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"Quelques motifs de ne pas s’en satisfaire"

Catégorie politique
Il y a (6) contribution(s).

« Devant Allen Ginsberg, Gregory Corso, Peter Orlovsky

et Jack Kerouac venus le visiter ; contemplant, au dehors,

les autos qui passent, Williams Carlos Williams déclare :

-  Il y a des tas de salauds dehors. »

(Les anges vagabonds, Jack Kerouac)

(JPEG)

Cependant je crains qu’il n’y ait, dans les cinq ans qui viennent, de vraies désagréables surprises dans nos entourages. Comme il l’a toujours fait ce public s’adaptera et se justifiera de tout et de l’injustifiable surtout à mesure que les années noires se déploieront.

Il y aura des drames et l’ont peut craindre de la folie et du sophisme qu’ils ne deviennent le rapport véritable qu’entretiennent, entre eux, les hommes, en dehors de l’ordinaire des rapports utilitaires et marchands.

L’hégémonie des uns s’étendra et l’impuissance des autres creusera leur tombe.

A ce titre ce peuple de gauche, si effarouché et désappointé, a d’une certaine manière, récolté les fruits de son inconséquence car tout le monde, ou à peu près, aura joué un tant soi peu dans les amours, les amitiés et les rapports humains en général la partition utilitaire et marchande et ses corollaires rapports de force et de ruse.

C’est ce qu’on appelait dans un langage courant et pathétique "je me suis battu" lorsqu’on était vaincu.

On aura à tort minimisé ou jeté l’opprobre sur de supposés individualistes forcenés, Debord et les auteurs de la beat generation en particulier, sans voir en quoi ils y étaient contraints tandis que nous nous bercions d’illusions, prenant le pli contraire de ces hommes authentiques et nous empressant, effarouchés, de tomber dans un fatalisme et une apathie qui bénéficia, en tout premier lieu, aux principaux pourfendeurs de l’individualisme beat et situationniste, individualistes eux-mêmes, sans la compassion et l’humanité des poètes, mais un solide esprit de prédation, de cynisme et de froideur. C’était à prendre au sens premier, on ne se battait pas contre des forces mais on se battait soi-même à mesure qu’on usait, mêmes minimes, de ses propres forces de frappes et de ses ruses.

Il est des évidences qu’une époque enténébrée de sophismes se plait à oublier et dont la moindre n’est pas dans la simplicité de sa rime : flicaille-racaille.

Nous ne ferons pas le chemin inverse de nos erreurs.

-  Qui plus que le terroriste conforte son pouvoir par la terreur ? Son allié objectif, Sarkozy aujourd’hui. Comme Berlusconi, Blair, Bush, Aznar.

Nous en sommes là et il me semble que nous ne prendrons jamais assez garde que

la terreur a déjà commencé d’opérer sur nous des changements profonds et durables.



Publié le 23 mai 2007  par Regis Duffour


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Forum de l'article
  • "Quelques motifs de ne pas s’illusionner"
    23 mai 2007, par Delcuse
    Mais la terreur, il me semble que Mitterand, déjà, s’employait à l’exercer. l’État d’aujourd’hui est le même que celui d’hier. Il est ce monstre froid que Goya dénonçait en son temps. Un État démocratique, ça ne veux rien dire du tout. Un État est une machine de guerre, quelque soit la couleur de ceux qui en prennent la direction. l’État de grâce n’est qu’une utopie. Il n’y a rien à attendre de l’État, sinon des coups.
    • "Quelques motifs de ne pas s’illusionner"
      25 mai 2007

      Cher Gilles,

      Je vous invite à relire. Ai-je seulement fait l’apologie de l’Etat d’hier plutôt que celui d’aujourd’hui ? N’ai-je pas évoqué les inconséquences du peuple de gauche et par là-même fait invite à la critique de ses dirigeants ? Ai-je seulement écrit "Etat démocratique" ? Vous lisez mal au travers des lignes. En faisant comme je l’ai fait le constat de l’alliance entre le terrorisme et l’Etat démocratique pouvez-vous encore me faire de tels reproches ? Je me suis seulement attaché à évoquer le retour d’une terreur policière intérieure d’une autre ampleur. Cela vous autorise t-il à transformer mon propos ? Je ne vous en veux pas, je vous sais sincère. Bien à vous.

      • "Quelques motifs de ne pas s’illusionner"
        26 mai 2007, par Delcuse
        Dites moi, cher Régis, ce qu’est le peuple de gauche que vous évoquez ? Personnellement, je ne vois nul part ce peuple si particulier. Je vois des électeurs, dont la plus grande majorité vote avec son bas-ventre, là où grouillent les plus bas-instincts, et non avec mûr réflexion. Vous faites un lien pour le moins improbable entre Debord et la Beat Génération. D’autant que Debord méprisait les toxicomanes, alors que les poètes de la Beat s’en réclamaient. Qui se berçait d’illusion ? Pourriez-vous être plus explicite. Et qui sont ces hommes authentiques dont nous aurions prit le pli contraire ? Qu’est-ce que c’est que cette authenticité ? Ca se manifeste par quoi ? Donc, vous, à contrario, vous seriez inauthentique alors ? La Beat ne fut qu’une réaction de poètes américains sur leur époque, qui accumulait les clichés (drogue, homosexualité, Rock, route...), et Debord n’était qu’un théoricien marxiste dont l’influence s’exerce uniquement dans les milieux artistiques underground, qui s’est cru avoir deviné Mai 68, cette crise d’urticaire qui ne fut pas une révolution.
        • "Quelques motifs de ne pas s’illusionner"
          26 mai 2007, par régis
          Pour plagier Pascal je vous dirai, cher Gilles, celui qui voit les mêmes choses ne les possède pas de la même manière. Cela devrait suffire à vous répondre qui semblez à la fois sûr qu’il n’est personne à gauche hormis des électeurs, qui jugez de la validité des liens, qui vous incluez dans mes reproches, sans que nécessairement j’ai pensé à vous, qui avez besoin d’une éxègèse que mon temps précieux ne m’autorise pas à faire autant que vous le souhaiteriez et qui rejetez Beat et Debord. De sorte qu’il me semble pour le moins inutile quand on partage si peu de points et goûts d’en rajouter. Manifestement nous finirions par des invectives, et sur un tel site, par égard par ceux qui nous accueillent je n’en ai pas le goût. Belle journée à vous.
  • La lutte d’après
    25 mai 2007, par FredSud37

    (.....) La Droite dure a enregistré une victoire nette, qui clôt une campagne offensive. D’abord, Sarkozy a tenu à son camp un langage clair, mobilisateur et idéologiquement décomplexé. Il a défendu un projet ultralibéral au plan économique et ultraréactionnaire au plan politique. Plus de 30 % au premier tour, c’est un score élevé pour un candidat de la Droite sortante, signe que les classes possédantes et les couches aisées de la population se sont rangées massivement derrière lui mais, en même temps, que le candidat a su rassembler au-delà. (.....) Très vite, Sarkozy va chercher à transposer sa victoire électorale sur le terrain des rapports de force entre les classes sociales. Son plan de travail pour les 100 premiers jours est gratiné. Il comporte tout à la fois de nouvelles attaques contre les sans-papiers et des mesures contre les immigrés, une réforme de la fiscalité favorable aux grandes fortunes et aux rentiers, une attaque contre le droit de grève en instaurant le service minimum dans les transports en commun, de nouvelles exonérations pour le patronat, des mesures d’austérité contre la fonction publique, le renforcement des politiques sécuritaires, en instaurant des peines planchers pour les multirécidivistes et en abaissant la majorité pénale pour les mineurs à 16 ans. (.....) Il est évident que la victoire de Sarkozy est une très mauvaise nouvelle et qu’on a pris un coup sur la tête le 6 mai. Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Jamais aucun pouvoir n’a réussi à empêcher la lutte d’exister. Nous ne partons pas de rien : la victoire contre le CPE et les grandes mobilisations de ces dernières années ont forgé l’expérience de nouvelles équipes de jeunes étudiants, de jeunes travailleurs, de syndicalistes radicaux. Cela constituera un point d’appui pour les mobilisations qui ne manqueront pas de se produire. Elles peuvent redonner une boussole à des travailleurs qui ont voté pour l’apprenti Bonaparte en pensant qu’il leur permettrait de mieux boucler des fins de mois difficiles. Dans les quartiers, les facs, les entreprises, il faut commencer à préparer les luttes de demain. (.....)

    Extrait de "La lutte d’après", Frédéric Borras, le 18 mai 2007.

  • "Quelques motifs de ne pas s’en satisfaire"
    29 janvier 2016, par Sara
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