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Sarkozy, "grand diseur, petit faiseur", côté sécurité
de Dominique Barella

Catégorie politique
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Depuis cinq ans la gouvernance de la sécurité par Nicolas Sarkozy est un échec.

La justice ne satisfait plus les citoyens, en termes d’efficacité et de qualité.

Les enquêtes d’opinion prouvent qu’ils ne font plus confiance à la justice et pire qu’ils la craignent.

L’affaire dite d’Outreau n’a fait qu’accroître la défiance des Français à l’égard de l’une des principales institutions de la République, sans laquelle la loi de la jungle régirait les relations sociales.

L’affaire d’Outreau a constitué un cataclysme pour la société. Elle a mis en évidence l’état de délabrement avancé de la justice.

Le juge obligé de débiter 50 jugements entre 14 heures et 23 heures ou le substitut devant répondre casque sur les oreilles à 150 appels par week-end ne sont pas mis en situation de fournir un travail de qualité.

Le flot ininterrompu de réformes sans moyens financiers et la complexification des procédures judiciaires ont contribué à engorger définitivement le système. Le prurit législatif de ces dernières années, nourri de l’événement médiatique et non de la réflexion approfondie, a largement contribué à la perte de confiance en la loi.

De valeur structurante de la société, la loi a été transformée en pétition de principe, simple valeur d’affichage. La pratique législative de 2002 à 2007 n’a été que la fuite en avant désespérée d’un gouvernement réformant d’autant plus qu’il était impuissant à modifier la vie économique et sociale.

A cet égard Nicolas Sarkozy est le symbole des promesses mensongères chargées de faire croire à l’efficacité de celui qui les tient mais ne se considère pas engagé par leur absence d’effets.

Nicolas Sarkozy s’est comporté comme un moulin à réformes, chaque loi qu’il a proposée n’a servi qu’à assurer sa publicité personnelle, à camoufler son échec dramatique en matière de sécurité et à éviter que l’on parle de son bilan calamiteux.

La gestion du problème des hooligans est l’un des exemples caricaturaux des promesses successives non tenues du ministre de l’Intérieur : en janvier 2003, il dénonçait les agressions inacceptables aux abords des stades de football ; en février de la même année, il se donnait trois mois pour rétablir la paix dans et autour des stades ; en janvier 2004, il promettait de mettre fin au hooliganisme ; en octobre 2005, il affirmait qu’il fallait débarrasser les stades des voyous qui n’ont rien à y faire ; le 12 janvier 2006, il annonçait la fin de la violence dans les stades et la nomination d’un commissaire de police « Monsieur football ».

On connaît, hélas, le peu d’effets de cette fébrilité déclarative...

En matière de sécurité, Nicolas Sarkozy c’est « grand diseur, petit faiseur ».

Contrairement à ce que voudrait faire croire Nicolas Sarkozy, son bilan est mauvais : son bilan, c’est une augmentation de 7 % par an des violences contre les personnes et l’abandon du combat contre la criminalité organisée.

Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, ce fut aussi des pompiers, des magistrats, des policiers et des chauffeurs de bus agressés.

Ce fut également le déclenchement de l’état d’urgence pour la première fois depuis la guerre d’Algérie.

Ce fut aussi le record annuel des voitures brûlées en une année.

Ce sont des citoyens au-dessus de tout soupçon qui ont peur de leur police et qui craignent leur justice. C’est une grave rupture de la confiance dans les institutions chargées de garantir le respect de la loi par tous et la sécurité de chacun dans le cadre d’un ordre juste.

Celui qui prétend à la rupture est aussi à l’origine de la fracture entre les citoyens et les institutions.

Il a monté une partie de la population contre les jeunes, contre la police et contre les juges.

Il sème une forme de haine sociale très antirépublicaine. Il oppose les Français, rejetant sur certains d’entre eux la responsabilité de ses échecs en matière de sécurité.

Il a totalement oublié que le chômage, l’urbanisme, les accidents de la vie sont aussi à l’origine de la délinquance. Son mépris économique, son élitisme de riche, son aveuglement social concourent à créer de la rancœur, de la désespérance, de la délinquance.

Les réformes, impulsées sous le coup de l’émotion et bouclées dans la précipitation, se sont multipliées. Au nom de la lutte contre le terrorisme, la délinquance sexuelle ou l’immigration, des exceptions croissantes aux principes européens de la procédure pénale ont été consenties au mépris du droit des personnes.

Une pression croissante s’est exercée ces dernières années sur la justice pénale pour que l’incarcération soit privilégiée au détriment des mesures alternatives et des sanctions favorisant la réinsertion. Les garanties liées à la présomption d’innocence et aux droits de la défense ont été réduites.

Dans le cadre des lois Sarkozy-Perben, les règles régissant la garde à vue et la détention provisoire ont été modifiées dans un sens provoquant un affaiblissement des libertés publiques, sans progrès pour la sécurité, et la détention provisoire a été transformée en principe de précaution.

L’accent a été mis sur des procédures de jugement expéditives au détriment des principes fondamentaux que sont la collégialité, la publicité et le contradictoire.

Comme ministre des Finances, Nicolas Sarkozy a provoqué le dysfonctionnement de la justice en ne lui donnant pas les moyens de remplir ses missions, notamment en rationnant les moyens d’enquête et en limitant les frais de justice criminelle.

L’indigence budgétaire de la justice, l’état indigne des prisons et la surpopulation carcérale ont été dénoncés en 2005 par le Commissaire européen aux droits de l’homme Gill Roblès et la France a été montrée du doigt devant toutes les démocraties occidentales.

Il est indispensable pour la démocratie de passer à des méthodes plus modernes de gestion des institutions qui assurent la justice et la sécurité de ce pays en fédérant les énergies et compétences de tous les professionnels.

-  Source :
lajustice.blogs

-  Lu sur :
Bellaciao



Publié le 15 avril 2007  par torpedo


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Forum de l'article
  • Sarkozy, "grand diseur, petit faiseur", côté sécurité
    de Dominique Barella
    15 avril 2007, par Delcuse
    D’aucun s’accorde à juger la gestion de Sarkosi comme un échec. Mais, c’est une question de perspective. Contrairement à vous, je dis que Sarkosy n’a pas faillit. Pourquoi ? Parce qu’il a fait s’enrichir ceux qui sont déjà riche, tout en ayant empêché les prémisses d’une insurection. Que voudriez-vous que ce capitaliste fasse d’autre ? Des mesures sociales pour aider les pauvres ? Si vous le voyez comme celà, c’est que vous ne comprenez pas bien ce qui fonde le monde. Pour sarkosy, les promesses ne servent qu’à remplir un discours, tout en ne répondant pas aux problèmes, parce que là, n’est pas son but. Son but, c’est le libéralisme capitaliste, parce que ce programme lui donne les moyens de s’enrichir encore plus. Aucune manifestation, aucune grève, n’ont atteint le seuil critique qui ferait basculer la colère vers l’insurection. Dans le même temps, jamais les capitalistes ne se sont si vite enrichit. Alors ? Où il est, l’échec de sa politique ? Que je sache, cet infâme personnage n’a jamais dit se reconnaitre dans une quelconque forme de socialisme. Il provoque ; il produit des effets d’annonce ; il vitupère... Pendant ce temps là, ses bénéfices s’engrange gentilment sur ses divers comptes en banque, ainsi que sur ceux de ses coréligionnaires capitalistes. Vous faites le procès d’un médiocre, sans même vous rendre compte qu’il s’en amuse, parce que, le médiocre n’est peut-être pas celui-là qui nous ment du haut de sa tribune ministérielle, mais nous tous, parce qu’on attend d’un représentant, de l’espoir, alors que sa fonction ne sert rien sinon l’égoisme. Sarkosy a mener à bien son mandat, sans erreur pour ses indigènes capitalistes. Madame Royal s’apprète à prendre la suite, pour les mêmes raisons, pour le même but. Alors, allez donc voter. Un peu d’illusion semble préférable à toute considération autrement plus froide. Quant à moi, je ne me déplacerais pas pour faire plaisir à cette engence d’accapareur. Le jour de vos élections, je dors. Point.
  • Sarkozy, "grand diseur, petit faiseur", côté sécurité
    de Dominique Barella
    15 avril 2007, par paul

    Moi j’irai voter pour quelqu’une qui me semble honnête et courageuse de se présenter encore avec l’incertitude totale de se faire entendre malgré l’incroyable énergie qu’elle et ses militants et sympathisants ont déployée pendant cette lamentable escroquerie faussement démocratique.

    Ce qui me navre, c’est de craindre autant pas réalisme intuitif que par expérience pessimiste de la conscience pseudo-citoyenne lamentable de ce peuple que quelque soit le résultat du scrutin... nous soyons encore condammnés au chômage à perpette pour déli de sale gueule et de "sur-diplomage", de sous-expérience de la soumission à la loi du plus con et que sais-je encore de tout ce que la malveillance peut générer, malveillance et concurrance jalouse à l’origine des comportements que vous pointez chez les représentants et se trouve autant chez les électeurs...

    ben si

    parce que les salauds que vous pointez sont aussi les fantasmes de bon nombre de petits minables bien en place à tous les niveaux du spectacle de décadence économico-sociale de cette planète...

    car il me semble que l’épidémie observable dans ce pays s’exprime tout autant sinon parfois pire un peu partout dans le monde...

    Dans tous les cas, ça crains !

    mon thermomètre à moi c’est la distribution de tracts au marché du dimanche matin dans la campagne : pas d’agressivité, mais de l’indifférence

    et que de bêlements !

  • Sarkozy, "grand diseur, petit faiseur", côté sécurité
    de Dominique Barella
    30 janvier 2016, par Sara

    Thanks a lot for sharing. Keep blogging.

    venus factor book

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