e-torpedo le webzine sans barbeles



Maîtres et Esclaves
par Andy Vérol

Catégorie société
Il y a (1) contribution(s).

(JPEG)

Je suis bien loin du féminisme politique, et en certains points, j’y suis totalement opposé, pour des raisons que je pourrais développer une autre fois. Mais assez couramment, il est admis que la place des femmes dans notre société a favorablement évoluée.

Pas sûr. Qu’un homme puisse devenir cet harceleur, qu’il devienne une source de violence à l’encontre d’une femme, on ne peut qu’en convenir tant nombre de "mâles" sont essentiellement guidés par leurs "poussées libidineuses". Je ne m’attaquerai pas non plus à cette question que je trouve démagogique et réductrice.

L’homme est ce qu’il est.

En revanche la mise en exergue d’un thème fondamental, une attaque en règle d’un mal qui déchire l’humanité : le pouvoir, l’abus de pouvoir, la frustration face au pouvoir...

En fait la façon qu’a notre société de se bâtir autour de structures hiérarchiques qui favorisent ce type de situation, qui bouleversent et détruisent.

Ainsi, le peu de cas que l’on fait d’une femme en politique, une femme dans une entreprise, tient au fait que nos sociétés ne sont pas capables de penser le pouvoir.

Notre occident est un monde qui fonde ses valeurs sur le pouvoir et ses soumissions. L’Occident cultive l’esprit de domination. Le master/slave relationship...

Toute personne qui s’attaque à ça, est mis au ban.

Je sais de quoi je parle : " Vérol, l’Anarchie ne mène à rien, les hommes ont besoin de structures pour évoluer et progresser, etc."

Je ne nie pas les bienfaits de l’organisation des sociétés humaines. Je pense qu’elle est un préalable pour un épanouissement de chaque individu dans une collectivité.

La confusion règne entre organisation et hiérarchie.

Cela tient au fait, dans notre société, à la religion qui a construit des millions et des millions d’être sur la base de la culpabilité, de la soumission, et de l’asservissement.

C’est aujourd’hui l’entreprise qui a emboîté le pas et qui réserve le même sort aux salariés. Les femmes en premier lieu, mais aussi les enfants (à quelques milliers de kilomètres d’ici, mais aussi dans certains ateliers clandestins à quelques kilomètres de chez vous), et les hommes...

Notre société honorait Dieu comme le maître tout Puissant.

Aujourd’hui, Dieu n’existe plus, tout du moins a-t-il perdu de sa superbe. C’est, ce que l’on appelait avant, le capitaine d’industrie.

Qui l’a remplacé. Le Pdg. Le patron.

Aujourd’hui, le politiquement correct appelle ça "l’entrepreneur", le "chef d’entreprise et ses collaborateurs".

En fait, il est celui qu’on ne voit jamais (si on en a quelques représentations dans Business Week et autres torchons propagandistes, avec sa gueule en couv’ et le titre du type "le superman des dividendes"), mais qui décide de la vie et de la mort de chacun des membres de sa société.

Il décide de la réorganisation, des restructurations, du "redéploiement" (comprenez "déloc").

Bref, il est le sommet d’une structure hégémonique, financièrement fondamentale, non-démocratique, oppressive et tyrannique : l’entreprise...

Cette dernière devient, au fur et à mesure qu’elle prend de l’ampleur, le rouage central, l’organisation qui sauve des régions (Créateur "d’emplois" et de "richesses"), qui répond aux besoins (avec un gros coup de pouce de la pub et de la communication pour inventer un besoin stupide via des propositions alléchantes et bandantes) de chaque individu (consommateur), qui permet une restructuration bénéfique du tissu urbain (Z.I., Z.U.P., zones franches, zones artisanales, centres commerciaux avec des palmiers à l’entrée, putain, c’est beau) et offre la possibilité d’un épanouissement de ses salariés (machines à café gratuite)...

L’élu local ou national est au service de cette entreprise.

Celle-ci met en place des opérations de communication qu’elle appelle, comme un tyran manipulateur qu’elle est, "vers le développement durable" ou "une entreprise aux côtés des autistes", ou encore "nos managers ont organisé les 24 heures du Téléthon"...

L’entreprise où l’on ouvre volontiers les portes aux journalistes (qui sont eux-mêmes rarement indépendants et restent les salariés précaires d’autres entreprises), qui "informent"...

Tout est construit autour de cette structure qui pérennise l’asservissement des femmes aux hommes, qui accélère le processus de destruction des collectifs (les syndicats signent ou crèvent), qui se substitue à l’école (le stage en entreprise est plus valorisé, - bien que non payé et inutile - qu’un cours d’éducation civique).

L’ensemble de la société est au service de l’entreprise.

L’entreprise est devenue incontestable, indiscutable alors qu’elle est l’arme ultime de domination des Hommes et l’entité qui broie ouvertement tous les principes de libertés individuelles et collectives, de citoyenneté...

Les entreprises et les patrons de celles-ci favorisent la re-féodalisation de la société, où ce sont les pauvres qui paient (de leurs vies, de leur énergie, de leur niveau de vie, etc.) pour les plus riches.

Ces autocrates sont partisans de la destruction, de la suppression des aides sociales (en demandant l’allégement permanent des charges patronales), des comités, des associations, des lois de protection des travailleurs, des minorités, des chômeurs (pourquoi payer, en partie, des gens que l’on vient de virer ?) etc.

L’entreprise, en prenant de l’ampleur, devient tout simplement le maître de l’Empire, le coeur du système.

L’entreprise est la tyrannie qui s’est imposée comme seule voie possible.

Les citoyens en sont réduits au rôle d’oisillons, braillant, becs grands ouverts, pour recevoir la becquée de la mère nourricière...

L’idée est de nous faire croire que ceux qui bossent le plus dur, et créent vraiment les conditions de la richesse d’un pays, ce sont les chefs d’entreprise.

Ceux-ci sont encensés.

Lorsqu’ils se font pincer la main dans le sac (corruptions diverses, délits d’initié, etc.), on explique que c’est un cas isolé, que c’est un patron qui entache l’image de tous les autres généreux et géniaux patrons.

Richard Branson, le patron de Virgin, est cette nouvelle espèce de grosse enflure décontractée, le type de mec qui réjouit les gens de gauche et de droite.

Le "patron à visage humain", qui est dynamique, original, simple... Bref... Celui qui fait passer l’entreprise pour une structure exemplaire et bénéfique.

L’ennemi des citoyens, la peste qui se répand avec les apparences d’une belle histoire...

Le président de ce que l’on appelle la France, joue de ce style aussi.

Il parle "franc", il est "décontracté", à l’aise. Il fonce. Il est compris par tous... Il aime l’entreprise et veut la "revaloriser" (il est vrai que l’entreprise était tellement en retrait dans le fonctionnement de notre société. Mdr)...

Bref, il est un suppositoire qui rentre tout seul mais qui finira par en faire crever plus d’un...

Son meilleur ami est Bolloré (on a eu droit à J.M Messier au début des années 2000), une sorte de Branson français, l’incarnation du bien contre le mal, le bienfaiteur altruiste (un yacht gratos pour les vacances), un communiquant moderne conscient des problèmes liés à l’environnement.

Personne n’est dupe.

Mais tout le monde semble atteint de sclérose dès qu’il s’agit de s’attaquer à cette montagne : l’hégémonie tyrannique de la déesse Entreprise...

Tout le monde, ou presque...

source : Andy Vérol & hirsute



Publié le 26 septembre 2007  par torpedo


envoyer
imprimer
sommaire
Forum de l'article
  • Maîtres et Esclaves
    par Andy Vérol
    7 janvier 2017, par EricaPierce
retour haut de page


Si vous appréciez le e-torpedo.net
participez à son indépendance, faites un don.

Contrat Creative Commonsdri.hebergement
Réalisation et conception Zala . Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP sous license GNU/GPL.
© 2005 e-torpedo.net les articles sont à votre disposition,veillez à mentionner, l'auteur et le site emetteur
ACCUEILPLAN DU SITEContact Syndiquez le contenu de ce site Admin