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Mon femme : fusion, qui est qui ? par Gilles Delcuse et Gaelle Reynaud

Catégorie société
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Une femme devant moi. Belle, grande, des jambes bien solides sortent de dessous sa robe. Des épaules carrées, en tous cas bien autant que celles des sculptures grecques, femmes puissantes, femmes vivantes.

J’ai oublié qu’être une femme, c’est être indestructible. Une femme aime les coups, ne s’en lasse jamais. Surtout, ne pas tomber. Jouir de cette vie qui fait de moi un être vivant, je jouis de vivre oh... chanceler tout le temps, le monde n’est beau que pour les masochistes.

Cette femme devant moi. C’est elle. Ses mains trahissent son âge, la finesse de celles qui savent. Ta nuque est belle, une rangée de perles grain de peau. J’aime ta peau qui coule tendue sur elle-même.

Je suis une femme. Qui aime les hommes. Je suis un homme. Qui aime les hommes. Je suis une femme. Qui aime les femmes aussi. Et comment je survis à mon impossibilité ? Mon sexe n’a pas d’objet. Je suis cassée, sectionnée de moi-même,

-  qui est cet autre moi-même ?

Une femme devant moi - oui, j’aime les femmes, mais j’aime aussi les hommes et puis je suis un homme. J’aime les hommes, les « vrais », ceux qui me dominent... tant qu’ils savent qu’à tout moment je peux les dominer. J’aime dominer un homme, parce qu’il paraît plus beau. J’aime être dominée par lui, parce qu’il est plus beau que moi.

Un homme dominé, c’est un surhomme. Nietzsche n’est pas si loin.

J’aime les femmes, je te demande, Regarde-moi comme si tu étais une femme - mais tu es femme, regard lumineux, pétillant, liberté, les yeux d’une femme s’envolent à chaque instant. Tu es une femme, toi l’homme que j’aime, je m’approche de toi.

Je touche ta hanche, remarque sous la jupe ta jambe robuste. J’aime la chair qui entoure ta cuisse, non, pas la culotte de cheval des femelles, plutôt cette épaisseur nerveuse qui trahit la puissance. Ma main délicatement glisse derrière ta jambe. J’apprécie avec bonheur tes fesses de danseur, mon amour, tu danses ta faiblesse et ta puissance. Ma main glisse le long de ton dos, la colonne vertébrale est mon guide. Je pourrais presque sentir les impulsions électriques, celles qui parcourent ta moue et tu penches la tête : ta nuque m’est offerte.

Le grain de peau luit de ta sueur nerveuse. Nous le sommes toutes les deux. Ou tous les deux - ah oui ! c’est vrai, le masculin l’emporte...

J’embrasse les perles de ta peau. J’ai envie de mordre ta nuque palpitante, le coeur à cent à l’heure. J’ai envie. J’ai envie. Putain que j’ai envie. Ta poitrine et la mienne se collent. J’ai envie. Mes lèvres sur ta nuque s’appliquent. J’ai envie. Mes dents doucement serrent, sentir la chair s’affoler, le sang affluer, s’échapper, affluer encore. J’ai envie. Sur mon ventre, ta queue lance des messages. J’ai envie. Sentir les messagers du ventre, hardis petits soldats !

J’ai envie de toi, c’est tout, mon corps bat en retraite derrière l’homme en moi, l’homme veut te posséder un instant, faire de toi sa chose, j’ai envie. Mes mains griffent ton dos, les impulsions électriques redoublent et me parviennent, je sens les fossettes au creux de tes reins, ces fossettes me troublent. J’aimerais tant que ton corps m’offre des entrées par tous les pores, toutes les cellules, mes cellules fondent en toi, et ma main le désire plus encore.

Mes dents desserrent leur étreinte.

Mes lèvres se décollent. Je regarde tes yeux un instant. Tu es homme, je suis femme, tu es femme et je suis homme. Mon frère, ma soeur, mon doux amour. Tu m’offres ton dos. Tu m’offres ton cul. Je lève ta jupe. Ta culotte délicate descend avec grand’peine. Tu m’ouvres tes jambes. La culotte freine leur offrande. Le cul en arrière. Tu pries un dieu mort ou m’implores de ta bouche ? Ton anus semble me parler. J’aime quand tu me parles par l’endroit hors de parole. J’embrasse cette bouche que j’aime tant faire taire.

Elle me le demande encore. J’embrasse, je t’embrasse, encore et encore, ma langue caresse lentement les vallées de ta bouche. Ta bouche s’ouvre, tu veux parler ? Tu m’appelles et tu geins.

Chut ! un enfant sage doit bien obéir à sa maman.

-  Mal aux dents, peut-être ?

c’est vrai qu’ici tu n’en as pas. J’applique avec douceur le baume de l’amour.

Ton corps m’appelle, c’est pour bientôt. Embaumer comme on prépare un mort, il faut aimer la mort pour connaître l’amour.

C’est là que tu me cries : viens en moi je t’en supplie. Impatience et suppliques, arrête mon supplice ! Le désir est souffrance. La souffrance appelle le plaisir. Le plaisir peut venir dès que meurt la souffrance, je t’appelle, désir, joie, joie, joie !

Mes doigts en toi. Moi en toi. Ma bouche en ta bouche. Ma langue dans ta bouche. Ta langue dans la mienne. Mes doigts en toi. Mes doigts en toi. Sur ta cuisse, la jupe redescend. Je la relève et c’est ton ventre que je sens. Mes doigts en toi. laisse-moi caresser ton ventre, ton vit, tes seins, tu es femme et je suis homme, tu es homme et je suis femme, j’ai envie de toi, j’ai envie de toi - mes doigts en toi.

C’est mon corps qui là souffre. J’appelle. J’appelle. Mes doigts en toi.

j’appelle ton plaisir, que le mien s’émerveille - mes doigts en toi. Je sens que je touche à l’endroit du jouir. Je sens que tu souffres de trop jouir de moi. Je sens ton corps frémir, tu trembles et j’aime ta souffrance - mes doigts en toi.

Ta souffrance est désir, désir de crier pour ne jamais plus souffrir, j’appelle Nirvana ! J’appelle la mort ! J’appelle ma propre mort ! Tu cries.

Un nuage de lait dans mon café. Ton corps revient à moi. Tu m’enlaces - le bateau coule. Tes lèvres tremblent et tes yeux sont fermés. Tu pleures pour ta nudité.

-  Je souffre pour ta fragilité. Je souffre et te désire, que dire ?

Le désir est souffrance. J’attendrai. Mon désir peut attendre. Mon désir est souffrance, ma souffrance appelle mon plaisir. J’attendrai. La souffrance va grandir. Le plaisir...



Publié le 13 juillet 2007  par Gilles Delcuse


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Forum de l'article
  • Mon femme : fusion, qui est qui ? par Gilles Delcuse et Gaelle Reynaud
    5 décembre 2016, par EricaPierce
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