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Le plagiaire
une nouvelle de Luc M. Eyraud

Catégorie littérature
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(JPEG) J’ai rencontré Eric Bénier Bürckel... . Au premier d’entre vous ce nom ne dira rien, d’ailleurs moi non plus il ne m’avait guère impressionné quand il s’est présenté à moi en se nommant. Le nom ne me disait rien, mais vraiment rien, le simple fait de son évocation me laissa un instant songeur mais rien de plus. Je remarquais seulement intérieurement la difficulté apparente que ces quelques syllabes pouvaient de par leur conjonction laisser prévoir d’accrocs dans leur énoncé.

Mais l’individu eut l’à propos de m’épeler son nom de famille composé comme tant d’autres.

Et puis un pseudonyme d’écrivain laisse toujours planer un doute quant à son authenticité. D’ailleurs Eric Bénier Bürckel en a certainement bien besoin à cette heure. C’est un homme modeste mais beau avec un regard franc et timide à la fois. Peut-être a-t-il du trop déranger quelque part pour à présent se faire petit de la sorte. Il est des voix, mais ce jour là je ne le savais pas encore, qui se sont élevées brutalement contre lui, dont le pourquoi ne m’est point encore revenu.

-  Eric Bénier Bürckel est chauve ou peut-être a-t-il le crâne rasé comme beaucoup d’hommes jeunes de nos jours ?

Son crâne est très bronzé c’est bien ce qui m’affecta le plus chez lui lors de notre première rencontre mais je compris rapidement qu’il ne vivait plus à Paris. Certainement à cause de toute cette histoire, cette agitation. Cette légende qui rode autour du personnage.

Ce mythe glauque que certains sur la toile des éruditions parisiennes ont bien voulu lui tisser.

D’ailleurs bien que connaissant de peu cet homme je peux affirmer à ses détracteurs que tout ce tapage a très certainement bien arrangé ses affaires. Notre première rencontre eut lieu dans les sous sols du Ballet de l’Opéra, dans les toilettes du studio numéro cinq pour être exact. J’en sortais, il entrait. Nous n’avions guère d’échappatoire car bien élevés tous deux il nous fallut condescendre à laisser place à l’indispensable politesse qui caractérise l’éducation des grands de ce monde. Je me présentais comme écrivain mais maladroitement, rajoutais-je, de seconde zone et d’ailleurs publié de justesse par une bien modeste et banale et juste à peine souffreteuse petite maison d’édition. Cela n’avait pas échappé à Eric Bénier Bürckel qui se fit une joie de me jeter à la volée bien que fort aimablement le palmarès de ces nombreuses publications dans une véritable maison d’édition, celle là, bien en vue à Paris et dirigée nonchalamment, à l’époque encore par F (dont la vue m’a toujours insupporté). Chez Beaux Livres en somme.

Je commence à sentir sourdre en moi une inquiétude qui m’était jusqu’alors inconnue car étant de nature veule et lâche je n’ai encore, bien que d’un âge avancé, pris aucun risque tout au long de mon existence. Ce qui généralement est l’apanage des personnes vieilles et raisonnables, ne rêvons pas les héros sont tous morts. Après la guerre par exemple, ceux qui ont su rester en vie sont certainement ceux qui prirent le moins de risque. Enfin à cet instant ayant cité tant de noms en si peu de lignes il me semble que l’outrage pourrait bien un jour se retourner contre moi, mais au moins aurez vous été prévenu.

La chose étant dite nous nous retrouvâmes naturellement devant le même évier, jouxtant les toilettes du Ballet de l’Opéra, Bénier Bürckel et moi et l’évier bien sûr. Il m’inventoria donc ses œuvres jusqu’à une heure tardive et je ressentais au fond de moi l’impression étrange que cette rencontre allait tout simplement chambouler définitivement le cours de mon existence. Le robinet de droite fuyait et gouttait, appuyant nos discussions de flop flop à n’en plus finir, je me refusais d’y entrevoir le moindre présage ...

flop flop faisait le robinet.

Eric Bénier Bürckel m’écoutait à présent. Régénérant de ses yeux doux l’âme de son interlocuteur il me laissa parler à mon aise avec ce sourire condescendant qu’ont « les arrivés à quelque chose » de ce monde. Eric Bénier Bürckel est d’une gentillesse touchante. Ce n’était pas le premier écrivain connu de chez Beaux Livres que je rencontrais d’ailleurs mais s’il me faut parler de cet autre je tairais ici prudemment son nom car nous nous sommes quittés fâchés il y a quelques années de cela sur la place d’une ville perdue de Province.

Ma rencontre avec Eric Bénier Bürckel est très récente, parallèlement la découverte de son œuvre aussi c’est pourquoi je me garderais bien de refaire les mêmes erreurs que par le passé. Le canari cette fois çi ne mourra pas dans sa cage par manque d’oxygène, je ne jetterais pas le velours de l’opprobre sur cette nouvelle et surprenante amitié, non. Et personne ne pourra m’y forcer, je tiens mon écrivain, je vais le garder prés de moi le plus longtemps possible, faire en sorte qu’il ne s’éloigne pas trop de la maison , lâcher un peu de lest et c’est tout. On ne trouve malheureusement pas un écrivain à tous les coins de rue, surtout un grand, exilé en province, enfin un connu je veux dire. C’est bien connu les écrivains connus vivent exclusivement à Paris, St Germain des Prés ou Rueil-Malmaison ou peut-être la Celle St Cloud mais pas plus loin, seulement là où vivent d’autres écrivains connus comme eux.

Je vais le choyer mon écrivain connu, le cajoler dans mon appartement, mettre ses livres autographiés sous verre , les faire encadrer après m’en être réserver la première lecture . Il aura sa place prés de la porte de la cuisine de temps en temps je le laisserais très certainement grimper sur mes genoux, ou sur le plaid du canapé du salon. Ma femme râlera, me dira que ce n’est pas la place d’un écrivain connu, qu’il va encore mettre des poils de partout, que ce n’est pas moi on le voit bien qui fait le ménage et doit brosser les tapis tous les jours, qu’à force avec ça, je l’emmerde et que si ça continue elle retournera peut-être bien habiter chez sa sœur dans le Lubéron.

Mais je ne céderais pas, non à ce chantage vulgaire, Eric Bénier Bürckel et moi nous sortirons faire un tour dans la rue, histoire de détendre un peu l’atmosphère, nous irons au bar du coin où il attendra sagement que je finisse d’avaler ma dernière pression et nous rentrerons quand elle se sera endormie.

Un écrivain vit la nuit alors pensez donc deux réunis. Un connu et un usurpateur.

-  Comment appréciera-t-il sa nouvelle vie ?

-  Son style d’écriture s’en trouvera-t-il affecté ?

Il m’est déjà insupportable de pouvoir imaginer vivre sans lui à présent que nous nous sommes mutuellement découverts l’un et l’autre. Bien que le connaissant mieux qu’il parait me connaître, puisque j’ai déjà, à travers le personnage catastrophique de son dernier roman, mis un pied dans son univers, que je ne décrirais pas ici puisque ses livres sont là pour ça bien entendu. J’avoue avoir un faible pour les écrivains connus.

Le premier disais-je donc était de chez Beaux Livres, c’est ainsi les écrivains connus appartiennent pour le grand public admiratif à leur maison d’édition et n’en sortent pas, ou alors seulement à grand renforts d’avocat et de contrat juteux (exemple le dernier transfert de Mr Houellebecq). Je voudrais donc ici analyser l’échec de ma dernière relation avec un écrivain connu qui s’il se reconnaît dans ce livre m’en voudra certainement encore un peu plus de re-pratiquer les bas-fonds de notre incommensurable mésaventure.

Cet écrivain connu là avait le type idéal d’un écrivain blond de chez Beaux Livres, le cheveu ondulé presque laqué avec une mèche rebelle savamment implantée au fait de sa chevelure qui retombait parfois sur ses yeux bleus perçants et vifs . Je l’appellerais Al pour plus de commodités.

Al bien entendu lui aussi était beau gosse, mais se targuer malgré tout d’exécrer la diaspora littéraire parisienne comme tous les beaux gosses de cette maison d’édition, tous uniques. Mais Al passait lui aussi à la télévision quelques fois et bien avant Florient Zeller qui à son heure ne se privait plus. Il fallait se vendre et se vendre bien.

Je remarquais à cette époque moi qui suivait assidûment toutes ces émissions littéraires, que l’on parlait intensément et dans des termes souvent élogieux de myriades infinies de livres dont aucun ne lisait jamais le moindre extrait à l’antenne, vu la crise symptomatique actuelle de l’édition on se demande encore si ces livres quelque part avait la moindre chance d’être lus, un jour. C’est à cette période là assez nombriliste de la dite littérature, que nous nous retrouvions, nous lecteurs, dans des avions, embarqués par on ne sait quel coup du sort et en perdition sans aucun espoir de retour, attachés là sur nos sièges lorsque l’avion s’écrasait définitivement au sol ; accident provoquant une charpie exécrable dont l’auteur se faisait une joie de nous étaler les moindres détails sur la page maculée de sang. Nous étions aussi nous lecteurs, dans un autre roman bien connu et qui a du rapporté énormément d’argent à son écrivain connu , pris en otage dans des tours beaucoup trop hautes pour nos perceptions très reculées de province , et découvrions les joies de la masturbation cycliques de cet auteur ( ou devrais-je dire « hauteur ») par exemple, enfermé lui dans les toilettes d’un building imaginaire, branleur assidu qui se doublait d’un père indigne puisque ayant abandonné ses gosses seuls à la cafétéria de l’étage où ils se trouvaient , on ne savait en fin de compte même plus pourquoi, pendant qu’un Boeing 747 s’encastrait alors dans la tour provoquant les effets que l’on sait .

Revenons-en à Al, mon premier Écrivain connu.

Nous nous étions rencontrés dans un bar, le lieu n’est pas original mais pour un usurpateur c’est le seul moyen en province de se faire connaître un peu mieux d’un écrivain connu. Un ami commun nous avait présenté l’un à l’autre, moi en tant qu’usurpateur l’autre en tant qu’écrivain connu.

Nous bûmes beaucoup, il paya peu, je réglais donc le reste de l’ardoise quelques jours plus tard.

-  Je tombais sous le charme mais de quel charme en fait s’agissait-il ?

N’était ce pas sa notoriété qui m’interpellait et ne l’avais-je pas bien vite encastrée à son regard bleu divin.

N’étais-je pas entrain de propulser tous mes espoirs enfouis de reconnaissance sur ce jeune homme après tout fort sérieux et qui semblait avec son sympathique sourire vouloir m’ouvrir toutes les portes cachées de la providence. Je faisais une erreur dont je me repentirais plus tard car Al en tant qu’ écrivain connu de chez Beaux Livres n’avait pas et n’aurait jamais la notoriété partageuse loin de là. A l’avenir n’attendez donc rien d’un écrivain connu de chez Beaux Livres à part le fait qu’il vous vende son livre bien entendu et espère fortement qu’en le lisant vous en tombiez de pamoison.

-  Al parlait peu, les gens qui parlent peu m’indisposent, sont-ils bêtes ou manquent-ils de générosité ?

Al était avare de ses mots peut-être voulait-il les conserver pour ses livres ou bien son écriture lui demandait-elle une telle concentration qu’il s’imbibait de silence à chacune de nos rencontres et de bières aussi que je payais toujours, il est vrai.

J’ai remarqué avec l’expérience dont je me sens fort que les êtres intelligents parle peu, en effet, mais qu’il frappe au moment opportun et fort à propos que ce qu’ils disent en somme vaut la peine d’être entendu, et même retenu, mais Al ne disait jamais rien que des banalités timides ou bien encore il disait qu’il était un écrivain connu de chez Beaux Livres. C’est tout.

Il me laissait divagué seul, et seul je m’accrochais comme pendu à un buisson d’une falaise abrupte.

Je priais pour que le buisson ne casse pas. J’implorais son regard. Je buvais à ses lèvres le jus qui ne voulait pas couler. J’attendais en vain un mot, une note, un passage érudit rien que pour moi, une vérité profonde, existentielle. Quelque chose comme : « allez bourrez vous la gueule à ma santé, défroquez quoi, merde, défroquez vous dis - je »

Mais rien, le jus restait sec, les lèvres palpitantes mais stériles, je désespérais, tel un disciple je ne me trouvais pas à la hauteur, en somme je ne valais pas la peine qu’il ouvre la bouche me balançant sa vérité glauque pas même dans un crachas ...Juste une fiente qui m’aurait effleuré la joue et aurait pu dés lors m’ébaudir à jamais. Mais rien, l’autre tel un samouraï au saké se saoulait la tronche à ma solde. Je valais juste la peine qu’il pompe mes économies, mon loyer pour ingurgiter sa bière. Bien entendu je remis ça à de nombreuses reprises, l’alcool aidant bien entendu, mais rien plus ne sortait, rien ne vibrait plus dans son sens .... . Il s’enfermait dans son bureau pour écrire, je ne savais quoi et j’espérais follement être un peu le centre de son futur roman, un peu l’acteur principal de l’univers de ses élucubrations alcooliques, un peu son mentor quoi, puisqu’enfin je payais les tournées.

Mais rien.

Par l’intermédiaire de l’ami commun qui nous avait présenté et me le confia un soir de façon très subite, je pus prendre enfin connaissance du contenu de son dernier roman, qui aurait du, le pensais-je, traiter de notre relation, au moins éclaircir quelques points communs que nous venions de partager suite à des mois de beuveries. Mais rien de tout cela ne figurait dans le synopsis que le petit génie s’était entiché à pondre aux frais de mes tournées répétitives et généreuses, rien pas même l’amorce d’un personnage pouvant m’être comparé, pas la brisure d’un souffle de l’ombre d’un usurpateur à l’horizon. Le petit saligaud ingrat m’avait tout simplement oublié dans sa chute (celle qui mettait en scène un Boeing en perdition avec ses passagers, tous morts, roides et raides comme des chiques, le nez en l’air et la bite au vent sur une montagne isolée et froide du Pérou ou du Tibet je ne sais plus...) Je n’existais tout bonnement pas dans son livre.

N’attendez donc rien d’un écrivain connu , je vous le réitère , des cloportes , c’est tout , des cloportes ingrats et parasites dans les jours sombres , et une fois leur dernier roman publié, vous apercevrez vous seulement en le lisant que pour eux vous n’existez plus , plus du tout. C’est la triste morale que je dus en tirer, souffle coupé, je me retrouvais seul et nu à feuilleter ces pages sans aucun intérêt. De retour chez moi je jurais, abjurais aussi qu’on ne m’y reprendrait plus, que c’était le dernier écrivain connu à qui je tiendrais la bouche ouverte pour le gaver de bière brune ou rousse. Que dorénavant je boirais seul dans des bars tristes et meublés de flippers tout au long des murs, remplis de jeunes cons qui ingurgiteraient du picon bière et me toiseraient de haut, plantés dans leurs santiags de crapette.

Fini pour moi les intellectuels abscons et leurs discours détestables, fini les semblants d’ouverture sur le monde des élites ....

Fini l’impénétrable intelligentsia parisienne imbuvable à la coupe de l’usurpateur, on ne m’y reprendrait plus ...

......Non, jusqu’à c’ que je rencontre Eric Bénier - Burkel....

et ce jour là changea ma vie ... !

Celui-ci je sentais bien qu’il serait différent des autres, qu’il ahanerait de son souffle divin des discours de réconciliation avec la littérature telle que je la ressentais au plus profond de mon être, qu’il serait un messie annonciateur d’orgiaques retours à la douce musique littéraire de la phrase. Bref celui là il fallait le garder sous le coude.

J’en avais vu avec le précédent Al, l’infâme pulvérisateur de lieux communs, lui qui m’avait présenté sa femme, l’avait introduite chez moi sans la moindre pudeur, la moindre réserve. Et presque me la déshabilla-t-il sous le nez, pour m’en faire goûter la saveur chaude et sensuelle. Elle s’était endormie dans le canapé du salon ce soir là. Lui sans gêne la dévêtit à mes yeux médusés : mon regard con et blême. La réveilla.

Elle se mit à danser, les reins nus, les fesses serrées, trémoussante et pécheresse comme pas deux.

Il la libérait à d’autres ainsi de temps en temps, à l’heure d’une orgie frisant l’inceste puisqu’enfin elle aurait eu l’âge de ma fille ...

Ah je pâmais et partais en grouissant du museau, le nez enfoui dans ses chairs, remontant, la raie sublime de son postérieur clos pour l’heure. Je salivais le long de sa croupe, je lapais comme un chien lape son lait du matin mais dans son dos, je reniflais ma désinvolture, il la repoussait à ma bouche. L’infâme fils de, nous donnait l’un à l’autre, m’appuyant la face contre ses fesses délicates qui commençaient à sentir la chaleur douce de la pamoison. Je fouillais encore, trifouillais entre ses cuisses à présent nous étions tombés tous les trois sur le canapé mais elle continuait de se laisser faire, indolente et bestiale, elle demandait ma langue et je donnais du nez dans cette fleur offerte à mes représailles. Je ruminais, ahanais, humais, pompais du jus de féline, elle redemandait tout, ma langue et mes doigts, lui la tenait encore par les cheveux, me l’offrait en génuflexion. Un instant elle s’ouvrit elle même le sexe comme pour m’en faire voir, des couleurs.... ... des roses et brunes, des reflets lubriques et moirés de cyprine, des cavités profondes de plaisirs interdits :

-  Vas y, ahane, chien fou d’usurpateur, criait elle. Lèche ma prière dévote, ma lubricité, ma foi rétrograde. Suce, suce la donc, salaud ! Et je fonçais tête basse croyant bien entendu avoir deviner la suite du programme de ces jeunes vicieux, je mangeais tout ce qui se présentait et la sentis partir de la tête aux pieds en frissons incontrôlables, elle venait de jouir devant Al qui la traînait à présent par les cheveux dans tout le salon. Puis toute cette mascarade s’arrêta nette, moi qui pensait que le jeu commençait à peine, elle se rhabilla m’ordonnant d’en faire de même, il n’était tout bonnement pas envisageable qu’un usurpateur puisse s’accoupler avec la femme d’un écrivain connu bien entendu, juste ahaner entre ses cuisses, boire à ses lèvres, c’est tout. Qu’elle jouisse sur ma bouche esclave ... .

Ils s’en allèrent, me laissant la table à débarrasser et rentrèrent chez eux sans plus d’explications les monstres putassiers. Que leur avais je fait en somme, juste quelques brins de gentillesse, juste ahaner du blaire, les sales pouilleux bourgeois, j’aurais mieux fait d’assommer le mâle et de violer sa femme, ah bougres, cafardeux sépulcres, petits choses tendres du pubis, j’aurais du, oui j’aurais du. La gifler, la prendre saillie d’office, en la battant comme une agnelle pubère et velours sous sa toison brune car elle jouait encore les pucelles en partant la très sainte garce, aux bras de son écrivain connu.

Et c’est ainsi que dura notre relation deux longues et belles années d’échauffourées tendres, des jours même elle venait me voir, seule, quand l’écrivain connu écrivait et voulait s’en débarrasser pour l’après midi. Elle faisait ces jours là sa mine triste et de bimbelotière, frémoussant dru à mon regard, me laissant croire que nous irions loin tous les deux , que peut-être bien elle le laisserait tomber ce congre égoïste qui javanisait sur ses lettres, à la Sorbonne , à l’ENA .

Croyez les donc, caillots, imbéciles d’usurpateurs, elle mentait bien entendu sans s’en rendre compte elle-même, juste pour s’échauder le temps de prendre son pied, c’est tout.

Il fallait bien qu’elle se fabrique en elle même ces morfonds pénibles pour accepter mes assauts de bouche, pour supporter la vue de sa faute en ma personne séante. Elle revenait à la charge une fois par semaine quand Al s’en allait à Paris enseignait la littérature. Mais toujours je ne pompais qu’avec les lèvres et m’en contentais gentiment, trop gentiment, je vous l’ai dit déjà, j’aurais du la battre. Mais tendre, je suçais, léchais à perdre haleine sans rien prendre en retour sans rien attendre non plus au bout du compte.

Que voulez vous, elle si jeune et moi vieux pâmé, déconfit, grisonnant de honte, alléché par ses formes fermes et lisses, ah candeur exhalée au nez des cancres .... . Goulot à la bouche du pire empiffré, comme le goût suave de sa vulve sublimait mes papilles.

Eric Bénier-Burkel lui aussi est marié mais je l’ai dit je ne recommencerais pas deux fois la même erreur, d’ailleurs son épouse travaille dans mon entreprise et je n’ai pas pour habitude de mêler le travail et la bagatelle.

Ils sont en congés à cette heure, lui dans l’attente de la rentrée littéraire de Septembre, elle le suivant dans ses moindres retranchements, quelques temps ils passent chez Bernard Henri Lévy à Marrakech mais je n’ai pas encore osé lui proposer de m’introduire dans le palais somptueux de l’illustre penseur. C’est une idée qui fait son chemin comme tant d’autres. Ayant moi-même des attaches dans cette ville étouffante du Maroc, oui, j’y côtoie certains hivers un chauffeur des grand taxis.

Les grands taxis sont tous de couleur rose saumon, aux couleurs de la ville. Moukrim n’est qu’un employé dont le taxi ne lui appartient pas mais il le soigne comme si c’était le sien. Il nous conduit à Ouarzazate en hiver en passant par l’Atlas. Et depuis ce jour nous avons su garder des relations suivies par la Poste. C’est avec une joie non cachée que je referais volontiers le voyage de Marrakech bien entendu sachant y avoir un point de chute et pouvoir rencontrer le célébre philosophe par l’intermédiaire d’Eric Bénier Bürckel qui me le prêtera certainement. Nous prendrons l’avion ma femme et moi, car elle pense que le voyage en bateau est beaucoup trop long, Moukrim avec son grand taxi viendra nous chercher à l’aéroport, il aura pour nous, par l’intermédiaire de sa belle sœur, réserver une maison dans la banlieue de Marrakech.

Pour un mois, un français même pauvre peut y louer une maison et son personnel pour la modique somme de trois cent euros.

Une fois là nous prendrons quelques jours de repos suite à quoi j’appellerais Eric Bénier Bürckel pour l’inviter à passer quelques jours de vacances avec sa femme. Il serait étonnant alors que je n’arrive pas à le persuader de nous introduire au Ryad luxuriant des BHL pour une raison ou une autre. Il parait que la demeure est d’une magnificence incomparable. Nous partirons à 18 h même si cette heure de la journée est encore brûlante là bas à Marrakech. Seront présents très certainement DSK et sa femme la journaliste, Djamel De Bouze venu rendre visite en voisin, Mohamed 6 roi du Maroc qui s’enivre régulièrement avec ses gardes du corps et le chef de sa police, chez Mr Henry - Lévy et bien entendu Arielle Dombasle que ma femme adore, qu’elle trouve cultivée et belle, ou belle et cultivée je ne sais plus.

Bien sûr, nous aurons échappé aux nombreux barrages de police qui filtrent les avenues de la ville, le chef de la police tout ivre qu’il soit chez Mr Lévy ayant donné des ordres. Bien que les occidentaux n’aient pas à se plaindre des continuels contrôles dont font l’objet de façon presque abusive les automobilistes indigènes, on est jamais à l’abri d’une bavure surtout avec un chauffeur marocain, lui.

Al lui ne m’avait jamais introduit nulle part, d’ailleurs loin de Paris, il connaissait bien peu de monde, déjà exilé en Province.

Sa femme se faisait de plus en plus pressante, me harcelait pratiquement chaque jour de ses ardeurs, l’écrivain connu étant de plus en plus demandé à Paris, pour des colloques littéraires, des exposés sur la vie mouvementée et alcoolisée de Dostoïevski, des résumés taciturnes et froids sur l’œuvre du russe, notamment un découpage d’une chronique de Souvenirs de la Maison des Morts, qu’il affectionnait particulièrement Elle revenait donc chez moi tous les après midi. Bien qu’ayant entrepris de mener à bien en littérature ce que je n’avais guère réussi dans les autres filières que j’avais suivi jusqu’alors, je me trouvais confronté à un choix cruel : satisfaire les ardeurs de cette femme délaissée ou remplir ardemment les pages restées blanches de mon premier roman. Je m’en ouvris à elle qui m’encouragea plutôt à entreprendre le cœur brûlant de ses cuisses me faisant comprendre qu’en ferveur linguistique je pratiquais avec plus de succès le cunnilingus .que la langue de Rousseau. Et je happais encore, inlassable et tendre comme un cloaque d’asphalte.

Je déconfigurais mon avenir à ces cuisses accueillantes, happant le savoir qui s’évanouissait et ne remplissait pas, bien entendu, les pages qu’un jour ou l’autre il faudrait bien que je me décide à écrire. Elle savamment employée à sa jouissance quotidienne, allait et venait sans réponse à mes angoisses. Dans son esprit j’en fus certain, il ne pouvait y avoir deux écrivains pour l’entreprendre, me tenant pour un usurpateur inculte, elle se contentait de cette jouissance, la considérant comme volée.

Entremetteuse, elle goûtait à son vice avec bien plus de plaisir de le savoir pratiqué à mes dépends et à ceux de son mari.

Quand Al revenait de Paris, elle jouait les innocentes et prétextées encore des réunions entre amies l’après midi pour venir me rejoindre, la belle avait fini par ne plus pouvoir se passer de mes coups de langue même quand l’autre était de retour. Lui me l’aurait laissé volontiers à ces heures d’écriture mais ce qui l’excitait, elle, c’est qu’il ne soit plus au fait de nos séances adultères. Que mes suçons soient pratiqués en cachettes de son écrivain et en dépit de celui que j’aurais aimé être. Puis elle repartait ayant trouvé l’extase vibratoire, le flux de la jouissance, ayant revigoré son corps, je la voyais rejoindre son écrivain connu sans un regard pour moi, usurpateur.

Eric est arrivé en fin de matinée à l’aéroport de Marrakech-Menara, avec sa femme. J’ai souhaité accompagner Moukrim, le chauffeur des grands taxis, mais une fois en route j’ai pensé que c’était peut-être leur faire trop d’honneur de venir les accueillir au saut de l’avion. Nous n’avions bien entendu plus le temps de faire demi tour car la villa que nous avons loué ma femme et moi est assez éloignée du centre de la ville. L’avion avait quarante minutes de retard. Puis enfin l’avion de Marseille venait d’être annoncé, je scrutais le tarmac de l’aéroport quand j’aperçus le crâne bronzé d’Eric Bénier Bürckel.

Le sourire débordant, la mine réjouie, il avançait sur le bitume tel un un aventurier serein ayant accompli sa tâche avec réussite. Un homme comblé enfin qui ne pourrait plus demander grand-chose à la vie si ce n’est de lui conserver encore longtemps cette place qu’il occupait avec brio et panache. Nous ne nous embrassâmes point mais le cœur y était, léger et généreux. Il faut dire que j’étais passé en l’espace d’une seconde de l’état d’être humain à l’état de carpette caoutchouteuse et flasque, me lovant à ces facéties même les plus stupides, riant de ces entrechats littéraires là sur le tarmac .

Je portais les valises, bien entendu, m’étant désolidarisé de ma fierté le temps d’une insistance dévote à jouer les larbins pastoraux. Eric Bénier Bürckel souriait toujours, se retranchant de temps à autre derrière un masque de réflexion philosophique me laissant comprendre par son silence qu’il fallait à cet instant que je m’éloigne un peu pour le laisser deviser en lui-même. On se doit de respecter évidemment un tel déploiement de sagesse, ne pas franchir la frontière, ne pas envahir le pays calme et serein de l’être érudit qu’est l’écrivain connu, bien sûr.

Je refluais donc à ces retraits significatifs que modestement mais fermement il savait quémander d’un seul regard et me mettait à marcher deux mètres derrière lui.

Les valises étaient lourdes mais je supportais cette souffrance imposée à mes poignets fragiles en pensant à la proposition que je comptais lui faire dans les jours à venir. Il revint à moi, d’un regard jeté dans ma direction par dessus l’épaule, je me précipitais les valises encombrant ma course et nous reprîmes assidûment nos dialogues déambulatoires. Moukrim qui en matière de servitude accomplie n’avait rien à apprendre d’un français comme moi, se précipita sur nous à notre arrivée sur le parking et abaissant la tête de façon répétée en signe d’asservissement total ouvrit une à une les portières du taxi afin que l’autre et sa femme puissent s’installer à leur aise sur la banquette arrière.

Ce n’est qu’une semaine plus tard que j’osais demander à mon hôte de nous introduire au Riyad luxueux des BH.Lévy, je sentais bien quelque part que ma proposition le mettait mal à l’aise. EBB eut un regard suspicieux, il commençait à douter de mon innocente invitation, bien qu’ayant passer la semaine à déambuler dans Marrakech et sa région proche ensemble je ne le sentis pas encore suffisamment complice pour accéder à ma requête. Mais la chance allait bientôt me sourire, en effet le lendemain Eric reçut en fin d’après midi un coup de téléphone sur son portable c’était Bernard qui le conviait le soir même à une petite sauterie au Riyad..

L’homme était généreux car apprenant que mon écrivain connu logeait chez nous depuis bientôt une semaine, il le pria de nous convier à l’accompagner à cette soirée.

Le trac me prit instantanément en apprenant l’heureuse nouvelle. Mon ventre se nouait, et j’eus du mal à cacher ma joie non feinte, je sentais que s’ouvrait enfin pour moi les portes dorées des palais des mille et une nuits et la possibilité de pénétrer dans ce monde très fermé des V.I.P. Enfin les roucoulades incessantes dont j’avais fait preuve depuis tant d’années face aux gens de la race supérieure avaient prouvé ce jour là leurs utilités. Il est vrai que bien des fois je m’étais trompé de route tout du moins n’avais je pas misé sur les bonnes personnes, attendant des prouesses mirifiques de petits usuriers tout juste bon à garder leur place dans les rangs serrés de l’élite.

Courtisant des concierges dans l’espoir d’atteindre les propriétaires des lieux, draguant les bas fonds pour racler la moindre souillure rejetée par les Très Hauts quand il aurait fallu paître dans la prairie des nantis, je me cachais dans les taillis des métayers, j’arpentais les soues et les étables crasseuses des petits propriétaires. Leurs vies sans ambitions, leurs diarrhées chroniques dues aux échecs perpétuels qui s’accumulaient dans leurs existences fades. Leurs aigreurs pathétiques avaient fini par avoir raison de mes espérances, je n’apercevais que de loin en loin tout comme le commun des mortels, les toits dorés de la délivrance, arpentant les rues misérables de la vulgarité, je broyais du noir et du sombre si loin de la vie rêvée à laquelle mes chers parents aurait voulu me voir souscrire. Je colportais des épandages de mots et de phrases encrottées dans des petits essais qui ne paraîtraient jamais nulle part pas même sur des blogs improbables et désespérants de niaiseries. La masse me donnait des boutons mais surtout je ne voyais plus comment m’en dépêtrer, le populaire, le bon sens quelque part me révulsait de l’intérieur, me donnait la migraine, la chienlit s’étalait de partout et son odeur envahissait mes vêtements jusqu’à s’y incruster perpétuellement .

J’avais beau me laver, l’odeur des pauvres restait là, indissoluble de mon état cafardeux.

La basse cour me picorait le crâne et cela me donnait des maux de tête insurmontable, la nuit. Les singes de la télé réalité, mimant leurs maîtres, essayant de parodier les premiers de la classe dans des imitations glauques. Comment le peuple qui avait proclamé un jour les droits de l’homme avait-il pu devenir aussi niais.

-  Fallait-il que je m’enferme définitivement dans une bulle, protégé par mon entêtement à vouloir sortir coûte que coûte du ruisseau.

Rejoindre l’élite, m’insérer aux côtés des plus hauts et des nantis, flirter d’égal à égal avec les têtes pensantes de la république, je toucherais au but ce soir là chez les Lévy sans aucun doute.

Al m’avait convoqué , je ne dirais pas invité , non convoqué tout bonnement, c’était bien la première fois depuis que nous nous connaissions qu’il composait mon numéro de téléphone et j’avais tant attendu ce jour là et depuis si longtemps. Je l’avais tant arrosé de bière et d’alcool ce grand personnage, tellement louvoyé autour de lui, l’ayant encensé par tout le pays, présenté à toutes mes relations comme écrivain connu de chez beaux livres , les autres se pâmant devant lui, roucoulant à ses oreilles.

Et Al par ci et Al par là et rouh rouh rouh cela faisait autour de nous.

Mes amies surtout l’adorèrent, dés qu’elles surent le nombre de tirages que ce jeune godiveau publié Chez beaux Livres, certaines confondant tirages et tirades. Al le petit Al sut bien en profiter mais qui le lui reprocherait à cette heure !

Suite à ce coup de fil inattendu de sa part donc, je pensais qu’enfin il venait d’ouvrir les yeux, qu’il me découvrait, qu’il venait de s’apercevoir qu’une lueur de génie pointait en moi par le biais de la première épreuve d’un roman que je venais de lui faire passer par l’intermédiaire de sa femme.

Pour une fois il était à l’heure, en avance même. Ce n’était pas le bistrot habituel, j’aurais du me douter que quelque chose n’allait pas. Le café se tenait à trois rues de chez lui, j’aurais pu penser que s’il n’avait pas daigné faire l’effort d’aller jusqu’à notre bar rituel c’est que quelque part il n’avait rien de bon à m’annoncer.

Il rayonnait mais d’une lueur froide, me visant avec son regard de hibou myope et dévot de lui-même.

Al n’avait jamais aimé que lui, cela se lisait clairement dans ses yeux mais là à cet instant je sentais bien que quelque chose l’agaçait. Je m’asseyais enfin face à lui, joignant presque les mains et baissant la tête en signe de soumission face à l’érudition faite homme. J’osais à peine un bonjour timide et révérencieux devant l’être lumière et sublime et clinquant qui comptait ses tirages dans sa tête, ceux de son dernier roman :

-  Combien en ai-je vendu ce coup-ci, pauvre pomme ? Me demanda-t-il d’un ton sarcastique.

-  De quoi parles tu ? Maître !

-  De mes romans triples sots, connais tu le nombre d’exemplaire vendus de mon dernier roman en une semaine, caillot sénile ?

-  Non mon Maître...euheuheuh ! Fis-je en me mettant à genoux sur la terrasse face à tous les clients qui me regardèrent un instant, amusés.

-  3457, couille molle, 3457 volume vendus rien que sur Paris et sa banlieue les trois premiers jours de parution.

-  C’est bien Maître, c’est tout à fait formidable, Maître, c’est incomm....

-  Assez bouseux, tes cajoleries ne me font aucun effet, tu as abusé de ma confiance...

Je pensais que le pot aux roses, était découvert, que sa femme pécheresse avait craqué lui avouant que nous nous voyons en cachette et ce le matin même. Que soupçonneux il avait du la tancer vertement pour qu’elle avoue notre faute, mes suçons irrévérencieux, mes léchés intenses, mes absorptions goulues, mes aspirations rayonnantes ...

Mais de ceci il ne fut point question.

-  Je t’ai fait venir pour que tu m’expliques un peu comment tu as pu pondre une telle « merde », ce monceau d’insanités scatologiques, de bassesses et de niaiseries désobligeantes, cette fadeur... !

Et sortant de sa poche la première épreuve de mon roman que je pensais, achevé, il me la jeta en pleine face, d’un geste filandreux et dégoûté. Des sueurs froides nimbèrent mon dos de leurs décoctions désagréables, je frémissais du col, arpentant du regard l’assistance de plus en plus amusée de ma déconvenue, honteux dépité, je refluais, baissais le regard, cafard de moi-même !

Altier, l’instant d’avant, je coulais dans un abîme, j’étouffais dans des miasmes indescriptibles, je cahotais, voilà je cahotais tout seul face à la sentence de ce grand, ce très grand. Je venais juste de pondre dans le vide, un œuf stérile et sans vie, un caillot d’ignominie infâmes, un amas de grotesque, un tas d’immondices vespérales, une erreur humaine ... .

En tout cas c’est ce que l’ange ravi cherchait à me faire comprendre outré, ravageur, il continuait de plus belle à m’en faire voir de toutes les couleurs, des prunes blettes, des cerises confites ; il revenait à la charge encore , le sale :

-  Ton roman n’existe pas, c’est une m....pas même bon pour un scénario de bandes dessinées et encore bien des mangas le dépassent. Change de vie, raclure, fais toi moine, bouffon, sinon tu n’y arriveras jamais, singe vulgaire, usurpateur de mes deux et de plus tu t’es permis de me critiquer vertement dans ce torchon pas même mis en forme, crois tu que la littérature t’attende pour recevoir des leçons de style ? Penses tu que je puisse enseigner la littérature à l’ENA sans une once de talent ?

Je pensais oui, assurément que, mais me suis bien gardé de le lui dire, n’étant pas encore assez tenace pour me mesurer à lui si ce n’est en distribuant quelques claques mais la violence ne résolvant rien, je me tus. Soumis mais bien persuadé que ce congre innommable méritait encore d’autres verves incendiaires sur la page blanche.

Luc M.Eyraud

-  le debut d’un prochain roman " Le plagiaire "

-  Roman édité Le sang des Amazones Editions des Riaux

Mai 2007 Paris



Publié le 14 avril 2007  par Luc M


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