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40 ans après, mai 68 obsède encore Nicolas Sarkozy pourquoi ?
par Gérard Filoche

Catégorie politique
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(JPEG) Comme Le Pen, Sarkozy, le sortant, s’adresse à "à tous ces sans-grade", "tous ces anonymes, tous ces gens ordinaires (...) auxquels on ne fait pas attention, que l’on ne veut pas écouter, que l’on ne veut pas entendre "

Sarkozy, l’homme de l’establishment qui gouverne depuis 5 ans (et qui gouvernait déjà avec Balladur), l’homme des petits clans et des petits putschs, des couloirs des banques et des marchands d’armes, des villas et des palais, l’homme des financiers et des fortunes dorées, ose affirmer, a contrario de ce qu’il est : "C’est à vous que je veux rendre le pouvoir (...)".

"Je veux être le candidat du peuple de France et non pas le candidat des médias, des appareils, de tel ou tel intérêt particulier, des intérêts partisans, des sectarismes."

Lui qui tente de voler son élection grâce aux plus puissants bourrages de crâne médiatique, d’imposer des discours provocateurs, bourrés de mensonges,

sans crainte des réactions de la grande presse qu’il contrôle !

Sarkozy le candidat des milliardaires du Cac 40, l’ami des Bouygues, Dassault, Lagardère, Rotschild, le petit frère de Guillaume Sarkozy du Medef, celui qui négocie Avantis-Sanofi pour son autre frère François Sarkozy, le maire des salons de Neuilly accuse pêle-mêle la gauche d‘avoir prôné " l’assistanat, l’égalitarisme, le nivellement, les 35 h ".

Il fait froid dans le dos :

-  " Assistanat " les indemnités que touchent les chômeurs ?

alors que ces indemnités, sont un " dû ", elles proviennent des cotisations chômage versées par les salariés, c’est une assurance, c’est un droit inaliénable, justifié pour tous les salariés qui ont été licenciés, auxquels on ne retrouve pas un travail correspondant à leur qualification, leur niveau et leur ancienneté !

Est-ce que Sarkozy désigne aussi du doigt les assistés des assurances vie de ses milliardaires de Neuilly pour lesquels l’argent vient en dormant pendant que les autres travaillent ?

Non, Sarkozy ne s’en prend qu’aux faibles, pas aux forts.

-  " L’égalitarisme et le nivellement ", (vieilles lunes patronales, phobies des maîtres des forges depuis le XIX° siècle), menacent-ils ce pays où les inégalités sociales n’ont jamais été aussi grandes qu’après cinq ans de sarko-chiraquisme ?

378 000 millionnaires en euro, les 500 premières fortunes ont gagné 30 milliards d’euro de plus en 2005, soit trois fois le " trou " présumé de la Sécurité sociale, 100 milliards de bénéfices pour les chefs et actionnaires du Cac 40, des baisses d’impôts pour les riches, des emprunts aux riches et des dettes publiques accrues à rembourser aux riches, en serrant la ceinture aux 7 millions de travailleurs pauvres ?

-  Les 35 h ?

Sarkozy est un menteur éhonté ou un ignorant des règles élémentaires du droit du travail chaque fois qu’il ose proposer " la liberté " de " travailler plus pour gagner plus " : chaque mot de ses phrases sont faux.

Car pas un salarié de ce pays, pas un seul n’a la " liberté " de la durée de son travail.

Tout salarié est subordonné et c’est l’employeur seul qui décide unilatéralement de la durée du travail, (temps partiel, temps plein, heures supplémentaires).

Sarkozy est encore un menteur ou un ignorant lorsqu’il dit que " les 35 h doivent être un minimum " : il y a une grande majorité des 3,7 millions de temps partiel (85 % de femmes, 80 % de non qualifiés) qui aimeraient travailler plus, oui, " 35 h minimum ".

Sarkozy est encore un menteur lorsqu’il promet de gagner plus à ceux qui feraient des heures supplémentaires, alors qu’il n’a pris, depuis cinq ans avec son ami Fillon, que des mesures pour baisser les salaires liés aux heures supplémentaires :

-  en maintenant à 10 % de majoration les heures comprises entre 35 et 39 h dans les entreprises de moins de 20 salariés, alors qu’elles auraient dû être majorées de 25 % depuis le 1er janvier 2005 :

5 millions de salariés concernés on travaillé plus en gagnant moins !

-  en allongeant les contingents annuels d’heures supplémentaires autorisés de 130 à 200 h (et pire parfois, 230 h dans la poissonnerie et 360 h dans la restauration), ce qui aboutit a reporter de la 131ème heure à la 221ème heure, le seuil de déclenchement de majorations des heures a 100 %. Les salariés concernés travaillent plus et gagnent moins !

-  en généralisant les " forfaits jours " et en déduisant " les temps de déplacement professionnels des temps de travail effectifs " forçant des millions de salariés cadres ou non a travailler plus en gagnant moins.

-  en permettant le rachat des compte épargne temps à taux zéro, congés payés non pris, heures supplémentaires dissimulées, ce qui revient à faire travailler plus pour gagner moins

Pas un salarié de ce pays n’a intérêt à voter pour Sarkozy, sauf à méconnaître ses droits et à voir baisser son salaire réel, brut et net, pour une plus longue durée du travail...

Car Sarkozy propose de baisser le salaire brut sur lesdites heures supplémentaires qui seraient moins majorées, et moins contrôlées, donc moins payées (c’est déjà, hélas, le champ le plus étendu des délinquances patronales contre les salaires, 9 plaintes sur 10 à l’inspection du travail concernent des heures supplémentaires impayées). Il y a déjà des millions de salariés qui travaillent 45, 50 voire 60 h et qui ne gagnent pas beaucoup !

Mais si un salarié avait un doute, il devrait s’attacher à comprendre pourquoi Sarkozy s’en prend aux 8 à 9 millions de salariés qui ont fait grève en mai 68 :

Sarkozy contre les 8 millions de grévistes de mai 68.

Sarkozy augmente les décibels au fur et à mesure que le deuxième tour approche, comme s‘il voulait mettre la barre de plus en plus haut contre les " fraudeurs du métro " et " les fautes des syndicalistes " qu’il place dans le même sac...

Il accuse mai 68 d’avoir "imposé le relativisme intellectuel et moral", "liquidé l’école de Jules Ferry", "introduit le cynisme dans la société et dans la politique", "abaissé le niveau moral de la politique" (sic)

" La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler. " Selon lui, pour "les héritiers de 1968, il n’y avait plus aucune différence entre bien et le mal, le beau et le laid, le vrai et le faux, l’élève valait le maître". "Les héritiers de ceux qui, en mai 68, criaient " CRS = SS " prennent systématiquement le parti des voyous, des casseurs et des fraudeurs contre la police. "Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 68." "Je veux tourner la page de mai 68 une bonne fois pour toute", se lâche enfin Sarkozy.

Pourquoi une telle haine de la part de cet apprenti caudillo qui devait avoir 13 ans en mai 68 ?

Cette tirade hargneuse, hors norme, acharnée, contre un des plus grands mouvements de l’histoire sociale de notre pays, est plus que tout le reste le signal de la grande revanche de l’extrême droite dirigeante de l’Ump !

C’est contre les 8 à 9 millions de grévistes de mai-juin 68 qu’il en a, lui qui ose se faire photographier devant des ouvriers portant le casque de sécurité, pour mieux les berner.

S’il va voir " la France qui se lève tôt " c’est pour qu’elle se lève encore plus tôt, se couche plus tard et gagne moins, pour que les profits de ses amis de Neuilly augmentent : tout cela dans une mise en scène que toute les rédactions en chef de la presse aux ordres orchestrent !

Nul doute que Sarkozy pense la même chose de toutes les luttes sociales, du Conseil national de la Résistance, de mai- juin 36, de la Commune de Paris, des combats pour les journées de 10 h puis de 8 h, pour les 40 h, pour " l’assistanat " de la Sécurité sociale et des retraites par répartition...

N’est-ce pas lui qui a assez d’inculture pour mettre dans son clip télévisé :

"Le travail c’est la liberté " (ARBEIT MACHT FREI) ?

En fait ce que signifie avec arrogance, l’homme au karcher, Sarkozy, c’est qu’il veut écraser tout mouvement social de type Cip mars 94, nov-déc 95, retraites printemps 2003, Cpe janvier avril 2006, c’est qu’il fera la guerre aux syndicats puisque sa première loi sera contre le droit de grève !

Sarkozy a amalgamé à Bercy, dimanche 29 avril, “la France qui paye toujours pour tous les autres, (...) qui paye pour les fautes des politiques, des technocrates, des syndicalistes, qui paye pour les fraudeurs, qui paye pour les voyous, qui paye pour ceux qui profitent du système, qui paye pour ceux qui demandent toujours et qui ne veulent jamais rien donner".

Le lien est clair dans sa réthorique et ses objectifs entre syndicalistes, fraudeurs, voyous... Tout ça, c’est des “racailles”.

Comme il a fait la chasse aux " racailles ", et, il le redit ce lundi 30 avril, " aux poignées de voyou qui se croit au-dessus des lois et de la morale ", il veut remonter jusqu’à atteindre dans la mémoire ce qu’il doit appeler des " casseurs " de 68... C’est la même chose pour lui, c’est le peuple dont il feint de se réclamer, les sans grades auxquels il prétend parler et que pourtant il hait du haut de ses talonnettes d’apprenti caudillo.

C’est la haine ancestrale des riches contre les partageux, les rouges, les syndicalistes, qu’il a exprimé à Bercy dans son dernier meeting show à l’américaine. Sarkozy annonce qu’il entend écraser tout mouvement social !

Au Karcher contre les luttes sociales, contre la pègre syndicale !

Que les électeurs protégent dimanche 6 mai la France de la victoire de ce caudillo. Ce serait le pire qui puisse arriver !

Que pas une voix ne manque à Ségolène Royal...

Gérard Filoche, 30 avril 2007.

Source : legrandsoir

Lu sur : Radio Air Libre



Publié le 2 mai 2007  par torpedo


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Forum de l'article
  • 40 ans après, mai 68 obsède encore Nicolas Sarkozy pourquoi ?
    par Gérard Filoche
    2 mai 2007, par Delcuse
    Tout ce que dit cet article est très juste. Par concéquent, il me semble important de se poser les bonnes questions, c’est-à-dire comment se fait-il qu’un tel personnage est tellement plébiscité ? Car, ce que lui, il est, est une chose ; mais, son succès manifeste, en est une autre. Sarkosy, c’est-à-dire l’idée qui le contient, arrive à émerger grace au travail de sape de Mitterand. C’est un long processus de destruction de l’idéal révolutionnaire que porta Mai 68, et que Mitterand a anéanti. Le deuxième septenat de Mitterand n’avait plus rien des idéaux portés par la gauche qui l’avait amené au pouvoir en 81. En véritable homme de droite, Mitterand a balisé le terrain, afin de permettre aux grandes fortunes de fructifier. Il faut arrêter avec l’illusion électoraliste, et reprendre le débat qui fut bloqué en Mai 68 ; débat qui émerge parfois, lors de certaines manifestations, grèves, émeutes, et que la gauche éteind le plus vite possible. Il s’agit de parler de révolution, non du produit des urnes ; révolution qui n’a pas eu lieu en 68. 68 n’a jamais été une révolution. Il faut reprendre le débat là où il a été interrompu.
    • 40 ans après, mai 68 obsède encore Nicolas Sarkozy pourquoi ?
      par Gérard Filoche
      3 mai 2007, par yankee zoulou

      Bilan.. triste à pleurer comme disait Léo.

      Mai 68 et l’éducation. Révolution des gommes et des crayons.

      Récré sifflée dés septembre 68.

      Tables en U, remises au carré dès la rentrée. Ou est la crise d’autorité prétendue ?

      Mai 68 et le travail. Grenelle. Mieux perçu que Sartre sur son tonneau à Billancourt.

      Ultime remontoir du temps libéré chez Lip. Et puis plus rien.

      Mai 68 et la politique.

      13 ans de droite.

      Et une bonne soirée un soir de mai 81, que les peine-à-jouir dont j’étais ont refusé de transfigurer en grand soir.

      Mai 68 et la vie.

      La pilule date de 67. L’IVG de VGE.

      Mazarine est un secret d’alcove.

      Mai 68 et le monde.

      La place des trois cultures de mexico. Gants noirs poings levés, on sait pour quoi.. Ian Palach à Prague, contre quoi ?. Shiran Shiran à San Francisco contre qui ?.

      Nam..

      Et chez nous. Echo à nos morts, que l’on peut compter sur les doigts, grace à Dany, Sauvageot, Geismar, et au préfet Grimaud.

      Gilles Tautin noyé à Flins, Lacroix, commissaire, écrasé à Lyon.

      De mémoire.

      Mai 68 et la valeur de la vie.

      En 81 fini la justice qui tranche.

      Depuis les banlieues brulent quand il y a mort de jeunes. (Relisez les contextes).

      Quand les jeunes verront mourir leurs potes sans catharsis expiatoire, il y aura mort d’humanité.

      Je sais. Bruler des cierges a aussi de la gueule. OK. ou est la télé ?

      Relativisme de mai 68. Oui, toutes les vies se valent.

      Mais sur la durée, certaines sont plus dignes.

      Nathalie Ménigon sera libre le 10 mai.

      Pour les raisons que je viens de dire.

  • 40 ans après, mai 68 obsède encore Nicolas Sarkozy pourquoi ?
    par Gérard Filoche
    2 mars 2008, par sabine Jauffret

    40 ans après, que nous reste-t-il de mai 68 ?

    Nicolas Sarkozy, dans un discours prononcé le 29 avril à Bercy, veut tourner la page de mai 68. Quelques extraits :

    « La morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler [...]. Pour la première fois depuis des décennies, la morale a été au coeur d’une campagne présidentielle. » « Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid [...]. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître [...], proclamé que tout était permis, que l’autorité c’était fini, qu’il n’y avait plus rien de grand, plus rien de sacré, plus rien d’admirable, plus de règle, plus de norme, plus d’interdit. » Plus loin, à propos des dérives du capitalisme financier, il ose : « Voyez comment l’héritage de mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique. Voyez comment le culte de l’argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 68 ».

    A l’opposé Gérard Filoche, qui fut un acteur de mai 68 (quand Sarkozy, lui, n’avait que 13 ans), lui rétorque par un livre dont le titre annonce la couleur :

    « Mai 68, Histoire sans fin. Liquider mai 68 ? Même pas en rêve ! »

    « Que de haine contre le plus grand mouvement de grève de l’Histoire de France ! Il y eut deux mai 68. L’un : superficiel, mondain, marginal ; l’autre : social, révolutionnaire, solidaire... Sarkozy a fait « l’ouverture » avec le mai 68 mondain (Kouchner) dans son gouvernement de contre-révolution conservatrice. Son but ? Battre les héritiers du vrai mai 68, celui des employés et ouvriers qui continuent à lutter pour une autre répartition des richesses, pour le droit au travail, les salaires et les retraites. »

    Et vous ? Que défendrez-vous de cette époque pas si lointaine qui n’est toujours pas enseignée dans les cours d’Histoire de France ?

    Nous vous proposons de participer à la constitution d’une exposition d’art postal, qui présentera vos positions, vos réflexions, vos témoignages, votre vision de cet évènement qui ne fut pas seulement Français et pas essentiellement étudiant. Vos textes seront lus, enregistrés et passés en boucle sur l’expo. Parce que Mai 68 fut aussi un tourbillon créatif, envoyez-nous votre enveloppe décorée, colorée, lumineuse, éclatante de vie, qui illustre où complète votre propos. A vos pinceaux, collages, photos, gravures, crayons ... Pas de format interdit ni imposé (objets postaux acceptés). Pas de jury, pas de sélection. Toutes les enveloppes seront exposées. Pas d’hésitations, TOUT PASSE A LA POSTE. Un petit mot sur l’art postal : Il sort momentanément l’art des galeries et des musées. Dans ces expositions se côtoient des oeuvres d’artistes connus mais qui restent ici anonymes et des oeuvres de débutants, parfois de sérieuses surprises. Il est basé sur l’échange et le don, il coûte la même chose à tous : de la créativité, un peu (ou beaucoup) de temps, 2 connections de neurones, et le tarif du timbre en vigueur. Il respecte certaines des conditions d’une réelle communication : liberté d’expression, plaisir de donner et de recevoir ; prendre le temps de concevoir, et celui de répondre, parler « de sa place » en s’exprimant à partir d’une préoccupation ou d’un thème abordés collectivement ...Il permet à certains de reprendre le chemin de l’écriture et restaure le plaisir d’ouvrir sa boîte à lettres. Et pour finir, la plupart de ces enveloppes ne passent pas dans les machines à oblitérer (pas conformes !). Plus il y en aura, plus il faudra de monde au tri !!! Pas de petites résistances ni d’utopies inutiles.

    Date limite d’envoi de vos travaux : 15 avril 2008. Adresse d’envoi : Mouvement Politique d’Education Populaire - La Vigarié - 81340 Saint-Cirgue.

    Pour une analyse un peu originale du sujet vous pouvez consulter le lien suivant : http://www.gfen.asso.fr/documentligne/mai68.htm#15txt et/ou lire l’ouvrage de l’historienne états-unienne Kristin Ross « Mai 68 et ses vies ultérieures ». Complexe -Monde diplomatique, 2005. Pour une découverte rapide de ce qu’est l’art postal vous pouvez également consulter ce lien : http://www.avenirdattac.net/spip.php ?article228

  • 40 ans après, mai 68 obsède encore Nicolas Sarkozy pourquoi ?
    par Gérard Filoche
    30 janvier 2016, par Sara

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