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La guillotine carcérale. Silence on meurt
par Laurent Jacqua

Catégorie société
Il y a (5) contribution(s).

(JPEG) Épisode 6

Braquages, braquages...

Qui est le plus voleur des deux, celui qui braque la banque ou celui qui la crée ? ...

Ce matin-là, après un réveil douloureux et un rapide petit-déjeuner, je me retrouvai dans la voiture, la tête en vrac plongée dans les cartes.

Nous étions en repérage.

On passa la matinée à tourner dans la région.

On finit par se fixer sur une petite agence bancaire. On la braquerait le lendemain matin.

On retourna à l’appartement mais, tout en faisant l’itinéraire de fuite, je me décidai à parler à Pascal de l’étrange sensation de surveillance que je sentais peser sur nous, comme si nous étions suivis ou observés. Mon sixième sens était inexplicablement en alerte.

Peut-être s’agissait-il d’un peu de parano, mais, par précaution, on décida de quitter Cognac dés qu’on aurait braqué, pour rejoindre la région parisienne où nous serions plus en sûreté et où je pourrais contacter quelques-unes de mes relations pour trouver une planque et de faux papiers.

Nous prîmes également la décision de nous lever avant l’aube afin d’être toujours prêts à fuir avant six heures, heure légale pour les interventions policières.

Durant la nuit, nous volâmes une autre voiture pour le hold-up. Nous fûmes de retour très tard à la planque. Je décidai d’aller me coucher.

La nuit fut courte et mouvementée : je n’arrivais pas à trouver le sommeil, mes sens étaient à fleur de peau à cause de cette mauvaise impression que je ressentais.

Je sais, par expérience, qu’il faut toujours s’écouter quand quelque chose cloche, surtout en situation de cavale, chaque événement insolite, chaque détail anormal comptent et peuvent être le signal d’un danger imminent. J’essayais de me persuader que c’était peut-être la fatigue, mais rien n’y faisait mon esprit ne s’apaisait pas. Finalement je passai une nuit blanche.

Nous décollâmes très tôt ce matin-là, nous braquerions dés l’ouverture.

C’est l’estomac serré que nous arrivâmes dans la petite ville qui se réveillait tout doucement.

Pascal plaça sa cagoule sur la tête. Moi, je me servirais d’un sweet à capuche. Je ferais l’ouverture.

C’était parti...

Nous prîmes la direction de l’agence : tout nous paraissait calme. Mais en débouchant dans la rue où elle se situait, je constatais la présence insolite de deux balayeurs en face de l’entrée de la banque. Ce n’était pas normal !

-  Pascal, fais marche arrière ! Il se tourna vers moi, inquiet, mais s’exécuta immédiatement.
-  Que se passe-t-il ?
-  Je ne les sens pas, ces balayeurs !
-  OK, on se tire !

Nous avions pu être repérés la veille. Pascal était d’accord, pour lui aussi ces balayeurs étaient plutôt bizarres !

L’agence était peut-être sous surveillance. Nous devions improviser et trouver une autre cible.

C’est donc sur notre itinéraire de fuite que l’on tomba sur une autre agence.

Au moins, là, nous étions sûrs de ne pas être attendus, puisque nous l’avions vraiment choisie au pied levé. L’opération dura cinq minutes. Pascal s’était occupé de l’argent, tandis que je surveillais les clients. Après avoir vidé coffre et guichet, on quitta les lieux sans précipitation avec à peu près 50 000 Frs. C’était peu, mais suffisant pour respirer et nous permettre de quitter la région.

On abandonna la voiture utilisée pour le braquage pas très loin de notre planque, que l’on rejoignit à pied. Dès notre arrivée, je reparlai à Pascal de mon mauvais pressentiment que la présence des deux balayeurs venait de confirmer.

Nous devions quitter au plus vite cet appartement, quelque chose ne tournait pas rond. Nous décidâmes de partir dans la nuit. On fit part de nos intentions à la personne qui nous hébergeait. Elle était d’accord et nous accompagnerait jusqu’à la gare d’Angoulême, située à une centaine de kilomètres de Cognac. Là nous y prendrions le premier TGV pour Paris.

Après avoir passé une fin de journée angoissante, nous arrivâmes au soir.

À l’époque, de vingt-deux heures à six heures du matin, toute arrestation dans un lieu privé était interdite, mais je n’étais tout de même pas rassuré.

Après avoir remercié les amis de Pascal, nous abandonnâmes notre cachette sur les coups de trois heures du matin.

C’était plus prudent de rouler de nuit, pour éviter tout contrôle. Notre hôte nous déposa à la gare d’Angoulême et retourna aussitôt sur Cognac. Après quelques heures d’attente, nous fûmes à bord du premier TGV pour Paris.

Pour éviter les guichets, nous avions décidé de prendre les billets directement auprès du contrôleur.

Nous filions à 300 Km/h vers la capitale. On pouvait se détendre un petit peu, les yeux plongés dans le paysage qui défilait.

Six heures du matin à Cognac : le GIGN intervenait dans la planque. Constatant notre absence, ils procédèrent à l’arrestation du propriétaire des lieux, qui revenait d’Angoulême. Tous les amis de Pascal furent interpellés dans un vaste coup de filet.

Sans le savoir, nous venions d’échapper à une arrestation.

Nous étions sous surveillance, depuis le début. Notre hôte, sans doute impressionné par un tel déploiement de forces, n’hésita pas à informer les enquêteurs de notre intention de rejoindre Paris en TGV.

C’est ainsi que l’OCRB fut informé de notre arrivée prochaine en gare de Montparnasse. Ils décidèrent de poursuivre la surveillance mais sans tenter une arrestation en pleine gare. Notre arrivée se passa donc sans encombre. Dès notre descente du train, nous nous étions dirigés vers une station de taxis.

J’étais un peu nerveux. Les gares ne sont pas des lieux à fréquenter pour deux types en cavale.

J’indiquai au taxi une rue du 17e arrondissement, quartier que je connaissais bien et où nous n’aurions pas de mal à trouver un hôtel, deux, trois étoiles, ne demandant pas de pièces d’identité.

Nous trouvâmes sans difficulté deux chambres pour la nuit. Règles que je décidai de nous imposer : réveil à 4 heures, pas plus de vingt-quatre heures dans le même hôtel. Cela limiterait les risques.

On profita de cette première journée dans la capitale pour faire des achats urgents, vestimentaires et matériels.

Pascal ne connaissait pas Paris, j’étais son guide.

Nous trouvâmes tout ce dont nous avions besoin en vêtements. Puis je dénichai dans divers magasins spécialisés des talkies-walkies ainsi que deux scanners performants pour l’écoute des fréquences de police. Durant l’après-midi, je tentai de joindre quelques relations susceptibles de nous fournir une aide. Après quelques tentatives infructueuses, je réussis, dans la soirée, à contacter un ami sur lequel je pouvais compter.

Je convins d’un rendez-vous pour le lendemain midi. J’espérai trouver auprès de lui une bonne planque et de faux papiers.

A suivre...

SOURCE Laurent Jacqua



Publié le 3 août 2007  par torpedo


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Forum de l'article
  • La guillotine carcérale. Silence on meurt
    par Laurent Jacqua
    7 août 2007
    Il y a beaucoup moins qu’une centaine de kilomètres entre Cognac et Angoulême
  • La guillotine carcérale. Silence on meurt
    par Laurent Jacqua
    9 août 2007, par Delcuse
    Le braquage est une méthode dépassée. Il faut adapter le boulot au temps présent. Aujourd’hui, l’escroc est plus indiquée que le braquage, ne serait-ce que parce qu’un brac, c’est devenu extrêmement dangereux pour un résultat ridicule. Celà dit, la vrais solution se trouve dans la révolte. La révolte qui mène au renversement de toutes les valeurs.
  • La guillotine carcérale. Silence on meurt
    par Laurent Jacqua
    19 août 2007, par patate
    c’est pas normale d’etre braqueur il faut bosser,cela meme a rien de voler puis d’etre tout le temps en cavale,mieux vaut vivre pauvre que mourir riche mals malhonnette
  • La guillotine carcérale. Silence on meurt
    par Laurent Jacqua
    22 avril 2014, par waynedavies222
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  • La guillotine carcérale. Silence on meurt
    par Laurent Jacqua
    4 janvier 2017, par EricaPierce
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