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L’heure la plus folle dans la vie de Gilles Leroy
par Gérald Massé

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Paris, hier.

Gilles Leroy a créé la surprise en remportant le prix Goncourt


(JPEG)

Un Eurélien lauréat du prix Goncourt 2007

L’heure la plus folle dans la vie de Gilles Leroy

Gilles Leroy, a décroché hier le prix Goncourt 2007 pour Alabama Song (Mercvre de France).

Récit de l’heure où ce résident de Boissy-les-Perche (Eure-et-Loir) a basculé de l’anonymat à la célébrité.

Dans sa petite maison perdue dans les prairies de Boissy-les-Perche, Gilles Leroy a-t-il rêvé une nuit de l’heure folle qu’il a vécue hier à Paris ? Il est 13 heures moins une minute quand Didier Decoin proclame sa victoire au prix Goncourt. Gilles Leroy ne sait pas encore que le jour le plus long de son existence vient de s’achever. Ce jour qui a débuté le.... 26 octobre lorsqu’il a appris qu’il était finaliste du prix littéraire le plus prestigieux. Une attente où il a médité sur la minceur de la frontière entre le succès d’estime et la gloire, sans deviner qu’il allait s’imposer au 14e tour de scrutin (4 voix contre 2 à Olivier Adam et 1 à Amélie Nothomb et Clara Dupont-Monod).

Dès l’annonce du résultat, c’est l’incertitude chez Drouant.

Peu de journalistes connaissent réellement le lauréat. « Quel âge a-t-il ? », « Comment est-il physiquement ? », s’enquit-on. A 13 h 20, chacun peut mettre un visage sur ce nom. Radieux sous ses cheveux argent et ses lunettes, l’écrivain est de suite à l’aise devant les caméras, les appareils photos, les magnétophones, les carnets de note s’agglutinant à chacun de ses pas devant la brasserie de la place Gaillon (2e arrondissement).

« Il était 13 heures et quelque quand Clara Dupont-Monod m’a appelé sur mon portable pour me dire que j’avais gagné, une joie non feinte dans la voix. C’était très élégant. Je n’avais pu être joint chez mon éditeur, car il y avait un bug au standard téléphonique ! », raconte Gilles Leroy de sa voix douce.

« Je suis prêt »

Dans le hall de l’établissement, au sortir de l’ascenseur, il est encore arrêté par les journalistes. Les questions fusent. Sur son livre Alabama song (Mercvre de France), une fausse autobiographie de Zelda Fitzgerald, l’épouse du célèbre écrivain américain, Scott Fitzgerald. A-t-il eu du mal à se mettre dans la peau d’une femme ? « Au début oui, mais je me suis imprégné de son personnage et j’ai trouvé sa voix ». A qui pense-t-il en ce moment ? « Bizarrement à Zelda, qui est restée dans l’ombre, méconnue, et que les biographes américains n’ont pas traitée. Ce serait bien qu’un tel prix permette de reconsidérer son cas ».

A côté de Gilles Leroy, Isabelle Gallimard, son éditrice, est aux anges : « Cela fait douze ans qu’on se soutient mutuellement. Là, c’est la consécration ».

Gilles Leroy se fraie un chemin vers le salon où son destin s’est joué au millimètre. Pendant une dizaine de minutes, il rencontre les membres de l’Académie Goncourt. Puis il se replonge dans le torrent des médias, reçoit les félicitations du directeur de chez Drouant et se retrouve, au sortir de la porte tourniquet, face à un mur de photographes. Encore quelques questions avant de partir déjeuner puis célébrer en début de soirée sa victoire dans les locaux du Mercvre de France.

-  Y avez-vous cru ? « Non jamais, ce n’est pas pour les anxieux comme moi ».

-  Comment allez-vous gérer la suite ? « Je suis prêt », répond-il avec assurance. Gilles Leroy vient de vivre l’heure la plus folle de sa vie.

Celle où il a basculé de l’anonymat à la célébrité.

La vie romancée de Zelda Sayre Fitzgerald

Le personnage de Zelda Sayre, l’épouse de Scott Fitzgerald a toujours fasciné Gilles Leroy. Le tragique destin de cette femme torturée par des problèmes psychiatriques et par un mari dont le succès lui fit perdre les règles les plus élémentaires de l’humanité l’ont inspiré pour écrire Alabama Song. « Je suis fasciné par les gens précoces, comme Zelda et Scott, et qui ont une puissance de désir intense. Elle a intensément désiré, non seulement, en tant que femme, mais aussi en tant que femme qui voulait devenir une “artiste” », expliquait hier à Paris Gilles Leroy. Nous sommes dans les années 20, Zelda et Scott sont jeunes et beaux. Ils tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Le temps des “vaches maigres” est celui d’un bonheur dont la quête passe, pour eux, par la richesse. Mais quand Scott Fitzgerald devient l’écrivain le plus célèbre des Etats-Unis, son ascension est inversement proportionnelle à la qualité des relations du couple. Zelda écrit, aussi, mais lui ne l’accepte pas. Il signe même des textes dont elle est l’auteur !

un style flamboyant L’alcool, la drogue et le sexe forment un cocktail détonant les entraînant vers la chute. « J’ai épousé un artiste ambitieux, me voici douze ans plus tard flanquée d’un notable ivrogne et couvert de dettes, telle la dernière des rombières », fait dire Gilles Leroy à Zelda. Afin de se plonger dans l’univers de son héroïne, il s’est rendu pendant plusieurs semaines aux Etats-Unis, en Alabama et en Georgie, grâce aux Missions Stendhal du ministère des Affaires étrangères. Il y visita les lieux de vie de Zelda et de Scott.

En écrivant Alabama Song, l’auteur n’a pas voulu présenter une biographie de plus en préférant se mettre à la place de Zelda. La force de cet ouvrage, se tient dans cette première personne que le narrateur emploie. Gilles Leroy signale en fin de livre aux lecteurs qu’il s’agit d’une œuvre de fiction. L’écrivain a ainsi inventé des personnages, des événements, des lettres (à l’exception d’une), réalisant un véritable travail romanesque tout en conservant en fil rouge la descente aux enfers que ces deux êtres déchirés ont réellement vécue.

Le talent du prix Goncourt 2007 est de raconter une histoire forte, dans son style que Bernard Pivot, qualifie de « Flamboyant ».

Si Zelda et Scott Fitzgerald se sont mariés pour le pire, Gilles Leroy a écrit pour le meilleur.

-  g.m.

Alabama Song, de Gilles Leroy, Mercure de France, 190 pages, 15€.

-  Gerald Masse

Source : L’écho républicain du 6 novembre 2007



Publié le 7 novembre 2007  par Gérald Massé


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  • L’heure la plus folle dans la vie de Gilles Leroy
    par Gérald Massé
    5 octobre 2016, par isamsamantha
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