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Analyse critique de l’anathème : "les Français sont des veaux "
par La Louve

Catégorie politique
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(JPEG) Ca faisait un moment que je n’avais pas vu une partie de ma famille.

A dire vrai, je ne les avais pas vus, ces cousins, tantes, etc, depuis un an, et donc, je ne les avais pas revus depuis que j’avais adhéré au PCF...

Ce week-end, c’était l’occasion de retrouvailles avec une partie d’entre eux. Et c’était instructif.

1. PETIT PORTRAIT DE FAMILLE...

Il faut d’abord que je vous dresse un tableau rapide de cette partie de ma famille (pas pour le plaisir de vous parler de ma famille, mais pour vous situer le propos...)

Mon grand père était un ouvrier dans un garage. Il a commencé sa vie professionnelle à 16 ans, avec un vélo et les mains dans le cambouis du matin au soir. Bon je vous raconte ça , ça se passait en province dans les années 30/40...

Petit à petit, d’ouvrier, il est devenu patron du garage, et puis, à l’activité du garage il a ajouté un station service et puis, une concession d’automobiles...et puis il acheté des petits « immeubles de rapport » comme on dit...

Une sorte de petite « success story » franchouillarde donc. Un « self made man » comme on les glorifiait dans les années 80.

Aujourd’hui, mon grand-père est mort depuis quelques années, et puis , finalement, ma grand-mère paie l’ISF et comme elle dit, elle en est contente quand même car c’est la preuve qu’elle n’est pas dans le besoin...

Chez mes grands parents, la politique (ainsi que l’argent, le sexe et la religion) sont des sujets tabous (surtout à table) et ma grand-mère veille autant que possible, à 78 ans, à ce que ça ne dégénère jamais et à ce qu’on puisse savourer le déjeuner dominical en paix - pas de bol pour elle, deux de ses filles (les plus « à gauche » va-t-on dire), ont épousé des types qui étaient fana de politique, c’est donc assez compliqué !

Bref, me voilà donc arrivée dans « ma famille »... Jusque là, tout se passe bien. Bisous - bisous, on est contents de se retrouver, on discute de tout et de rien, c’est sympa, il fait beau et tout et tout...

Je précise que dans cette partie de ma famille, quels que soient leurs revenus et leur statut social, 80 % des gens ont voté Sarkozy, 10 % ont voté Royal et 10 % n’ont pas voté au second tour...

Je précise aussi qu’il n’y pas de « smicard » ni de « chômeur » autour de la table, qu’il y a des hauts et des bas salaires, des propriétaires et des locataires, des cadres, des non-cadres, une profession médicale travaillant en PMI (ma tante, fonctionnaire donc), une profession libérale, et une personne qui va essayer de « monter sa boîte »...

2. POLITIQUE EN FAMILLE A L’HEURE DE L’APERO...(CE N’EST JAMAIS UNE BONNE IDEE ;-))

Arrive l’heure de l’apéro...Les petits sont couchés, ma grand-mère est dans sa cuisine en train de finir de préparer le dîner.

Immédiatement, je sens que l’ambiance va se crisper...

Et en effet, à la première gorgée de rosé, les hostilités commencent...

Ma tante : « ...Dis donc, Elo (c’est comme ça qu’on m’appelle là bas), il y a un truc qui m’étonne, enfin, qui vraiment laissée sans voix, que je ne comprends pas...

(Moi) - Ah oui ? Quoi ?...

(Ma tante) - Je ne comprends pas comment tu as pu...comment tu peux... te laisser embobiner comme ça, toi, une fille intelligente pourtant, au point d’avoir, euh... soutenu...les COCO !!!... C’est dingue ça, vraiment, là , j’ai pas compris.... Qu’est ce qui t’a prise ? C’est fou ça , à notre époque ?

(Un cousin) - .... Oui c’est vrai ça, c’est carrément N’IMPORTE QUOI !!!!

(Le ton monte tout de suite chez mes contradicteurs, j’essaie de rester détendue et ouverte - pas facile...)

(Moi) - ...Mais euh...pour vous, c’est quoi le problème au juste ? C’est le militantisme ? C’est le PCF ? C’est le communisme ?...C’est quoi ?

(Ma tante)- Mais , c’est TOUT ! Tout... CA ! Que tu sois devenue militante coco, au PCF, avec tous ces ringards ( bing), tous ces menteurs (re-bing), tous ces gens qui ne comprennent manifestement rien à la société dans la quelle on vit (re-re-bing)...

(Moi) - Ecoute, tu sais, je ne suis pas arrivée là par hasard, je peux expliquer - si vous me laissez faire, bien-sûr - c’est l’aboutissement d’un cheminement assez logique... j’ai simplement fini par mettre bout à bout des éléments tirés de mon expérience professionnelle, de ma réflexion politique après quelques années au PS, j’ai essayé de tenir compte de mes envies aussi, et de ce que je constate dans notre société, j’ai fini par comprendre le système capitaliste et je ...

(Une cousine) - AH ! Ah ben voilà ! « CAPITALISTE » ! Tout de suite les grands mots ! Ca y est hein, ils t’ont endoctrinée, ah, bravo... moi qui te prenais pour une fille indépendante, intelligente, mais non ! Enfin tu t’écoutes ? Tu entends ce que tu dis ? Mais c’est n’importe quoi !

(Moi) - .. euh pardon, mais si vous voulez on change de sujet, parce que je ne sais pas pourquoi, je sens qu’on ne va pas discuter là mais se disputer, et c’est dommage, ça fait un an qu’on ne s’est pas vus...

(Ma tante) - Mais non mais non ! On va discuter, ça m’intéresse, moi...Moi, j’ai voté Bayrou au premier tour, bon, pour dire à Sarko de mettre un bémol sur un ou deux trucs, mais sinon oui , je suis de droite, parce que la gauche hein franchement ,c’est n’importe quoi, mais je ne demande qu’à être convaincue !

(Une cousine)- Ah non, moi, pas question, moi j’ai voté Sarko au premier et au second tour. Il est épatant ce mec, il va remettre la France sur les rails ! Au boulot les feignasses ! Et puis ça suffit les étrangers et tout ça ! Fini de rigoler ! Et puis Cécilia, elle est terrible, moi j’adooooorrre, elle a trop la claaaaaaasssse, ELLE, elle fait envie aux jeunes tu vois, pas comme ton Arlette (sic).

(Moi)- Hmmmm...Pas Arlette, Marie-George... oui, c’est ça, bon, c’est ce que je dis, je connais vos idées, quand même, je sais bien que vous avez presque tous voté Sarkozy ici alors bon, je ne vais pas vous faire changer d’avis ce soir, même si je pense que vous êtes dans l’erreur. En plus vous ne m’avez pas l’air très disposés à ce que j’essaie...

(Ma tante, limite hystérique) - Mais si vas-y, dis nous ! Enfin, comment c’est possible quoi ? Tu vas pas me dire que tu ne te rends pas compte que ce qu’on veut tous et toutes, c’est gagner du fric !

AVOIR DE L’ARGENT, tu vois ?...Tu comprends ça ?

(Un cousin) - Ouais ! Et y’en a marre aussi de bosser pour des assistés qui foutent rien de leur journée et qui préfèrent toucher le RMI plutôt que d’aller bosser ! Je bosse, moi, je bosse ! Non, moi je me DEFONCE pour avoir du fric, je bosse même le dimanche, voilà et du fric j’en ai et du fric j’aime ça , alors tes histoires ma pauvre...

(Moi) - ... Mais enfin, il faut atterrir là, c’est quoi ce tableau de la France que vous me faites ? Tous des fainéants et des profiteurs sauf vous c’est ça ? Il n’y en a pas un sur cinq ici qui lise autre chose que « Var Matin » et « Gala » et qui regarde autre chose que TF1 !!

Si le travail fourni par les salariés ne rapportait pas , si ce n’était pas l’origine du profit, si c’était vraiment quantité négligeable comme vous le dites, pourquoi les grèves seraient si redoutées, pourquoi on essaierait de supprimer ce droit, si les boîtes « tournent toutes seules » ?

(Ma tante) - Ohlalala, mais ça m’a rien à voir ma pauvre, il ne faut pas exagérer quand même, ce ne sont pas les salariés qui font tout hein !

(Moi) - (Gloups, le rosé passe de travers)...Ah bon ? Et c’est qui alors ? Le patron, tout seul avec ses petits bras musclés ?

(Ma tante, le couteau entre les dents, prête à égorger la dangereuse bolchevique en face d’elle, c’est à dire sa nièce ) - Mais c’est le PATRON qui prend tous les risques quand même ! C’est normal qu’il ait envie d’en tirer beaucoup d’argent, c’est NORMAL !

(Moi)- D’abord il n’y a pas que le patron qui prenne des risques, et puis, pourquoi le risque volontaire serait plus récompensé que le risque subi ou le travail, tout simplement ?....

-  Mais enfin, vous vous rendez bien compte quand même qu’il y a un paquet de trucs qui ne vont pas dans notre pays ?

-  Que, quand on a la chance de trouver un emploi avec un CDI, pour beaucoup de gens, travailler ça devient presque un luxe ?

-  Des gens qui travaillent, comme vous et moi, et qui ne peuvent même pas partir 10 jours en vacances ?

-  Qu’à côté de ça, il y a des boîtes qui ont fait des bénéfices qui mettent la clef sous la porte du jour au lendemain ?

-  Que les patrons d’Airbus, qui ont mis à genoux une boîte dont les carnets de commande sont pleins (je leur agite « la Tribune » du samedi sous le nez) se sont fait entre 400.000 et 6 millions d’euros de bénéfices, entre leurs salaires et les stocks options et qu’avec leurs retraites, il y aurait de quoi payer environ 1000 retraités « de base » par mois !?

(La cousine) - Ben justement, avec Sarko, ça va changer tout ça ! ...Bon, même si c’est vrai que son histoire de travailler plus pour gagner plus, j’ai pas bien compris là...

-  mais comment tu expliques toi que toutes les grosses fortunes elles n’habitent pas en France ,que leur argent n’est pas en France ,tiens ?

-  Mais moi, moi à leur place, je ferai pareil ! Tu te rends compte du nombre de gens qui paient pas d’impôts en France ?

Et de tout ce qu’on paie, « nous » ?!

(Moi) - Ah ... Alors, on peut en parler des grosses fortunes, je pense que je les connais mieux que toi justement (elle vend des téléphones portables), je me suis occupée de leurs affaires pendant 6 ans ... Alors on peut en parler oui, des patrons ( les anonymes hein, je ne parle pas de Bernard Arnault) qui vendent leur boîte pour 20 millions d’euros et mettent tout ce fric au Luxembourg ou en Suisse....

Bon, mais, maintenant, la droite leur a fait plein de cadeaux, logiquement donc, ils devraient déjà avoir rapatrié leurs fortunes ?

(Ma tante) -...Je sais pas, oui, sans doute ,non, enfin non, parce que de toute façon en France « on » ne peut pas bosser, « les GENS » ne veulent pas travailler, et en plus le travail coûte trop cher, d’ailleurs c’est pour ça qu’ « on » est obligés de délocaliser, parce qu’ « on » est écrasés par les charges...Et quand les gens veulent bosser, « VOUS » les en empêchez !

(Moi, complètement éberluée par ce que j’entends depuis 15 minutes) - Bon ok, je vois l’étendue des dégâts... soyons sérieux cinq minutes. Vous voulez discuter, ok, on va discuter.

Toi, là (je vise ma tante), tu me parles de « faire du fric », de « gagner du pognon », mais tu as choisi de faire un métier par vocation (assistante sociale en gros) et qui n’a JAMAIS rendu personne riche, alors es-tu sûre que quand tu es vraiment qualifiée pour me parler de « gagner du fric » ? Je ne savais pas que c’était une valeur dans ta vie ça...C’est nouveau !?!

Et ces impôts sur lesquels tu craches, et cette Sécu que vous maudissez tous et toutes depuis une heure, si il n’y avait pas ça, comment tu aurais fait soigner ton fils pendant les 15 premières années de sa vie où il a passé 80 % de son temps à l’hôpital ?!!!

-  C’est avec ton petit salaire de fonctionnaire que tu aurais payé tout ça ?

-  Toutes ces opérations ?

-  Toutes ces analyses, ces médicaments ?

-  Tu crois qu’il lui serait arrivé quoi à ton fils, aux Etats-Unis ?

Et toi là (je vise un cousin), si il n’y avait pas eu l’école publique ET gratuite pour te permettre de passer, laborieusement, un diplôme qui t’a permis de trouver ce job qui te paie si bien aujourd’hui, t’aurais fait comment, avec ce que gagnait ta mère, et ton frère malade, pour suivre des études ?

Et toi (je vise la cousine) toi, ton père est flic, qui est-ce qui le paie ton père ? C’est l’Etat non ? Avec quel argent ? Avec les impôts des gens non ? C’est normal, mais ils étaient bien contents tes parents d’être logés en caserne pendant 15 ans et de pouvoir s’acheter une maison sans emprunt avec tout ce qu’ils ont économisé comme loyers non ?!

Mais MERDE à la fin !!!!

Vous profitez tous et toutes directement et indirectement de TOUS les acquis populaires et sociaux auxquels les communistes ont largement contribué, quand ils n’en ont pas été carrément à l’origine, y’en a pas un de vous ici qui soit VRAIMENT riche, pas un qui sache ce que c’est vraiment qu’une entreprise, ce que c’est que le capital, pas un qui ait vraiment intérêt à défendre le système que Sarkozy, lui défend, et vous venez me faire la morale et m’expliquer la vie ?!!!

Bon...Qui sait ici quel est le taux d’imposition des bénéfices des sociétés en France ?

(Ma tante) -...Ben je ne sais pas moi ! c’est comme nous j’imagine , ça dépend...et puis on s’en fiche de ça !

(Moi) - Raté - c’est 33,33% pour tout le monde, pour ta future boîte (je vise un cousin) - si t’arrives à la créer et à la faire vivre bien sûr (petit rire sarcastique) - comme pour TOTAL !

-  Tu trouves ça normal toi ?

Une autre question : qui connaît le barème des impôts sur le revenu des personnes physiques et qui peut m’expliquer le bouclier fiscal ? Qui connaît le montant des TVA ?

(Pas un bruit, je continue...)

Ah bravo ! Ca fait moins les malins dès qu’on rentre dans le vif du sujet...

-  Qui peut m’expliquer comment fonctionne la Bourse ?

-  Ce que c’est qu’un actionnaire ?

-  Ce que c’est qu’une plus-value ?

-  Un profit ?

-  La différence entre un chiffre d’affaires et un bénéfice ?...

-  Toujours rien ?

(Silence)

....Vous êtes vraiment des GROS NULS (là, je m’énerve, j’avoue) - vous devriez fréquenter plus de communistes tiens, parce que je peux vous dire qu’au PCF, la plupart des gens savent à peu près ce dont il s’agit ; quel que soit leur niveau d’études et quel que soit leur salaire.

( Un cousin) - Ouais... bon, c’est ça, tu vas nous faire croire que les coco sont plus malins que tout le monde ? Vous êtes plus intelligents que nous hein c’est ça ? Ben si vous êtes si bien que ça, pourquoi on vous entend pas à la télé, pourquoi on vous entend pas à la radio hein ? Pourquoi on les connaît pas vos super-méga-géniales-propositions hein ? C’est le « complot » c’est ça ? (gloussements stupides...)

(Moi) - Bonne question, je te conseille d’y réfléchir en prenant en compte que le patron de TF1 est le parrain du fils de Sarkozy...on va en reparler...

-  Bon, on reprend, qui peut me dire combien fait un SMIC aujourd’hui ?

( Un cousin, cadre sup’)...1500 euros bruts !

(Là j’avoue je m’étrangle de stupéfaction avec mon rosé...)

(Moi) - ... pardon ?????

(Je suis estomaquée, ma tante en profite pour reprendre l’avantage...C’est la guerre !)

(Ma tante, agacée) - Bon de toute manière là, tu pourris le débat, tu nous embrouilles, la question c’est pas ça, la question c’est que vous la gauche (sic) vous êtes comme tous les autres, vous promettez des trucs et puis une fois au pouvoir, hop, oublié, et vous faites pas mieux que les autres, alors pourquoi on voterait pour vous alors qu’en plus, vous ne voulez même pas qu’on gagne du fric ?!!!

(Moi) - Mais enfin... t’es folle ou quoi ?

Où t’as entendu que les communistes ne voulaient pas que les gens « gagnent de l’argent » ?

Justement, on se bat AUSSI pour le relèvement du SMIC et la revalorisation générale des salaires ! On se bat pour que les richesses ENORMES produites en France soient enfin redistribuées, utilisées pour l’intérêt général, pour que nos gosses aillent à l’école, se fassent soigner décemment sans que ça te coûte un œil à chaque fois, pour que nos parents aient une retraite...On se bat pour que les gens aient envie de bosser justement, sans être traités comme des esclaves pour autant, sans avoir à se pendre de désespoir au plafond des usines, pour que le droit du travail (qui protège encore un peu nos fesses à tous et à toutes) ne soient pas mis en pièces..

Mais... ça ne vous parle pas DU TOUT, tout ça ?!! Vous êtes prêts à envoyer tout ça au dessus des moulins ?

(Un cousin) - Pfff, mais c’est VOUS à gauche qui n’avez RIEN compris, le seul moyen de faire tout ça et que ça continue, c’est de laisser les patrons faire tourner leurs boîtes et gagner du fric...comme ça de l’argent il y en aura, et pour tout le monde et l’Etat n’aura plus de dette !On a vu ce que vous avez fait à chaque fois que vous avez eu le pouvoir, vous , les socialo, la dette publique a monté en flèche !

(Moi)- ...communistes... on parle des communistes là !...Non mais là, je rêve... Bon, imaginons que vous soyez VRAIMENT des bourgeois et des capitalistes, on va voir...

-  Est ce que vous savez qui est le premier employeur de France ?

(La cousine) - Oui, c’est les PME, y’a une pub sur ça !

(Moi) -Oui, exactement, ENFIN une bonne réponse ! BRAVO. Bon, est-ce que tu sais ce que ça veut dire concrètement, une PME ? Et est-ce que tu sais faire la différence entre une PME et une boîte du CAC 40 ?

(La cousine) - Bien sûr ! les PME ce sont de petites entreprises, avec peu d’employés, elles ne sont pas cotées en bourse, alors que les multinationales, elles sont cotées au CAC 40 (sic)...et le problème de ces petites boîtes, c‘est les CHARGES SOCIALES !

(Moi) -Bon c’était bien parti, mais t’es à nouveau à côté de la plaque.

-  Est-ce que vous savez quelle est la réalité des PME aujourd’hui ? Etranglées par les banques privées, les grosses entreprises qui leur sous traitent et qui elles, souvent, ne paient pas leurs charges ou les paient très en retard, le poids des impôts, le dumping social des nouveaux pays européens, c’est CA la réalité des difficultés des PME aujourd’hui, pas les « charges sociales » !

Et ces « charges sociales », elles vont où elles servent à quoi ? Vous n’en bénéficiez pas peut être ?

Ecoutez, depuis le temps que la droite les baisse, ces charges, on voit bien que ça ne va pas mieux pour les entreprises, ni pour les salariés !

-  Il y a un MONDE entre vous et des types comme Sarkozy, vous ne vous en rendez pas compte ou quoi ?

C’est quand même pas des pauvres types comme nous qui sont invités le week-end sur le yacht de Bolloré !!! Et si ce monde de différences existe, c’est parce que vous n’êtes pas du même côté de la barrière et que, son univers à lui il se le construit aux dépens de notre univers à nous ! »

(Du bruit, au fond...Ma grand mère sort de la cuisine...)

« Bon, les enfants, à table ! Ca suffit, vous me faites de la peine, vous savez bien ce qu’on dit : pas de politique ni d’argent pour un dîner réussi »...

Pfff.....Fin du round... La parole de la grand-mère étant encore sacrée, même si elle est infondée, nous nous taisons enfin et restons tous un peu hagards comme des sportifs à la fin d’une compét’...

Je ferme les yeux, je vide mon verre... Je vais faire un tour avant de passer à table car je ne pourrai rien avaler tellement je me suis fait agresser, et tellement j’ai entendu de bêtises...

3. LA MORALE DE CETTE HISTOIRE

La morale de ce petit échange que je vous ai rapporté parce que je l’ai entendu également, en substance, de nombreux salariés dans la boite où je travaille, (et je vous autorise à ne pas faire de commentaires sur ma famille, qui n’était pas le sujet mais le support ; comme dirait Rachida, on ne la choisit pas ;-) ) c’est que les Français votent Sarkozy de bonne foi.

Parce qu’ils sont complètement à côté de la plaque et que, le pire du pire c’est qu’ils pensent SAVOIR et avoir COMPRIS quel était le système dans lequel nous vivions... Ca on peut s’en rendre compte aussi quand vos voisins tiennent pour acquis que dans la fonction publique, les jours de grève sont payés.

Vous ajoutez à cela qu’aujourd’hui, les gens votent pour les personnes à qui elles ont envie de ou prétendent ressembler, et non plus pour les gens qui les représentent le mieux et défendent leurs intérêts. Comme on disait à une époque, les valets imitent les maîtres, jusqu’à inversement de la tendance, dès que le maître ne donnera plus suffisamment à manger à son valet et préfèrera se poudrer la perruque que lui donner ses gages...

Je renvoie à un très bon petit article de « Marjo » publié ici en début de semaine, sur le gouvernement qui souffle sur les braises de la discorde entre les citoyens. C’était plein de choses justes. Cela étant dit, il ne faut pas non plus verser dans le discours "les gens sont des cons", même si parfois on a en a rudement l’impression, et qu’on en a gros sur la patate, parce qu’il y a des tas d’explications à la situation dans laquelle nous sommes...

3.1. « Les gens » ne sont pas des cons mais ils pensent savoir,( ce qui est pire).

Non, les gens ne sont pas "des cons".

"Les gens" me font surtout de la peine, (sans ironie), une peine immense, parce qu’ils sont pris à fond dans le miroir aux alouettes et n’ont pas encore la lucidité de s’en rendre compte.

"Ce que je sais, c’est que je ne sais rien" : sage parole que nous devrions ériger en maxime- et j’ajouterais :

"Et surtout j’aimerais ne RIEN savoir".

Mon père était toubib à la campagne. Et je me souviens que ce qui le mettait en pétard plus que tout, c’était quand ses patients venaient le voir avec une « liste de courses à faire » sur le thème du « j’ai entendu à la télé que si on avait tels symptômes, on avait telle maladie et alors, qu’il fallait tel médicament, alors est-ce que vous pouvez me donner ça Docteur ? »

"Les gens" (et peut être même nous ;-)) ont la tête farcie, FARCIE de données fausses, de préjugés.

Ils CROIENT avoir tout compris au système, et ils s’en gargarisent parce que, en ces temps ineptes, c’est devenu "in", grâce à la télé réalité, aux psy , aux talk shows etc, d’avoir un avis sur tout et d’être "informé". Ils le croient « de bonne foi ».

Surtout quand tu ne paies pas ton quotidien, tu n’hésites plus à « t’informer » - y’a qu’à voir ce FLEAU des "gratuits" distribués béatement par des étudiants sous-payés, à la porte des métros ...

Donc, ils croient être BIEN informés parce qu’ils reçoivent BEAUCOUP d’informations ; ils pensent avoir des arguments mais ils n’ont que du prêt à penser, et ils raisonnent de travers de A à Z sur ces monceaux de données dont on nous abreuve quotidiennement.

Ce comportement a une explication sociologique, mais c’est aussi parce que c’est à cela que nous sommes entraînés depuis une 30 aine d’années dès l’école :

bouffer de l’information estampillée "intelligente" et surtout ne plus réfléchir.

3.2. Parenthèse sur l’appauvrissement de l’enseignement offert aux prolétaires et corrélation avec nos 1,97%...

Je fais une parenthèse pour illustrer ce propos...

La "méthode globale" pour l’apprentissage de la lecture tiens - y’a qu’à voir ce désastre, c’est à peine bon pour éduquer les chimpanzés... Heureusement que la génétique n’a pas assez progressé pour qu’on ait des chevaux à 5 pattes ! Vous imaginez le b... pour les mômes qui ont appris à lire "cheval" en regardant l’image d’une bestiole à 4 pattes ?! Ca fait aussi que, quand j’étais chargée de TD à la fac il y a quelques temps, je lisais des copies de droit écrites dans un tel charabia que je cherchais toujours si la case "étudiant non francophone" était cochée ou pas.

Je me souviens particulièrement d’une perle, en droit constit, un sujet sur l’article 89 de la Constitution de 1958 (révision de la constit) :" Le premier ministre est le Président de la république sont interdépendants pour réviser la constitution"...(sic) et plus loin, une sous partie "application de l’article 89 dans les autres pays d’Europe"... ok....

Les filières qui ,autrefois, étaient dites, avec un certain mépris par « la gauche », "élitistes" (parce qu’elles apprenaient à réfléchir justement et offraient encore des débouchés) sont en perte de vitesse dans l’enseignement public, pour ne pas dire qu’elles disparaissent totalement (sauf dans les "meilleurs lycées de France", bizarrement) : orthographe et grammaire française, allemand, latin et grec (aux grammaires peu évidentes et au fonctionnement quasi-logique), et maths, bien sûr.

"De mon temps" (mais je dois être la dernière génération à avoir connu cela), même quand on voulait faire des lettres, de la psycho ou du droit en fac ensuite, on faisait, ou on essayait, de faire un Bac "C" (maths) parce que c’était l’assurance à presque 100 % d’être pris dans de bonnes facs, de bonnes écoles...et qu’après ce bachot on avait plus le choix.

Les classes "allemand 1ère langue" comprenaient, en règle générale, les meilleurs éléments des collèges et lycées publics.

Ce n’était pas juste pour faire chic en faisant des "trucs qui ne servent à rien" ou avoir une culture générale - non c’était pour apprendre, entre autres bagatelles, aux élèves à réfléchir, à utiliser leurs têtes, à penser et non à se "faire penser".

C’est aussi parce que la difficulté des enseignements, leur côté un peu rébarbatif, pas « moderne », préservant les classes de la surpopulation qui gangrène aussi l’enseignement moderne (merci les suppressions de postes), nous étions moins nombreux que dans les classes à "anglais 1ère langue sans grec ni latin", et donc , nous étions plus encadrés par nos profs...

Bon, c’est vrai aussi que j’appartiens aussi sans doute à la dernière génération de Français pour qui faire des études supérieures à l’université avait encore un vrai sens, au moins "économique", puisque ça vous permettait, tout en vous enrichissant intellectuellement et en rencontrant des gens qui n’étaient pas forcément "comme vous", d’espérer avoir un job correct sans passer par les "pompes à Fric" que sont HEC, INSEAD etc.

Mais c’était sans doute dangereux de laisser les enfants de prolos avoir accès à tout ça donc, progressivement , on a fermé les robinets, tant dans la qualité de l’enseignement dispensé, que dans le soin qu’on a pris à recruter les enseignants (parce qu’on a commencé à les sous-payer donc, les « bons éléments » ont logiquement préféré faire autre chose de leurs talents - c’est exactement ce qui se passe avec les médecins et l’hôpital public) et que de là, on a commencé à baisser les moyens mis en structures et en personnels ...

Evidemment que, pour qu’un enseignement public de qualité ne soit pas vraiment « élitiste » (c’est à dire, ne soit pas, en fait, réservé aux mômes dont les parents ont fait des études et ont les moyens de leur acheter des bouquins et de leur payer des cours), il faut qu’il y ait suffisamment de personnel qualifié pour s’occuper des élèves et pouvoir accorder plus de temps à un enfant qui a des difficultés qu’à un enfant qui en a moins, il faut qu’il y ait de bonnes bibliothèques publiques, il faut que la conception des ouvrages scolaires ne soit pas laissée aux mains des entreprises capitalistes, il faut qu’il y ait des pions pour surveiller correctement les études...

Dans mon domaine, le droit, j’ai vu fleurir les boîtes à concours privées pour passer l’examen d’entrée à l’école du Barreau de Paris, et là, j’ai vu que c’était vraiment foutu, le peu de mixité sociale et de "tremplin public" que pouvait offrir la fac...

Quel bel exemple d’hypocrisie là encore !

Refusant d’instaurer un numerus clausus pour faire de cet examen ce qu’il était vraiment, avec des arguments petits bourgeois type "le numerus clausus et les concours c’est mal" (parce que la concurrence par le fric et la naissance c’est mieux peut être ?), on a refusé de limiter le nombre de places à l’école du Barreau...

-  Tout ça pourquoi faire finalement, je vous le demande ?

Saturer artificiellement un marché d’emplois, et pouvoir sous-payer et exploiter les "heureux élus" qui trouvaient un job en fin de parcours universitaires !

Donc ,en clair ,permettre à des multinationales du droit (souvent anglo-saxonnes dans ce domaine) et à quelques gros cabinets français, d’avoir de la "chair à canon" pas chère. Et ,comble du raffinement, faire de ces heureux élus les premiers défenseurs de ce système pourri... Trop facile... On connaît tout ça ...

Avec la mise en place de ce système d’éducation donc ,comme avec la "mal bouffe" venue des US, nos esprits sont devenus obèses. Nous sommes devenus, non pas les oies du Capitol, mais les Oies du Capital.

Têtes de file de ces Oies ?

Les petits marquis de l’ENA dont les puissants, en les agitant sous les ors des palais de la République et dans les multinationales ( ex entreprises publiques) , en les nourrissant de caviar, de vols en Concorde, et de salaires mirifiques, achètent les services, gonflent les ego qui leur ont permis , finalement ,d’inscrire leur propre légende et leurs mythologies de "cerveaux" au Panthéon de la "fonction publique".... (Voir les nouveaux "Gra(s)-cques", thuriféraires de l’alliance PS-UDF pendant la présidentielle.)

Notre société CREVE donc, y compris politiquement, d’un apprentissage et d’une éducation qui consistent à ingurgiter des mètres cubes de données pré-digérées ( par qui je vous le demande... ?) et à les recracher au moment opportun de l’examen ;

pas à savoir réfléchir correctement, ni à lire entre les lignes.

A partir de là, « les gens » ont été réceptifs, presque malgré eux, aux raisonnements manichéens, aux mensonges simplistes, réceptifs à donner du « temps de cerveau disponible » à Coca-Cola...

Alors, non, "Les gens" ne sont pas des cons . Mais on est mal barrés.

4. « LES GENS », DESESPERES ET DECEREBRES, AUX PORTES DE LA REVOLTE ET DE LA GUERRE CIVILE...

Nous sommes désespérés ET décérébrés, au sens strict et sans que ce soit péjoratif dans ma bouche.

VOLONTAIREMENT décérébrés par la droite ou décérébrés avec la complicité d’une partie de la gauche bien pensante issue de Mai 68 .

Bon, oui, je recommence avec Mai 68 allez-vous me dire !

Mais la liberté de baiser sans se faire engrosser, certes intéressante et hautement réjouissante, méritait-elle que l’on sacrifie sur l’autel du plumard la possibilité de recevoir un enseignement qui, pour n’être pas "glamour", était néanmoins absolument nécessaire pour nous « libérer » vraiment, utile à tous et à toutes ?

Ne peut on faire une critique sérieuse - c à d pas à la Sarkozy - des ravages de l’idéologie gauchiste qui a fait Mai 68 quand on est communiste ?!

Désespoir ET abêtissement donc .

Ce qui permet aujourd’hui de souffler facilement sur le braises d’un mythe : celui de la fracture sociale, celui de la division "naturelle" des Français...

Un très mauvais mélange que tout cela. C’est pour cela que j’étais hystérique quand j’entendais les propos de Ségolène Royal sur l’enseignement, les bourses, les facs...

Un mélange qui me fait peur et qui m’angoisse à chaque fois que j’y pense. Un mélange qui me fait faire des cauchemars.

Ca nous éloigne tellement de la Liberté.

Ca nous éloigne tellement de ce rêve de peuples suffisamment éclairés pour pouvoir préférer la qualité à la quantité...Ca sent tellement le bâton et si peu l’Amour tout ça...

Parce que , la conclusion logique, si tout va jusqu’au bout dans ce processus , c’est que pour réveiller ces "masses endormies", il va falloir attendre un niveau de déchéance sociale terrifiant, puisqu’à défaut de pouvoir utiliser nos têtes, on va utiliser nos ventres .

Cette déchéance, elle ne rendra pas les peuples plus subtils ni plus « humains ». Elle les rendra juste plus méchants et plus vindicatifs. Même le plus stupide des chevaux de trait refuse un jour de tirer la charrue, devenu trop lourde, quand le picotin à l’étable est portion congrue.

Alors ça oui, une révolte, il y en aura sans doute une, mais il n’y aura pas nécessairement de révolution ensuite. Même si tout va très mal.

Ce n’est pas parce que "tout va mal" qu’il y a une révolution digne de ce nom et ce n’est peut être pas un hasard si la Révolution française est arrivée à la fin du Siècle dit des Lumières...Ce n’est pas non plus un hasard si la Révolution bolchevique est allée se fracasser dans le stalinisme...

Il y aura une ou plusieurs révoltes, elles sont déjà là en filigrane, car il ne faut pas comprendre autrement les crises qui secouent nos banlieues sporadiquement....

Et un matin, il y aura des morts car il y aura la répression sanglante de la police bourgeoise, qui défendra ses intérêts.

5. QUE FERONT LES COMMUNISTES QUAND LE CAPITALISME VA S’EFFONDRER ET LA REVOLTE GRONDER ?

Quel sera notre espoir, quel sera notre devoir, à nous communistes, dans cette période violente et troublée qui s’annonce ?

Aurons nous le front de ne faire que nous "servir" d’une masse de "gens" excédés et désemparés, à base de discours démago’ et de fausses promesses, pour, in fine, juste les "calmer" ( faire le travail de la police bourgeoise à sa place, en somme), capter cette révolte au bénéfice d’une caste et refaire les mêmes erreurs, ad libitum ?

-  Ou aurons nous suffisamment travaillé et avancé dans nos têtes, dans nos coeurs, dans nos pratiques, aurons nous retrouvé une éthique suffisante, pour saisir ce moment historique pour tenter quelque chose de nouveau qui serait "le bien du peuple par lui-même et pour lui-même" ?

-  Aurons nous suffisamment éveillé les consciences, donné d’armes mentales, pour que ici ou là se mobilisent des avant gardes éclairées, solides et bienveillantes qui guideront une révolution véritable ?

Et soyons fous, aurons nous avancé suffisamment vite pour ne pas avoir à en arriver là sans avoir sacrifié, encore une fois, ce qui doit être notre seul objectif de communistes, c’est à dire libérer les peuples de l’oppression ( y compris de l’oppression des partis politiques) ?

-  Ou en serons nous restés à ce que nous proposons, en fait, depuis 20 ans , c’est à dire , transformer le prolétaire pauvre en petit bourgeois asservi ?

Aurons nous réussi à nous débarrasser définitivement du « socialisme réel » et de l’ouvriérisme, pour nous approcher du « communisme » ?

J’avoue que je doute...

J’ai peur de tous les dégâts, à titre individuel et collectifs, le jour où les "masses" s’éveilleront et se trouveront face à face, non plus seulement des flics, mais de l’armée et des "casseurs" payés par le gouvernement, et où, excédés par leurs conditions de vie, par les indécences multiples de nos gouvernements successifs, par les mensonges en cascades et la privation de droits élémentaires, des jeunes plein de promesses, mes frères, mes soeurs, iront se jeter sous les matraques et les balles et finiront comme Carlo Giuiliani ou Malik Oussekine...

(Je sais aussi déjà que mon coeur sera déchiré en deux parce que moi, mère de famille aujourd’hui, j’hésiterai à aller soutenir physiquement, au plus fort de la bataille , au péril de ma liberté ou de ma vie, ces jeunes, ces désespérés, que pourtant je comprends, dont je partagerai le sentiment d’injustice et de révolte, et que ma raison voudra même encourager. Mais encourage-t-on les autres à sauter dans le vide quand on ne va pas soi même le faire ?)

J’ai peur et je doute mais je ne veux pas baisser les bras, au contraire, car je pense encore que nous avons une opportunité de changer cette maldonne.

5.1. Parenthèse sur la révolution et les « agitateurs révolutionnaristes »...

Pour autant, si une révolution peut être une chose admirable quand elle atteint son but, c’est un moment historique d’une rare violence...et je n’ai jamais pu encadrer les discours des intellectuels « révolutionnaires » gauchistes parce que ça me semble fou qu’on puisse se prétendre à la veille du "grand soir" pour envoyer des gens qui vous font confiance se faire casser la gueule par des policiers et des barbouzes quand, manifestement, les conditions d’une révolution ne sont pas réunies...

J’ouvre une autre parenthèse ici, une petite : j’ai un souvenir d’une longue discussion avec un ami iranien, qui me confiait, un soir de spleen, sa détestation viscérale pour tous les "intellectuels progressistes" qui ont envoyé des jeunes, des femmes et des hommes, ses ami-e-s, se faire hacher menu par la Savak, pour défendre les idéaux « incarnés » par Khomeyni, ces mêmes jeunes qui se sont ensuite fait hacher menu par les Gardiens de la Révolution de Khomeyni, , toujours au nom d’idéaux soi disant supérieurs, alors que ces mêmes intellectuels étaient depuis belle lurette en exil, au chaud avec le fric qu’ils avaient tiré de leurs anciennes situations de petits bourgeois privilégiés du Shah...

Non, 1789, 1917 n’ont pas vocation à se reproduire "comme ça" et ce n’est pas la fête. D’autant qu’ensuite il faut « assurer » ! Une révolution, une vraie, il me semble que c’est de la violence ,de la peur, du sang , des larmes et des morts...Parfois, cependant, lorsqu’en effet, donc, elle est une vraie révolution, elle fait changer un système, en mieux, ou en moins bien, mais le système ancien est mort et un nouveau prend sa place...Tous les drames traversés prennent donc une sorte de valeur positive. « Il fallait bien en passer par là », se dit-on en pansant nos plaies.

Il me semble que pour l’instant on est loin, très loin d’avoir essayé tout ce que nous pouvions, nous communistes, pour prévenir, préparer, nous tenir prêts, efficacement, à tout cela. En attendant, le capitalisme poursuit son œuvre de destruction.

Plus les jours passent , et plus je maudis elles et ceux qui attisent ces facteurs de division, factices, que dénonçait Marjo et que j’ai vu à l’œuvre au sein de ma propre famille, qui m’a traitée comme une ennemie !

Car préparer une révolte c’est en général tuer une possible révolution.

Je maudis les journalistes, qui, pour l’instant et en règle générale, quelles que soient leurs bonnes et leurs mauvaises raisons, laissent faire, quand ils ne mentent pas sciemment ; les intellectuels qui se disent "de gauche", mais dont la cuiller en argent dépasse du bec, parce qu’eux aussi, laissent faire ; je maudis "la gauche" parce que, elle aussi est coupable, coupable de cet état de fait .Et souvent, même moi, je ne peux pas me voir en peinture.

Et je nous maudirai nous si nous ne prenons pas la mesure exacte de la gravité de ce vers quoi la France va, pour y remédier.

5.2. La fragilité d’un système capitaliste à bout de souffle se mesure au renforcement de la police et de l’Ordre (juste ou pas)

On peut me traiter de Cassandre ,je m’en fiche ,je pense que j’ai raison, en tout cas je pense que le risque nous dénonçons ici est bien réel, car le système capitaliste tel que nous l’avons connu est à bout de souffle et tout l’indique.

Il ne faudra pas grand chose, maintenant que tout, dans ce système, est global, mondial, enchevêtré, pour que, selon la théorie des domino, un petit krach boursier là bas amène un effondrement total du système ici...

Il va donc falloir trouver autre chose (et les puissances de l’Argent sont déjà en train de trouver autre chose, reste à savoir comment on peut l’appeler).

Comme tout système en bout de course, le capitalisme va se cabrer et se durcir, se raidir dans un dernier soubresaut qui ne sera pas le moins violent, au contraire.

La déroute du capitalisme à l’échelle mondiale va entraîner au niveau local des séismes de tous ordres, qui auront lieu en chaîne : fermeture des usines et entreprises non immédiatement rentables, retrait des capitaux investis, chômage de masse, manque de ressources financières, exigibilité immédiate de certaines dettes...Corrélativement,

c’est là que la révolte va commencer à gronder.

Sarkozy est là pour ça, il a été mis là pour ça : nous botter le cul quand nous allons vouloir exiger par la force notre dû, c’est à dire le droit de vivre dignement.

C’est le super-flic du capitalisme qui a été élu, bien plus que le liquidateur de nos libertés, qui de toutes manières, sont vidées de sens par les pratiques politiciennes depuis des années. C’est pour ça qu’on le laisse faire toutes ces choses étranges avec la Lybie, qu’on le laisse jouer à ce dont il a rêvé des années : Président de la France...

Comptez sur N. Sarkozy pour nous filer du bâton. En plus de 4 ans de ministères, il a préparé le terrain.

-  Beauvau + Bercy ?

Les policiers sont plus nombreux et ils sont correctement payés et équipés, eux.

-  Que va t il se passer alors ?

-  Où serons nous, nous les communistes ?

-  Saurons nous prendre nos responsabilités ?

-  Et comment les prendrons nous ?

Ca me rappelle le titre prophétique du dernier film, inachevé, de M. Monroe, icône du rêve et du glamour américain s’il en est : "Something’s got give" ("Quelque chose va craquer")...

Alors, voilà ma contribution à la réflexion de Marjo, elle a raison sur bien des choses et, on a du pain sur la planche.

Toute la difficulté de notre tâche est là : sans céder à la panique, s’activer sérieusement, améliorer le quotidien dans un système existant et pervers (le capitalisme) et changer le futur avec et vers un autre système (le communisme), très difficile à expliquer et à rendre populaire de par sa nature même et de par le contexte actuel, sans trop passer par la case émeutes sanglantes/ répression violente/ asservissement...

Fraternellement, La Louve

Extrait

"(...)Laisser à l’abandon une partie des jeunes de la nation, Ne sera pour la France qu’une nouvelle amputation, Car quand la faute est faite, la fête est finie. Fini de rire, pire, j’ai peur pour l’avenir, Mais toi qu’as-tu à dire pour contredire mes dires ? Je n’invente rien contrairement à ce que tu peux lire, Pas de brodages dans mes textes, pas de romance. Car je sais que notre pensée peut avoir de l’influence. Quelle solution préconise-t’on ? Mieux vaut prévenir que de guérir dit le dicton. Mais de ce cas précis si guérison il y a, Souvenez-vous que c’est à nos frais que seront les dégats.

Trop longtemps plongés dans le noir, À l’écart des lumières et des phares, Éclairés par l’obscure clarté de l’espoir, Les enfants des cités ont perdu le contact, Refusent de paix le pacte. Conscients qu’ils n’en sortiront pas intacts, Vivre libre, aspirer au bonheur, Se donner les moyens de sortir du tunnel pour voir la lueur. Et pouvoir tapisser de fleurs les murs de l’amour. Voilà ce qu’on reproche à mes proches à ce jour, Le pourquoi du comment et préférant se baser sur des préjugés, Pour porter un jugement à la hate, dans le vent. Non, non, décidément un monde nous sépare alors foutez-moi le camp. C’est clair, je pense vous avez saisi la sentence, La France est accusé de non-assistance à personne en danger, Coupable crient les cités, mais l’état malgré ça fera payer les dégats (...)."

-  NTM, 1993 Qui Paiera Les Dégâts ? extrait de "J’appuie sur la gachette"

SOURCE : Bellaciao



Publié le 2 août 2007  par torpedo


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Forum de l'article
  • Analyse critique de l’anathème : "les Français sont des veaux "
    par La Louve
    2 août 2007, par Serge Rivron

    Salut Elodie !

    j’ai bien aimé la discussion familiale, ça rappelle des souvenirs à tout le monde. Pour le reste, et y compris certains de tes propos pendant l’apéro, comme d’hab y a du (bon) à boire et à manger, mais je relève un certain nombre, voire un nombre certain d’arguments d’autorité que ta grand-mère a bien fait de couper court, c’était plus honnête.

    (pour les blaireaux qui passent, je précise que je ne suis en aucune manière sarko-capitaliste, et que je n’en veux nullement à La Louve - qu’au contraire, je chéri - mais qu’à son parcours militant PS fléchissant récemment PC je préfère celui d’Alexandre Zinoviev, que je lui suggère ici de lire - je croyais l’avoir déjà fait)

    Leçon n°1 : essayer de ne jamais parler du lieu que l’on habite.

    http://srivron.free.fr

    • Analyse critique de l’anathème : "les Français sont des veaux "
      par La Louve
      3 août 2007, par La Louve

      Salut Serge ;-) Pff laisse tomber les blaireaux qui passent... Oui bon ben je sais qu’on est pas toujours d’accord sur tout (et là c’est un euphémisme) à part peut être sur certains essentiels ? Oui tu m’as déjà dit Zinoviev mais j’ai déjà tellement de trucs en retard à lire, c’est bien sur ma liste cependant... Je suis en train de dévorer un bouquin très intéressant que je ne peux que te recommander "Cyber révolution" par Ivan lavallée sur ce la bise et à bientôt

      ps : Tu chéris la louve ??? !! ;-)) c’est nouveau ça ?!!!!

  • Analyse critique de l’anathème : "les Français sont des veaux "
    par La Louve
    29 janvier 2016, par Sara
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    • Analyse critique de l’anathème : "les Français sont des veaux "
      par La Louve
      21 juillet 2016, par jeuxnewbanat
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