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La triste déchéance du Captain Fantastic

Catégorie Musique
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(JPEG) Avant d’être le triste maître de cérémonie de notre calamiteuse Star Academy, avant d’être le grossier personnage qui se permet des propos inacceptables vis-à-vis de ses confrères du monde musical (1) avant d’être devenu une sorte de V.I.P de la chanson internationale, avant de devenir l’un des plus virulents détracteurs du téléchargement sur Internet et surtout avant d’inonder les radios et télés du monde entier avec des chansons et des albums stéréotypés dénués de tout intérêt Mr Reginald Dwight était un grand artiste compositeur doublé d’un musicien hors pair.

Sir Elton John puisque c’est de lui qu’il s’agit était une véritable rock star qui a offert au monde de la musique quelques disques essentiels qui marquèrent leur époque Honky château (enregistré en France au château d’Hérouville 1972) et Good bye yellow brick road (titre et pochette inspirés du magicien d’Oz) l’année suivante constitueront sans aucun doute l’apogée de la carrière du fantasque chanteur précurseur et chef de file d’un mouvement Glam qui atteindra son zénith au début de ces brillantes années 70 associé au parolier Bernie Taupin, ils formeront un fameux tandem.

Ami de Marc Bolan , icône maudite du glam-rock qu’il accompagnera souvent en tournée il n’hésitera pas à utiliser sur scène toute la panoplie traditionnelle du mouvement glitter , agrémentée d’une liberté vestimentaire empruntée au music-hall cultivant l’outrance pour parfois friser le ridicule (lunettes surdimensionnées ,plat-forms boots monumentales, costume de poulet ou de Donald géant ).

Ses plus belles compositions datent sans aucune hésitation de cette faste période et on pourrait citer des titres comme ‘your song ’ - ‘ Bennie & the jets’ ‘ sorry seems to be the hardest words ’ ‘rocket man’ ou encore ‘ candle in the wind ’ (je parle évidemment de la merveilleuse chanson composée en 1973 pour Marylin Monroe et non pas de l’escroquerie musicale de 1997 ré enregistrée a la hâte sur le cadavre encore chaud de Lady Di).

Loin désormais des concerts grandioses et décadents, loin des costumes hallucinants et des fêtes cocaïnées et insensées de cette glorieuse époque, il faut reconnaître que Sir Elton -puisque il a été anobli par la reine entre temps- (c’est à cette occasion qu’il aurait du revêtir à nouveau son costume de Donald géant voila qui aurait été rock ‘ n roll) est devenu un personnage peu sympathique et plutôt grotesque , pâle caricature de lui-même qui continue année après année, à nous livrer des disques sans intérêt qui polluent la bande F.M de toutes les radios de la planète, n’hésitant pas pour cela à creuser dans toutes les tranchées variant de l’album symphonique live (le pompeux live in Australia en 1987 à l’inévitable album de duos improbables (le travesti Ru-Paul - le peroxydé Nick Kershaw - le fade Paul Young - pour Duets 1993- ou encore de la Bande originale de film raté (the Muse 1999) sans oublier bien entendu son plus gros filon la musique pour film Disney (the Lion King en 1994 - Road to El dorado en 2000).

Il faut reconnaître cependant qu’il a toujours su livrer des singles lesquels, archi diffusés par les radios et les chaînes à vidéos -clips sont devenus des standards incontournables.

Quasi impossible pour le commun des mortels d’échapper à des chansons comme Blue eyes (82), I’m still standing (83) Nikita (86), ou Sacrifice (1991).

En 2004, Elton John nous a proposé Peachtree road son 43ème album, ce qui me fait penser que pour un artiste né en 1947 une telle production relève davantage de l’asservissement que de la véritable création.

43 albums live et best of compris l’histoire de la musique n’en retiendra que quelques uns mais ne pourra pas oublier le personnage fabriqué par Reginald et affiné au cours des années jusqu’à la caricature d’aujourd’hui, star parmi les stars et archétype de ce qui peut exister de plus puant dans le monde du spectacle.

Beaucoup plus intéressant que tous les disques moisis qu’il nous livre depuis 25 ans, son implication dans le cadre de la lutte contre le sida est d’une toute autre nature car bien avant la mode des vagues de charité qui va s’emparer du monde du show-biz Elton va s’investir dans l’information et dans le combat avec son association ‘L’Elton John AIDS Foundation ’.

Malgré cette facette louable et inattaquable notre Elton international n’est malheureusement plus qu’un chanteur grassouillet déjà usé et vieux avant l’heure et qui visiblement ne peut se résoudre à raccrocher.

En effet faut-il désespérément aimer les sunlights du star-system pour se corrompre dans une émission affligeante comme la star-ac ?.

Son sourire béat sur les plateaux télés est une insulte au grand artiste qu’il a jadis été. Il n’est plus désormais qu’un triste clown un peu risible -moins expressif encore que sa statue de cire du musée londonien de madame Tussaud- loukoum à perruques ou momie vivante millionnaire en dollars , celui qui un jour s’était carrément payé une équipe de football (épinglé à cette occasion par Pink Floyd dans ‘Money’ ) organise aujourd’hui des ventes aux enchères d’objets personnels de son passé de rock star. Une manière sans doute de tirer un trait sur ce qui a pourtant représenté la plus belle façade de sa créativité artistique.

(1)Pour mémoire : Accusant Madonna de ne chanter qu’en play-back et vexé de la voir retenue dans le cadre des Grammys en catégorie ’Prestation Live ’ il déclara « tous ceux qui chantent sur scène en play back devraient être abattus sur le champ les invitant ensuite d’aller tous se faire F..... »

On appréciera à sa juste mesure l’élégance et la courtoisie des propos.



Publié le 23 mars 2005  par Jimbo


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