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Le bon sens populaire du collègue
par Andy Vérol

Catégorie société
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(JPEG)

Illustration Rozor

Amélie Nothomb ne dit, en somme, que des évidences. Je ne dis pas ça de façon péjorative, au contraire. Elle, comme des centaines de milliers d’autres (sinon des millions), ne se suffisent en rien du discours de la "nécessaire fermeté" contre le "laxisme dont ont fait preuve les précédents dirigeants"... Bla bla bla... Je crains que l’exemple du petit défenestré ne porte pas ses fruits.

Je suis en cours de licenciement, mais j’ai encore à cotoyer Le "collègue", vous savez, ce connard que vous êtes obligé de supporter tous les jours, qui vous pète les oreilles avec ses résumés de programme de télévision, qui badigeonne votre journée de commentaires météo. C’est lui oui. Sa façon d’enfoncer des portes ouvertes. Sa façon de sortir des conneries plus grosses que lui sans qu’un instant il revienne sur ses propos et sa gueule de merlan frit. Ce collègue, il n’aime jamais la brutalité. Les pédophiles ça le fait bondir. Lui, si ça lui arrivait, il tuerait le criminel de ses propres mains. Il n’est jamais raciste. Il affirme qu’il aurait été résistant durant la seconde guerre mondiale. Il se rappelera toujours du jour où les Twin Towers se sont cassées la gueule. Il en a marre de payer trop d’impôts, il est contre la construction de l’autoroute près de chez lui. Il dit à ses gosses qu’il fait avoir un boulot parce que le chômage, c’est la honte. Il ne comprend pas ces jeunes qui se plaignent alors que c’est évident : il faut travailler plus pour souffrir moins, pour gagner plus, pour chômer moins, pour être la France qui se lève tôt, qui fait face aux défis de la mondialisation de demain.

Ce collègue qui trouve que José Bové c’est un mec sympa avec sa moustache mais qui te balance, dans la foulée : "Mais on va pas retourner à la préhistoire non plus."

Le collègue comprend le monde comme ça...

Il comprend qu’on "ne peut pas accueilllir toute la misère du monde". Il n’est pas raciste, mais n’envisage jamais une seconde qu’un noir venu d’Afrique est un déraciné... Il n’a pas rêvé quitter sa famille, ses amis, son lieu de vie, ses souvenirs... Mais le collègue jamais raciste, jamais homophobe, toujours résistant, qui affirme être plutôt de gauche mais qui, évidemment, n’a pas eu d’autre choix que de voter Bayrou au premier tour, ou affirme être de droite mais qui a du coeur quand même, ben ce collègue, il s’en fout de ce gosse défenestré. Enfin, il ne s’en fout pas. Il trouve ça horrible... Mais il dit aussi que, quand même, son père l’a peut-être balancé lui-même par la fenêtre pour pas être attrapé par la police. T’as aussi le collègue qui n’était même pas au courant de ça parce que lui, ce qu’il regarde aux infos, c’est surtout les résultats de la ligue 1 et les reportages sur les bouchons des retours de vacances...

Parce que le collègue, sur la question des sans-papiers, il ne comprend pas où est la polémique.

Pas de papiers ? Dehors !

C’est tout ce qu’il voit le collègue. Parce que le collègue possède ce putain de merde de bon sens populaire qui fait mouiller la culotte aux élites de droite comme de gauche... Ce fameux bon sens populaire qui distingue un enfant défenestré à cause d’une politique délibérée d’humiliation et de destruction des plus bousillés par la vie, d’un enfant de monsieur je-sais-pas-quoi qui trouve ça dégueulasse qu’un médecin ait donné du viagra à un pédo récidiviste...

Alors quand Sarko dit qu’il n’a pas peur des mots, qu’il balance publiquement la nécessité d’une castration chimique de ces salopards de pédo... Je n’ai pas non plus peur des mots. Faire du chiffre en matière d’expulsion de sans papiers, d’arrestation de criminels, faire du chiffre d’affaire avec un régime criminel comme celui de Kadhafi et ses ordures de fils, faire copain copain avec les va-t-en guerre Poutine et Bush, être l’ami de Berlusconi, enfreindre les lois, bafouer les règles, les lois, détruire les principes de séparation des pouvoirs, laisser croire que l’on agit en braillant sans cesse et chaque jour sur les ondes...

J’en passe.

Le collègue s’en fout des gamins défenestrés et des propos d’Amélie Nothomb. Ce qu’il veut le collègue, c’est qu’on change ce pays. Parce que le collègue, c’est un gros beauf... Tout comme le français en général.

Andy Verol

SOURCE



Publié le 30 août 2007  par torpedo


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  • Le bon sens populaire du collègue
    par Andy Vérol
    4 janvier 2017, par EricaPierce
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