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Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police de Paris

Catégorie société
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(JPEG) Cette mesure, nommée IPPP ou I3P, vestige d’un ancien temps révolu, autorise l’enfermement d’un citoyen de 24 à 48 heures, sur la foi d’un simple procès-verbal, et ceci, pour prévenir tout trouble public ou protéger la personne contre elle-même.

L’intervenant, qui témoignait avoir subi cette mesure expliquait que des policiers étaient venus la chercher et l’avaient emmené sans aucune explication au 3, rue de Cabanis. Durant cette interpellation et son enfermement, elle n’avait pu communiquer avec qui que soit, ni avec l’extérieur. Son seul contact avait été le psychiatre chargé de son évaluation mentale. En outre, lors de son passage, elle avait, été privée de ses simples droits d’être humain, par exemple, en se douchant dans une pièce où du personnel allait et venait.

Pour l’anecdote, ce n’est qu’ensuite qu’elle avait su qu’elle avait été dénoncée par sa voisine pour des nuisances sonores, nuisances dont l’inexistence a été établie. En écoutant cette expérience, j’avoue que je n’avais pas l’impression d’être en France mais plutôt dans un quelconque état bananier.

Ce témoignage, peut être recoupé avec un autre, plus récent puisqu’il date de 2005 (le précédent date de 10 ans environ), trouvé sur le site « groupeinfoasiles » (site très instructif et très détaillé pour ceux qui s’intéresseraient à l’enfermement abusif), témoin que je cite ici :

"J’avais un conflit avec un voisin dans l’immeuble, raconte une jeune femme plutôt aisée. Cela a dégénéré. Un matin, au printemps 2005, des policiers sont venus chez moi et m’ont demandé de les suivre au commissariat du Ve arrondissement. A mon arrivée, le commissaire m’a dit, sans autre mot d’explication : "Vous allez à l’IPPP." Un fourgon m’a déposée là-bas vers 16 heures. Je demande au premier infirmier que je vois qu’il m’explique ce que je fais là. Pour seule réponse, on me dit de ne pas m’inquiéter... Je repars en longeant une rangée de cellules et on me demande de me déshabiller. J’enfile un pyjama bleu et des pantoufles avant d’être placée en cellule : un lit, sans rien autour, et une fenêtre opaque. Pour se laver, il y a une baignoire disposée à la vue de tout le monde. Où est la dignité ? Pendant la nuit, un interne passe et m’explique que je suis là dans le cadre d’une enquête administrative. Le matin suivant, je vois le psychiatre qui m’indique que je représente une menace pour mon voisin. L’entretien ne dure pas plus de quinze à vingt minutes. Il ne me dit rien d’autre avant de me renvoyer en cellule. Finalement, en fin de matinée, le médecin revient et me dit que je peux sortir. On me donne un ticket de métro. Et je rentre chez moi."

Cette méthode, que l’on peut réellement qualifier d’arbitraire, semble appliquée à Paris chaque année à environ 2500 personnes.

J’ajoute qu’il semble, selon les sources d’informations, glanées ici et là sur ce sujet opaque, que seulement la moitié débouche sur une véritable hospitalisation. Ce qui signifie que seulement la moitié semble justifiée.

Je ne peux que frémir à l’évocation de ce chiffre dont j’ignore quelle sera l’évolution durant les années à venir.

En effet, l’évolution du nombre d’enfermement peu être un bon indicateur de l’état de démocratie de note pays. En hausse, cela pourrait dire que le nombre de malades mentaux et/ou d’enfermement arbitraire augmente. En baisse, que notre société va mieux ou que le laxisme s’installe. Voyons donc comment il va évoluer durant les années suivantes et quelles en seront les conséquences.

Je me dois de rappeler qu’à l’origine, le souci, louable en soi, était de protéger autrui contre lui-même ou contre tout dommage produit par un déséquilibré. Néanmoins, chaque méthode à son revers, et le fait qu’un simple procès-verbal, quelle qu’en soit la cause, pourrait donner lieux à des débordements.

Par exemple, sous l’égide d’un gouvernement aux méthodes musclées et soucieux de sécurisation à outrance... On pourrait ne prendre comme illustration le changement de sécurité du nouveau chef de l’état, comme le relate l’Express, et qui privilégie pour sa garde rapprochée les moyens policiers par rapport à ceux issus de la gendarmerie. Ce simple fait, qui semble ne rien à voir avec l’I3P ne peut que renforcer notre méfiance à l’égard d’un élargissement tout azimut des moyens policiers.

Et surtout, si on se souvient de l’amalgame fait par monsieur Sarkozy entre délinquance (ou autre) et troubles mentaux, on ne peut, par extension, qu’être inquiet si ses projets répressifs sur l’hospitalisation venaient à passer, à l’aide par exemple d’une majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale.

Pour terminer quand même sur une note positive, la Préfecture de police de Paris a récemment été condamnée à payer 15.000 ? de dommages et intérêts pour un internement arbitraire de 48 h à l’I3P. Ce jugement rendu le 12 mars 2007 au Tribunal de Grande instance de Paris.

Ce fait, à lui seul, illustre encore une certaine indépendance et droiture de la magistrature.

Posté le 07/06/2007 |

SOURCE : Une étincelle pour la liberté



Publié le 3 juillet 2007  par Gilles Delcuse


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