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Elections Présidentielles 2007 :
Nicolas Sarkozy
et le gang du béton armé

Catégorie politique
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(JPEG) -Nicolas Sarkozy et ses lieutenants ont-ils tiré parti, depuis plus de vingt ans, de leur position d’élus locaux au sein du plus riche département de France, les Hauts-de-Seine ?

Certains élus des villes de ce département se sont lancés dans une course effrénée aux opérations immobilières, ce qui a fait des Hauts-de-Seine un des départements les plus courtisés par les géants du BTP français.

Des opérations, à des coûts exorbitants, où les promoteurs ont obtenu des conditions financières très avantageuses, au détriment des contribuables.

En parallèle, on a constaté que ces mêmes élus ont pu se payer, après quelques années de mandat, des appartements ou des résidences luxueuses. Se pose alors la question suivante :

-  y a t-il derrière ces opérations immobilières une volonté de s’enrichir par un détournement d’argent public ?

Pour s’en faire une idée, intéressons-nous aux pratiques de Nicolas Sarkozy, ancien maire de Neuilly et de ses proches élus locaux du 92.

Des projets qui coûtent souvent beaucoup plus chers que prévu

-  Nicolas Sarkozy : la piscine municipale de Neuilly-sur-Seine

La construction du nouveau centre aquatique a été le dernier grand chantier lancé par Nicolas Sarkozy en tant que maire de Neuilly sur Seine. Or, la Chambre Régionale des Comptes dans son rapport sur la gestion de la ville entre 1999 et 2003 vient justement d’épingler la ville pour une mauvaise gestion de ce projet : un coût de 28 millions d’Euros au lieu des 14 millions d’Euros initialement prévus. De plus, le conseil municipal n’a pas été informé de l’évolution de ce projet et a été mis devant le fait accompli du doublement de son coût. (1)

-  Manuel Aeshliemann : 816 000 € versés par les Asnierois pour un parking qui n’a jamais vu le jour

Manuel Aeschlimann, député-maire d’Asnières-sur-Seine et conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’opinion publique, avant même le début des travaux, engloutit 816 000 Euros en versant une indemnité à l’entreprise qui avait été sélectionnée, Omniparc, pour le marché public du parking de l’Hôtel de ville. Le tribunal administratif avait en effet annulé le marché parce que la mairie n’avait pas respecté les règles de libre concurrence en favorisant Omniparc. Or, le maire, ignorant la demande d’annulation du préfet, avait décidé de poursuivre les travaux, qui ont été définitivement suspendus après l’annulation du marché par le tribunal administratif. A la suite de cette décision, Omniparc réclame donc à la ville une indemnité de 816 000 Euros pour compenser les travaux d’études réalisés entre temps. L’opposition locale s’indigne du montant exorbitant de cette indemnité. Elle n’a jamais eu de réponse de la part de la majorité quant à la justification de ce montant. (2)

Collusion avec les promoteurs, passe droit et contrat de complaisance

-  Nicolas Sarkozy : à la limite de l’abus de biens sociaux

En avril 1997, Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly sur Seine, concède un rabais au promoteur Lassere sur l’achat des terrains municipaux lui permettant d’économiser 775 000 Euros sur les droits à construire. Deux mois après avoir accordé ce cadeau, Nicolas Sarkozy signait avec le même promoteur un contrat de réservation pour son duplex de 233 m2, 300 000 Euros en dessous du prix de marché. (3)

Au-delà même des problématiques financières se pose une question déontologique : comment Nicolas Sarkozy peut-il se permettre d’acheter un bien privé à un promoteur, à qui il a attribué, en tant que maire, de nombreux marchés publics portant sur des opérations immobilières.

-  Patrick Devedjian : détournement de biens publics ?

Patrick Devedjian est le vice-Président du Conseil Général du 92 et le conseiller politique de Nicolas Sarkozy. Du temps où il était maire d’Antony (1983-2002), il lance la ville dans des projets ambitieux, dont deux ZAC, l’une sur l’ancienne gare de marchandises d’Antony, l’autre autour de La Croix-de-Berny. Des opérations immobilières complexes, qui malgré des dizaines de millions d’Euros investis par le contribuable, ne voient jamais le jour. La chambre régionale des comptes rapporte des erreurs de gestion commise par la ville aboutissant à des plus-values foncières qui ont davantage bénéficié aux promoteurs qu’à la ville et de nombreuses irrégularités au regard de la loi (4).

Il se trouve qu’à la même époque, Patrick Devedjian, qui a longtemps loué un petit pavillon, devient propriétaire d’une élégante villa de 1500 m2 au bord du dernier espace vert d’Anthony, alors que la ville croule sous le poids d’une dette de 77 Millions d’Euros, atteignant cette année-là le seuil d’alerte de remboursement (5).

-  Patrick Balkany : même combat ?

Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois-Perret et proche ami de Nicolas Sarkozy s’est également lancé, dès les années 80, dans de très vastes opérations immobilières réalisées sur le front de Seine, entre Neuilly sur Seine et la Défense. Il profite ainsi du boom immobilier qui se profile et va faire, durant quelque temps, la fortune des promoteurs et des grandes entreprises de BTP.

En 1988, Patrick Balkany achète au promoteur immobilier COGEDIM, un appartement de 512 m² sur 2 niveaux pour... seulement 7 Millions de Francs (plus d’un million d’Euros) ! D’autre part, la COGEDIM a obtenu de la SEMARELP, une société d’économie mixte présidée par... Patrick Balkany, de nombreux droits à construire en bords de Seine. (6) Quand à la ville de Levallois, elle est classée depuis parmi les villes les plus endettées de la France. Sa dette atteint aujourd’hui 250 millions d’Euros, soit plus de 4 000 Euros par habitant.

Conclusion

Curieusement, des élus locaux du 92, initialement sans ressources particulières, se retrouvent en possession d’appartements ou de résidences luxueuses, quelques années après le début de leur premier mandat.

Ces élus sont les mêmes qui ont réalisé d’importantes opérations immobilières au sein de leur ville. Ces opérations ont souvent été effectuées sans concertation ni avec les élus de l’opposition, ni avec les administrés, et ont aboutit à l’alourdissement de la dette, dont le remboursement s’étale désormais dans certaines communes sur plus de trente ans.

-  Est-il normal qu’un élu puisse impunément s’enrichir en profitant de sa position, au détriment des contribuables ?

-  Est-il normal que ce soit au contribuable de devoir assumer indirectement l’enrichissement de ses propres élus ?

-  Si Ségolène Royal et François Bayrou ont accepté de signer la charte Anticor, qui définit treize propositions pour une gouvernance plus éthique (7), Nicolas Sarkozy a lui refusé.

Aurait-il quelque chose à se reprocher ?

Le choix politique de l’élection du 6 mai 2007, n’est donc rien moins que cela : pour l’extension de ce système de combines entre le pouvoir politique et financier, généralisé au niveau national ou contre ?

liste des références

-  (1) Le rapport de la chambre régional des comptes au conseil municipal de Neuilly-Sur-Seine

-  (2) Le Parisien, 14 septembre 2004, Marisa Faion, « Parking du centre : 816 000 € pour une construction fantôme »

-  (3) Lefigaro.fr, 27 février 2007, « Le Canard Enchaîné attaque Nicolas Sarkozy sur son appartement »

-  (4) Chambre régionale des comptes d’Iles de France, 11 Octobre 2005

-  (5) "Nicolas Sarkozy, Enquête sur un homme de pouvoir", Frédéric Charpier, Presse de la Cité

-  (6) Le Canard Enchaîné, novembre 1990 : « Un lieutenant de Pasqua s’offre un palace à prix d’amis"

-  (7) anticor.org



Publié le 3 mai 2007  par Jean-Charles Duhen


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  • Elections Présidentielles 2007 :
    Nicolas Sarkozy
    et le gang du béton armé
    30 janvier 2016, par Sara

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