e-torpedo le webzine sans barbeles



Le pouvoir représentatif est nu, Tous à Versailles le 4 février 2008
de Bernard Manin

Catégorie société
Il y a (0) contribution(s).

(JPEG)

A VERSAILLES, LE 4 FEVRIER

En ce début d’année 2008, l’adoption très probable par le parlement du traité de Lisbonne, maquillage du traité établissant une constitution pour l’Europe rejeté par les Français en 2005, illustre la nature des institutions de la République. Considérant que :

-  les français ont rejeté un précédent texte en mai 2005 ;
-  le nouveau texte, qualifié couramment de "traité simplifié", est en substance un équivalent au texte précédemment rejeté (cf. l’avis rendu par le conseil constitutionnel, par exemple).

Le parlement réuni en congrès à Versailles, le lundi 4 février, s’il remplit sa fonction de représentation de la volonté du peuple (souverain selon la constitution), n’a que deux options :
-  ou se prononcer contre la modification de la constitution nécessaire à l’adoption ultérieure par le parlement du "traité de Lisbonne" ; et ainsi forcer l’utilisation de la voie référendaire ;
-  ou, à défaut, autoriser le vote par le parlement en modifiant la constitution, et ensuite rejeter le traité lors du vote au parlement.=

Cette situation, si l’on y regarde un peu, met en évidence la vraie nature de ce que l’on appelle couramment « démocratie », parfois qualifiée de « représentative ».

Démocratie : « Les démocraties contemporaines sont issues d’une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient à la démocratie »* ; il faudrait faire l’histoire de l’adoption (en contrebande ?) du terme de « démocratie » pour qualifier nos régimes de gouvernement.

Représentation : il faut en fait comprendre « distinction » ; le principe de la désignation des représentants par l’élection, au suffrage universel ou censitaire, a pour effet de consacrer au pouvoir une artistocratie/oligarchie ; c’était l’objectif ouvertement recherché à la fin du XVIIIe siècle, et ceci est maintenant occulté en partie par l’adoption du terme de « démocratie », suite à l’adoption du suffrage « universel ».

L’illustration pratique actuelle est cet état de fait, où, les représentants du peuple « souverain » pourront, sans être véritablement inquiétés, aller contre la décision de la population/peuple français(e), en 2005, de rejeter le projet de traité européen. Le sentiment d’impuissance que certains d’entre nous doivent sûrement éprouver, doit permettre l’émergence d’une analyse de la nature du pouvoir institutionnel.

Cette impuissance institutionnelle, bien réelle, corrélat du régime de gouvernement représentatif, est le produit historique de la division du travail politique, solidaire de l’imposition d’une définition légitime de l’activité politique, justement celle des « hommes politiques » qui en font profession.

Ce 4 février, allons à Versailles.

* Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif

Correspondance : plusieurs@yahoo.fr



Publié le 4 février 2008  par maménard


envoyer
imprimer
sommaire
retour haut de page


Si vous appréciez le e-torpedo.net
participez à son indépendance, faites un don.

Contrat Creative Commonsdri.hebergement
Réalisation et conception Zala . Ce site utilise PHP et mySQL et est réalisé avec SPIP sous license GNU/GPL.
© 2005 e-torpedo.net les articles sont à votre disposition,veillez à mentionner, l'auteur et le site emetteur
ACCUEILPLAN DU SITEContact Syndiquez le contenu de ce site Admin