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Création d’un ministère de la mort choisie

Catégorie politique
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(JPEG) Rapport libre sur les aménagements des surpopulations sur le territoire français. Sur la manière de les traiter par la création d’un ministère de la mort choisie.

I) Exposé des motifs

Notre objectif est d’apporter ici un prolongement humain à une politique dont les motivations profondes ne sont pas entendues par un public plus averti que ne le sont ceux qui la nient ou s’en accommodent fort bien. Ces derniers ne verront sans doute aucune objection au présent énoncé pour la raison qui leur sera loisible de s‘avouer ce que déjà ils savent.

De quelle politique j’entends ici justifier ?

De celle qui pour d’évidentes nécessités qui tiennent à la paix fomentent la guerre. Notre identité nationale, européenne, mondiale se heurte à des menaces. Il nous faut par conséquent des structures financières solides, lesquelles, par exemple, impliquent l’existence d’un centre concentrationnaire en Afrique. Quand l’Afrique se réveillera nos pays et nos structures seront en danger. Nous n’aurons plus la possibilité de piller ce continent à notre guise et d’offrir aux plus obéissants de nos citoyens les conditions de vies qui les accommodent. Nous n’étouffons pas la culture arabe pour d’autres raisons, comme nous l‘avons fait avec la culture juive. Sur ce point de mon rapport j’attends que l’attitude des ministres se fasse plus claire et qu‘on ne se contente pas d‘invoquer Jaurès mais Hitler. Si nous sommes parvenus à éliminer le péril communautaire de la culture hassidim en Europe, nous devons, le premier au Führer, l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

Revendiquons de telles paternités et éduquons.

Les ennemis d’hier n’en étaient pas tout à fait et ils sont aujourd’hui nos amis. Rendons grâce à François Mitterrand d’avoir infiltré nos ennemis véritables et d’avoir réconcilié les morts sous quelques uniformes, allemands ou alliés.

Ce visionnaire a ouvert la voie.

Nicolas Sarkozy esquisse aujourd’hui un pas en sens inverse et fort à propos rappelle à un peuple qu’il aura fallu préparer à ces révélations combien Jaurès et le Front populaire nous portaient une aide inestimable. Je veux encore rendre l’hommage au général de Gaulle et à son travail inlassable pour briser les résistances africaines et réintégrer, après-guerre, ouvrant à Mitterrand la voie, toutes les forces de la nation dans cette reconstruction qui atteint aujourd’hui le seuil définitif où nous gagnerons.

Nous avons toutes les raisons d’estimer, qu’à présent, nos peuples sont prêts à entrer dans l’ère d’une identité nouvelle, commune et confondue dont l’objectif immédiat est de briser toutes formes d’étrangetés, avant que l’horizon débarrassé de ses scories ne s’éclaire d’un jour nouveau.

La vérité c’est le mensonge.

Cet adage a si bien fonctionné en politique que sur certains points névralgiques de notre projet nous devrons encore nous en accommoder avant que la science ne trouve définitivement des solutions appropriées. Pour l’heure nous manipulons beaucoup et le coût en est si élevé qu’il me semble que nous devrions y remédier d’autant que ces services ont assez changé les citoyens de nos sociétés, définitivement,

pour que cette chimérique liberté ne vienne plus que sous une autre forme s’accommoder de ce qu’elle est devenue.

Si nous voulons réconcilier chacun nous devrons alimenter la guerre de chacun contre tous, et trouver un point d’appui identitaire commun qui déjà a fait admettre le vol organisé pour incontournable et les discours sur la liberté comme ennemis aux accommodements quotidiens de chacun à la survie où nous les obligeons à évoluer.

Nous habituons, peu à peu, à se satisfaire de l’imbécillité du genre humain, c’est un point sur lequel nous avons de beaux succès.

Le déplacement progressif des identités communes en luttes sur le terrain propice d’une philosophie basique à laquelle force la survie et qu’enrégimente la peur nous aura valu beaucoup de travail de manipulations contre le coût excessif desquels je viens à vous.

Surveiller et punir c’est chose que nous savons parfaitement maîtriser.

La méthode n’est pas en doute. Mais lorsqu’il s’agit des nombreux individus qui ne sont pas en prison mais dans un régime d’externalisation cloisonnée, il y aurait plus de profits à faire œuvre charitable qu’à maintenir une illusion qui tient de guingois.

Depuis vingt ans que nous avons tour à tour consacré l’exclu, puis l’assisté et qu’à ce jour nous imposons la meilleure des polices : le travail, et que de manière concomitante nous expulsons, pardonnez cette expression triviale nous tournons autour du pot.

Des techniciens nous rappellent que cette pauvreté extrême est créatrice de richesses et d’emplois et que les pauvres nourrissent les riches.

Je conçois bien l’argument de nos techniciens.

Le président Sarkozy passait certes un cap avec ce « Jeter ceux qui ne peuvent pas suivre », mais nous gagnerions du temps à aller à l’essentiel d’autant que cette société me semble prête à en accepter l’augure.

La proposition de N.Sarkozy nous obligera à suicider quantité de sujets et c’est contre le coût de ce travail et pour le franchissement d’une étape que je viens à ma proposition.

Elle est simple et tient en quelques mots : l’organisation institutionnelle de la mort choisie.

Nous n’aurons, sans doute, pas d’autres choix que d’obtenir un consentement général si nous voulons maintenir la compétitivité de nos sujets.

N.Sarkozy prépare, finement, le terrain, lorsqu’à la presse il s’ouvre de son intérêt pour le livre du mentor écologiste Jared Diamond. « Les défis environnementaux seraient moins aigus s’il y avait moins de gens sur terre », « Comment réduire de moitié la population de l’Australie, et dans quel délai ? ».

Voici des exemples de chapitres développés dans son livre.

II) Des conditions propices

D’évidence et comme tous ses prédécesseurs le président Sarkozy a fait de la vérité un mensonge et du vœu général une manière de renforcer l’identité commune.

En promettant l’augmentation du pouvoir d’achat , il se savait assuré d’en faire bénéficier une partie et de faire déchanter l’autre.

Sa manière d’apporter de la confusion à l’information, aidé en cela par la presse, nous a aidés un temps à cacher nos projets véritables. Le temps est venu de les dire, sous la forme que je propose, le public y est prêt. S’il s’en inquiète nous aurons tout loisir de préparer le terrain, dans les années à venir, pour le réaffirmer.

« Si nous voulons réconcilier chacun nous devrons alimenter la guerre de chacun contre tous, et trouver un point d’appui identitaire commun » disais-je.

C’est-ce point d’appui identitaire que nous trouverons entre les bénéficiaires et les lésés sur la base de l’acceptation générale de la réalisation du vœu présidentiel. Les premiers en seront satisfaits, des seconds il nous faut attendre qu’ils s’en retournent d’un haussement d’épaule.

Il nous restera les scories, les mécontentements réels et agissants sur lesquels nous travaillons sans relâches et pour des coûts élevés.

Des techniciens, d’autres, objecteront que les sujets d’identité commune, les acceptants, font assez ce travail de sape contre les velléitaires et qu’ils participent à moindre coût de leur élimination.

J’entends bien mais nous avions assez investi à la séparation, d’argent, de moyens techniques et de recyclages des mots et des idées, qu’il me paraît venu le temps où la séparation est constituée et où nos efforts seraient plus profitables à mon projet qu’à poursuivre sur la voie que nous avions entrepris.

Les conditions sont d’autant plus propices que nous vient un rapport.

D’ici à six mois le prix des denrées alimentaires va considérablement augmenter, d’une manière plus spectaculaire que les prix du baril.

Une nouvelle catastrophe : une crise mondiale de l’alimentation qui fera plus mal que tout ce que le monde a jamais vu.

« La crise du crédit et les conséquences de l’augmentation de l’essence seront de la roupie de sansonnet devant celle qui va émerger, d’après Donald Coxe, le stratège du portefeuille mondial du BMO Financial Group, dans son allocution à l’Empire’s Club, lors du 14ième séminaire de Toronto (Canada), jeudi dernier.

« Ce n’est pas la question de savoir si ça va arriver, mais quand... » a-t-il alerté les investisseurs.

« ça va faire très mal, cette année. »

M. Coxe a affirmé que la forte augmentation des prix des produits alimentaires allait s’amplifier encore dans les années qui viennent »

Je veux profiter de l’occasion pour réaffirmer le bien fondé de ma proposition.

Les velléitaires désormais séparés il n’y aura que peu de manifestations de solidarités lorsque les prix des aliments augmenteront ou nous ferons en sorte qu’elles ne se poursuivent pas ou qu’elles n’aient pas lieu.

Sur ce point il nous faudra assez compter sur les dégâts, qu’opportunément, nous avons fait à la confiance entre velléitaires et acceptants. Il va de soi que déjà nous oeuvrons pour empêcher toute solidarité entre velléitaires, avec les résultats que l’on sait, appréciables,

si l’on en juge par les chiffres des incarcérations, des internements et des suicides.

En son temps Jonathan Swift fit une proposition au gouvernement anglais. Qu’on vienne à recycler la viande des pauvres pour nourrir de mieux portants, et tout particulièrement la viande des irlandais qui étaient entrés en sédition. Ce texte ironique est d’un grand enseignement. Il a été reçu, malgré l’outrance du propos, de la manière dont ne le voulait pas nécessairement Swift.

C’est assez dire les sentiments ambigus qui traversaient alors ses contemporains.

Je propose de renverser cette ambiguïté, dans le cas présent, dans la certitude du bienfait de mon projet.

J’entends donc qu’on considère avec sérieux ma proposition et qu’on annonce, très prochainement, la création d’un ministère de la mort choisie.

III) Perspectives

Sans peine nous devrions obtenir des sujets qu’ils se trouvent autour de notre nouvelle identité commune, en désignant à leur vindicte des cibles qui les condamne tous. Les condamnations seront plus ou moins supportables en fonction de l’adaptation de chacun à l’étalon majoritaire, adaptation qui cela va de soi rompt radicalement avec les utopies humanistes. Cette période a grand besoin de nombreuses pertes, il nous faut porter un effort considérable pour mener au bord de l’explosion les hôpitaux et les prisons. Après quoi nous obtiendrons ce que je souhaite ici mettre en œuvre avec plus d’efficacité que n’en obtient notre actuelle politique, qui consiste à inviter les velléitaires à se supprimer ou à disparaître de la société. Car je prédis que cette explosion et conjointement la politique d’externalisation cloisonnée nous donneraient trop de travail pour parvenir dans chaque cas à nos fins. Nous serions bientôt dépassés. C’est le facteur hasard qu’il faut éliminer et nous ne le pourrons véritablement qu’en engageant des structures et d’autres moyens.

Il conviendra de mettre dans les esprits de telles pressions qu’ils ne feront plus seulement ce que nous leur recommandons, inviter des réfractaires à se suicider, il faut que, sans notre intervention directe, comme nous le faisons toujours avec les idéologies, celle-ci nouvelle, induise des sujets qu’ils résistent aux pressions en condamnant leurs voisins et qu’ils stigmatisent ceux qui répondent au mieux aux critères de l’étranger et de l’étrangeté.

En un mot qu’ils se haïssent les uns les autres et nous nous chargerons ces esprits vidés de hautes idées utopistes de cibles qui portent justement ces idées.

Poussons-les à regarder au détail, pour qu’ils exercent la cruauté, plutôt que nous ne leur donnerons les moyens de voir au général qui sont leurs véritables ennemis. Rendons la haine possible, faisons en sorte qu’elle se justifie et justifions-là pour chacun par les moyens du spectacle et des agressions quotidiennes.

Tout simplement en expulsant comme nous le faisons nous obtiendrons, sans peine, des étrangers et des êtres d’étrangeté, déjà bien malmenés par leurs semblables, qu’ils s’abstiennent de vie sociale. Leurs semblables qui à la fois : les stigmatisent et qui par leur indifférence collaborent à notre régime post-Vichyste.

A jamais nous changerons leurs regards.

Là où ces utopistes entrevoyaient encore de la vie, ils verront de l’indifférence, là où ils voyaient de la loyauté, ils verront de l’intérêt, la bienveillance deviendra le calcul et la droiture une contrainte.

Trop humains, ils basculeront dans leur opposé. Tandis que leurs opposés représenteront les nouvelles valeurs humaines communes et identitaires car ils auront abandonné plus tôt ces espoirs que nous ridiculisons.

Une humanité d’intérêts communs au service de nos intérêts.

Voilà pourquoi nous aurons fort à faire lorsqu’il s’agira d’obtenir ces nombreuses pertes. Pour ceux qui sont sommés de ne pas suivre, il ne faudra pas interdire explicitement la liberté d’expression mais la leur rendre intolérable. Des pressions et des manipulations qui demandent beaucoup de travail et si le temps ne joue pas en notre défaveur il est revanche coûteux.

J’en reviens donc à proposer ce ministère de la mort choisie.

IV) Le ministère et ses services

Fait unique dans l’histoire du monde nous serons des précurseurs. Encore qu’il faudra peut-être justifier de son existence en rappelant ces grandes civilisations qui pratiquaient le sacrifice humain. Et pour plus de pragmatismes nous pourrons sans peine évoquer l’état de nécessité économique et le geste humain. Cela est encore du ressort de la propagande dont je ne suis pas spécialiste. Des médecins, des sociologues et des psychologues sauront parfaitement lier l’euthanasie et notre projet, en donnant à la mort un nouveau statut après que Mme Parisot ait dit que la vie est de toute façon précaire. Le lien se fera sans peine.

Il est déjà dans bien des têtes je vous l’assure.

Remercions nos journaux de saper tout espoir lorsque évoquant les suicides dans les entreprises, ils ne parlent que des conditions de travail.

Chacun sait que le mal est pire, cette minimisation participe de la désespérance. Remercions les revues spécialisées et les médecins qui parlent de la dépression comme le mal du siècle. Désigner ces gens pour malades sans parler d’une planète malade, c’est les renvoyer soit à leur propre responsabilité, soit à la fatalité génétique dont-ils ne sortiront pas puisque nous les enfermons peu à peu. Révéler la maladie par nos manipulations et le concours de nos sujets, puis frapper d’aphasie en rendant l’exercice de la parole intolérable. Nous les laissons pour le moment à l’illusion d’un choix, tandis que nous savons où les mener. Cette illusion a un coût, et cependant le temps joue assez en notre faveur dans cette mesure où on assiste à des « regroupements » de velléitaires qui pourraient s’entre-décourager. Mais ceci est encore difficilement quantifiable et c’est pourquoi je préfère plus de pragmatismes, plus de sûretés et moins de coûts.

Nous confierons le ministère. Nous organiserons les services publics et privés qui exécuteront la mort choisie.

Ce sera une manne considérable pour ces entreprises. Lesquelles cela va sans dire apporteront l’argent qui nous est nécessaire. On s’alarmera, peut-être, des intérêts de la cotisation à la sécurité sociale, mais nous aurons d’ici à quelques années, selon le rapport de M.Attali, de nouveaux arrivants mieux disposés à notre égard que ne l’étaient nos futurs morts. Ils n’auront pas les exigences de vies qu’avaient ceux-là, ni leurs fâcheuses idées. Ils en auront d’autres et si le contrepoids est nécessaire à l’illusion démocratique que nous entendrons pérenniser, ces idées des nouveaux arrivants seront un contrepoids différent, plus matérialiste. Ils ne voudront pas renverser le coca-cola qu’on met dans leurs cerveaux et qui les occupe à ne pas penser radicalité, ils voudront plus de coca-cola. Nous maintiendrons la sécurité qui justifie de notre pouvoir en faisant en sorte qu’un certain nombre ait moins de coca-cola, qu’ils volent, qu’ils tuent pour cela et qu’ils viennent ainsi justifier de notre rôle.

Je me propose dans un prochain rapport et selon l’avis que vous aurez émis pour celui-ci, de décrire avec plus de précisions les attributions de ce ministère et l’organisation des services chargés de l’exécution.

D’ores et déjà je voudrais dire que le recrutement du personnel se fera sur la base de critères qui laissent à la physionomie une condition de recrutement prioritaire.

Des candidats aptes à rassurer le sujet et d’une voix calme, professionnelle et de toutes façons, impérieuse, ils obtiendraient d’un « laisse-toi faire »

que tout se passe pour le mieux.



Publié le 6 février 2008  par Regis Duffour


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  • Création d’un ministère de la mort choisie
    29 janvier 2016, par Sara
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