général financés publiquement seraient exclus du champ d’application de la directive Bolkestein.



Publié le 4 mars 2005  par di2


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