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Jann-Marc Rouillan : luttes de jeunesse

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(JPEG) LE MONDE DES LIVRES | 28.06.07 | 12h13

Les années de formation des révolutionnaires "professionnels" sont toujours des moments passionnants à analyser.

On y cherche naturellement ce qui peut mener à la radicalité des engagements : milieu d’origine, rencontres, lectures...

L’enjeu est de taille lorsqu’il s’agit d’un militant d’Action directe (ce groupe révolutionnaire qui recourait à la lutte armée dans les années 1980) comme Jann-Marc Rouillan, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation à des assassinats politiques et toujours incarcéré.

Déjà auteur, en prison, de plusieurs ouvrages, celui-ci livre maintenant ses souvenirs de jeunesse à Toulouse en 1970-1971.

Au-delà de son histoire propre, Rouillan entraîne le lecteur dans le monde militant de la ville à l’époque.

Soucieux de lier son propos à la topographie urbaine, il évoque les lieux avec précision.

De la faculté de droit aux cafés d’Esquirol ou de la place du Capitole, Rouillan conduit ainsi une véritable promenade rebelle dans Toulouse.

L’engagement de l’auteur se marque d’emblée par la révolte brute : "Nous n’étions plus qu’excitation électrique, courses dératées dans les rues, nuit et jour en permanent état d’urgence insurrectionnelle", d’où les bagarres avec la police, l’extrême droite ou les rivalités entre groupes gauchistes. Les discussions théoriques ne jouent pas ici un grand rôle.

En revanche, Rouillan et ses proches s’inscrivent dans la grande histoire et la légende révolutionnaires : on discute abondamment de la Commune de Paris (1871), de la désobéissance des soldats en 1914-1918, ou de la Résistance.

Mais c’est sans doute la guerre d’Espagne, prolongée par la lutte contre le franquisme, qui, dans une ville traversée encore aujourd’hui par cet héritage, constitue l’horizon le plus prégnant, d’autant plus que d’anciens guérilleros servent de relais.

C’est aussi par l’Espagne que l’action de Rouillan change de dimension en soutenant l’activisme des militants basques dans leur combat contre le franquisme.

L’ambiance se durcit ; quelques compagnons décrochent.

Le combat et l’illégalité n’empêchent pas des épisodes plus légers, tel ce détournement d’un camion Blédina : "Notre association de conspirateurs s’est longtemps gavée de petits pots pour bébés."

D’ailleurs, Rouillan garde une image positive de ce temps-là : "Nous étions si heureux de combattre."

La suite est à venir.

SOURCE : Site AD



Publié le 6 juillet 2007  par torpedo


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