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J’aimerais avoir des règles une seule journée
par Andy Vérol

Catégorie free littérature
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(JPEG) A chaque fois ce texte que je parviens à écrire en tête en arrivant au distribeur de billets LCL... Une histoire de fille... En fait, ce texte, c’est une femme qui parle. Une jeune femme qui parle et qui en a assez de subir ses règles... Elle ne veut pas de gosse, elle ne veut pas de mec à vie. Alors elle ne veut pas des règles... Bien sûr, elle a écrit à son médecin, et lui a demandé s’il serait possible de commencer à faire des recherches pour interrompre les règles sans utiliser des produits chimiques insensés. Je pense à ce texte mais tout m’échappe dès que je quitte le distributeur de billet. En fait, il y a une grosse confusion entre des réalités, des images, des dysfonctionnements internes à mon cerveau. Enfin, je crois. Je ne vais pas non plus te parler de mes problèmes digestifs.

Y a l’autre des Chiennes de garde qui a sorti un book appelé "Y a pas de mâle". c’est scandaleux. Tout comme il est scandaleux de se gaver de pro-tibetains... En fait, je ne parviens plus à écrire correctement parce que, simplement, il y a des espaces du réel dans lesquels je m’introduis et qui provoquent la pensée de certains textes... Ces textes disparaissent lorsque je quitte ces espaces... D’autres textes naissent alors...

La fille qui ne veut plus de règles devient une réflexion politique sur le leurre des libertés individuelles...

Puis je pense à Duno. Puis à l’Usine. Puis tout disparait.

La boulangère me tend la baguette que je viens de lui demander, et je mets quelques secondes pour lui filer la thune. En fait, je me sens piégé devant elle. C’est tellement incongru de montrer à quelqu’un qu’on va manger ce qu’il nous vend...

C’est un peu comme grattouiller les énormes orifices d’un hippopotame...

Une chose aussi étrange que ça.

Hier, je regardais le mec qui changeait les briques qui font office de sol de la rue piétonne. Je le regardais, à quatre pattes en train de s’éreinter... En fait, j’essayais de voir si des femmes mataient son cul... Il y en avait quelques-unes interpellées par le fessier. ça ne me faisait pas rire... Je me disais :

"Mais combien supporte encore de subir leurs règles ?".

Je cherchais mon livre à la FNAC près de chez moi. Il n’y était pas bien sûr. Les gens qui regardent les livres exposés ont l’air souvent d’animaux... Ils regardent les quatrièmes de couv’, comme ils regarderaient un macaron vanille/fraise dans la vitrine de la boulangerie...

Un texte m’est apparu à ce moment-là, avant de disparaître dès que j’ai vu ce livre minable des chiennes de garde... J’ai feuilleté, comme un mec. Un peu comme un macho qui se gausse de toute cette énergie féminine épuisée à parler de l’épuisement des énergies féminines... Les mecs, on s’en sort vachement bien, je me suis dit. Je voulais écrire un texte sur les mecs qui se sentent bien de redevenir des machos, mais qui changent des couches et font la vaisselle...

Je me disais qu’on s’en sortait plutôt bien... Parce qu’une éjac’, pour nous, c’est un orgasme assuré, même si ça n’est pas flamboyant... ça doit être tellement étrange d’avoir le sexe qui saigne... Mettre des trucs entre les cuisses pour arrêter le flux... De jeune fille à femme mûre, c’est leur lot... Je feuilletais ce livre et me disais que c’était à cause de leurs règles injustes et étranges que ces femmes-là avaient écrit ce livre... Je les comprenais mieux... J’imaginais le sang coulant pour la première fois... Une jeune fille qui n’avait pas prévu ça, qui se défile pour essayer de trouver une serviette... Comme si on lui avait ouvert le sexe avec une lame, devant tout le monde... Le signe biologique que c’est bon, elle est bonne pour enfanter, se faire remplir le ventre par un mec...

J’ai plus Canal +. Je ne regardais jamais le film de cul le premier samedi du mois. ça n’avait pas d’intérêt. La plastique des filles toujours la même. Leurs crachats sur le gland, grande mode venue des states et qui fait fureur... Les chibres des mecs, ça ne me dérangeait pas plus que ça.

C’était sans intérêt...

J’imaginais qu’une actrice soit contrainte de prendre trois jours de RTT à cause de ses règles... remplacée à l’arrache par sa frangine ou la deuxième meuf de son mec...

Enfin, j’ai reposé le livre... J’en ai cherché un sur le punk... Mais j’ai pas trouvé.

Andy Vérol

Son premier roman Les Derniers Cow-boys français est disponible en librairie depuis le 2 Avril 2008 et aux éditions Pimientos collection Pylone

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Publié le 18 avril 2008  par torpedo


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