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HAMMOUR LE "ROHMAN" de Sirieix
critique de Zaza la Hyène

Catégorie on aime
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(JPEG) « Je conteste qu’une chose aussi inutile que la souffrance puisse donner des droits quels qu’ils soient, à qui que ce soit, sur quoi que ce soit. » (L’Arrache Cœur, Boris Vian, deuxième partie, chap. III)

-  de Zaza la Hyène et Bellaciao

Préfhommage

Il y a mille manières de faire passer un message intemporel et universel.

Il y a mille façons de dénoncer la bêtise, et les suicides collectifs auxquels conduisent le manque de réflexion et le manque de coeur.

Il y a également mille moyens de dire et de montrer à ceux que vous aimez, quelle est l’étendue de votre attachement. De votre « Hammour ».

Sirieix nous livre un premier roman qui n’en est pas un (d’ailleurs, c’est un « rohman »), un livre digne de Vian dont, il est, à l’évidence, l’héritier en droite ligne, celui que l’on n’attendait plus.

Ici, pervench’mollahs et autres monstruosités géniales n’ont rien à envier aux trumeaux et à la foire aux vieux de « l’Arrache-Cœur ».

Mais en version anarchisante et politique.

« Hammour », que vous allez découvrir progressivement (bandes de veinards !), en le « feuilletonnant », le dégustant, avec angoisse, attente, avidité, de semaine en semaine, sur ce site, est un roman, non pas de science-fiction, mais une pure œuvre surréaliste, qui nous renvoie l’image condensée de notre monde en plein visage, de manière hyperréaliste.

Pour jouir (et nous employons le terme au sens strict), pour jouir de ce magnifique « rohman », la condition «  sine qua non » est d’accepter de faire tomber tout les préjugés que l’ont peut avoir sur ce que doit être une œuvre littéraire.

Il faudra aussi accepter d’apprendre, au fil des lignes, un nouveau langage, (qui ne saurait se résumer à une succession de néologismes mais au contraire est une création répondant à certaines règles) - parfois, il vous faudra dire le mot à haute voix pour en saisir la jubilatoire facétie - vous aurez peut être l’air un peu con devant votre ordinateur ou couché à côté de votre chéri ou de votre femme, mais « waow » quel pied quand votre cortex aura imprimé le sirieix !

Il faudra enfin accepter de vous projeter aussi et de jouer le jeu de la catharsis (car le roman est à la limite du scénario de film).

Alors, si vous entrez ainsi dans l’œuvre, c’est-à-dire, en vous laissant entrer également par elle, vous allez RIRE - rire comme des tordus, des bossus, des baleines.

Vous allez rire à en avoir mal -

Mal aux mâchoires. Et mal au cœur.

Rapidement, ce rire vous fera venir les larmes aux yeux, parce qu’il vous aura révélé avec doigté mais sans pitié, la méchante absurdité de notre monde et la part que nous prenons à la perpétuer...

On ne peut lire ce magnifique « Rohman » sans avoir la gorge serrée de plaisir et d’émotions.

Son courage, c’est notre lâcheté.

Nous le relisons souvent, ou par passages, (et c’est pas peu dire) - par besoin, maintenant que le tunnel glauque dans lequel nous errions déjà passablement vient de s’obscurcir et de se rétrécir davantage.

Il y a longtemps, à dire vrai, que nous n’avions pas pris un tel direct littéraire.

Vous apprécierez au passage la très belle peinture politico -psychologique de certains personnages « historiques », comme cette épouvantable Septicemia, ou ce Président qui pourrait être Hongrois (hongrois même qu’il l’est d’ailleurs...).

Là (ce rohman ayant été écrit en 2005), Sirieix a carrément fait œuvre de visionnaire - ce qui prouve qu’il est bien un poète et « à l’égal des dieux » donc.

Sans doute, parfois, vous serez agacés par l’obsession symétrique d’Hugo et certains atermoiements, puis, progressivement, vous le comprendrez et vous regretterez de ne pas lui ressembler juste un peu plus.

Nous vous laissons à présent pour de longues semaines en compagnie d’Elyah, de Vernon, d’Hugo Vagzet et des autres, et nous finissons cette préfhommage en vous transmettant un message de l’auteur :

« Je veux bien qu’on me découpe, qu’on me pioche, qu’on me copie, qu’on me zmzise... Mais s’il vous plaît, n’oubliez pas, lorsque vous vous servez de mon texte , volontairement en accès libre et gratuit, de citer, tout simplement, le titre du roman et le nom de l’auteur : ‘Hammour - rohman, par Sirieix’. Merci »

Accrochez-vous, c’est parti...

Bellaciao vous offre une nouveauté : un feuilleton littéraire, à publication hebdomadaire, chaque Dimanche soir...

C’est en ligne ici : HAMMOUR



Publié le 30 octobre 2007  par torpedo


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