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AVANTI O POPOLO
par La Louve

Catégorie politique
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(JPEG) AVANTI O POPOLO, A LA RISCOSSA (LA VOLAILLE SE REBIFFE...)

1. LES ELECTIONS DE TOUS LES DANGERS POUR LE PCF

Contrairement aux apparences, ces élections, municipales et cantonales, étaient un piège énorme pour les communistes.

1.1. Un piège dialectique

Elles étaient un piège énorme, parce qu’elle sont lues et analysées (par une majorité des directions nationale et fédérales) avec des instruments totalement obsolètes, auxquels certains communistes du PCF semblent être les derniers à croire encore, de plus ou moins bonne foi, parfois, par simple paresse intellectuelle ou encore, par pur opportunisme : la démocratie, le désistement républicain, l’union de la gauche etc.

Pourquoi obsolètes ?

Parce que tout cela n’existe plus ! Parce que nous sommes les derniers « à gauche » à vivre encore dans l’ombre des statues du Commandeur de Mitterrand et Marchais ! Mais tout cela, c’est fini, et bel et bien, qu’on le déplore ou pas.

-  Pourquoi continue-t-on à agiter ces cadavres, et notamment celui de « la gauche », en tout cas, telle que nous l’entendons toujours aujourd’hui (notion purement et simplement mitterrandienne, et c’est à dire, complètement contextuelle et intimement liée à se prise de pouvoir en 77/81) ?

Pour des tas de raisons, et certaines bien moins avouables que d’autres !

Et puis il faut le reconnaître, en stratégie, depuis que nous ne sommes plus un parti « soutenu » par l’URSS, nous avons souvent été les plus mauvais de la classe.

Mais on ne conduit pas une voiture électrique comme on conduit un char d’assaut ou un bulldozer !

Comme aurait pu dire Bourdieu , nous réfléchissons et pensons encore le monde politique avec un habitus « soviétique ». En tout cas, beaucoup d’entre nous, et parfois même à leur corps défendant, y compris parmi nos camarades les plus sincères, les plus attachés au Parti ! Comme le disent certains camarades, nous avons raté la « déstalinisation » et procédé, hélas, à une « dé-salinisation ». Nous avons enlevé tout ce qui faisait « le sel » des communistes. Jeté le bébé et gardé l’eau du bain...Bref.

1.2. Un piège éthique

Ces élections sont un piège énorme aussi, car elles amènent naturellement à une exacerbation des différences idéologiques et stratégiques, y compris en notre sein, poussées jusqu’à l’invective, et propices aux débordements en tous genres.

Or, il y a deux choses qu’on ne pardonne pas aux cocos que nous sommes, en général (et ce n’est pas « la désunion » de la gauche, contrairement à ce qu’avancent certains qui lisent l’histoire du PCF exclusivement à partir de 1977) : ce sont les postures « agressives », d’insultes ( même si « les autres » s’y livrent) d’une part, et les « cuisines électorales », « magouilles politicardes », d’autre part.

Soyons dignes, soyons honnêtes, jusqu’au bout . Nous, on ne doit pas « violer les foules », même si cela nous fait « perdre » des voix.

Ca n’empêche pas d’être de valeureux guerriers, et nous allons en faire la preuve !

2. LE SEUL REMEDE : ETRE COMMUNISTES ET NOUS COMPORTER COMME TELS

Nous ne devrions, pour avancer entre ces nombreux écueils, et déjouer toutes les chausse-trappes que le PS et l’UMP nous ont tendues, n’avoir comme boussole que deux objectifs : la défense des intérêts des travailleurs, des exclus, des précaires de toutes sortes, et les idéaux et programme communistes, indubitablement définis, notamment, par l’élément précité et au minimum,pour résumer, anticapitaliste, marxiste et socialiste.

Or, on ne peut pas défendre « correctement » ces intérêts si on n’est pas « correctement » communistes, en somme. Car plus les choses avancent, et plus se dessine qu’il y a bien deux manières d’être et de se penser comme communistes : la bonne et la mauvaise.

Etre marxistes, c’est quand même savoir analyser les faits, ne pas privilégier des idées sur une réalité, fut-elle politique.

Etre « correctement » communistes, dans une telle configuration, et compte tenu des enjeux et contextes actuels, comment cela pourrait-il se résumer ?

2.1. Etre marxiste c’est prendre en compte la réalité des contextes

Je rappelle, pour mémoire, ces « contextes » :

un PS qui a voté avec l’UMP la révision de la constitution et le traité de Lisbonne, un PS dont de nombreux membres participent de près ou de loin au gouvernement UMP, un PS plus hégémonique et anticommuniste que jamais, un PS qui fait alliance, souvent, avec l’UDF, une UDF qui refuse les alliances avec les communistes « en direct », une UDF dont le deus ex-machina actuel est animé par un désir de revanche et de vengeance sans borne sur Sarkozy, une UDF de droite, au fond, toujours, une LCR qui tente de tirer son épingle du jeu et renvoie tout le monde dos à dos, jouant du « tous pourris » et de la popularité de son porte parole. un PCF en pré-Congrès, dont la direction est majoritairement réformiste, un PCF divisé et fragile, etc. une UMP en position de force, quoi qu’on en dise, et qui joue avec l’UDF comme en son temps Mitterrand avec le FN.

« Chacun cherche son chat », comme on pourrait le pasticher...Normal, cela on ne peut en faire un grief, non (à moins que nous soyons devenus des « enfants de chœur », ce que j’ignorais) ?

2.2. Etre communiste, c’est barrer la route à la droite dure mais sans se renier, et en menant nos combats jusqu’au bout

Etre « correctement » communistes donc, c’est en effet, savoir ne pas faire passer la droite dure, quelle qu’elle soit, surtout quand il y a un risque réel, et donc, s’abstenir quand on nous refuse l’union dans les communes où le nombre d’habitants ne permet pas un « panachage », si nous sommes vraiment faibles.

Préférer le moins pire des gouvernements bourgeois, toujours. Mais de façon claire et objective, pas en prétendant encore que ce serait « la gauche » ! (Il n’y a aucun problème à voter PS le cas échéant, ou même Verts, si les choses sont claires pour nous, et pour nos concitoyens.)

C’est également et surtout, défendre les intérêts dont nous sommes en charge et donc, être forts et incorruptibles, partout où nous pouvons.

Donc, nous maintenir, partout où nous pouvons. Surtout quand les risques face à la droite sont faibles, y compris quand le PS se maintient aussi, et surtout, sans nous compromettre avec l’UDF, ou avec un PS allié à l’UDF, voire, parfois (comme à Garges-les-Gonnesses entre autres) avec l’UMP, en tout cas, avec ses voix.

2.3. La Seine Saint Denis, hélas...

Beaucoup de camarades sont attristés ou en colère ce matin, qu’en Seine Saint Denis, le choix ait manifestement été fait, pour des raisons discutables voire, que nous ignorons (j’admets que c’est possible, on ne sait pas tout), de nous désister au profit du PS dans deux cantons où rien, absolument rien, ne le justifiait.

D’autant qu’à Montreuil Nord, l’écart de voix est ridicule (37 en faveur du PS !) , et où, si le PC avait été plus clair par ailleurs, il aurait pu, sans doute bénéficier d’une partie des 10 % de la LCR, où la droite a fait 18 %. Et que, en « remerciement » de son désistement dans le canton de Saint Denis sud, le PC reçoit finalement le maintien de la liste PS à Saint Denis aux municipales !

Je le regrette d’autant qu’on peut penser que « le jeu » en valait la chandelle :

un département, ce n’est pas rien comme instrument de lutte des classes.

Oui, mais le PS se serait maintenu partout dans ce cas, nous répondra-t-on. Sans doute.

-  Et alors ?

Dans les autres cantons de Seine saint Denis, nous sommes en tête avec entre 5 et jusqu’à 20 % d’écart avec le PS. Dans d’autres, nous sommes tellement « dans les choux » (comme à Neuilly Plaisance par exemple) que nous n’avons qu’à nous désister sans appeler à voter PS.

-  Et le Val de Marne, nous dira-t-on encore ? Et bien, même "recette".

Etait-ce impossible de garder le Val de Marne, sans sacrifier la Seine saint Denis ?

Qu’ils se débrouillent avec les sarkozystes, au PS, et puis, que les électeurs, que nous devons commencer à responsabiliser et à « enseigner », prennent aussi leurs responsabilités. Si ce que nous vivons depuis mai 2007 ne leur sert pas de leçon, c’est que nous faisons mal notre travail !

Comme dans de nombreuses autres villes : Bagnolet, Aubervilliers etc. le PS se maintient face à nous et sans vergogne, sans état d’âme, agissant comme ils l’ont toujours fait, en considération d’intérêts politiciens plutôt que d’intérêts populaires !

Mais que peut-il en connaître, Bartolone, des intérêts populaires ?

Merci à Bartolone et à Le Roux en tout cas de nous avoir, je l’espère cette fois définitivement, démontré par A + B que l’ « union de la gauche » était bien un mythe et totalement périmé, en plus !

A nous toutes et tous, désormais, forces disponibles d’Ile de France, de prêter main forte aux camarades de ces communes rouges assiégées par les réformistes de tout poils jusqu’au 16 mars prochain !

3. POUR LES CAPITALO, LES COMMUNISTES SONT ET RESTERONT "L’ENNEMI DE CLASSE" !

C’est malheureusement et tout à fait ce que certains d’entre nous avaient prévu au début de ces campagnes : le PS n’a reculé devant rien, absolument rien, pour « plumer la volaille communiste ».

Mais comment s’en étonner ?

C’était pour lui une question de vie ou de mort de reprendre ses forces au niveau local, y compris sur notre dos, y compris en allant contre l’intérêt des citoyens, y compris en risquant de faire passer la droite dure ! Hélas, une mauvaise analyse de la situation de base ne peut qu’amener de mauvaises conclusions dans la stratégie.

Ce n’est pourtant pas faute de l’avoir écrit, dit et démontré : le PS est moribond, attention ! Ainsi affaibli, il était pour nous mille fois plus dangereux qu’avant. Bref. « Alea jacta est », nous ne réglons pas nos comptes ainsi avec les « nôtres », et surtout pas en pleine bataille. Il y a un temps pour tout.

Nous devons nous battre, avancer, retrouver notre boussole, travailler, de toutes les manières possibles, à notre projet, en gardant à l’esprit que PERSONNE chez les capitalo- libéraux, ne souhaite sérieusement que les communistes, leurs idées, leurs forces, puissent continuer d’exister.

Non, ce n’est pas une fable. Non, il n’y a là nulle « parano néo-bolcho », nulle « théorie du complot ». Celles et ceux d’entre nous qui auraient, par mégarde, oublié que pour « tous les autres » , nous restons la « bête à abattre » s’en souviennent sans doute mieux maintenant. (Personnellement, je l’ai appris à mes dépens et très rapidement, dès que j’ai mis les pieds au Parti et que cela s’est su. Etre communiste et en plus, au PCF : c’est une tare, sinon un crime, pour les bourgeois.)

Si besoin était, la déclaration de Bayrou sur Aubagne ce matin vient le rappeler : le PS oui, l’UMP oui, mais les communistes NON !

Et pour cause, car, malgré nos errements, nos défauts, nos atermoiements, nous, les communistes, nous sommes le SEUL et UNIQUE rempart, la dernière digue, contre le capitalisme. Nous sommes en effet et sur cela, je n’ai aucun doute, les seuls à pouvoir incarner l’alternative au capitalisme, les seuls à pouvoir protéger les plus démunis, tout en construisant les bases d’un monde meilleur, les seuls à vouloir mener encore ce combat contre le capitalisme, pour un changement de société.

En un mot comme en cent, nous sommes, que l’on se pare de couleurs « arc-en-ciel » ou pas, qu’on se pose en « mecs sympas » ou pas, l’ennemi de classe.

L’ennemi public numéro un.

D’ailleurs, pour les capitalistes, un communiste n’est jamais « un homme de gauche ». C’est un communiste ! Point barre, et cela avec tout le mépris et la crainte possibles.

CONCLUSION : ABATTRE LES CAPITALISTES, TOUS LES CAPITALISTES, ET LEURS ALLIES OBJECTIFS

Alors, pour tous les travailleurs, pour les exclus, les précaires, les plus faibles d’entre nous, nous avons un avenir, nous sommes l’avenir, et cet avenir, il n’a pas pour horizon, ces élections. Mais elles peuvent en être un tournant, un moment important.

Ne laissons personne nous dire le contraire : nos résultats du 9 mars dernier le prouvent ! Alors luttons, ensemble, contre la droite, toute la droite, même celle qui se pare encore de rose, partout où nos pouvons, sans toutefois jamais nous faire les alliés objectifs de l’UMP ou du FN.

Là est notre seule limite, et encore ne peut-elle amener qu’au retrait pur et simple (quitte à perdre quelques conseillers).

Une fois tout cela dit et posé :

Bon courage, bonne chance, à tout-e-s les camarades encore engagé-e-s dans ces campagnes, municipales et cantonales, et qui luttent pour porter haut nos couleurs, et défendre ainsi les intérêts des plus faibles d’entre nous !

Nous sommes avec vous, sinon sur le terrain, au moins en pensée !

Avanti o popolo, alla riscossa

Bandiera rossa trionfera !

-  La Louve (dispo’ pour mettre des baffes

-  Source : Bellaciao



Publié le 12 mars 2008  par torpedo


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Forum de l'article
  • AVANTI O POPOLO
    par La Louve
    12 mars 2008, par chose

    Bonjour Madame

    z’êtes en forme vous dites donc...

    et comment se porte votre délicieuse petite fille Camille je crois me souvenir qui disait ’vanti polo’ ?

    moi ça va. Ma petite fille change de fourrure à l’approche du printemps, elle nous met des poils partout.

    bonne continuation mais faites attention, vous allez nous faire de la tension à ce rythme là.

  • AVANTI O POPOLO
    par La Louve
    29 janvier 2016, par Sara
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