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Obama-Clinton : les clones démocrates

Catégorie politique
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Par Philippe Nadouce

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« Le grand problème des Américains, a dit un jour Woody Allen, est de se décider entre Pepsi Cola ou Coca Cola ».

Cette boutade s’attaque à la pensée unique qui nous est imposée sans ménagement mais elle pourrait tout aussi bien illustrer le début de la campagne présidentielle américaine et la bataille que se sont livrés M. Barak Obama et Mme Hilary Clinton pour représenter le parti démocrate aux élections.

Pepsi Obama ou Coca Clinton ? Faites votre choix !

Et si vous pensez avoir choisi « librement » votre candidat, demandez-vous en quoi celui-ci est-il différent de l’autre et faites le même raisonnement pour les neuf autres candidats plausibles (Bloomberg, Edwards, Giuliani, Gore, Huckabee, McCain, Rice, Romney, et Thompson), tous milliardaires, qui pourraient s’opposer pour ses élections démocratiques.

Les ressemblances entre les deux candidats démocrates ne s’arrêtent pas à l’argent ! Leurs conseillers personnels pour la campagne qui, sans aucuns doutes feront partie du cabinet du prochain président, ne sont pas moins étonnants.

Du côté de Obama on trouve en première ligne M. Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter pour la Sécurité Nationale, M. Richard Clarke, grand spécialiste du contre terrorisme américain et l’ancien négociateur au Moyen Orient, M. Denis Ross.

Du côté de Mme Clinton, les noms des conseillers nous sont familiers car ils étaient les personnages les plus importants du cabinet de son mari ; Mme Madeleine Albright ancienne secrétaire d’état, M. Samuel Berger ancien de la Sécurité Nationale, et l’ancien ambassadeur aux Nations Unies, M. Richard Holbrooke.

Qu’ont-ils en commun avec leurs collègues républicains ?

Tous ces conseillers font partie de groupes pro-establishment fortement portés sur les politiques interventionnistes qui furent misent en place par l’administration Bush au lendemain du 11 septembre. Il est clair que les nouveaux candidats à la présidence n’ont pas choisi l’originalité et qu’ils vont suivre au pied de la lettre les paramètres standards de la politique internationale américaine de ces quinze dernières années. Rien de bien réjouissant lorsqu’on connaît les résultats de cette politique, responsable de la mort de centaines de milliers de civils innocents à travers le monde et qui par ses interventions désastreuses a contribué à faire de notre planète un endroit bien plus dangereux qu’auparavant.

Le renforcement de lois meurtrières pour justifier la politique interventionniste américaine, et qui a connu son paroxysme après l’invasion de l’Irak en 2003, est en partie l’œuvre des conseillers de nos candidats démocrates d’aujourd’hui.

Madeleine Albright tout d’abord, considérée la plus proche collaboratrice du couple Clinton. C’est elle qui fut à l’origine des sanctions économiques engagées contre l’Irak et qui causèrent quelques 400.000 morts dans la population civiles. Elle approuva aussi les bombardements stratégiques sur l’Irak et défendit les théories qui soutenaient que Saddam Hussein amassait des armes de destruction massives. Elle encore qui s’opposa à Colin Powell en 1993 lorsque celui-ci demandait de ne pas bombarder la Bosnie.

Selon Powell, Albright lui aurait répondu, exaspérée : « Cela sert à quoi d’avoir cette superbe machine de guerre dont vous parlez tout le temps si nous ne pouvons pas l’utiliser ? ».

Richard Holbrooke. Avant d’être ambassadeur aux Nations Unies et le conseiller de Hilary Clinton, il était membre de l’administration Carter. C’est Holbrook en personne qui supervisa les livraisons d’armes à l’armée indonésienne quand celle-ci envahit illégalement le Timor oriental et y massacra 500.000 personnes.

Lui encore qui bloqua la résolution de l’ONU qui dénonçait cette invasion.

Du côté d’Obama, nous trouvons en tout premier lieu M. Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du gouvernement Carter. Brzezinski se flatte d’être le créateur de l’ensemble du mouvement jihadiste afghan d’où est sorti Osama bin Laden et Al Qaida. Quand on lui demanda s’il ne regrettait pas les conséquences d’un tel acte, il répondit : « Absolument pas. Cela a vraiment valu la peine. Nous voulions en finir avec les Soviets. Nous les voulions à tout prix ».

Des Moujahidins qui, avant de se retourner contre leur maître et de bombarder les USA, luttèrent aux côtés des troupes américaines et de l’OTAN en Bosnie.

Un autre homme de M. Obama est M. Dennis Ross, qui fut le conseiller des trois derniers présidents des Etats-Unis (Clinton et les deux Bush). Il a supervisé la politique Israël/Palestine pendant presque quinze ans avec les conséquences que l’on connaît et sans jamais octroyer à l’état palestinien le droit d’exister hors des diktats imposés par les Israéliens.

Le général Merrill McPeak qui, en tandem avec M Holbrooke, se chargea de contrôler la livraison de chasseurs de combat américains à l’armée indonésienne lors de l’invasion du Timor Oriental.

Nous pourrions aussi parler de Sarah Sewall rédactrice de l’introduction du livre du général Petraeus sur l’occupation de l’Irak, de M. Anthony Lake responsable du désastre économique en Haïti pendant l’ère Clinton, et conseiller du président pendant la guerre des Balkans. Auteur d’un discours qui disait notamment : « Nous avons la chance de vivre dans le pays le plus puissant et le plus respecté de la planète à une époque où le monde adopte comme jamais nos idéaux. Nous ne pouvons pas ne pas en assumer les conséquences. Nous devons mobiliser notre nation de façon à propager la démocratie, étendre nos marchés et notre avenir ».

Comme le fait remarquer le journaliste indépendant Allan Nairn : « Un grand nombre de ces personnes ont perpétré des actions qui, si l’on suit les principes établis à Nuremberg où dans les tribunaux rwandais ou bosniaques, sont des actions inacceptables ; nous parlons de guerre d’agression, d’assassinats politiques de civils ».

En cela très certainement la différence entre les candidats n’existe pas et les prochaines élections américaines risque fort d’être une « consultation de pure forme » qui verra le remplacement d’un président impopulaire et fatigué par une figure moins stigmatisée certes,

mais avec une politique qui ne différera en rien avec celles du passé.



Publié le 7 janvier 2008  par Philippe Nadouce


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