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Les fous de sous

Catégorie société
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(JPEG) Les citoyens français, sans doute dans une large majorité, pensent comme le gouvernement : Il n’y a plus de sous pour payer des retraites qui ne soient pas de misère ; plus de sous pour alimenter la sécurité sociale ; plus de sous pour que tout travail reçoive un salaire qui se différencie quelque peu d’un misérable pourboire... Ce que tous ces citoyens oublient, c’est que cette vérité ne les concerne qu’eux-mêmes, autrement dit, le petit peuple...

Car d’autres, en rien, ne sont concernés par ce manque de sous...

Quelques réalités cruelles au travers de deux documents que j’ai reçus récemment...

Document reçu de Frédéric (voir le texte en vert)

Commençons par Nicolas Sarkozy ! Il ne manque pas une occasion pour dire que la réforme des retraites est indispensable, que la « franchise médicale » est inévitable, etc, etc... Le Premier ministre, de son côté, a même avoué qu’il n’y avait plus de sous dans la caisse !...

Plus de sous dans les caisses ? Cela dépend pour qui ! Voici ce que nous révèle un article du Canard Enchaîné en date du 12 décembre 2007 :

Titre : La double augmentation de Sarko « C’est acquis : Sarkozy, à défaut de soigner celui des Français, a su bichonner son propre pouvoir d’achat. A un point jusqu’alors inédit. Entre le 6 mai -jour de son élection- et le 31 décembre 2007, Sarko aurait dû normalement percevoir 7 500 euros net mensuels. C’était le traitement de son prédécesseur Chirac. Or, à peine élu, le nouveau président a demandé -et naturellement obtenu- de voir son salaire de ministre de l’Intérieur prolongé jusqu’à la fin de l’année. Soit 11 500 euros net mensuels. Une information qu’a confirmée l’Elysée au « Canard »... On connaît la suite. La fiche de salaire du président de la République va faire un nouveau bond en janvier : 19 331 euros net mensuels... »

-  De quel droit, ce maintient d’un revenu pour une activité qui n’est plus exercée ?

-  A quel titre, un tel privilège ?

Tout laisse penser qu’il s’agit d’un « fait du prince » !

-  Qui a dit que nous étions encore en République ? Que nous étions encore en démocratie ?

Plus largement, il faut croire que la fonction de chef de l’Etat est une loterie où, pour chaque nouvel élu, « on » trouve des fonds ou doubles fonds dans la caisse de l’Etat ! C’est tout bénef ! On peut se demander quelle est la motivation qui fait courir les candidats à cette fonction particulière... Dans l’ordre et au vu des évolutions salariales que se sont accordées les trois derniers élus à ce poste, je mettrais les trois motivations suivantes :
-  L’appât du fric ;
-  L’orgueil ;
-  Le goût du pouvoir et de la domination.

Une motivation est toujours avancée pendant les campagnes électorales, mais très vite oubliée une fois le candidat élu : Etre au service du peuple français. S’il y avait cent motivations, celle-ci, de façon évidente et certaine, serait la toute dernière... Faites ce que je vous dis, pas ce que je fais !

Document reçu d’Olivier (voir titres en rouge et textes en bleu)

Cette suite de l’article concerne les retraites en cours ou à venir d’un certain nombre de « patrons », de « décideurs » ou d’ « entrepreneurs », mais avant tout de « profiteurs » après avoir été souvent des « exploiteurs ». Vous verrez que, tout comme la scandaleuse rémunération de nombreux patrons, ces gens qui geignent sans cesse sur le poids horrible du SMIC dans leur comptabilité, trouvent tout à fait normales les retraites qu’ils s’allouent ou que les conseils d’administration leur allouent. En route pour le dégoût, le nôtre, et la honte, la leur...

Si j’ai reçu ce qui va suivre d’Olivier, je ne connais pas la source d’origine. Tout laisse penser que les données sont exactes. Je ne publie pas la photo des différents personnages parce que cela n’a pas le moindre intérêt. Altermonde n’est pas un magazine « people ». Seul le scandale provoqué par ces retraites m’intéresse au moment où l’on impose des sacrifices de plus en plus lourds à une grande partie de la population.

Grands patrons : à combien se monte leur retraite ?

Méthodologie

Les éventuels régimes de retraite spécifiques dont bénéficient les cadres dirigeants varient selon les entreprises. Certaines sociétés provisionnent les montants des dépenses de pensions et d’autres passent des contrats avec des organismes spécialisés.

Les procédures des régimes sont en général indiquées dans les documents de références des entreprises cotées, mais ces paragraphes sont parfois peu explicites. Certains calculs n’ont pu être effectués.

Les chiffres données ont été calculés à partir des données présentées dans les documents de référence (modes de calcul et revenus). Sauf mention contraire, lorsque le dirigeant est encore en activité, nous avons estimé sa retraite à partir de ces revenus actuels mais en se basant sur une cessation d’activité à 65 ans

Lindsay Owen-Jones touche une retraite de 3,4 millions d’euros par an

Entré en 1969 chez L’Oréal, Lindsay Owen-Jones dispose d’une retraite record. Il avait cumulé 36 années d’ancienneté lorsqu’il a quitté ses fonctions, le 1er mai 2006. Explosant les plafonds, il s’est vu appliquer un mode de calcul moins avantageux que le traitement habituel chez L’Oréal, mais sa pension culmine quand même à 3,4 millions d’euros. Le PDG à la retraite étant devenu président du conseil d’administration, il gagnera en plus entre 2 et 3,5 millions d’euros en 2007. Société : L’Oréal Fonction : PDG (jusqu’au 1er mai 2006) Age : 61 ans Pension de retraite : 3,4 millions d’euros par an Rémunération 2005 : 7,4 millions d’euros

Louis Schweitzer a droit à une retraite de 900.000 euros par an

Même s’il n’est plus PDG de Renault, Louis Schweitzer ne perçoit pas encore sa retraite car il a pris les fonctions de président du conseil d’administration. En plus d’une indemnité forfaitaire de 200.000 euros, il reçoit de la part du constructeur automobile une rémunération fixe de 900.000 euros destinée à compenser l’absence de versement de sa pension. Société : Renault Fonction : Président du conseil d’administration Age : 65 ans Pension de retraite : 900.000 euros par an Rémunération 2006 : 1,1 million d’euros

Martin Bouygues toucherait une retraite de 740.000 euros par an

Si le fils du fondateur du groupe Bouygues a fait l’ensemble de sa carrière dans l’entreprise familiale, il n’est administrateur que depuis 1982. C’est seulement à partir de cette date que l’entreprise commence à cotiser pour le régime de retraite additive. Avec sa rémunération actuelle et un départ en retraite à 65 ans (en 2017), il aurait le droit à une pension de 740.000 euros par an. Société : Bouygues Fonction : PDG Age : 55 ans Pension de retraite : 740.000 euros par an Rémunération 2006 : 2,3 millions d’euros

Noël Forgeard touche une retraite de 1,1 million d’euros par an Son licenciement en juillet 2007 a fait grand bruit et ses 8,6 millions d’euros d’indemnités ont soulevé un tollé. Mais après 8 ans passés dans les instances dirigeantes du groupe EADS, Noël Forgeard a aussi ouvert des droits à un régime de retraite complémentaire. Agé de 60 ans, il bénéficie donc d’une pension égale à 50% de son salaire annuel. Elle s’élève donc à 1,1 million d’euros par an. Société : EADS Fonction : Ancien co-président executif Age : 60 ans Pension de retraite : 1,1 million d’euros par an Rémunération 2006 : 1,2 million d’euros (pour 7 mois)

Arnaud Lagardère toucherait une retraite de 560.000 euros par an

Comme l’ensemble des membres du comité exécutif du groupe éponyme, Arnaud Lagardère bénéficie d’un régime de retraite supplémentaire. S’il prend sa retraite à 65 ans, il aura dépassé la limite maximale de cotisation fixée à 20 ans. Il pourra alors toucher 560.000 euros de retraite par an. Cette somme va cependant être revalorisée au fil des années. Société : Lagardère Fonction : Gérant de Lagardère Age : 46 ans Pension de retraite : 560.000 euros par an Rémunération 2006 : 1,9 million

Bertrand Collomb touche une retraite de 1 million d’euros par an

Le tout jeune retraité de la présidence de Lafarge perçoit une retraite complémentaire légèrement supérieure à 1 million d’euros par an. Même s’il est très élevé, ce montant correspond pourtant à un plafond. Sans cela, l’ancien patron du groupe cimentier aurait pu prétendre à une retraite de près de 1,5 million d’euros par an. Société : Lafarge Fonction : Ancien président Age : 65 ans Pension de retraite : 1 million d’euros par an Rémunération 2006 : 1,6 million d’euros

Antoine Zacharias touche une retraite de 2,1 millions d’euros par an

Il avait dû quitter Vinci en 2006 après son conflit avec Xavier Huillard. Même poussé vers la sortie, Antoine Zacharias avait touché une indemnité de départ à la retraite de 12,8 millions d’euros. Par ailleurs, le régime spécifique de retraite dont il bénéficie lui verse annuellement une rente qui s’élève à 2.145.132 euros. Société : Vinci Fonction : PDG Age : 68 ans Pension de retraite : 2,1 millions euros par an Rémunération 2005 : 3,5 millions d’euros

Claude Bébéar touche une retraite de 433.766 euros par an

Retraité de la compagnie d’assurance Axa, l’ancien PDG a perçu, en 2006, 433.766 euros au titre des engagements de retraite de la part d’Axa. La même année, celui qui occupe désormais la fonction de président du conseil de surveillance a gagné 123.500 euros de jetons de présence. Il possède en outre plus de 2,6 millions d’actions Axa. Société : Axa Fonction : Président du conseil de surveillance Age : 72 ans Pension de retraite : 433.766 euros par an Rémunération 2006 : 123.500 euros de jetons de présence

Jean-Cyril Spinetta toucherait une retraite de 442.000 euros par an

A la tête d’Air France depuis 10 ans, Jean-Cyril Spinetta bénéficie du régime particulier pour les cadres dirigeants de la compagnie aérienne. Ce système vise à accorder une retraite annuelle comprise entre 35 et 40 % de la moyenne des trois dernières années. Si Jean-Cyril Spinetta partait aujourd’hui, sa pension s’élèverait à 442.000 euros. Mais comme sa rémunération augmente d’année en année, ce montant va probablement continuer à croître. Société : Air France Fonction : PDG Age : 64 ans Pension de retraite : 442.000 euros par an Rémunération 2006 : 1,2 million d’euros

Henri de Castries toucherait une retraite de 1,2 million d’euros par an

Etre l’un des patrons les mieux payés du Cac 40 assure de pouvoir bénéficier d’une retraite plus que confortable. Entré en 1989 dans l’entreprise, Henri de Castries aura normalement au moins 20 années d’ancienneté en tant que cadre dirigeant d’Axa lorsqu’il prendra sa retraite. Du coup, sa pension atteindra 40 % de la rémunération moyenne des cinq dernières années. En se basant sur la situation actuelle, Henri de Castries toucherait une retraite de près de 1,2 million d’euros par an. Société : Axa Fonction : Président du directoire Age : 53 ans Pension de retraite : 1,2 million d’euros par an Rémunération 2006 : 3,8 millions d’euros

Henri Lachmann touche une retraite de 520.308 euros par an

L’ancien PDG de Schneider Electric a fait valoir ses droits à la retraite le 3 mai 2006. Depuis, il bénéficie du régime de retraite des cadres dirigeants du groupe. Il lui donne droit à une pension correspondant à 25 % de la moyenne des rémunérations des trois dernières années. Cela correspond à une rente de 520.308 euros annuels. Société : Schneider Electric Fonction : PDG Age : 69 ans Pension de retraite : 520.308 euros par an Rémunération 2006 : 970.840 euros pour 4 mois

Bruno Bich touche une retraite de 446.714 euros par an

PDG du groupe Bic pendant 13 ans, Bruno Bich a pris sa retraite en avril 2006. Depuis, il bénéficie d’une pension versée par le régime complémentaire de retraite des cadres de direction de la société. Pour les neuf derniers mois de l’année, il a perçu 335.035 euros, ce qui monte sa pension annuelle à 446.714 euros. Société : Bic Fonction : Président du conseil d’administration Age : 61 ans Pension de retraite : 446.714 euros par an Rémunération 2006 : 1,2 million

Franck Riboud toucherait une retraite de 1,6 million d’euros par an

Le fils du fondateur de Danone est entré à 26 ans dans le groupe qui s’appelait alors BSN. PDG depuis 1996, il bénéficie, comme l’ensemble de la direction, d’un régime de retraite maison. Mais la rente qui lui sera versée lorsqu’il prendra sa retraite sera plafonnée à 35% des derniers salaires. Dans l’hypothèse où ses revenus n’évolueraient pas, il percevrait une retraite de 1,6 million d’euros par an. Société : Danone Fonction : PDG Age : 52 ans Pension de retraite : 1,6 million d’euros par an Rémunération 2006 : 2,6 millions d’euros

Axel Miller pourrait toucher une retraite de 532.186 euros par an

Président du comité de direction de Dexia depuis 2001, Axel Miller gagne année après année des droits au régime de retraites des dirigeants de la banque internationale. Sa pension pourrait atteindre 80% d’une rémunération de référence qui s’établit aujourd’hui à 665.233 euros, c’est-à-dire une rente de 532.186 euros. Mais pour toucher ce montant maximal, le Belge devra cumuler 35 ans d’ancienneté dans le groupe. En 2036, il sera âgé de 71 ans. Société : Dexia Fonction : Président du comité de direction Age : 42 ans Pension de retraite : 532.186 euros par an Rémunération 2006 : 1,7 million d’euros

Jean-François Dehecq toucherait une retraite de 1,3 million d’euros par an

Depuis 2002, le groupe pharmaceutique finance un régime de retraite supplémentaire destiné à ses cadres supérieurs. Présent dans l’entreprise depuis plus de 10 ans, Jean-François Dehecq fait partie des bénéficiaires. Même si le PDG est encore loin de pouvoir prendre sa retraite, sa pension pourrait atteindre 1,3 million d’euros par an : cela correspond au plafond de 37,5% de ses derniers revenus. Société : Sanofi-Aventis Fonction : PDG Age : 52 ans Pension de retraite : 1,3 million d’euros par an Rémunération 2006 : 3,6 millions d’euros

Benoît Potier toucherait une retraite de 832.000 euros par an

Benoît Potier est encore loin de pouvoir liquider ses droits à la retraite. Mais ce patron de 50 ans a fait toute sa carrière chez Air Liquide, qu’il dirige aujourd’hui. S’il part en retraite à 65 ans, il aura accumulé 41 années d’ancienneté à Air Liquide. Si son niveau de rémunération actuel n’augmente pas d’ici là, sa retraite dépasserait le plafond qui s’établit aujourd’hui à 832.000 euros. Un plafond qui peut aussi être revu à la hausse... Société : Air Liquide Fonction : PDG Age : 50 ans Pension de retraite : 832.000 euros par an Rémunération 2006 : 2,2 millions d’euros

Jean-Martin Folz touche une retraite de 800.000 euros par an

Après 10 ans à la tête de PSA, Jean-Martin Folz est à la retraite depuis le 1er mars 2007. Il bénéficie désormais d’une convention d’assurance collective qui complète les systèmes obligatoires et conventionnels. Son montant maximal atteint 50% de la moyenne des trois meilleures rémunérations entre 2001 et 2006. Société : PSA Fonction : PDG Age : 60 ans Pension de retraite : 800.000 euros par an Rémunération 2005 : 1,6 million d’euros

Daniel Bouton toucherait une retraite de 700.000 euros par an

La Société Générale a mis en place un régime de retraite sur-complémentaire au bénéfice de ses cadres de direction. Daniel Bouton profite bien évidemment de ce système auquel la banque cotise, année après année. Au 1er janvier 2007, Daniel Bouton avait accumulé des droits à pension équivalents à plus de 20% de sa rémunération, soit 700.000 euros. Société : Société Générale Fonction : PDG Age : 57 ans Pension de retraite : 700.000 euros par an Rémunération 2005 : 3,4 millions

Ils devront se contenter du régime général

Certaines grandes entreprises n’ont pas mis en place de régime particulier de retraites pour leur dirigeants. Leurs patrons sont donc soumis au régime général et complémentaire, ainsi qu’aux éventuels dispositifs mis en place par les entreprises pour l’ensemble de leurs salariés. Ainsi, Anne Lauvergeon (Areva), Vincent Bolloré (Groupe Bolloré), Paul Hermelin (Cap Gemini), Jean-Charles Naouri (Casino), Pierre Gadonneix (EDF), Jean-François Cirelli (GDF), Michel Rollier (Michelin), François-Henri Pinault (PPR), Gérard Mestrallet (Suez), Guillaume Poitrinal (Unibail) ne bénéficient pas de régime particulier pour leur retraite.

Donc, il paraît qu’il n’y a plus de sous, ni dans les caisses de l’Etat ni, bien entendu, dans les caisses des grandes entreprises si souvent contraintes de délocaliser tout ou partie de leur production... Ceci, c’est le discours officiel, celui qui est destiné aux « demeurés » qui composent le peuple... La réalité, on la voit dans cet article de Nicolas Sarkozy à Daniel Bouton, en passant par tous les autres...

Souvent, je me demande ce qui reste de conscience chez tous les individus présentés dans l’ensemble de cet article, mais aussi de ceux qui n’y sont pas, mais qui participent au pillage des ressources et des richesses produites par leurs salariés ou concitoyens.

Leur arrive-t-il, lorsqu’ils touchent leur rémunération ou leur retraite de se dire qu’après tout, ils n’ont pas besoin de telles fortunes et que ce serait mieux si la ménagère du coin en touchait un peu plus ; que ce serait mieux si le smicard bénéficiait d’un salaire à la hauteur de son travail ; que ce serait mieux si un partage plus équitable permettait qu’il n’y ait plus de sdf dans nos rues, etc, etc, etc...

Je crois que si ces fortunés avaient la conscience et le courage de se remettre, enfin, en cause, la face du monde en serait réellement changée. Mais, je rêve, là... Comment pourraient-ils penser « partage » quand tout de leur culture et mentalité crie « accaparement », et « absurdité » quant ils entendent parler de partage équitable...

Non, ces esprits sont, sans nul doute, sclérosés « grave » comme diraient les jeunes d’aujourd’hui !

C’est Patrick Viveret qui dit vrai en affirmant : « Donc, j’appartiens à un mouvement qui s’appelle le Medef. Cela peut vous étonner, mais c’est le Mouvement pour un Espace de Désintoxication de l’Economie Financière. Eh bien, le Medef a lancé une réforme qui s’appelle le Rma. Le Rma, c’est le Revenu Maximal Autorisé. Et pourquoi a-t-on lancé ça ? Pas simplement pour des raisons de justice sociale, mais pour des raisons de santé mentale et pour des raisons d’ordre public. Parce que, au-delà d’un certain seuil d’inégalité, une personne qui acquière une fortune qui, à l’évidence, n’a aucun rapport, même en prenant des critères très classiques, conservateurs, avec un quelconque travail, un quelconque mérite, un quelconque effort, est une personne qui disjoncte par rapport à tout principe de réalité. C’est un vrai problème de santé mentale. Et l’un des problèmes majeurs des classes dirigeantes, aujourd’hui, c’est qu’elles ont disjoncté par rapport aux réalités. C’est pour ça qu’elles sont dans leur bulle. C’est pour ça qu’elles sont d’autant plus capables de basculer dans des psychoses maniaco-dépressives. Donc, c’est un problème de santé mentale et c’est un problème d’ordre public. (...) C’est le ministère de l’Intérieur qui devrait déposer un projet de loi pour la proposition d’un revenu maximal autorisé, parce que la substance même des conditions d’un ordre public est menacée. (...) Quand je reprends mon image d’Alexandre Lowen, « traverser la vie le cœur fermé, c’est faire un voyage en mer en fond de cale », ben, au fond de la cale, vous avez évidemment toutes les personnes qu’on a placées et qu’on maintient en situation de sous-humanité. (...) Mais vous avez aussi, au fond de la cale, quantité de riches et de puissants, parce qu’ils ne peuvent pas vivre la saveur de la vie. Puisque l’idée de vivre la vie comme une aventure et de vivre le rapport à autrui comme le rapport de compagnons de route dans cette aventure est totalement impossible chez des gens qui sont complètement fascinés par le règne minéral. Parce que, qu’est-ce que quelqu’un qui ne pense qu’à l’argent ? Ben c’est quelqu’un qui est déjà minéralisé !

-  Extraits de la conférence donnée par Patrick Viveret au festival Camino de la non-violence, début juin 2006

Faut-il ajouter quelque chose ? Oui, vos réactions, si vous le voulez bien...

source : Altermonde sans frontières



Publié le 19 décembre 2007  par Jean Dornac


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