e-torpedo le webzine sans barbeles



Les grandes affaires criminelles d’Eure-et-Loir
Livre de Gérald Massé

Catégorie on aime
Il y a (47) contribution(s).

Un ouvrage raconte les grandes affaires criminelles d’Eure-et-Loir.

(JPEG)

Deux cents années de sang et de larmes...

Le livre Les grandes affaires criminelles d’Eure-et-Loir vient de sortir. Il retrace une histoire parfois très sanglante. Retour sur quelques-unes de ces affaires qui ont, en leur temps, défrayé la chronique.

Pour la première fois, un écrivain a étudié l’histoire de la criminalité dans le département. Dans Les grandes affaires criminelles en Eure-et-Loir, qui vient de paraître chez De Borée éditions, Gérald Massé, journaliste à l’écho républicain, fait un tour d’horizon de ces faits divers tragiques ayant donné lieu ensuite à des procès qui ont passionné, en leur époque, la population. Le souvenir de la plupart d’entre elles, pourtant, n’a pas traversé les décennies, même si en leur temps, elles eurent un retentissement national.

Depuis les horribles forfaits de la Bande des chauffeurs d’Orgères à la fin du XVIIIe siècle, vingt-six affaires sont décortiquées dans ce livre. Voici quatre histoires dont le temps a estompé l’importance. Et pourtant...

-  Alluyes, 1870. Les Prussiens sont aux portes de Bonneval quand, dans la ferme du père Chesneau à La Vieuville, un hameau d’Alluyes, deux corps sont retrouvés. Le fermier et sa femme ont visiblement été assassinés. L’habitation a été fouillée et le vol est vraisemblablement le mobile. Chaque nuit, des hommes montaient des gardes pour prévenir de l’arrivée des ennemis. Interrogés, ceux qui étaient en faction à La Vieuville, sont d’abord mis hors de cause. Quelques mois plus tard, on s’aperçoit cependant qu’ils ont payé leurs dettes, que leurs enfants sont mieux habillés. Et puis, sous l’effet de l’alcool, ils parlent... Guénard, Quillou, Proust et le gendarme Germond sont obligés d’avouer. Guénard avait demandé à leur ami gendarme de les placer de garde près de la ferme du père Chesneau. Ils tuèrent alors les fermiers en espérant que leur crime soit attribué aux Prussiens, avant de les voler. Le gendarme Germond se suicide durant l’instruction. Les trois autres assassins seront guillotinés à Chartres deux ans plus tard.

-  Corancez, 1901. Le crime de Corancez est l’un des pires perpétrés sur le sol de l’Eure-et-Loir. Le 21 décembre 1901, Edouard Brierre, veuf depuis trois ans, est reconnu coupable d’avoir tué à coups de marteau cinq de ses six enfants, neuf mois, jour pour jour, auparavant. L’aînée, qui croira toujours à l’innocence de son père, était absente ce soir-là. Ce patron agricole n’avouera d’ailleurs jamais ces trop lourdes charges pesant sur sa conscience. Au sein de son village, il fut même pris pour une victime puisqu’il avait, lui-même été victime, selon ses dires, d’une agression cette même nuit d’horreur. Sans doute fallut-il chercher dans ses motivations, l’envie de refaire sa vie avec une jeune femme qui ne voulait pas élever autant d’enfants. Les juges le condamne à mort mais il sera grâcié par le président de la République et il mourra au bagne.

-  Courville-sur-Eure, 1930. Le vieux stade de Courville-sur-Eure porte le nom de Klein. Rares sont ceux qui savent qu’il est celui d’un couple de commerçants assassinés dans leur boutique de la rue Pannard le 3 novembre 1930. Très appréciés par leurs clients et dans le monde associatif, leurs obsèques furent suivies par des centaines d suivies par des centaines de personnes. Dès que leur corps ensanglanté est découvert, une chasse à l’homme commence dans ce gros bourg. L’assassin y attend un train au restaurant La belle étoile. Son manque de discrétion sur le crime dont tout le monde parle intrigue. Les gendarmes sont prévenus et l’interpellent. Ils n’ont pas trop de mal à lui faire avouer qu’il a tué les commerçants pour vider leur caisse. Ce journalier âgé de 20 ans est condamné à mort. Il sera le 23 septembre 1931 à Chartres, le dernier exécuté en public en Eure-et-Loir.

-  Bérou-la-Mulotière : 1956. Le soir de Noël 1956, Jean Dupont est seul avec sa fille âgée de six ans dans la salle à manger de sa ferme au Chêne-Simon, un hameau de Bérou-la-Mulotière. Il se lève et lui annonce : « Je vais te tuer mon enfant ». Elle croît à une plaisanterie, même si son père est souvent trop violent. Elle se trompe. Pendant une dizaine de minutes, son père écrase ses grosses mains sur sa petite gorge. Il tente ensuite de brûler son corps puis de cacher ce qu’il en reste. Il veut faire croire à une disparition. Mais les enquêteurs ne sont pas dupes. Dupont est écroué. La seule raison d’étrangler Chantal était de se venger de sa mère. Le général de Gaulle ne le graciera pas...

Les grandes affaires criminelles d’Eure-et-Loir, par Gérald Massé. De Borée éditions. 350 pages, 24 ¤.

Les grandes dates

-  1793 : mise en service de la prison de Chartres.

-  28 juillet 1800 : condamnation à mort de 20 membres de la Bande d’Orgères.

-  18 janvier 1848 : inauguration du nouveau tribunal de grande instance de Chartres.

-  23 septembre 1931 : dernière exécution publique en Eure-et-Loir.

-  14 avril 1959 : le dernier condamné à mort en Eure-et-Loir est guillotiné à la prison de la Santé à Paris.

source : L’écho Républicain du 9 mars 2007 N°19.530



Publié le 11 avril 2007  par torpedo


envoyer
commenter
imprimer
sommaire
Forum de l'article
retour haut de page


Si vous appréciez le e-torpedo.net
participez à son indépendance, faites un don.

Contrat Creative Commonsdri.hebergement
Réalisation et conception Zala . Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP sous license GNU/GPL.
© 2005 e-torpedo.net les articles sont à votre disposition,veillez à mentionner, l'auteur et le site emetteur
ACCUEILPLAN DU SITEContact Syndiquez le contenu de ce site Admin