e-torpedo le webzine sans barbeles



Vous êtes tous membres du tunnel de la love
par Andy Vérol

Catégorie société
Il y a (0) contribution(s).

(JPEG) Des paquets de Kleenex au fond de mes poches, j’avance en imaginant des voitures fantômes qui me rouleraient sur le corps. Le coeur. La peau. Les pipes sans être vu sous les lumières blafardes du tunnel emprunté, seulement, par de gros camions qui flatulent des fumées d’échappement asphyxiantes...

Un semi-remorque freine brutalement et se range sur le côté. Ecrase quelques cagettes jetées là par je ne sais quel porc. Je suis un homme de 35 ans.

Un homme qui avait toujours travaillé.

Un mec bien on disait, qui gagnait son salaire, s’investissait dans chacune de ses missions.

Puis voilà. Tu sais la suite. C’est sûr.

Le changement d’une direction qui voit, soudain, dans toi, dans ta dégaine, dans tes méthodes, tout ce qu’il ne fallait pas faire.

Le Kleenex social, le chomedu en tête et la détresse des jours qui passent sans nom (comment savoir si l’on est vraiment lundi ou mardi puisqu’ils gesticulent tous de la même façon, sans distinction).

Un mec normal avec un jean, un gros pull. Des baskets. Un shorty noir souple et doux, qui regarde approcher ce bonhomme, ce routier au gros bide, moustache noire drue, rèche, le corps petit, trapu... Un type de 35 balais pas beau, au chomedu, sans le sou, ou presque, heureux aux xanax et joyeux à l’alcool. Le routier sert la pince fermement.

C’est douloureux aux phalanges.

Il donne un regard à droite puis à gauche dans le tunnel. Nous allons derrière le benne verte. Il ouvre sa braguette et sort une queue courte très large et courbée sur la gauche. Je pense aux "Nuits fauves" que je n’ai jamais vu. Je pense que pomper cette bite odorante n’est pas pire que de faire un sourire à cet enflure de mec qui m’a permis d’être viré comme une merde. Et en le suçant le routier qui grogne, j’essaie de me rappeler la date à laquelle je dois envoyer ma facture de téléphone... Je pense aussi, en léchant ses boules, que je pourrais mettre, peut-être un jour, du rouge à lèvres pour changer un peu le côté amer ou piquant de ces routiers rustres.

Il éjacule sur ma gueule. Remballe sa queue. Balance trois billets de vingt, tourne les talons, et retourne d’un pas mou, dans la cabine de son poids lourd.

J’essuie ma gueule avec un Kleenex... Je ne veux pas raconter une histoire de cul... Je veux juste dire que la vie ressemble à toutes les familles, toutes les nations, tous les collectifs : c’est aussi humiliant et excitant qu’une giclette de sperme dans la gueule...

Pour quelques billets.

Au supermarché, ils font des promotions sur les jouets en bois. Ben voilà. Y a rien. Je n’ai rien à dire.

Vous êtes tous membres du tunnel de la love...

Andy Vérol

Texte élaboré sur la base de la collaboration avec Arturo B

source : Andy Vérol & Hirsute



Publié le 29 décembre 2007  par torpedo


envoyer
imprimer
sommaire
retour haut de page


Si vous appréciez le e-torpedo.net
participez à son indépendance, faites un don.

Contrat Creative Commonsdri.hebergement
Réalisation et conception Zala . Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP sous license GNU/GPL.
© 2005 e-torpedo.net les articles sont à votre disposition,veillez à mentionner, l'auteur et le site emetteur
ACCUEILPLAN DU SITEContact Syndiquez le contenu de ce site Admin