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Agression à Bordeaux
de Patrick Chazallet

Catégorie société
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(JPEG)

Agression à Bordeaux, vendredi à 18 heures, dans une rue passante

Rien à voir avec la cuisine et la gastronomie, mais une triste histoire qui s’est passée le vendredi 31 août à 18 h en plein centre de Bordeaux.

Un croisement avec feu tricolore dans le vieux Bordeaux.

Soudain, surgissant d’un sens interdit une voiture brûle le feu (forcément, quand on arrive par un sens interdit il n’y a pas de feu...). Le conducteur de la voiture qui démarrait au feu vert évite de justesse la collision et dit sa façon de penser au chauffard (ndlr le 3 septembre, erratum : l’homme était à vélo et a dit "vous êtes gonflés").

Le jeune passager de la voiture fautive descend du véhicule et vient "engueuler" l’autre conducteur, un homme d’une soixantaine d’années. Une mère de famille de quarante ans marchant sur le trottoir reconnait un ami dans l’agressé, et va dire à l’agresseur qu’il exagère quelque peu et le prie de laisser cet homme tranquille.

Elle est alors propulsée contre un mur sur lequel le jeune homme lui frappe par 2 fois la tête.

Puis il la saisit par le cou et l’étrangle, avant de lui faire une clé au bras et de la projeter au sol.

A ce stade du récit, vous vous dites que si les jeunes de banlieue viennent commettre leurs brutalités en plein jour en centre ville, on a franchi une étape dans la violence gratuite.

Il faut maintenant que je vous précise que la voiture arrivant du sens interdit est blanche avec un gyrophare, que le jeune homme a un uniforme, une arme et des menottes.

En gros, il est policier.

Et quand la femme lui dit "je connais cet homme, laissez-le tranquille" (ndlr le 3 septembre, erratum : la femme a dit en riant au policier "vous avez fait une belle prise, c’est l’homme le plus gentil de Bordeaux"), il lui répond "toi, tu circules". La femme lui a répondu "je veux bien circuler, mais je n’admets pas que vous me tutoyez". S’en sont suivies les brutalités décrites plus haut.

Quelques dizaines de personnes se sont massées autour de l’évènement et crient au policier de laisser cette femme. Trop facile, ils l’embarquent au commissariat tout proche, suivis par la foule qui veut témoigner en faveur de cette femme. Ils ferment le commissariat afin que personne ne puisse entrer pour témoigner, et enferment la femme dans une cellule. Plus tard dans la soirée elle sera transférée au commissariat principal, de nouveau dans une cellule, et on lui interdira toute la nuit d’aller aux toilettes (ndlr le 3 septembre, erratum : cette interdiction a duré 4 heures, jusqu’à l’arrivée de l’avocat).

La loi étant ce qu’elle est, la police appelle un avocat commis d’office et un médecin.

L’avocat demande une confrontation avec le jeune policier agresseur. Impossible de le trouver.

Le médecin fera un rapport de 3 pages : épaule luxée, trachée enfoncée, très nombreux hémathomes. La femme est relâchée vers 10 heures du matin avec une plainte de la police pour insulte à agent. Son fils de 16 ans voit enfin sa mère revenir, qui était seulement partie pour un repas amical avec Ségolène et moi chez Lilizen à l’Eau à la Bouche.

Je précise deux choses : nous connaissons suffisamment cette amie pour ne mettre en doute aucun de ses propos, et je suis plutôt pour l’ordre, en aucun cas gauchiste ou révolutionnaire.

-  Quelques réflexions :

-  Que je sache, les policiers disposent de carnets à souche. Même s’il y avait eu insulte à agent, une contravention aurait sans doute suffi, agresser lâchement une femme de 50 kg me semble quelque peu disproportionné. Je me demande d’ailleurs avec un sourire en coin ce que ce policier aurait fait face à mes 140 kg et mon mètre quatre vingt dix.
-  Que va-t-il se passer maintenant ? la logique voudrait que ce policier (s’ils le retrouvent) soit viré immédiatement de la police, un métier pour lequel il n’est pas formé, et que notre président qui fait une réunion par fait divers motive son ministre de l’intérieur à mieux former les jeunes policiers. Si rien ne se passe à ce niveau, cela voudra dire que la hiérarchie couvre ce policier, et qu’ordre est donné de mater les personnes qui osent s’exprimer. C’est ainsi que Pinochet a procédé au Chili.
-  Il se trouve que cette femme n’était pas seule et que l’ami qui l’accompagnait s’est bien gardé de se signaler, mais qu’il a noté les numéros de téléphone de tous les "spectateurs" qui acceptent de témoigner en faveur de notre amie.
-  Enfin, je vais suivre au plus près l’évolution de cette histoire et j’en témoignerai ici, j’en informerai mes amis journalistes bordelais et les blogs citoyens.

source : Chazallet.com



Publié le 11 septembre 2007  par torpedo


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