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Ma campagne au jour le jour par Serge Rivron le candidat Quichotte

Catégorie politique
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TLM, enregistrement d’un "débat" de 26 minutes dans les conditions du direct, mais pas en direct.

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Nous sommes 6 candidats en lice : Patrice Verchère (UMP), Sheila McCarron (PS), Jean-Pierre Guillot (UDF), Geoffroy Daquin (FN), Paul Brichler (LCR), et moi. Les 8 autres ont apparemment décidé de passer la main. J’arrive à l’heure, le premier en même temps que Sheila.

Il y a un truc bizarre et qui m’amuse dans cette campagne, qu’il faut que je dise : le conseiller en communication de Sheila est un vieux copain à moi, qui il y a deux mois est devenu, à sa demande et avec mon plein accord, mon associé dans l’une des deux sociétés que je co-gère. Pour lui, ma candidature est évidemment un moment douloureux. Pour moi, sur le fond, une preuve de plus de l’impérative nécessité qu’il y a pour les hommes et les femmes de ce pays de se considérer comme des humains à part entière, entièrement libres et entièrement façonnés par ce qui fait la spécificité des hommes : le langage, la communication (la vraie). Mon associé est un très ancien militant PS, et quelqu’un que j’apprécie (à part son militantisme pour le plus dogmatique des partis de France). Cependant je le vois enrager depuis quatre semaines à l’dée que je puisse "voler" des voix à "sa" candidate (que j’apprécie réellement pour son courage et son combat dans une circonscription taillée pour le règne de la droite), après qu’il ait enragé pendant les deux mois précédents aux "horreurs" que j’écrivais sur Ségolène Royal, "son" autre candidate qui n’était même pas celle de son coeur (il aurait préféré Fabius).

Il y a un autre truc bizarre dans cette campagne, qui m’amuse et qu’il faut aussi que je dise : je suis plutôt copain avec Jean-Pierre Guillot (candidat UDF), que je connais depuis 12 ans, parce que j’ai été comme lui délégué intercommunautaire de la même assemblée. En plus, il a été journaliste, puis potentat du journalisme régional, au Progrès. Il a 16 ans de plus que moi, mais nos destins s’étaient déjà croisés plus d’une fois bien avant qu’il ne devienne le Maire de Dommartin.

J’ai aussi été l’ami et le partenaire de son premier 1er adjoint (que je connaissais depuis le Lycée). Evidemment, depuis 3 semaines il me craint (pour ne pas dire qu’il me déteste) et fait jouer en douce tous ses relais pour que ma candidature reste au niveau où il est "normal" que les média la situent : je suis forcément un petit candidat, un négligeable, n’étant supporté par aucun parti. Pourtant je fiche à tout son réseau une trouille bleue. Et au-delà de son réseau, ma don quichottesque candidature, je le sais, inquiète : si les citoyens de ce pays, par aventure, la trouvait un tant soit peu crédible...

Mais considérant notre proximité d’histoire, à chaque fois que nous nous voyons la sympathie ancienne l’emporte.

Surtout qu’il sait, comme tout le monde UDF du secteur, que Mercier (président UDF de notre Conseil général et proche de Bayrou) a peur de moi, mais ne l’aime pas particulièrement.

A chaque fois que je considère ces absolues vérités (= Sheila et Jean-Pierre sont sympathiques, dévoués et intelligents, et je connais de près ou de loin toute leur histoire), je suis encore plus certain de l’intérêt de ma candidature :

la seule chose qui manque à ces êtres, c’est l’indépendance, la liberté.

Je pourrais sans doute prendre chacun de mes autres concurrents dans le même faisceau d’éclairage, même s’ils me sont moins proches. Patrice (l’UMP), on le hume dès qu’on l’approche, a les dents qui rayent le parquet, mais il a aussi les qualités de ses ambitions : il croit non seulement à ce qu’on lui a appris et qu’il a été (bien) payé pour apprendre (à 25 000 balles par mois depuis 5 ans comme "attaché parlementaire" du député UMP sortant, on imagine volontiers combien il a pu peaufiner à l’aise sa connaissance du terrain), mais il croit aussi à ce qu’il dit, et qui n’est pas toujours idiot - loin s’en faut. Geoffroy (le FN), c’est autre chose. De tous (à par moi) c’est le seul mystique. J’ai toujours (qu’on m’en excuse, ça doit être mon vieux compagnonnage avec Alain Soral, l’ancien gaucho récemment converti aux thèses effarantes de l’extrême-droite) un certain respect pour les types qui défient à ce point la "bonne pensée" du siècle qu’ils sont prêts à s’immoler sur n’importe quel autel. Et effectivement, celui du FN, c’est n’importe lequel. Mais quand tu regardes Geoffroy, 30 ans, qui vient d’être père pour la première fois, quand tu le regardes droit dans le fond de ses yeux bleus, tu te dis que des mecs aussi jeunes et timides, et même aussi parano que lui, tu n’as aucun intérêt à ne pas leur parler. La xénophobie est un mal tellement répandu, et qu’on prendrait tous tellement facilement !

Seule la parole, l’échange, peut parvenir à nous sortir de la tentation permanente du rejet de l’autre.

Et puis, il y a Paul (le LCR). Lui, c’est le plus bizarre, avec son déguisement folliculaire de Trotsky en blond. Froid, timide, germain. Trotskyste. Il est tout juste sorti de l’adolescence, n’a pas 30 ans. Espère, à travers son héraut Bezancenot et le mentor de celui-ci, Krivine, se faire les voix à l’aveuglette des 2% de lycéens bobos convaincus par son charismatique leader. Paul ne se mélange pas, ne parle à aucun autre candidat, ne copine pas, ratiocine ses dogmes dès qu’on lui tend un micro. Pourtant, derrière le discours révolutionnaire à la fois désuet et courageux, percent les soubressauts d’une personnalité fervente, une volonté absolue de faire plier le monde à son utopie. Tout ce qui manque aux autres, et que pourtant, parce que Paul et ses leçons échappent totalement au réel, je ne peux cautionner.

On a débattu, et tout ce que je dis, lecteur, tu peux le vérifier : le "débat" filmé par TLM, a le mérite d’avoir été capté "dans les conditions du direct". Les enjeux, déshabillés un peu dans ce post, contrairement à ce qui s’est passé dans le compte-rendu écoeurant fait par Le Progrès du débat à l’Arbresle, se lisent au fil des images peu trafiquées de TLM.

Le soir, j’étais à Lamure-sur-Azergues, devant un seul auditeur : le maire, monsieur Couleur. Personne ne vient à ces absurdes meetings qu’il faut cependant impérativement tenir, quand on est candidat. On ne les tient pas pour avoir du public, mais pour que les gens du coin sachent qu’on est venu chez eux. Monsieur Couleur, comme beaucoup de ces maires de petites communes que j’ai rencontrés depuis 20 ans, est un homme remarquable. Vieillissant, il parle avec enthousiasme de ce qu’il a fait pour sa commune, et avec regret de ce qu’il n’a pu faire. Il connaît un par un chacun de ses administrés. Il avait un peu honte d’être mon seul auditeur. Il est reparti au bout d’une heure de discussion avec une vingtaine de tracts, en me disant de ne pas m’inquiéter : "Je parlerai de vous à mon Conseil municipal". Et qu’il l’ait peut-être fait pour Sheila, Jean-Pierre, Patrice, Geoffroy, Paul, ne m’étonnerait ni ne m’agacerait.

La France doit réapprendre à parler au monde.

Monsieur Couleur qui portez un si beau nom, tracez encore et encore ce chemin !

source : site du candidat Quichotte



Publié le 4 juin 2007  par torpedo


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